Partager l'article ! 2 novembre: Fêter les morts ?: http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=96931/10/2007 La Toussaint, fête de t ...
L'essentiel pour comprendre :
Pour élargir le débat, en savoir plus :
L’Homme et la mort
Pour Edgar Morin, le souci des morts est aussi
le « propre de l’homme ». Il balaye dans cet ouvrage, de la préhistoire à nos jours les conceptions et croyances humaines sur ce phénomène à la fois terriblement biologique et
infiniment culturel. « La mort se situe exactement dans la charnière bio-anthropologique. C’est le trait le plus humain, le plus culturel de l’anthropos ... C’est dans ses
attitudes et croyances devant la mort que l’homme exprime ce que la vie a de plus fondamental. »
Des ouvrages qui ont fait date, interrogeant nos
pratiques et nos représentations sur plus d’un millénaire d’histoire occidentale. De la « mort apprivoisée » à la « mort inversée », une somme d’études extrêmement
documentées.
Un « Que sais-je ? » de
l’anthropologue qui avait fait de la mort son sujet d’étude quasi exclusif, en ouvrant sur une pratique comparatiste notamment avec les rites funéraires africains.
Cimétière fleuri à Mexico le 2 novembre- Photo: tahitinui.blog
Une fête très
catholique ?
Jean Markale , dans le chapitre "Permanence et
survivances", voit beaucoup de points communs entre la Toussaint et l’ancienne Samain celtique, fête du passage de l’été à l’hiver et fête de la communication entre les morts et les vivants.
« Il y a, sinon emprunt, du moins concordance absolue entre la fête druidique et la fête chrétienne. »
Un petit texte en ligne qui rappelle les
ressemblances entre les trois fêtes et y voit des indices d’une descendance celtique commune.
Fête des morts à Mexico - Photo:
image.guim.co.uk
Le folklore français :cycles de mai et de la Saint-Jean, de l’été et de l’automne de Arnold van Gennep, Ed. Robert Laffont.
L’auteur reste lui bien plus prudent, acceptant la possibilité d’une survivance celtique, mais
soulignant qu’aucun document ne l’atteste. Par contre, il constate l’existence d’un folklore agricole préhivernal, et l’existence de commémorations collectives annuelles du type cérémonies aux
morts chez de nombreux peuples, ayant pu favoriser la « popularisation » des fêtes des saints et des morts.
Halloween, fête non religieuse des pays
anglo-saxons, qui est fêtée la nuit du 31 octobre, prend-elle le pas sur la Toussaint ? C’est la peur que reflète ce pamphlet d’un philosophe chrétien, résolument contre Halloween , qu’il
voit comme une fête commerciale et teintée de relents de néo-paganisme ésotérique. Mais depuis quelques années, et après quelques résistances, il semble que la polémique se soit tassée et que les deux fêtes coexistent. Il est encore impossible de
dire à quels rites seront attachées les générations futures.
Dans une partie importante sur la Toussaint,
l’auteur analyse en profondeur les modalités et les raisons du culte. Ce faisant, il fournit certaines explications à sa persistance malgré la déchristianisation. Il souligne en effet que
l’Eglise n’est pas parvenue à contrôler la forme qu’a prise le culte. C’est au XIXe que la visite au cimetière se généralise, au moment où « le romantisme et le culte des
souvenirs rencontraient alors dans la bourgeoisie la lente émergence du sentiment de l’intimité familiale ». La fête des morts serait donc une création récente et largement laïque. La
croyance religieuse n’y est pas un facteur déterminant. « Cette commémoration s’alimente à un vieux fond païen fondé sur l’échange symbolique entre les vivants et les morts,
et coïncide finalement fort peu avec la conception que l’Eglise catholique cherche à promouvoir depuis qu’elle a introduit cette fête dans le calendrier liturgique. Peut-être est-ce là une raison
de sa popularité persistante. Quels qu’en soient la forme et le sens officiel, éminemment variables selon les contextes culturels et religieux, l’hommage aux morts paraît être une constante de
toute société, comme s’il s’agissait d’une sorte de donné anthropologique universel. »
Considérant comme acquis que la plupart
des fêtes sont liées à d’anciennes célébrations saisonnières, l’auteur fait le parallèle entre la Toussaint, les Velines de Lituanie, le Dias de Los Muertos du Mexique et le Cheung Yeung
chinois.
A la p. 142, est évoquée « la mort
ailleurs » : « Par-delà la diversité des gestes et des rituels hors de l’Occident chrétien, se dessine un trait universel : la croyance aux devoirs dus aux
morts. Et sous le discours parfois plaqué de la religion, comme au Mexique, la présence de ce peuple des morts conviviaux ou hostiles, qu’il convient d’apaiser ou d’exclure, est
constante. ».
Le labyrinthe de la solitude d’Octavio Paz,Ed. Gallimard.
« " Le labyrinthe de la solitude, dit Octavio Paz, fut un
exercice de l’imagination critique : une vision, mais aussi une révision du Mexique. Point du tout un essai sur la philosophie de l’essence du Mexique ou une recherche de notre prétendu
être. Le mexicain n’est pas une essence, mais une histoire. De ce point de vue, le caractère des Mexicains n’a pas une fonction différente de celui des autres peuples : d’une part, il est un
bouclier, un mur ; d’autre part, un faisceau de signes, un hiéroglyphe. ».
« Le musée du quai Branly
rend hommage au Mexique et à sa tradition de célébrer les morts en proposant une programmation spéciale pendant les vacances de la Toussaint. En plus de nombreux ateliers et visites gratuits, un
autel participatif est dressé au cœur du musée du quai Branly pour rendre hommage aux disparus, de manière festive et colorée ! »