Economie/Economy

Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /2009 00:48
Le Monde Diplomatique

http://4.bp.blogspot.com/_mdy8FAR-FeA/Sg53zN3viDI/AAAAAAAAA3E/8o4HBrLNlXM/s400/iousa-poster-large2.jpg

Grâce à des injections plantureuses d’argent public, les banques ont retrouvé leurs couleurs. Elles émergent même de la crise financière plus grosses et plus puissantes qu’avant. Et donc plus susceptibles encore de prendre les Etats «en otage» lors de la prochaine tempête. C’est le moment que les gouvernements occidentaux et les banques centrales ont choisi pour sonner à nouveau le tocsin contre la dette.



Source: rsasoldier.blogspot

Astucieusement mis entre parenthèses tant qu’il fallait débourser des montants dépassant l’entendement pour sauver Goldman Sachs, la Deutsche Bank ou BNP Paribas, le spectre de la faillite resurgit afin, cette fois, de hâter l’invasion des logiques de rentabilité commerciale dans des activités qui en étaient préservées (lire «Comment vendre à la découpe le service public»). Alourdi par la panne économique, le poids de l’endettement sert une fois de plus de prétexte au démantèlement de la protection sociale et des services publics. On prédisait, il y a un an, le coma des libéraux ; ils trouvent dans l’annonce répétée que «les caisses sont vides» l’instrument de leur résurrection politique.



Ils ne vont pas ralentir l’allure. La nouvelle coalition au pouvoir à Berlin a promis 24 milliards d’euros supplémentaires d’allégements d’impôts, alors que le déficit allemand atteindra déjà près de 6,5 % du produit intérieur brut l’an prochain (plus de deux fois le taux maximum autorisé par le pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne). Les conservateurs britanniques se sont engagés à diminuer l’impôt sur les sociétés. Et, en France, depuis l’élection de M. Nicolas Sarkozy, la droite a successivement supprimé l’imposition des heures supplémentaires, dressé un «bouclier fiscal» autour des revenus du capital, réduit les droits de succession et décidé d’éliminer la taxe professionnelle acquittée par les entreprises.



Jadis, les conservateurs se montraient soucieux de comptes en équilibre, au point de consentir à des hausses d’impôts. Depuis près de trente ans, au contraire, les déficits publics sont leur création consciente, destinée à paralyser les velléités d’intervention de la collectivité. Une pratique laxiste, qui ampute les recettes, se double d’un discours catastrophiste permettant de refouler les dépenses de l’Etat-providence.



«Reagan a prouvé que les déficits ne comptaient pas», répliqua en 2002 le vice-président américain Richard Cheney à son ministre des finances qu’inquiétait une nouvelle baisse des impôts directs. M. Cheney entendait par là que les déficits ne nuisent pas forcément à celui qui les décide, puisque Ronald Reagan fut largement réélu en 1984 après avoir triplé ceux-ci au cours de son premier mandat. Mais la contrainte budgétaire pèse plus lourd sur les successeurs, surtout quand on les soupçonne d’être prodigues au seul motif qu’ils ne sont pas de droite... Ainsi, pour avoir la moindre chance de faire adopter sa réforme du système de santé, M. Barack Obama a dû préalablement s’engager à ce qu’elle n’ajoute pas un cent au niveau de la dette publique. Quand, au juste, fixe-t-on ce genre de condition aux aventures militaires ?



En divisant par trois le montant de la TVA reversée par les cafetiers et restaurateurs, le gouvernement français a récemment sacrifié 2,4 milliards d’euros de recettes. Quelques semaines plus tard, au prétexte d’«équité», il a récupéré 150 millions d’euros en fiscalisant les indemnités journalières versées aux victimes d’un accident du travail. Bien qu’il montre d’excellentes dispositions en la matière, il lui reste du chemin à faire avant d’égaler Reagan. Car l’ancien président rendit beaucoup plus doux les impôts des plus riches, puis, parce qu’il fallait réduire les déficits (qu’il venait de creuser), il demanda aux cantines scolaires de comptabiliser le ketchup comme un légume, lorsqu’elles apprécieraient la valeur nutritionnelle des repas qu’elles servaient aux élèves...



