13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 15:43

Internationalnews

  Modifié le 13 décembre 16:43

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Enseignement de l'ignorance, oubli de l'Histoire


J'ai découvert incidemment en commentaire (merci encore d'enrichir autant cet espace de discussion d'ailleurs), une très intéressante étude de l'Ifop (Institut français d'opinion publique). Je ne savais pas que cet institut de sondage était le plus ancien du pays, et surtout qu'il avait été créé en 1938 - et donc qu'il avait réalisé des sondages forts intéressants dans la période 1938-1945 dont, hélas, beaucoup ont été détruits par son fondateur Jean Stoetzel lors de l'occupation.
On apprend ainsi deux choses intéressantes.

Les accords de Munich

"À la suite de la signature des accords de Munich le 29 septembre 1938 par la France, la Grande- Bretagne, l'Italie et l'Allemagne, Jean Stoetzel réalise le tout premier sondage politique : 57 % des personnes interrogées déclarent approuver ces accords tandis que 37 % les jugent néfastes. [...]

Les autres questions posées dans cette enquête apportent des éléments de compréhension sur l'état d'esprit d'un peuple pris entre deux tensions qui s'avèreront contradictoires. D'un côté, figure la crainte d'un nouvel embrasement mondial, vingt ans seulement après la fin de la Grande Guerre, qui explique cette recherche du compromis avec l'Allemagne nazie et pour finir le « lâche soulagement » après Munich. Pour 73 % des personnes interrogées, une nouvelle guerre mondiale entraînerait la destruction de la civilisation.

De l'autre côté, le sondage de l'Ifop montre que le renoncement de Munich s'accompagne désormais de fortes résolutions pour l'avenir. A la question « pensez-vous que la France et l'Angleterre doivent désormais résister à toute nouvelle exigence de Hitler, 70 % des Français répondent oui, 17 % manifestent leur opposition. Cette adhésion à l'idée que Munich doit être une sorte de « der des der » face à la politique d'expansion du Führer est majoritaire dans tous les segments de la population, à l'exception des professions libérales ainsi que des commerçants et des industriels interrogés rejetant à plus des deux tiers l'idée qu'il faut résister à toute nouvelle exigence allemande. [...]

Pour autant, même après l'invasion allemande de la Bohème-Moravie, les Français, tout en prenant la mesure des menaces extérieures, refusent dans leur majorité de croire à la guerre. Seuls 37 % des personnes interrogées par l'Ifop en mai 1939 estiment que le pays sera inévitablement entraîné dans une guerre en 1939 ou en 1940 (63 % ne le pensent pas ou se disent sans opinion). Ce n'est qu'en juillet 1939 soit moins de 40 jours avant l'invasion de la Pologne par l'armée allemande et la déclaration de guerre de la France et de la Grande-Bretagne à l'Allemagne que l'on assiste à un basculement relatif de l'opinion : 45 % des interviewés (contre 34 %) pronostiquent une guerre dès 1939.

76 % considèrent que « si l'Allemagne tente de s'emparer de la ville libre de Dantzig par la force, nous devrons l'en empêcher au besoin par la force ». L'opinion était désormais prête à mourir pour Dantzig."

Qui a le plus aidé à battre l'Allemagne ?

Un sondage mené par l'Ifop en mai 1945, sur l'ensemble du territoire français désormais libéré (et confirmant un sondage de septembre 1944 auprès des Parisiens), a montré que les interviewés apparaissent bien conscients du rapport de force et du rôle des alliés dans la guerre, et ce malgré la censure et la difficulté sous l'occupation à accéder à une information fiable.

Ainsi, une très nette majorité (57 %) considèrent que l'URSS est la nation qui a le plus contribué à la défaite allemande alors que les États-Unis et l'Angleterre, pourtant libérateurs du territoire national, ne recueillent respectivement que 20 % et 12 %.

Mais ce qui est proprement sidérant est que cette vision de l'opinion publique s'est inversée de manière très spectaculaire avec le temps, comme l'ont montré deux sondages réalisés en 1994 et en 2004 :

C'est tout de même formidable : en 1945, les Français qui ont vécu sous la censure ont bien compris qui a vraiment battu l'Allemagne, mais 70 ans plus tard, c'est une Histoire totalement différente qui est dans nos esprits !

