4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 04:53

Mondialisation.ca


Un autre 11 septembre
fait partie intégrante de
la doctrine militaire
étasunienne
 






Source: kerignard.com



Depuis plusieurs années maintenant, de hauts fonctionnaires du gouvernement Bush, dont le Président et le vice-président, laissent entendre, en termes non assurés, qu'il y aura «un deuxième 11 septembre.»

 

Les citations de discours présidentiels et de documents officiels abondent. Les États-Unis sont menacés :

 

«Dans un avenir proche, des attentats . . . égaleront ou dépasseront ceux du 11 septembre. .. Et il est assez évident que la capitale du pays et la ville de New York sont sur la liste . . ». (Tom Ridge, ancien Secrétaire à la Sécurité intérieure, DHS, Homeland Security, décembre 2003)

«Vous demandez, ‘Est-ce sérieux ?’ Oui, vous pouvez parier tout ce que vous voulez. Ces gens ne feront rien à moins que ce ne soit une situation grave.» (Donald Rumsfeld, ancien secrétaire de la Défense, décembre 2003)

« . . . Des rapports dignes de foi signalent qu’Al-Qaida progresse dans son projet de porter une attaque de grande envergure aux États-Unis pour essayer de perturber notre marche démocratique ...» (Tom Ridge, ancien Secrétaire à la Sécurité intérieure, DHS, 8 juillet 2004)

«L'ennemi qui a frappé le 11 septembre est fragilisé et brisé, pourtant il est toujours implacable et il projette de nous frapper encore.» (Dick Cheney, vice-président, 7 Janvier 2006)


«Nous sommes toujours une nation en danger. Une partie de notre stratégie, bien sûr, est de rester offensifs contre les terroristes qui pourraient nous faire du tort. En d'autres termes, il est important de les vaincre à l’étranger pour n’avoir jamais à les affronter ici. Néanmoins, reconnaissons que nous devons être pleinement préparés ici, dans notre patrie.» (George W. Bush, Président, 8 février 2006)

 

«Notre principal ennemi est al-Qaida et consorts. Leurs alliés choisissent leurs victimes sans discrimination. Ils tuent des innocents pour faire progresser une idéologie claire et déterminée. Ils cherchent à établir un califat islamique radical, de sorte qu'ils puissent imposer un nouvel ordre brutal contre la volonté des gens, un peu comme les Nazis et les communistes ont cherché à le faire au cours du siècle passé. Cet ennemi n’acceptera aucun compromis avec le monde civilisé . . .» (George W. Bush, Président, conférence à la coalition du CENTCOM, 1er mai 2007) 

«Nous avons aujourd’hui des capacités scientifiques et techniques qui posent l’éventualité très réelle qu'un petit groupe terroriste puisse tuer non seulement des milliers de gens, comme ils l'ont fait le 11 septembre, mais des centaines de milliers. Et cela a changé la dimension de la menace que nous affrontons.»(Michael Chertoff, Secrétaire à la Sécurité intérieure, DHS, université de Yale, 7 avril 2008.

 

«Nous sommes en guerre contre le terrorisme parce que l'ennemi nous a attaqué en premier, et nous a frappé durement . . . Le leadership d’Al-Qaida dit avoir le droit de tuer quatre millions d’Étasuniens . . . Depuis près de six ans à présent, les États-Unis ont pu contenir leurs tentatives d’attentats ici, chez nous. Personne ne peut garantir que nous ne serons pas à nouveau frappés. . . »(Dick Cheney, vice-président, United States Military Academy Commencement, West Point, New York, 26 mai 2008)


(Souligné par nous.)
 

Toutes ces affirmations de sources autorisées pointent en chœur dans la même direction : l'ennemi frappera à nouveau !

 

Arrière-plan historique en faveur d’un « second 11 septembre »

 

L’hypothèse d'un deuxième 11 septembre est devenue partie intégrante de la doctrine militaire étasunienne. Les États-Unis sont attaqués, leur armée doit réagir préventivement.

 

Dans le sillage immédiat de l'invasion de l'Irak (avril 2003), diverses mesures de sécurité nationale ont été fixées, focalisées explicitement sur l'éventualité d'un autre attentat contre les États-Unis. En fait, ces mesures ont été inaugurées en même temps que la première étape des plans de guerre contre l'Iran, en mai 2003, sous l'opération Theater Iran Near Term (TIRANNT, imminence du théâtre iranien). (Voir Michel Chossudovsky, Nom de code TIRANNT : les plans de guerre US contre l’Iran, Mondialisation.ca, 21 février 2007.)

