26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 23:11
Archives
Combat-Nature*, n° 147, novembre 2004, p. 68

070614165023.s7hdcp4y0_le-mausolee-chiite-de-samarra--au-nord-de-bagdad--b.jpgDévastation irréversible de l’environnement, destruction de cultures millénaires et du patrimoine mondial, massacres délibérés de civils, tortures, désinformation, restrictions des libertés individuelles, crises économiques et retour à la « loi de la jungle » au niveau mondial, tels sont les principaux « dommages collatéraux » de la prétendue « guerre contre le terrorisme » décrétée au lendemain du 11 septembre 2001, qui fut une aubaine pour le complexe militaro-industriel et les pétroliers.


Destruction de l’environnement par des armes de plus en plus puissantes

Malformations5.jpg
Le rapport «  Dommages collatéraux – Le coût pour la santé et l’environnement de la guerre en Irak » réalisé par MEDACT, filiale de l’Association internationale des médecins contre la guerre nucléaire (IPPWN) (1), prix Nobel de la Paix 1985, qui regroupe 200.000 médecins dans 85 pays, dresse un bilan catastrophique de la dernière agression contre l’Irak.

Son vice-président, le docteur Abraham Béhar, dénonce l’utilisation d’armes à fragmentation (destinées à faire le plus de victimes possibles), et à l’uranium appauvri (UA). Employées dans le sud du pays désertique en 1991, elles ont été utilisées en 2003 principalement dans les grandes agglomérations. Dans certains quartiers de Bagdad, des taux mille fois supérieurs au seuil admissible auraient été relevés. Le Professeur Yagazaki a estimé que la quantité d’UA utilisée en Irak en 2003 était trois fois plus importante qu’en 1991. Et la guerre est loin d’être terminée…

L’anéantissement des infrastructures vitales du pays (stations d’épuration, réseau électrique…), non réparées à ce jour, entraîne la multiplication des épidémies, des maladies chroniques, et un stress général intense dans la population. Pour mille Irakiens tués chaque semaine (Robert Fisk, The Independent UK), combien de morts différées pendant des décennies ?

Karen_3.jpg
La nouvelle pollution radiologique et chimique des sols, des rivières et de l’air à très grande échelle continue de contaminer de façon irréversible l’environnement du pays entier. Les mouvements de troupes, les mines et les bombes monstrueuses qui créent des cratères géants, anéantissent l’écosystème fragile du désert et les sites archéologiques (3). Les terres arables ont été systématiquement stérilisées, les troupeaux décimés, la biodiversité appauvrie. Les palmiers qui faisaient jadis de l’Irak le premier exportateur de dattes ont disparu.

D’autres armes de destruction massive, comme « Moab », la bombe la plus puissante du monde (8 tonnes) et l’une des plus meurtrières et de celles qui produit un champignon semblable à celui des bombes nucléaires, la bombe E (électromagnétiques), des bombes au plasma (à effet de souffle), auraient pu être testées en Irak.

Selon le professeur Chossudovsky de l’université d’Ottawa, le nouvel arsenal US comprendrait en outre « des dispositifs destinés à la guerre climatique et météorologique... à même de déstabiliser complètement des économies nationales par des manipulations climatiques faites à l’insu de l’ennemi... » (Guerre et Mondialisation, p. 147) ; déjà testées au VietNam, des armes « environnementales » auraient été utilisées en Serbie. Les USA accusent la Russie  d’utiliser des dispositifs similaires.

Par ailleurs, des millions d’animaux sont sacrifiés dans des conditions atroces pour mettre au point les nouveaux engins de mort. Enfin, le nombre et l’intensité des pilonnages, alliés à la puissance des bombes, contribuent à aggraver l’effet de serre.


La résistance des peuples agressés et la mondialisation du mouvement anti-guerre seront-elles suffisantes pour éviter le désastre ?

La farouche résistance irakienne, toutes tendances confondues, retarde les USA dans leur plan d’agression des prochains pays (Iran et Syrie) de leur longue liste, auquel les « faucons » n’ont pas renoncé, assurés du « laisser faire » sélectif d’une ONU agonisante.