C’est en Californie, l’Etat dont Reagan fut gouverneur, que démarra en 1978 la contre-révolution fiscale qui ensuite balaya le monde. Là-bas, les caisses sont aujourd’hui tout à fait vides (le déficit, chronique depuis une décennie, y atteint 26 milliards de dollars). Jeudi 19 novembre dernier, l’université publique a donc relevé ses droits d’inscription de 32 %. Précédemment, elle venait de supprimer deux mille emplois.




http://www.monde-diplomatique.fr/2009/12/HALIMI/18573 - December 2009
http://www.internationalnews.fr/article-une-dette-providentielle-par-serge-halimi--40899742.html
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 04:46
Documentaire sur le Commerce Equitable à Madagascar. Le Commerce équitable propose un modèle commercial qui offre aux consommateurs un accès à des produits de qualité, tout en permettant aux producteurs du tiers-monde de connaître un développement économique plus efficace.



http://www.internationalnews.fr/article-enquete-sur-le-commerce-equitable-2007-37560155.html




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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 04:44

Près de 2000 entreprises et un million de salariés sont concernés en France : le phénomène des LBO, c’est-à-dire le rachat à crédit d’entreprises en bonne santé économique, s’accélère. Cette pratique à court terme, avec la recherche du profit pour principal objectif, s’est transformée en un jackpot aux conséquences meurtrières pour l’emploi et l’avenir industriel du pays. Les mécanismes n’en sont pas encore suffisamment connus et les politiques en sous-estiment le danger. (Avril 2008)

 

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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 00:54
Le Grand Soir
27 novembre 2009



Personne ne comprend pourquoi la bourse, alors que tous les indicateurs sont dans le rouge (dont le plus important est le chômage) continue de progresser, ce que les médias nomment « la reprise ». La Banque mondiale avait d’ailleurs estimé la baisse du PIB mondial à 3% pour 2009. Source : Baisse de 3% du PIB mondial en 2009 - - le JDD.fr


Or Le Dow Jones est passé de 8577 points le 15 octobre à 10 000 points le 14 octobre 2009 soit plus de 16% en pleine crise. Nous avons donc -3% pour l’économie réelle et + 16% pour la bourse, bizarre, non ?


Une petite explication (un peu technique) s’impose donc.


I. Les rats quittent le navire


Les Insiders, c’est à dire les responsables des entreprises US quittent le navire. Ils vendent à tour de bras leurs actions !


Pour masquer cela, Goldman Sachs qui représente à elle seule plus du tiers des volumes des titre négociés du NYSE truque les marchés à l’aide du trading "quantique" ou algorithmique. Ces échanges s’effectuent à fréquence élevée sur de petit blocs négociés en permanence entre un nombre restreint de fonds quantiques et de programmes de trading.


Laurent Useldinger, président d’Ullink, une société fournissant des solutions de trading et de connectivité FIX (Financial Informations Xchange) explique le trading quantique ainsi : « On estime qu’un trader équipé d’outils algorithmiques traite dix fois plus d’ordres que manuellement »


Tout ceci est du vent, bien sûr, déconnecté de toute réalité économique !


II. La vérité sur la bourse


Le NYSE, New York Stock Exchange que l’on nomme "Wall Street" ou Bourse de New York », est la plus grande bourse mondiale. En juillet 2009, Goldman Sachs représentait un tiers des volumes d’échanges (program trading) et les 3 acteurs principaux (Goldman Sachs, Credit Suisse et Morgan Stanley) représentaient quant à eux 63,6 %. La preuve (le graphique « la vérité sur la bourse ») sur mon blog : http://gillesbonafi.skyrock.com/.