Petit rappel, complétant la série précédente :

© Inconnu

Et mieux encore, le sondage de 2004 fournit des informations surprenantes quand on regarde en détail :

© Inconnu

Les plus désinformés sont les Cadres et les Ouvriers - ceux qui ont fait le plus et le moins d'études!

Et, finalement, l'orientation politique n'a pas une énorme influence... Tristesse...
"La manipulation des élites est encore plus facile que celle des masses."
Jean Yanne
En effet, quelques rappels sur les 80 millions de morts de la seconde guerre mondiale :

Soulignons que les 25 millions de Soviétiques morts se répartissent principalement par nationalité en :

- Russie : 14 millions (13 % de la population de 1940) - 7 M de soldats, 7 M de civils ;
- Ukraine : 7 millions (16 %) - 1,7 M de soldats, 5,3 M de civils (NB. Il s'agit surtout des civils Ukrainiens du Centre et de l'Est, hors Galicie - sauf pour les Juifs) ;
- Biélorussie : 2,3 millions (25 %) - 0,6 M de soldats, 1,7 M de civils.

Les pertes militaires en Europe durant la deuxième guerre mondiale :

© Inconnu
Et en Asie :

Et le total des morts militaires par pays :

L'étude complète de l'IFOP.

© Inconnu
Sur le même sujet:


Commentaire : En droite ligne :

- Du mythe d'aujourd'hui à la réalité historique - Le débarquement du 6 juin 1944

 

Les crises 29 nov. 2014

 

http://www.internationalnews.fr/article-l-enseignement-de-l-ignorance-quelle-est-la-nation-qui-a-le-plus-contribue-a-la-defaite-de-l-allem-125118881.html

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Published by Internationalnews - dans Histoire-History-Archeologie
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commentaires

nicolasjaisson 13/12/2014 16:48


Vous oubliez de mentionner qu'une bonne partie de l'Europe s'est liguée contre l'URSS (Finlande, pays baltes, Roumanie, France, Espagne, Hongrie, Italie, etc) en soutenant  l'effort de
guerre allemand contre un ennemi commun, qui n'était pas à proprement parler la Russie; mais le bolchevisme qui avait fait de l'URSS son principal foyer d'infection planétaire. Parler de la
victoire de la Russie contre l'Allemagne nazie n'a donc aucun sens. Il vaudrait mieux parler de la victoire du bolchevisme internationaliste contre le national socialisme européen. Nombre de
peuples européens se sont rangés derrière Hitler dans ce combat au nom de la lutte pour la défense de la civilisation chrétienne menacée de mort par les hordes communistes. Il faudrair tout de
même remettre les choses dans leur contexte, à savoir les génocides perpétrés contre les peuples chrétiens dans toute l'Europe depuis l'Espagne jusqu'aux confins de l'extrême-Orient, en Chine et
au Tonkin depuis 1917. Il n'est donc pas étonnant que pas moins d'une vingtaine de nations se soient rangées aux côtés de la Wehmacht dans une invasion, qui était perçue comme un ultime effort
pour écarter le danger d'une complète destruction des sociétés chétiennes au nom de la lutte des classes. L'URSS a effectivement payé le plus lourd tribut contre les forces nationales socialistes
européennes, mais à un prix tel, que la Russie a sombré dans un océan de boue et de sang, tant les chefs soviétiques ont témoigné d'une totale indifférence aux sacrifices en hommes et en
matériel. Comparez le rapprt des pertes russes militaires à celles des troupes allemandes, il est éloquent. Peut-on encore parler de victoire, quand elle est achetée à un tel prix? Il est bien
étrange effectivement que l'héritage sacrificiel du communisme qui s'est bâti sur le ruines de l'Ancien monde ait été aussi vite oublié. Sans doute est-ce parce que l'international socialisme a
fini par triompher dans le monde entier, estompant du même coup l'URSS qui n'avait plus sa raison d'être, une fois accomplie son oeuvre de destrcution de la Russie orthodoxe comme ds cultures
nationales est-européennes, sans oublier la Chine confucéenne. La victoire de l'URSS s'est confondue avec celle d'un cause plus large qui est celle de l'avènement de l'homme nouveau standardisé,
citoyen du monde, obéissant au doigt et à l'oeil à la gouvernance de la "communauté internationale" communiste.

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