8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 15:39

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7 février 2008

Japan Today, 1 février 2008

« Selon nos meilleures estimations actuelles, la quantité d’eau disponible augmentera substantiellement en Eurasie du nord, en Alaska, au Canada et dans certaines régions des tropiques, mais décroîtra de façon significative au sud de l’Europe, au Moyen Orient, et au sud ouest de l’Amérique du Nord. » Une nouvelle étude publiée par la revue Science avertit contre les dérèglements du cycle de l’eau dus au changement climatique. Selon certaines estimations, l’Europe du sud pourrait voir disparaître 80% de ses précipitations.




Le changement climatique a déjà radicalement modifié le cycle de l’eau et ces évolutions marquent le début d’une crise de la ressource, avertit un article de la revue Science rédigé par un groupe de climatologues et d’hydrologues éminents.


Ils affirment que des changements radicaux du cycle de l’eau vont se généraliser et que les tendances observées par le passé ne peuvent plus fournir de modèles fiables pour prévoir la gestion de la ressource en eau dans le futur.


« Selon nos meilleures estimations actuelles, la quantité d’eau disponible augmentera substantiellement en Eurasie du nord, en Alaska, au Canada et dans certaines régions des tropiques, mais décroîtra de façon significative au sud de l’Europe, au Moyen Orient, et au sud ouest de l’Amérique du Nord, » déclare Cristopher Milly, l’hydrologue de l’US Geological Survey qui a dirigé l’étude.

 
Des sécheresses plus fréquentes dans certaines régions arides sont également à prévoir, ajoute-t-il.


« Même en prenant des mesures draconiennes pour pallier à ces effets, la poursuite du réchauffement est très vraisemblable compte-tenu de la durée de rémanence du CO2 et de l’inertie thermique du système terrestre, » concluent les auteurs.

 

L’article indique que de nouveaux modèles devront être mis en œuvre pour anticiper les inondations et les sécheresses, déterminer la taille des réserves d’eau et décider de l’allocation de la ressource entre les usages domestiques, industriels et agricoles.

 

Il y a là de très lourdes implications, si l’on considère que l’investissement mondial annuel dans l’infrastructure de l’eau représente 500 milliards de dollars, et que celui-ci est réalisé en fonction de l’hypothèse déjà dépassée selon laquelle le cycle de l’eau oscillerait dans les limites relativement étroites constatées dans le passé.

« Jusqu’à présent, l’observation du passé était un bon moyen pour estimer les conditions futures, » note M. Milly.

 

« Mais le changement climatique accroît la possibilité que surviennent des sécheresses et des inondations d’ampleur inégalées par rapport à celles décrites dans les archives. »

 

Le changement climatique a d’ores et déjà transformé les schémas des précipitations, du débit des rivières, et a créé un risque accru d’inondation dans certaines régions, écrivent les auteurs.

 

L’élévation du niveau des mers « renforcera le risque de contamination des ressources en eau douce près de la côte, » tandis que « l’extension vers les pôles de la région sèche subtropicale » [1] réduit l’irrigation de surface.

 

Dans un autre article publié dans Science, les scientifiques relient les stress hydrique que subit l’ouest des USA au réchauffement climatique.

 

Ils ont étudié la tendance à l’augmentation des précipitations sous forme de pluie au détriment de la neige, ainsi que la fonte précoce de celle-ci dans l’ouest des Etats-Unis, une région aride dans laquelle la population croît rapidement.

 

Ces changements ont entraîné une augmentation du débit des fleuves au printemps et une réduction de ceux-ci en été, qui ont coïncidé avec une élévation de la température sur la plus grande part de cette région.

L’étude conclut que « jusqu’à 60% des variations liées au climat observées de 1950 à 1999 pour le débit des fleuves, la température hivernale et la couche neigeuse, sont dus aux changements climatiques induits par l’activité humaine, les gaz à effets de serre et les aérosols. »

 

Ces résultats « en conjonction avec les travaux précédents, présagent d’une future crise de la ressource en eau pour l’ouest des USA, » écrit Tim Barnett de l’Université de San Diego, en Californie.

 

Ces analyses « prévoient des pénuries d’eau, un manque de capacité de stockage permettant de faire face aux variations saisonnières de débit des fleuves, des transferts de la ressource de l’agriculture vers l’usage urbain, ainsi que d’autres impacts critiques. »

Contre Info - Commentaire


Le Parlement Européen a procédé récemment à des auditions de spécialistes sur le sujet. Extrait :

Les pays en développement ne seront pas les seul à subir le changement climatique par le biais de problèmes liés à l’eau. Le sud de l’Europe, selon M. Zahedi (du PNUE), deviendra "particulièrement vulnérable aux sécheresses" : les précipitations dans la région baisseront de près de 80% dans les prochaines décennies", prévient-il.

Source : Parlement Européen


Publication originale Japan Today, traduction Contre Info

[1] Lire : Climat : la zone tropicale s’étend avec le réchauffement de l’atmosphère


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