Bien sûr, tout ceci est du trading "quantique"une aberration de marché. Philippe Béchade dans la chronique Agora donne une excellente analyse. Source : Programmes de trading et manipulation de cours


« Pour ceux qui nourrissaient encore quelques doutes, le comportement robotique du marché prouve de façon éclatante qu’il n’existe plus aucun contre-pouvoir réel face aux machines. Les programmes de trading automatisés règlent avec une précision de géomètre l’angle de progression du canal ascendant. Une fois verrouillé le rythme de la hausse du sous-jacent (actions, indices, matières premières), un champ d’opportunités infinies s’ouvre aux opérateurs. Ils peuvent arbitrer en temps réel sur l’ensemble des catégories de dérivés : options, warrants, CFD, contrats sur indices.

L’effondrement de la volatilité consécutif à la disparition de toute correction technique — là encore, un phénomène qui démontre que toute trace de psychologie humaine est impitoyablement gommée par les ordinateurs — tendrait à démontrer que les opérateurs affichent une confiance absolue dans un contexte où cours de Bourse et conjoncture sont totalement déconnectés."


De plus, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité gouvernementale de tutelle des banques) déclarait que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (des métastases), or, il y a quelques mois, le dernier rapport fait état de 200 000 milliards de dollars (contrôlés par 5 banques). A l’heure où l’on parle de réguler la finance, 20 000 milliards de dollars ont donc été créés en 1 an, soit 1,5 fois le PIB des USA. Source : http://www.occ.gov/ftp/release/2009-114a.pdf (tableau page 12).

La crise systémique actuelle, qui est le chant du cygne de notre système économique, nous démontre que les théories économiques sont obsolètes.


Paul Krugman qui a un métro de retard se demande encore comment les économistes ont fait pour se tromper à ce point ?


C’est pourtant simple, les théories économiques n’ont pas évoluées au rythme de la finance. Celle-ci, à l’aide des mathématiques et de pressions politiques a su créer un gigantesque casino planétaire avec des montants dépassant 10 fois le PIB mondial. Pire que tout, la plupart de ces dizaines de milliers de milliards de dollars sont directement liés à des dettes.


Toutes les théories économiques volent donc en éclat : celles sur la valeur, la relation capital/travail, etc, etc.


"Il était inévitable que des choses très graves se produisent" déclarait Benoît Mandelbrot, mathématicien et inventeur des fractales car ce système est mathématiquement condamné. Il est en train de mourir en ce moment même et le temps d’un nouveau paradigme est venu, une nouvelle vision du monde en effet qui doit exclure les « seigneurs féodaux » qui tentent de verrouiller définitivement le système à leur profit.

Gilles BONFAFI


URL de cet article: http://www.legrandsoir.info/Crise-systemique-la-verite-sur-la-bourse.html
http://www.internationalnews.fr/article-crise-systemique-la-verite-sur-la-bourse-par-gilles-bonafi-40240635.html
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 21:19
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 08:39
RussiaToday


Famous British journalist Robert Fisk spoke to RT on his bombshell report, which caused the dollar to plummet. He says that the thunder of denials that the greenback is to be dropped in oil deals was expected, but the information he published was correct.

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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 12:53

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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 00:56
Gerald Celente - the most trusted name in trends - sits down for an exclusive interview with RT's Anastasia Churkina to talk about what the future holds for America during and after the Great Recession, gives advice to Obama, and forecasts the unexpected.
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 08:54

internationalnews

Rockstar Economist Peter Schiff tells RT's Marina Portnaya that Lehman Brothers failure was a success not a failure. He says Americans will face increasing unemployment, inflation, and possible bread-lines if government backed bail-outs continue.


Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-americans-must-prepare-for-deepening-unemployment-inflation-and-possible-breadlines-11-55-38672483.html

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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 02:24
Le Grand Soir
14 octobre 2009



Par Chems Eddine CHITOUR

Il y a deux choses avec lesquelles il ne faut pas plaisanter dans la vie, c’est l’argent et les dollars
Coluche

Une rumeur inquiétante pour les Etats-Unis et pour le reste du monde par voie de conséquence : la chute du dollar et son remplacement par d’autres monnaies. Les signes avant-coureurs sont là : la parole est libérée : de plus en plus de pays parlent ou font circuler une rumeur, celle de remplacer le dollar erratique par un panier de monnaies ou même par l’or à même d’être plus fidèle à la physionomie de la finance internationale.


Petit retour en arrière : alors que l’on désigne généralement sous ce terme le dollar américain ou dollar US, le mot « dollar » est dérivé du nom d’une autre monnaie, le thaler, très utilisé à partir du XVe siècle, dans l’empire des Habsbourg puis dans le monde entier. Cette monnaie se répandit en Amérique latine, où elle prit le nom de dólar. Quand les États-Unis acquirent leur indépendance, ils choisirent aussi le dollar pour monnaie.


Le dollar US est la monnaie la plus utilisée pour les transactions dans le monde et la deuxième monnaie en circulation derrière l’euro depuis décembre 2006. Le premier dollar américain a été imprimé par la colonie du Massachusetts en 1690. En 1775, le Congrès Continental décida de créer une monnaie pour financer la Guerre d’Indépendance. C’est par le « Mint Act » du 2 avril 1792 que le Congrès établit un système monétaire avec le dollar comme monnaie de référence. Les premières pièces américaines ont été frappées à Philadelphie en 1793. Il fallut attendre la loi du 17 juillet 1861 pour que le gouvernement américain émette les premiers billets. La célèbre devise « In God We Trust » (En Dieu nous croyons) est apparue sur la pièce de 2 cents en 1864. C’est en 1914 que les Banques Fédérales ont commencé à émettre des billets. Aujourd’hui, plus de 99% des billets américains en circulation sont fabriqués par la Réserve Fédérale. Le dollar américain est aujourd’hui la principale monnaie de réserve utilisée dans le monde. (1)


L’étalon-or


Le système de Bretton Woods : depuis la révolution industrielle, le système monétaire international est essentiellement basé sur l’or. Toutes les monnaies ne sont pas convertibles, mais compte tenu des sphères d’influence et du rôle déterminant de la livre sterling, l’étalon-or permet un grand développement du commerce international et des échanges sans crises majeures. Or, après 1914, l’Angleterre n’a plus les moyens d’assumer ce rôle et les États-Unis n’en ont pas le désir. Accords de Bretton Woods. La Première Guerre mondiale crée des pertes matérielles et humaines considérables qui ont des conséquences économiques majeures. L’endettement s’est considérablement accru. Beaucoup de pays ruinés n’ont plus d’or. Les accords de Gênes de 1922 créent un système d’étalon de change-or qui permet aux États d’émettre de la monnaie non plus en contrepartie d’or mais de devises convertibles en or. Ce système s’avère instable. La crise boursière puis bancaire qui frappe les États-Unis provoque l’explosion du système d’étalon change-or, chaque pays cherchant son salut dans des mesures de protection nationale. En 1931, l’Allemagne établit un contrôle total des changes, la Grande-Bretagne suspend la convertibilité de la livre en or et crée la zone sterling, le Japon suspend la convertibilité du yen en or et instaure un contrôle total des changes. En 1933, les États-Unis suspendent la convertibilité de leur monnaie en or et créent une Zone dollar. C’est la mort du système de l’étalon change-or de Gênes. Les politiques des différents gouvernements de l’époque dévaluent leurs monnaies pour améliorer leurs exportations (2)


