Partager l'article ! Abeilles et pesticides : la goutte d’eau qui tue: La semaine sans pesticides est organisée du 20 au 31 mars par l’Action Citoyenne ...
La semaine sans pesticides est organisée du 20 au 31
mars par l’Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides. Elle veut sensibiliser le grand public aux alternatives à ces produits dont elle rappelle les
dangers.
Les gouttes d’eau produites par les plants de maïs dont les graines ont été traitées aux insecticides peuvent tuer les abeilles en quelques minutes, d’après ce que démontrent des recherches
menées à l’Université de Padoue, en Italie.
Source: quotidiendurable.om
Jusqu’alors l’impact des pesticides sur les abeilles n’avait été évalué que lors des semailles de maïs et par la contamination du pollen et du nectar. Suite à différentes études,
l’Allemagne, contrairement à la France, interdisait l’utilisation de l’insecticide Cruiser
après une surmortalité des abeilles observée dans le Bad-Württemberg.
En France, ce sont le « Gaucho » et le « Régent », des produits d’enrobage des graines de la firme Bayer, qui furent interdits en 2004 pour leur toxicité sur les insectes
butineurs. Bien que l’Afssa dans son dernier rapport sur le sujet ne dénonce pas explicitement le rôle des traitements
phytosanitaires dans la disparition des abeilles, il semble difficile aujourd’hui de nier
leurs effets délétères. Le pire étant que ces effets sont peut être plus larges que ce que l’on pensait. Pour le professeur Vincenzo Girolami, « les gouttes d’eau issues du phénomène de
« guttation »(1) de plantes provenant de graines de maïs traitées, tuent les abeilles en l’espace de quelques minutes si celles-ci utilisent leur ligule (la langue trompe des abeilles,
NDLR) ». Sa collègue chimiste, Andrea Tapparo, a montré, en analysant les gouttes issues de la « transpiration » des feuilles, qu’elles pouvaient contenir des néonicotinoïdes
(substances utilisées dans le traitement des graines) à des concentrations 10 000 fois supérieures à la dose létale pour les abeilles.
Les gouttelettes qui reposent à la surface des feuilles sont parmi les sources d’eau préférées des abeilles, elles risquent ainsi un empoissonnement direct, et pour les apiculteurs italiens, le
problème ne se résoudra pas par la simple amélioration des semoirs ou des techniques de traitement.
Elisabeth Leciak