Rappelant l’importance de la biodiversité pour la sécurité alimentaire, la FAO estime qu’environ les trois quarts de la diversité génétique variétale des plantes cultivées ont disparu au cours du
XXe siècle. En fait, nous en sommes arrivés au point que l’essentiel de l’alimentation humaine, au niveau planétaire, repose sur seulement 12 espèces végétales et 14 espèces
animales.
La raison de cet appauvrissement est directement liée à la recherche d’une productivité toujours plus grande. Ainsi, que l’on parle d’élevage ou de culture, ce sont généralement les espèces et
variétés anciennes qui font les frais de cette industrialisation à outrance pour toujours plus de productivité et des produits surmesures.
L’exemple de la production laitière est très éloquent sur ce point. Depuis la fin du XIXe, début du XXe siècle, de nombreux pays ont investi dans l’amélioration du rendement des vaches
laitières. Des programmes d’amélioration génétique, par croisement, et l’optimisation des rations alimentaires ont permis de passer d’une production laitière moyenne d’une petite dizaine de
litres à 26 litres par jour (1). L’évolution des caractéristiques de la production céréalière est du même niveau. Les chiffres des rendements se sont envolés. A titre d’exemple, grâce au travail
des semenciers visant à améliorer le nombre et la taille des grains portés par chaque épi, le blé a vu son rendement mondial moyen à l’hectare passer de 1,1 tonne/ha, en 1961, à 2 t/ha en
2005 ; le record planétaire étant détenu par la Namibie avec 8,89 t/ha (2).
Néanmoins, malgré ces chiffres de production record, alors que s’est ouvert hier, en Allemagne, la Conférence mondiale sur la biodiversité (du 19 au 30 mai 2008), la FAO considère
aujourd’hui que cette perte de '…diversité génétique implique un recul des opportunités de croissance et d’innovation nécessaires pour relancer l’agriculture en pleine flambée des prix
alimentaires'. En outre, l’organisme de l’ONU estime que ce déclin de la biodiversité des principales sources de l’alimentation humaine concourt à rendre les approvisionnements alimentaires plus
vulnérables et moins durables, notamment à l’heure du changement climatique avec la disparition annoncée, ou déjà constatée, de nombreuses races animales et variétés végétales comportant pourtant
des traits uniques, comme la résistance aux maladies ou la tolérance aux conditions climatiques extrêmes. En conséquence, l’agriculture devient de moins
en moins capable de s’adapter aux défis environnementaux que la planète doit relever (changement climatique, désertification, pénurie d’eau, etc.).
1- La production moyenne d'une vache Holstein-Friesian, durant un cycle de lactation de 331 jours en moyenne, était de
8628 litres de lait en France en 2005. Cette vache est devenue, de loin, la vache la plus répandue au monde.
2- La France était à 6,98 t/ha en 2005. A noter que cette évolution a été accompagné d'une baisse très sensible des qualités de panification de la céréale et d'un recours important aux engrais,
entre autres.
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