Après la Seconde Guerre mondiale, les Alliés réfléchissent à un nouveau système permettant d’éviter d’une part les secousses monétaires internationales qui avaient suivi la Première Guerre mondiale. L’économie américaine sort de la guerre confortée dans sa position d’économie la plus puissante au monde. L’Europe et l’Extrême-Orient sont ruinés militairement et économiquement. Les États-Unis disposent de la plus grande partie des capitaux mondiaux et dominent la production manufacturière et les exportations. Ils produisent la moitié du charbon, les deux tiers du pétrole et plus de la moitié de l’électricité au niveau mondial. De plus, 2/3 des réserves mondiales d’or sont détenues par les Américains. Les États-Unis décident donc d’organiser en 1944 une conférence dont le but est de créer un système monétaire capable de fournir un cadre solide à la reconstruction et à l’expansion économique du monde libre, en faisant des États-Unis et du dollar les piliers de la nouvelle architecture économique. Ils vont jouer respectivement les rôles que jouaient le Royaume-Uni et la livre avant la guerre de 1914.(2)


Les représentants des États créent un Gold-Exchange Standard fondé sur une seule monnaie, le dollar américain : toutes les monnaies sont définies en dollar et seul le dollar est défini en or. Une règle implicite est qu’on ne demande pas la conversion des dollars américains en or. Tous les dollars américains qui entrent dans un pays servent donc à la création de monnaie locale tout en étant le plus souvent replacés auprès du Trésor américain. Du dollar dépend désormais la croissance et l’inflation mondiales. Ce système servira de cadre aux Trente Glorieuses, cette période qui, de 1945 à 1974, verra le décollage économique et l’opulence du monde occidental. Jusqu’en 1958, il y a famine de dollars.


Puis la situation se retourne. Une inflation de dollars se produit notamment du fait des dépenses considérables de la guerre du Viêt Nam et de la course à l’espace. Les pays qui exportent le plus vers les États-Unis accumulent d’immenses réserves en dollars qui donnent lieu à autant d’émissions dans leur propre monnaie, alimentant une inflation de plus en plus inquiétante. Les États-Unis ne veulent pas voir disparaître leur encaisse-or. Ils suspendent la convertibilité du dollar en or le 15 août 1971. La conjoncture internationale est désormais assujettie aux variations de valeur du dollar américain qui sont extrêmement fortes et souvent brutales. L’once d’or qui valait 35$ en 1971 cotait plus de 1000$ en 2008 et a dépassé les 1050 dollars en octobre 2009, soit 30 fois sa valeur de 1971. Le dollar avait alors perdu 96.5% de sa valeur en or. La crise monétaire et bancaire intense qui se développe depuis la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en septembre 2008, a fait resurgir le spectre d’une nouvelle dépression aussi grave que la crise économique de 1929.(2)


« Le recul du dollar va-t-il s’accélérer et échapper à tout contrôle ? écrivait déjà il a un an et demi Eric Le Boucher du Monde. L’euro, aspiré comme un ballon, va-t-il monter sans limite à 1,55 ? 1,60 ? 1,70 ? Plus ? Le premier facteur est la faiblesse de l’économie américaine. Deuxième raison, la crise des subprimes. Tous les ingrédients sont réunis pour que la glissade continue. Mais un facteur supplémentaire pourrait provoquer son accélération : le décrochage de la parité fixe adoptée par les pays émergents et, plus largement, le recours à d’autres monnaies de réserve et de paiement. (..) Mais que va faire la Chine, riche de 1400 milliards de dollars ? Les pays émergents ont accumulé 3000 milliards de dollars de réserve, les trois quarts du stock mondial. « Ce record historique traduit leur part croissante dans l’économie et la finance mondiales », souligne Jacques de Larosière, ancien directeur général du FMI, mais montre, surtout, que « le pouvoir financier mondial » est passé entre leurs mains. Vont-ils se défier du dollar ? « Il n’est pas dans leur intérêt de s’engager dans des politiques agressives de diversification qui pourraient précipiter la baisse de la monnaie américaine et entraîner une dépréciation de leurs actifs », souligne Jacques de Larosière. Le dollar est détrôné, le monde monétaire multipolaire est né. En attendant, le monde monétaire post-dollar promet d’être ni plus stable ni plus juste. (3)


