2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 17:04
SPA

Par Alexandra Gonzalez

 

21 mai 2009


A l’approche de l’été, la Société protectrice des animaux (SPA) prend les devants et lance une vaste campagne pour sensibiliser les Français à la tragédie de l’abandon.

Chaque été, la même rengaine. Les mêmes errances de chiens et chats que l’on met à la porte. Que l’on attache au bord de l’autoroute sans se retourner, les mains crispées sur le volant. Que l’on enferme dans un carton qui part dans la benne à ordures. Aux enfants, on dira que l’animal s’est échappé. Aux voisins, on expliquera piteusement que l’on ne pouvait plus s’en occuper. Sacrée crise financière.


« Il y a beaucoup plus d’abandons, et beaucoup moins d’adoptions depuis la fin de l’année 2008 », note Christophe Bellanger, président du refuge de Gennevilliers. Pourtant, les portées continuent de naître, sans aucun contrôle ni régulation, et viennent grossir les rangs de ces animaux dont plus personne ne sait que faire, pas même la Société protectrice des animaux (SPA), débordée.


« Nos refuges sont pleins à craquer, nos dispensaires où l’on propose des soins gratuits sont submergés par les demandes. Chaque chien que l’on accueille nous coûte environ 450 euros, et nous ne vivons que des dons », s’indigne Virginie Pocq Saint-Jean, qui tire la sonnette d’alarme.


« Il faut endiguer cette tragédie. Pour cela, il faut absolument couper le robinet de la reproduction. La stérilisation doit être la priorité numéro un aujourd’hui, et le gouvernement doit se saisir de ce problème. Il y a tout de même un foyer sur deux français qui possède un animal de compagnie, ce n’est pas rien ! »


Situation désespérante


Jusqu’au 24 mai, la SPA lance une grande campagne de communication pour faire prendre conscience aux Français de l’ampleur du problème : quelque 100.000 chiens et chats finissent à la rue chaque année. A l’heure où le Festival de Cannes s’apprête à décerner la Palme d’or à une œuvre cinématographique, la SPA remet sa triste palme à la France, championne d’Europe de l’abandon.


« Plutôt que d’éduquer les gens, on préfère sacrifier les animaux, s’attriste la présidente de la SPA. On n’accueille pas un chien comme on acquiert une nouvelle voiture ! Les gens doivent comprendre l’engagement que cela représente, moral et financier. En moyenne, on estime qu’un chien coûte environ 1.500 euros par an, et un chat 800 euros. Si l’on n’est pas prêt à l’assumer durant quinze ans, voire plus, il ne faut pas franchir le pas ! »

 


“Un chiot n’est pas un objet”, Virginie Pocq Saint-Jean, présidente nationale de la SPA


La présidente de la Société protectrice des animaux s’inquiète. Les animaux de compagnie pâtissent de la crise car les abandons augmentent en flèche. Elle préconise de mieux réfléchir avant de décider d’accueillir un animal, et de le stériliser.

FRANCE-SOIR. Pourquoi la SPA emploie-t-elle les grands moyens avec cette campagne de communication ?


VIRGINIE POCQ SAINT-JEAN. Parce que l’abandon est un problème chronique, qui revient en force chaque été, après les nombreuses naissances au printemps. Beaucoup de propriétaires se retrouvent avec des portées qu’ils n’arrivent pas à faire adopter et choisissent la solution de l’abandon, dans des conditions souvent ignobles. La SPA n’est pas là pour accuser ces propriétaires et les montrer du doigt en disant que ce sont des monstres, mais pour faire prendre conscience aux gens de l’ampleur du problème. Plus de 100.000 chiens et chats sont abandonnés chaque année. Or ce sont des animaux domestiqués, qui ne savent pas comment survivre et se débrouiller dans la nature.


La crise touche de plein fouet de nombreux ménages. Comprenez-vous que certains se séparent de leur compagnon ?


Le problème, c’est que rien ou presque n’est prévu pour aider ces familles ! La SPA dispose de douze dispensaires en France, où des soins vétérinaires sont délivrés gratuitement pour les personnes qui sont dans une situation financière précaire (*). C’est bien évidemment insuffisant. Il faudrait que le gouvernement prenne enfin au sérieux ce problème. Notre organisme ne vit que grâce aux dons et au formidable travail de nos bénévoles. Nous n’avons aucune subvention publique. Tandis que les fourrières, elles, sont financées par les collectivités locales, donc par les contribuables. C’est un comble d’aider ceux qui euthanasient les animaux plutôt que ceux qui s’en occupent.


La vente des animaux représente un véritable marché. Pourquoi aucun politique ne se penche-t-il sur le sujet ?


C’est insensé. Les animaux de compagnie participent au fonctionnement d’une économie et ne sont pas reconnus, n’ont aucun statut. Sur le modèle de l’écotaxe, on pourrait imaginer que le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, mette en place une « animal-taxe ». Sur chaque animal ou produit animalier vendu (laisse, collier, etc.), ou chaque acte vétérinaire, 50 centimes pourraient être reversés à un organisme chargé de réguler ce marché, et de s’occuper des animaux à l’abandon. Comme nous le faisons aujourd’hui… grâce aux dons.


Que se passe-t-il lorsque la SPA recueille un animal abandonné ?


Nous mettons tout en œuvre pour nous en occuper, mais malheureusement, nos refuges sont pleins à craquer. Et on ressent les effets de la crise car, aux dernières portes ouvertes, nous avons eu 400 adoptions de moins que l’an dernier. C’est très dur pour ces animaux. Certains vivent très mal la séparation d’avec le maître et se laissent mourir de faim ou de tristesse. Beaucoup ont un regard résigné derrière les barreaux de leur cage, ce qui n’incite pas les gens à les adopter.


Quelles solutions proposez-vous pour mettre fin à ce drame ?


La stérilisation est la priorité numéro un.


Il ne faut pas avoir peur de castrer son animal, ce n’est pas une mutilation mais un acte chirurgical qui soulage le maître. En ces temps de crise, c’est difficile de faire adopter l’ensemble d’une portée. Donc, faute de pouvoir tous les garder, ces propriétaires tuent ou abandonnent les chiots ou les chatons. Il faut couper ce robinet de reproduction, obliger les animaleries et les éleveurs à inciter leurs clients à la stérilisation.


Les gens sont-ils bien informés des engagements qu’ils prennent lorsqu’ils acquièrent un animal ?

Non, pas assez ! Il ne faut jamais acheter sur un coup de cœur.
Un chien ou un chat est un consommateur non reconnu, c’est une bouche de plus à nourrir dans la famille, et ce pendant quinze à vingt ans. Il faut en être conscient. Et nous déconseillons très fortement d’acheter son animal sur Internet ou par les petites annonces des journaux gratuits. C’est contribuer à un marché noir où des propriétaires poussent leur animal à la grossesse pour revendre les bébés et arrondir leurs fins de mois. Or un chiot n’est pas une marchandise que l’on supprime en cas d’invendu ! Il faut absolument privilégier les adoptions dans les refuges. Tous nos animaux sont stérilisés et vaccinés, il n’y a aucun risque. Il n’y a aucune logique commerciale chez nous, contrairement aux animaleries, qui laissent souvent l’éthique de côté et forcent la vente même lorsque le client n’est pas prêt.

http://www.francesoir.fr/societe/2009/05/21/abandon-animaux-triste-palme-pour-la-france.html

(*) Plus d’informations sur www.spa-asso.fr au 01.43.80.99.22

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