Partager l'article ! Palestine: Feu vert américain pour de nouvelles atrocités: Mondialisation.ca, Le 22 janvier 2008 Al Ahram Weekly par Sale ...

Bien que le chef de l’opposition de la droite la plus ultra en Israël, Benyamin Netanyahu, soit connu pour sa froideur et sa répugnance à féliciter qui que ce soit, il a fait une exception à la
règle quand il a donné son sentiment après la réunion avec le président Bush en début de journée jeudi dernier à Jérusalem.
Il a exprimé sa surprise quant à l’insistance de Bush à mettre un terme à la « menace » représentée par le programme nucléaire iranien — que les stratèges
israéliens voient comme une menace en particulier pour Israël — aussi bien que l’insistance de Bush pour qu’Israël frappe la résistance palestinienne et « lui casse le dos ». « Je
suis sorti de la réunion davantage rassuré par la détermination de Bush pour faire disparaître la menace iranienne, et satisfait avec son engagement à fournir une couverture pour n’importe quelle
activité militaire qu’Israël pourrait entreprendre dans Gaza. Si ces questions étaient confiées à ce président, il ne permettrait à aucun terroriste palestinien de rester vivant, » a-t-il
dit en hébreu jeudi matin à la radio israélienne.
A la suite des réunions entre Bush et le premier ministre israélien Olmert, les deux responsables ont annoncé avoir des vues en harmonie à propos du programme
nucléaire iranien. Yediot Aharonot, le journal israélien le plus populaire, a indiqué que Bush a convenu au cours de sa réunion avec Olmert de se coordonner avec Israël au
moment de lancer une frappe militaire sur les installations nucléaires iraniennes. Tous les officiels israéliens qui ont rencontré Bush ont déclaré qu’il a affirmé de manière indiscutable qu’il
n’y a pas à se soucier du rapport publié récemment par les services d’espionnage et de renseignement américains déclarant que l’Iran avait stoppé en 2003 son programme nucléaire à buts
militaires.
Avigdor Lieberman, adjoint au ministre de la défense israélien et officiellement chargé des menaces stratégiques, considère que la teneur du discours de Bush,
dimanche, devant les Emirats Arabes Unis et destiné aux iraniens, montre à l’évidence que l’administration américaine « a complètement adopté la position israélienne » de se confronter
« à la menace iranienne et à d’autres sources de menace dans la région, conduites par le Hizbullah et le Hamas. » En ce qui concerne l’autorisation américaine pour qu’Israël frappe
comme bon lui semble les Palestiniens dans la bande de Gaza, cela a été considéré par Israël comme le résultat le plus positif de la visite de Bush.
La télévision israélienne en langue hébraïque a noté qu’Olmert a été étonné par l’accord si rapidement donné par Bush pour qu’Israël lance une large offensive
militaire contre la bande de Gaza, tout en sachant qu’une telle offensive troucherait des centaines et même des milliers de civils palestiniens. Les proches d’Olmert ont poussé un soupir de
soulagement quand il est apparu clairement qu’il n’était plus besoin pour les chefs des agences israéliennes de sécurité et d’espionnage d’expliquer à Bush les raisons pour une campagne en
profondeur contre Gaza.
Alors que Bush avait demandé à Olmert de faire des efforts pour éviter de frapper des civils, il est néanmoins parti après avoir autorisé Olmert à faire tout ce
qu’il voulait et avec tous les moyens qu’il voudrait, garantissant la couverture diplomatique américaine lorsqu’Israël mettra son plan à exécution.
Après le feu vert américain pour une campagne contre la bande de Gaza, l’armée israélienne a procédé à quelques ajustements concernant ses plans. Les officiels
israéliens ont affirmé qu’Olmert a approuvé de mener cette campagne non seulement pour mettre un terme aux menaces de sécurité qu’Israël prétend voir dans la bande de Gaza, mais aussi pour
réaliser un but stratégique et politique en provoqaunt l’effondrement du gouvernement du Hamas.
Le ministre israélien Haim Ramon a affirmé qu’Israël avait informé Bush que la campagne militaire contre Gaza viserait non seulement à faire cesser les tirs de
fusées vers des colonies israéliennes, mais mettraient aussi un terme aux opérations de contrebande entre la bande de Gaza et l’Egypte tout en détruisant le Hamas. Une fois le Hamas à terre,
disent les officiels israéliens, la bande de Gaza devrait être remise au président palestinien Abbas, bien qu’Abbas ait fait connaître son refus de régler son conflit avec le Hamas par la voie
militaire ou par l’intermédiaire de forces étrangères.
Certains dans l’arène palestinienne ont commencé à accuser Abbas, ses agences de sécurité et les chefs du Fatah de collaborer avec Israël en vue de mener une
campagne militaire contre Gaza. Ismaïl Al-Ashqar, responsable du Comité sur la sécurité au Conseil Législatif Palestinien, a attiré l’attention sur le fait qu’à la suite de la visite de Bush en
Israël et dans les Territoires Palestiniens Occupés, le nombre d’attaques à la bombe réalisées par le Fatah et visant la police du gouvernement d’Ismail Haniyeh avait augmenté. « Il est
absolument clair que ces attaques à la bombe visent à donner une impression de chaos et d’absence de sécurité dans le but de créer les circonstances propices pour une intervention israélienne
importante dans la bande de Gaza, » a-t-il déclaré à Al Ahram Weekly. « Malheureusement, Abbas veut revenir à Gaza, même si c’est sur le dos d’un tank
israélien. »
Ehab Al-Ghasin, porte-parole du ministère de l’intérieur dans le gouvernement d’Ismail Haniyeh, explique qu’il y a de nombreux indicateurs montrant que les groupes
du Fatah ont reçu l’ordre d’intensifier leurs tentatives de déstabilisation dans le territoire. « Les confessions des membres du groupe arrêtés récemment montrent qu’il y a eu des
instructions claires pour développer des opérations visant à faire créer de l’insécurité, » a-t-il déclaré à Al Ahram Weekly.