 

 

Rôle d'un « événement créant d’énormes pertes »

 

Lors d’une interview pour un magazine en décembre 2003, l’ancien commandant du CENTCOM, le général Tommy Franks, a esquissé le scénario de ce qu'il décrivait comme« un événement produisant d’énormes pertes » sur le sol étasunien (un deuxième 11 septembre). Dans la déclaration du général Franks, il était implicite qu’il était convaincu du fait que le concept de la mort de civils était nécessaire pour sensibiliser et rassembler le soutien public en faveur de la «guerre mondiale contre le terrorisme» :

 

«Un énorme fait terroriste, produisant des victimes [se produira] quelque part dans le monde occidental, peut-être aux États-Unis d'Amérique, faisant en sorte que notre population remettra en question notre propre Constitution et commencera à militariser notre pays afin d'éviter la répétition d'une autre événement créant d’énormes pertes.» (Interview du général Tommy Franks, Cigar Aficionado, décembre 2003)

 

De façon indirecte, Franks faisait allusion à un attentat terroriste, un «deuxième 11 septembre», qui pourrait servir à galvaniser l'opinion publique étasunienne pour soutenir la loi martiale.

 

L’«événement produisant d’énormes pertes» était présenté par le général Franks comme l’occasion d’un virage politique crucial. La crise et les troubles sociaux créés par les pertes civiles faciliteraient des changements majeurs dans les politiques et les structures sociales et institutionnelles des États-Unis, menant à la suspension du gouvernement constitutionnel. (Voir Michel Chossudovsky, Directive de Bush pour une « Catastrophic Emergency » in America: Building a Justification for Waging War on Iran?, Global Research, 24 juin 2007) 

 

L’Opération Northwoods

 

Le concept d’«événement engendrant d’énormes pertes» fait partie de la planification militaire. En 1962, l'état-major envisageait un plan secret, intitulé «Opération Northwoods», pour faire délibérément des victimes civiles dans la communauté cubaine de Miami (c'est-à-dire « mettre en scène le meurtre de Cubains vivant aux États-Unis ») pour justifier l’invasion de Cuba :

 

«Nous pourrions faire sauter un navire étasunien dans la baie de Guantanamo et accuser Cuba ; organiser une campagne terroriste des communistes cubains dans la région de Miami, dans d'autres villes de Floride et même à Washington ; la liste de victimes dans les journaux étasuniens provoquerait une vague opportune d'indignation nationale.» (Voir le document top secret libéré en 1962 et intitulé Justification for US Military Intervention in Cuba (voir Operation Northwoods.) 

 

L’Opération Northwoods fut présentée au Président Kennedy. Ce projet ne fut pas mis à exécution.


Pour consulter la Northwoods Archive, cliquez ici.

 

La doctrine militaire

 

Le général Franks ne donnait pas son point de vue personnel à propos de la mort de civils. Il décrivait la particularité centrale des opérations secrètes de l’intelligence militaire, qui remonte à l'opération Northwoods.

 

Un événement déclenchant la mort de civils dans la mère patrie sert d’instrument de propagande de guerre. L'objectif est de retourner la réalité la tête en bas. Le pays agresseur devient celui qui est attaqué, les États-Unis se présentant en victimes d’une guerre menée par des États sponsors du terrorisme islamique, alors qu'en réalité ils sont l’auteur d'un théâtre de guerre de grande envergure au Moyen-Orient.

 

Le concept entier de « guerre mondiale contre le terrorisme » est compatible avec la logique de l'opération Northwoods : Les victimes civiles de l'attentats du 11 septembre aux États-Unis servent un « incident prétextant une guerre » galvanisant le soutien public en faveur d’une intervention militaire en Irak et Afghanistan.

 

À partir de 2005, la conjecture d'un deuxième 11 septembre est devenue partie intégrante de la planification militaire.

 

Des déclarations émanant de la Maison Blanche, du Pentagone et du département de la Sécurité intérieure (DHS), indiquent la montée d’un consensus sur la nécessité et le caractère inéluctable d'une deuxième attaque terroriste contre une région urbaine majeure aux États-Unis.

