Partager l'article ! Le déficit entre production et consommation bio se creuse: Univers-Nature 3 juin 2009 A l’occasion du « printemps du bio&nb ...

Des quatre circuits de distribution identifiés par l’Agence Bio, les grandes surfaces alimentaires (GSA) représentent 42
% des ventes, le reste se répartissant entre différents types de magasins spécialisés et la vente directe par les producteurs. Sur les trois dernières années, la vente directe, à la ferme, sur
les marchés ou en paniers, est restée relativement stable. C’est surtout dans les GSA et les magasins spécialisés que la croissance a été importante, de plus de 75 % depuis 2005.
Tous les produits sont concernés, en passant par les produits laitiers, le pain, la viande, l’épicerie ou encore les boissons. Au total, il convient tout de même de remarquer qu’un tiers de la
consommation est importé de l’étranger. Comprenant des produits exotiques, tels le café, le thé ou le cacao, les importations concernent également les produits peu familiers de la production
française : le soja, les produits de l’aquaculture ou les fruits et légumes méditerranéens. Pour le reste, les produits importés compensent souvent les déficits en volume de la production
française en céréales bio, viandes ou encore légumes.
Un renfort national semble nécessaire donc, car même s'il y a une légère progression, les producteurs bio français ne représentent encore que 2,4 % du total des exploitations de
l’hexagone pour couvrir 2,12 % de la surface agricole (hors surfaces en cours de conversion), soit quasiment la même surface qu'en 2007. La progression a été importante de 1995 à 2003,
puis s’est bien ralentie. Il semblerait néanmoins que l’année 2008 marque une nouvelle inflexion de la courbe de croissance (voir graphique).
Dans cette évolution des productions bio, certaines régions françaises, Pays de la Loire, Rhône-Alpes ou Midi-Pyrénées sont chefs de file. Plus de légumes, de fruits et de bétails, et un record
de progression pour la viticulture, mais, en zone de grandes cultures, le bio ne représente toujours qu’1% du total national.
Si l’Agence bio se félicite, la France reste toujours le plus mauvais élève de l’Europe, loin derrière l’Italie par exemple qui a déjà deux fois plus de terres allouées au bio. Nous sommes aussi,
semble-t-il, encore loin du quasi triplement de surface souhaité par le gouvernement pour 2012 (6 % de la surface agricole utile, contre 2,1% en 2007), il y a 18 mois. La bio ne connaît pas
la crise de la consommation, or si la demande continue sa progression, notamment avec l’engagement attendu des restaurants collectifs dont 1/3 pourrait bien passer au bio d’ici 2012, des efforts
devront certainement être consentis pour soutenir les producteurs et ceux qui souhaitent se convertir. Vincent Perrot de la Fnab (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) reconnaît que
« l’actuel ministre de l’agriculture, Michel Barnier, s’est montré volontariste » mais « que le soutien n’a pas encore été suffisant ».