Pourtant la plupart des commentateurs en Israël estiment que lancer une campagne militaire importante contre la bande de Gaza ne dépend pas des désirs de Bush et
d’Abbas, mais plutôt de considérations israéliennes. Eitan Haber, directeur du bureau de l’ancien premier ministre israélien Yitzhak Rabin, pense qu’il n’y a aucune garantie que la campagne
militaire contre le territoire de Gaza amènera la fin des tirs de fusées Qassam. Au contraire, elle mènera à l’effondrement de l’Autorité Palestinienne dans Gaza, ce qui au regard de la loi
humanitaire internationale rendra Israël responsable de la fourniture des services de bases aux Palestiniens ; ceci en plus du prix élevé qu’Israël paiera comme dans n’importe quelle guerre,
ce qui est confirmé même par les évaluations les plus optimistes de l’armée israélienne.
Pourtant il n’y a aucun doute parmi les observateurs de la scène politique palestinienne que la visite du Président Bush a affaibli la position des négociateurs
palestiniens avec Israël. Olmert a annoncé plus d’une fois et en présence de Bush, comme après le départ de ce dernier de Tel Aviv, que l’administration américaine reprenait à son compte la
position israélienne exigeant du gouvernement d’Abbas et de Salam Fayyad de mettre en application leurs engagements par rapport à la feuille de route avant que n’importe quel accord soit conclu
entre Israël et l’Autorité Palestinienne.
Olmert a également fait savoir que Bush a ajouté une condition impossible qui bloque à l’avance tout progrès dans les négociations. Il a informé ses ministres au
début de la réunion du gouvernement israélien de dimanche que Bush lui avait dit que l’Autorité Palestinienne devait aussi remplir ses engagements dans la bande de Gaza, quoique ce territoire
soit entièrement sous le contrôle du Hamas.
Il n’y a aucune contestation possible que la direction palestinienne a été très péniblement déçue d’avoir fait le pari que la visite de Bush permettrait de trouver
une solution à au conflit avec le gouvernement d’Olmert concernant la construction de colonies en Cisjordanie et à Jérusalem. Sous le nez de Bush, Olmert a insisté sur le fait qu’Israël
poursuivrait la construction des principales colonies en Cisjordanie comme dans Jérusalem et ses environs. Bush, en attendant, a demandé le déplacement des « points de colonisation »
construits par des colons sans la permission du gouvernement israélien.
Pourtant l’écrivain et chercheur Nehad Al-Sheikh Khalil soutient que le résultat le plus dangereux de la visite de Bush réside dans la tentative israélienne
d’installer fermement l’Apartheid développé au coeur de la Cisjordanie. Israël a fait savoir qu’il n’était pas du tout prêt à chercher une solution pour les colonies à l’intérieur du Mur et qui
représentent 85% des colonies en Cisjordanie. « La faiblesse de la position palestinienne officielle et l’accord américain avec presque tout les demandes israélienne ont stimulé l’appétit
d’Olmert et sa volonté d’imposer ses vues aux négociateurs palestiniens, » a dit Khalil au Weekly.
Saeb Erekat, responsable des négociations dans l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), s’est trouvé extrêmement embarrassé quand les journalistes
palestiniens lui ont demandé avec insistance quelles étaient ses observations sur les déclarations faites par Bush lors de la conférence de presse organisée avec Abbas à la suite de leur réunion
dans Ramallah. Lors de cette réunion, il avait bien compris que l’administration Bush ne prenait pas en considération les résolutions de l’ONU sur le conflit entre Palestiniens et Israéliens
comme point de départ pour des négociations. D’ailleurs, Bush a énoncé comme principe de base que son administration ne prévoyait de faire aucune pression sur Israël.
Même d’un point de vue humanitaire, Bush a déçu la direction palestinienne quand il a légitimé les checkpoints installés dans l’ensemble de la Cisjordanie et qui
transforment la vie des Palestiniens en un insupportable enfer. Bush a déclaré que ces points de contrôle sont placés là pour garantir que des opérations terroristes ne frappent pas Tel Aviv, ce
qui est la position des ministres les plus extrémistes dans le gouvernement d’Olmert, car il se trouve même un certain nombre d’autres ministres pour soutenit l’idée que plusieurs de ces
checkpoints devraient être enlevés.
En Israël beaucoup de personnes considèrent Bush comme la meilleure garantie pour qu’Israël poursuive son agression contre les Palestiniens et refuse de répondre aux
sollicitaions pour parvenir à un accord. Le 7 juin, l’intellectuel Gidéon Lévy a publié un article dans Haaretz dans lequel il déclarait : « il n’y a jamais eu à
la Maison Blanche quelqu’un qui ait autant que Bush permis à Israël de poursuivre ses agressions, de lancer ses campagnes violentes, et qui ait recommandé de maintenir aussi fermement
l’occupation. » Lévy ajoute que « Bush est le président qui a légitimé chaque acte criminel, de l’expansion des colonies au refus des accords signés, y compris ceux signés par Israël
avec l’Autorité Palestinienne sous le patronage des Etats-Unis, et qui a contribué à maintenir fermement l’occupation et à la rendre encore plus cruelle. »