 

À Londres, dans le mois suivant juillet 2005, le vice-président Cheney aurait ordonné à l’US Strategic Command (USSTRATCOM) d'établir un plan d'urgence « à utiliser en réponse d’un autre attentat terroriste du style 11 septembre contre les États-Unis. » Ce «plan d'urgence» utilise le prétexte d'un «second 11septembre» pour préparer une grande opération militaire contre l'Iran. (Philip Giraldi, Attack on Iran: Pre-emptive Nuclear War, The American Conservative, 2 août 2005)

 

En avril 2006, sous la direction de Donald Rumsfeld, le Pentagone a lancé un plan militaire de grande envergure, pour « combattre le terrorisme » dans le monde entier, en vue de représailles dans le cas d'un deuxième attentat terroriste majeur aux États-Unis.

 

La supposition du plan du Pentagone était que cet attentat présumé, fait par un ennemi extérieur contre les États-Unis, se traduirait par des pertes, qui serviraient à leur tour à justifier des actions militaires étasuniennes dans le théâtre de guerre du Moyen-Orient. Des organisations terroristes islamiques (hormis l'ennemi), soutenues clandestinement par les services secrets étasuniens, sont susceptibles d’effectuer cet attentat, ce qui n’est bien sûr pas mentionné.

 

Selon le Pentagone, un deuxième attentat aux États-Unis servirait un important objectif politique.

  

Les trois documents du Pentagone consistaient en « plans de campagne » généraux, plus deux « plans annexes. » Le deuxième « plan annexe » se concentrait explicitement sur la possibilité d'un « second 11 septembre» sur le territoire étasunien, et sur comment il pourrait fournir « une occasion » pour élargir à de nouvelles frontières la guerre menée par les États-Unis au Moyen-Orient :

 

«Il montre comment les militaires peuvent à la fois perturber et répondre à une autre frappe terroriste aux États-Unis. Il comporte de longues annexes qui proposent aux militaires un menu d'options de ripostes rapides contre des groupes terroristes, des individus ou des États sponsors particuliers, en fonction de l’auteur présumé de l’attentat. Un autre attentat pourrait créer à la fois le prétexte et l’opportunité qui manquent aujourd'hui pour riposter contre des objectifs connus, selon des fonctionnaires à la guerre actuels et anciens familiers du plan (Washington Post, 23 avril 2006, souligné par nous)

 

La loi martiale

 

Depuis 2003, diverses procédures ont été adoptées en ce qui concerne la promulgation de la loi martiale en cas de soi-disant « circonstance nationale catastrophique. »

 

Sous une loi martiale, l'armée prendrait la direction de plusieurs attributions gouvernementales civiles, notamment la justice et les forces de l’ordre.

 

Des décisions du domaine du ministère de la Répression intérieure (Homeland Security) décrivent les circonstances précises qui pourraient faire déclarer la loi martiale dans l’hypothèse d'un deuxième 11 septembre.

 

En mai 2007, une directive présidentielle majeure sur la Sécurité nationale (National Security and Homeland Security Presidential Directive NSPD 51 & HSPD 20)  envisageait explicitement la possibilité d'un deuxième 11 septembre.

 

La directive NSPD 51 est taillée sur mesure pour s'adapter aux prémisses du « plan antiterroriste » de 2006 du Pentagone et au « plan d’urgence » de 2005 du vice-président Cheney. (Voir Michel Chossudovsky, Bush Directive for a Catastrophic Emergency" in America: Building a Justification for Waging War on Iran?,  Global Research, 24 juin 2007). Cette directive établit des procédures pour « la continuité du gouvernement » (COG) en cas de « circonstances catastrophiques. » Celles-ci sont définies dans les directives NSPD 51 et HSPD 20 : 

 

«Tout incident, en tout lieu, entraînant un niveau exceptionnellement élevé de pertes, de dégâts ou de bouleversements, affectant gravement la population des États-Unis, les infrastructures, l'environnement, l'économie, ou les fonctions gouvernementales.»

 

La directive NSPD 51 se fonde sur l'idée que les États-Unis sont attaqués et que les «circonstances catastrophiques» se présentent sous forme d'attentat terroriste dans une grande région urbaine.

 

« La continuité du gouvernement, » ou « COG, » est définie dans la directive NSPD 51 comme « un effort coordonné au sein du pouvoir exécutif du gouvernement fédéral pour assurer la bonne marche des fonctions essentielles lors de circonstances catastrophiques.»

 

Plus récemment, en mai 2008, une autre directive présidentielle sur la Sécurité nationale, intitulé Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security (NSPD 59, HSPD 24), a été produite par la Maison Blanche.