En mars 2009 une première attaque sous l’effet des effets des mesures annoncées par la Fed pour relancer l’économie, le dollar vient de subir en terminant vers 1,37, sa pire semaine depuis la création de l’euro en 1999... Tout cela n’est pas nouveau en fait. Saddam Hussein avait déjà suggéré le recours à un panier 50% dollar 50% euro pour fixer et payer le pétrole. Quant à la « démondialisation « du dollar en tant que monnaie mondiale, ce sont les Chinois qui l’ont évoquée en proposant là encore une nouvelle monnaie mondiale qui serait provisoirement remplacé par le DTS, la superdevise du FMI.(4)


La remise en cause du dollar


Est-ce la fin du couple dollar-pétrole ? Pour la commercialisation du brut, les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Koweït, Qatar, Oman, Emirats arabes unis) envisageraient, avec la Chine, la Russie, le Japon et la France, de remplacer la devise américaine par un panier de monnaies incluant le yen, le yuan chinois, l’euro, l’or et la future (et hypothétique) monnaie commune du Golfe. Le dispositif ne serait pas mis en place avant 2018 et l’or servirait de « monnaie » de transition durant les dix prochaines années. Ce scénario a été révélé, mardi 6 octobre, par The Independent, qui cite des sources bancaires arabes et chinoises basées à Hongkong. Il reste que la forte réaction des marchés financiers témoigne de la fragilité du dollar, dont le statut de monnaie de réserve est de plus en plus remis en cause. L’idée d’un baril de brut référencé sur un panier de devises n’est pas une vue de l’esprit. Elle revient quand le dollar a des accès de faiblesse. Elle a été officiellement discutée par l’0pep à Riyad, en novembre 2007. L’Arabie Saoudite et les monarchies du Golfe s’étaient alors opposées aux « faucons » (Iran, Venezuela), qui prônaient des mesures pour compenser la baisse du dollar. Les pays du Golfe ou la Chine n’ont aucun intérêt immédiat à une plongée du billet vert. Leurs devises sont accrochées à la devise américaine.


En attendant de voir le yuan devenir une monnaie phare, la dépréciation du billet vert a poussé la Chine à puiser dans ses réserves en dollars pour investir dans les matières premières - notamment pour sécuriser ses approvisionnements énergétiques au moment où le prix des actifs pétroliers baisse. Selon Pétrostratégies, Pékin a « engagé 105 milliards de dollars dans les hydrocarbures (hors achats courants de pétrole, de gaz et de gaz naturel liquéfié) entre août 2008 et juillet 2009 », dont un tiers dans les républiques d’Asie centrale, mais aussi en Iran, en Irak et, dans une moindre mesure, en Afrique.(5) Que peut-on dire en conclusion ? Il est hors de doute que le centre du monde a basculé. Les Etats-Unis ont perdu le leadership économique face à l’Asie (Chine, Inde, Corée, Japon) pour les plus importants. Il n’est que de voir comment les pays de la Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) revendiquent des parts de vote plus importantes au sein d’un FMI, chasse gardée des Etats-Unis et de l’Europe. Partout dans le monde des stratégies sont développées pour minimiser les dégâts du taux de change par rapport au dollar. En Algérie, on s’en remet aux bons du Trésor américain comme rente d’un pétrole pompé frénétiquement. Sait-on qu’un petit pays comme le Liban dispose de 240 tonnes d’or réévaluées du jour au lendemain ! La France dispose des plus grandes réserves avec 3500 tonnes.