Le mouvement pacifiste s’est mondialisé, et les opinions publiques sont moins dupes des manipulations grossières des media, propriétaires de multinationales de l’armement et du bâtiment. Mais les « masses » du monde entier restent anesthésiées par la culture de divertissement avilissante imposée par l’ordre médiatico-publicitaire d’un monde de plus en plus matérialiste et individualiste. La propagande a été rebaptisée « communication ». Les enfants sont dressés à la culture guerrière par les jeux électronique. Les masses ne pourront se sevrer de leur dépendance aux « hochets technologiques » que lorsqu’elles seront directement menacées. Il sera alors trop tard pour réagir.

L’avertissement et l’appel à la résistance contenus dans la « Lettre de citoyens américains à leurs amis en Europe » (Le Monde, 9 avril 2002), co-signée par plus de cent vingt universitaires, écrivains et journalistes (5) n’ont pas été entendus. Cet appel rappelait que nos « gouvernants, conscients des périls que la ligne Bush (nous font) courir... sont intimidés par diverses formes de représailles qui peuvent être exercées contre les « amis » et les « alliés » qui ne fournissent pas un soutien inconditionnel » (c’est nous qui soulignons)...

Or, le 6 juin 2004, la France a reçu en grande pompe Georges W. Bush, dont le grand-père a bâti sa fortune familiale en armant Hitler (ainsi que les compagnies Ford, General Motors...). Peu après, l’Union européenne a renoncé au moratoire sur les OGM et s’apprête à accueillir la Turquie, qui serait pourtant le cheval de Troie des Etats-Unis et d’Israël en son sein... Et, quel que soit le résultat de la présidentielle de novembre 2004 – si elle a lieu – les USA tenteront de poursuivre leur politique d’agression (qualifiée de « terroriste » par les pacifistes anglo-saxons) pour achever leur conquête du monde – le troisième candidat, Ralph Nader, n’ayant malheureusement aucune chance d’être élu.

undefined
Le génocide culturel est à l’oeuvre partout dans le monde, au Tibet et en ex-Yougoslavie (églises, ponts et habitations traditionnelles ont été détruits par l’OTAN et les terroristes albanais de l’UCK). Les méthodes utilisées en Irak rappellent celles d’Israël dans les « territoires occupés » : pilonnage des villes et des villages, intimidation et élimination physiques des résistants et de leur famille...



Les destructions commises par les raids israéliens contre les centres historiques  des villes millénaires comme Bethléem, Hébron ou Naplouse ont été qualifiées de « crimes contre le patrimoine culturel commun de l’humanité » par l’UNESCO en 2002. L’armée a aussi détruit des milliers d’hectares d’oliviers, ressource traditionnelle des Palestiniens et partie intégrante de leur culture.

 
Joëlle Pénochet, 23 juillet 2004

* Revue des associations de protection de la nature et de défense de l’environnement et d’action écologique fondé en 1970.  Publication de la Fédération nationale pour la Défense de l’Environnement (FEDEN).

Notes

(1) Médecine et guerre nucléaire, revue de l’association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN, branche de l’IPPNW), 5 rue Las Cases, 75007 Paris. Rapport intégral sur medact.org et ippwn.org).

(2) Cf. « Les nouvelles armes à l’uranium appauvri », par Joëlle Pénochet, Combat-Nature n° 138, août 2002, pp. 46-48.

(3) Cf. « Vandalisme et pillage en Irak, berceau de la civilisation », par Joëlle Pénochet, Combat-Nature n° 143, novembre 2003, pp. 57-61.

(4) Cf.: Dossier « Les armes secrètes de Bush », Science et Avenir, décembre 2002; « Les maîtres du temps » », Science et Avenir, n° 657, novembre 2001 ; et les sites globalResearch.ca et grip.org.

(5) Parmi lesquels Francis Boyle, William Blum, Helen Caldicott, Edward Herman, Michael Parenti, Alan Sokal, Norman Solomon, Gore Vidal et Howard Zinn.

Partager cet article

commentaires

Présentation

  • : internationalnews
  • internationalnews
  • : Un site d'information et de réflexion sur l'actualité internationale, le nouvel ordre mondial, la géostratégie, la propagande, l'impérialisme, le nucléaire, l'économie, l'environnement et la culture, illustré de documentaires. Site géré par des journalistes bénévoles, sans aucune obédience politique, religieuse ou autre.
  • Contact

STOP TAFTA !

Rechercher

Dossiers les plus consultés