11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 09:17

Photo :deforestion-amazone.org

Davi Kopenawa Yanomami, chamane et lauréat du prix « Global 500 » pour l'environnement des Nations-Unies, se rend à Londres avec son fils pour participer au lancement d'un nouveau rapport de Survival sur la crise sanitaire que traversent actuellement les peuples indigènes. « Le progrès peut tuer » traite des effets dévastateurs de la spoliation des terres indigènes qui ont conduit à l’effondrement de leur santé physique et mentale. Le rapport sera rendu public le 16 octobre à la Chambre des Communes. Davi se rendra ensuite en Allemagne pour y rencontrer des dirigeants politiques.


Concernant la situation sanitaire critique de son peuple, Davi constate que la seule façon de protéger la forêt amazonienne est de protéger les Indiens, en reconnaissant leurs droits territoriaux :


"Vous, les napëpë [les Blancs] vous voulez que nous devenions comme vous au nom de ce que vous appelez le « développement ». Mais nous savons que cela ne nous apportera que maladies et mort. Maintenant vous voulez acheter des parcelles de forêt tropicale ou cultiver des biocarburants. Cela est inutile.


"La forêt ne peut être achetée; elle est notre vie et nous l'avons toujours protégée. Sans la forêt, il n'y a que la maladie et sans nous, ce n'est que de la terre morte. Il est grand temps que vous commenciez à nous écouter. Rendez-nous nos terres et notre santé avant qu'il ne soit trop tard pour nous et trop tard pour vous."


La préoccupation grandissante pour le réchauffement climatique a conduit certaines organisations à acheter des parcelles de forêt amazonienne en prétendant que cela contribuait à réduire les émissions de gaz carbonique. L’une des plus connues est Cool Earth, une organisation britannique fondée par le millionnaire Johan Eliasch et le député Franck Field. Elle propose au grand public de "protéger un acre" pour 70 livres (environ 100 euros) et voudrait faire croire que cela contribuerait à "sauver le monde".


Mais de récentes études menées par Survival démontrent que plus de 162 millions d'hectares de la forêt amazonienne ont déjà été protégés en étant reconnus comme territoires indigènes, ce qui représente une superficie 15 000 fois supérieure à celle concernée par le programme de Cool Earth.


Des scientifiques brésiliens et américains ont conclu que la manière la plus efficace de lutter contre la déforestation en Amazonie était de protéger les territoires indiens qui représentent un cinquième de l'Amazonie brésilienne. Pourtant, les territoires de nombreux groupes ne bénéficient encore aujourd'hui d'aucune protection.

48.jpgLes Yanomamis - Photo : desforestation-amazonie.org


Pour en savoir plus sur les Yanomami :
http://survivalfrance.org/tribes.php?tribe_id=162

Pour plus de renseignements :
À Londres : Miriam Ross, 00 44 20 76 87 87 34, mr@survival-international.org
À Paris : Magali Rubino, 01 42 41 44 10, magali@survivalfrance.org

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