En 1971, avant l’annonce par le président Nixon de l’annulation de la parité, l’once d’or (31,45 g) valait 35 dollars. En 1986 l’once d’or valait 133 dollars. Le prix de l’or a été multiplié par 4. Le prix du pétrole était en 1986 de 10 dollars. Cela veut dire qu’avec 31,45g d’or on pouvait acheter 13,3 barils de pétrole ou encore 20 m3 de pétrole. En 2009, la même once d’or vaut 1050 dollars, le prix de l’or a été multiplié par plus de 33 ! Que devient le prix du pétrole ? Il était hier de 70 dollars. Quelle est sa valeur par rapport à 1986 ? Avec l’once d’or d’octobre 2009, nous pouvons acheter 15 barils (24 m3). En clair, avec les 70 dollars actuels nous n’arrivons pas à retrouver le pouvoir d’achat du baril de pétrole de 1986 ; la situation est encore plus dramatique pour le gaz naturel qui, à même pouvoir calorifique, est payé, d’une façon arbitraire, 3 à 4 fois moins cher que le pétrole. On sait que le prix dérisoire du pétrole devait nous amener, on s’en souvient, à une cessation de paiement qui a contribué dans une certaine mesure à Octobre 1988.


Que faut- il faire ? Il faut s’interroger dans le calme et la sérénité pourquoi nous produisons bien au-delà de nos réels besoins financiers pour avoir des dollars dont le pouvoir d’achat s’effrite inexorablement. Encore une fois, notre meilleure banque est notre sous-sol. Nous devons extraire les hydrocarbures qu’avec parcimonie et en ayant en tête les intérêts supérieurs de l’Algérie et non nos « obligations » vis-à-vis des partenaires européens et autres qui nous considèrent comme un marché sans plus : pas d’investissement, achat des hydrocarbures avec de la monnaie de singe et vente par ces pays de produits finis faisant de l’Algérie un pourvoyeur de leurs emplois.


Pourquoi ne pas se faire payer au moins notre rente pétrolière en or ? Plus largement, pourquoi ne pas penser à convertir cette manne de papiers de 144 milliards de dollars qui, au passage, étaient équivalents en juin à 4800 tonnes d’or, avec un prix de l’once de 935 dollars. Le 8 octobre, l’équivalent de ces 144 milliards de dollars n’est plus que de 4320 tonnes ! Nous (L’Algérie - NDR) avons perdu en un trimestre, par le seul jeu de l’inflation, 500 tonnes d’or. Soit en termes de pouvoir d’achat un chiffre effrayant de 15 milliards de dollars ! Pour rappel, la production d’or de l’Algérie était de 2 tonnes en 2007... Pourquoi ne pas convertir ce dollar papier au moins en partie en or ?


Par ailleurs, dans l’opacité la plus totale tout le tissu industriel a été démonté au profit de slogans creux et sonores, la mondialisation, la mise au niveau, l’OMC, la Zone de libre-échange avec nos « frères » arabes qui ne nous achètent rien, l’Accord avec l’Union européenne, vrai marché de dupes d’un désarmement unilatéral tarifaire de l’Algérie. Résultat des courses, nous ne savons plus rien faire ! La loi des finances tant décriée par ceux qui n’y trouvent pas leur compte, ne doit pas s’arrêter au milieu du chemin. C’est une vision nouvelle de patriotisme économique qui doit s’appuyer sur la création de richesses. L’Université a son mot à dire, elle doit être sollicitée pour le plus grand bien de ce pays, de cette jeunesse qui aspire à bâtir l’Algérie. Qu’attendons-nous ?


Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz


1. http://www.gralon.net/articles/econ...

2. Le dollar. Article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

3. Eric Le Boucher : Le Monde 09.12.07

4. Dominique Thiebault : Est-ce la fin du dollar ? Challenges.fr 07.10.2009

5. Jean-Michel Bezat et Cécile Prudhomme : Après la remise en question de son statut de monnaie pétrolière, le dollar plonge. Le Monde 07.10.09


link http://www.legrandsoir.info/Le-declin-de-l-empire-Les-convulsions-du-dollar.html
http://www.internationalnews.fr/article-le-declin-de-l-empire-les-convulsions-du-dollar-37610998.html

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