 

La directive NSPD 59 complète la NSPD 51. La nouvelle directive ne se limite plus aux KST, ce qui signifie « Known and Suspected Terrorists » (terroristes connus et suspectés de l’être) dans le jargon de la sécurité. Elle comporte différentes catégories de terrorisme intérieure, la supposition étant que ces groupes travaillent main dans la main avec des Islamistes.  

 

«La capacité d’identifier les individus capables de faire du tort aux Étasuniens et à la nation est essentielle pour protéger le pays. Depuis le 11 septembre 2001, les organismes gouvernementaux ont fait des progrès considérables dans le domaine de la sécurité nationale, grâce à l'intégration, à l’aide aux moyens d’existence et au partage d'informations servant à identifier les individus pouvant constituer une menace pour la sécurité nationale. (NSPD 59) »

 

La directive NSPD 59 va bien au-delà de la question de l'identification biométrique. Elle recommande la collecte et le stockage de données « biométriques associées, » c’est-à-dire, des informations sur la vie privée des citoyens étasuniens, dans les moindres détails, tout cela devant être «mené à bonne fin dans le respect de la loi» (Pour plus de détails, voir Michel Chossudovsky, "Big Brother" Presidential Directive: "Biometrics for Identification and Screening to Enhance National Security", Global Research, juin 2008.)

 

Cette NSPD est dirigée explicitement contre les citoyens étasuniens, qui sont désormais catalogués en tant que terroristes potentiels.

 

Bien que des « théoriciens du complot » aient été accusés de cogiter en ce qui concerne la possibilité d'un deuxième 11 septembre, la plupart des insinuations émanent de sources officielles étasuniennes, notamment de la Maison Blanche, du Pentagone et du département de la Sécurité intérieure.

 

Le fait qu'un « événement produisant des pertes énormes » puisse être utilisé dans le cadre d'un ordre du jour de politique étrangère étasunienne est diabolique. Les déclarations officielles sont grotesques.

 

Consensus bipartite dans la campagne des présidentielles : « Al-Qaida frappera encore»

 

Bien que la campagne des élections présidentielles ait évité la question d'un deuxième 11 septembre, les deux candidats ont reconnu les dangers d'un autre attentat. Barack Obama et John McCain, tous deux ont manifesté leur détermination à protéger les États-Unis contre Al-Qaida :

 

«Al-Qaida, les Taliban, toute une série de réseaux déterminés à attaquer les États-Unis, qui ont une idéologie dénaturée, qui ont perverti la foi de l'Islam, et que nous devons donc poursuivre. (Réponse de Barack Obama à la question « Qui est l’ennemi ? » de Bill O'Reilly sur Fox News le 5 septembre 2008.)

 

«Nous avons porté un coup sérieux à Al-Qaida durant ces dernières années. Mais ils ne sont pas vaincus, et ils nous frapperont encore s'ils le peuvent.» (John McCain, discours de remerciement, 5 september 2008).

 

Le courant médiatique traditionnel expose les « besoins » d'un deuxième 11 septembre.

 

Bien que le Washington Post ait laissé fuir l’essentiel des documents classés confidentiels du Pentagone relatifs à la « possibilité » d'un deuxième 11 septembre, la question n'a fait l'objet d’aucun commentaire ou analyse de la part du courant médiatique dominant.

 

Cependant il est à noter que, lors d’une interview pour Fox News en août 2007, « un second 11 septembre » a été salué comme un moyen de sensibiliser et d'unir les Étasuniens contre l'ennemi.

 

Parlant sur Fox News, le chroniqueur Stu Bykofsky a affirmé que les États-Unis avaient «besoin » d'un nouveau 11 septembre pour unir le peuple qui a «oublié» qui est l'ennemi. Il a aussi prétendu qu’« il y aura un autre 11 septembre, » et le présentateur de Fox New, John Gibson, a fait montre de son assentiment. Les victimes civiles contribueront à unifier le pays et à faire prendre conscience:

 

qu'«il faudra beaucoup de morts pour réveiller les États-Unis» (John Gibson).

 

Bien que l'article controversé de Stu Bykofsky dans le Philadelphia Daily News (9 août 2007) fut, à l'époque, considéré comme farfelu, ce que disait en fait Bykovsky ne différait pas beaucoup du stratagème du Pentagone (calqué sur l'Opération Northwoods) concernant le rôle d’un événement produisant d’énormes pertes dans le déclenchement d’«une utile vague d’indignation», galvanisant le public à supporter le programme de sécurité nationale et militaire. 

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Continue (TRANSCRIPTION DE FOX NEWS NETWORK): 

www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=CHO20081102&articleId=10787

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