9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 09:05
 
Démocratie et à-côtés :
la course aux richesses du Myanmar a commencé

Le 28 septembre 2007

ONGC To Sign Three Gas Contracts For Myanmar Gas
Les réserves hydrocarbures au Myanmar, une mine d'or pour les transnationales.
source de la photo:
http://www.newspostindia.com/report-16088



« Une révolution gandhienne ». C’est ainsi qu’un représentant de la Ligue Nationale pour la Démocratie (Ndl, en anglais), contacté par téléphone à Bangkok, a voulu définir la longue série de manifestations  qui bouleversent la vie sociale et politique du Myanmar.

 

La révolution des toges pourpre, faudrait-il ajouter. Car à la différence des révoltes de 1988, dans ce qu’on appelait encore à l’époque Rangoon, à laquelle étudiants et membres politiques de la Ndl prirent une part active, celles d’aujourd’hui sont organisées par les moines bouddhistes.

 

C’est pour cela aussi que le massacre n’a pas encore touché les niveaux de masse redouté par de nombreux medias, celui qui avait mis fin aux révoltes d’il y a vingt ans, quand, avec l’indifférence complice de l’occident, des milliers de manifestants furent tués et autant d’entre eux jetés dans les prisons birmanes.

 

Mais comment est-il possible qu’en quelques jours seulement, on puisse organiser et atteindre une aussi grande masse de gens et, en particulier, de moines ?

 

Voyager en Myanmar n’est ni facile ni économique pour les gens ordinaires, en particulier en saison des pluies. Il est en outre impossible que les militaires et administrateurs locaux ne se soient pas aperçu de transferts massifs dans un pays où tout est contrôlé minutieusement  et où les espions  du régime sont infiltrés dans chaque antre de la vie sociale et religieuse.

 

Ce qui est en train d’arriver aujourd’hui  semble au contraire être le résultat d’un long et minutieux travail de préparation  qui a duré plusieurs mois, avec la participation active de diverses organisations  internationales.

 

Paradoxalement, le journal des généraux, New Light of Myanmar, avait raison quand il affirmait, dès la mi-août, que les manifestations étaient  l’œuvre d’ « éléments externes qui veulent déstabiliser le pays ».

 

Pourquoi blâmer  une des rarissimes choses censées  et véridiques qu’on n’ait jamais lues sur ce journal ? Ce n’est un mystère pour personne qu’entre les sommets de la Sangha (la communauté bouddhiste) thaïlandaise et birmane, le courant ne passe pas. Les leaders  du clergé birman ont été soigneusement choisis par les militaires et dès le début, ils se sont toujours rangés contre les manifestations en demandant  plusieurs fois aux moines de rentrer dans les pagodes. Vice versa, dans les monastères thaïlandais  se sont déroulées des journées de prière pour les frères birmans.

 

En outre ceux qui se sont rendu en Birmanie pendant les mois précédant immédiatement les révoltes, ne peuvent pas ne pas avoir noté l’augmentation vertigineuse des délégations de moines des deux nations qui allaient et venaient entre les deux pays.

 

Il est clair, aussi, que la révolte des toges pourpre, n’est pas une fin en elle-même.

 

De nombreux gouvernements, en particulier occidentaux, attendent anxieusement que soit ouverte une porte pour pouvoir entrer dans le pays sans soulever un tourbillon de polémiques, et faire main basse sur ses énormes richesses. Les moines, après la faillite des révoltes politiques de 1988,  représentaient la composante sociale la plus sure pour que ne se répète pas  le même carnage.

 

Sur ce terrain, la Chine et l’occident se sont trouvés du même côté. Pékin ne voit pas d’un bon œil le général Than Shwe, le leader de la junte militaire birmane, considéré comme pro indien, lui préférant  un général modéré et pro-chinois, qui garantirait le lancement du processus démocratique et le dialogue avec la leader reconnue de la dissidence, Aung San Suu Kyi : pour rendre le régime acceptable aussi par l’occident, et donner des preuves, à la veille des Jeux olympiques de l’an prochain, de la bonne volonté des Chinois de poursuivre la voie de la libéralisation.

 

La démocratisation du Myanmar mettrait fin aussi à l’embarrassante  situation de nombreux pays européens qui, bien qu’invoquant le boycott,  continuent à avoir d’énormes intérêts  dans la zone asiatique. Les multinationales qui ont contourné l’embargo sont désormais des dizaines : le groupe Total, français, avec les malaisiens Petronas, assure un milliard de dollars par an, tandis que Singapour a insufflé un milliard six cent millions de dollars dans 72 projets touristiques élitistes auxquels l’Italie participe massivement par le biais de divers tours operators.

 

C’est grâce à tous ces projets  que les réserves monétaires birmanes ont été renflouées : selon le FMI elles se monteraient  maintenant à un milliard de dollars (en 88 elles n’étaient que de 89 millions).

 

Le lancement de la « road to democracy » pourrait éliminer toutes ces incongruités en livrant à l’économie de marché un autre pays à exploiter.

 

Edition de vendredi 28 septembre de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/28-Settembre-2007/art18.htmt  

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



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