Partager l'article ! Infanticide: c'est la fête des femmes tous les jours en Inde ! (documentaire, 52'): Internationalnews ...
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L'avortement sélectif touche toutes les classes sociales, pas seulement les pauvres.»
INDÉSIRABLES, charges inutiles et coûteuses : c'est ainsi que les filles sont souvent considérées en Inde, en Chine et au Pakistan. Croyances séculaires et pauvreté, conjuguées à l'apparition de
l'échographie, font que l'infanticide et le foeticide y sont aujourd'hui monnaie courante. «Plus de 100 millions de petites filles manqueraient en Asie», «La malédiction de naître fille» : Un
génocide silencieux - 25/10/2006
L’Asie est le seul continent où le nombre d’hommes excède celui des femmes : 100 millions manquent à l’appel.
La raison ? Dans les cultures indienne et chinoise, une fille est considérée comme un investissement à perte, car elle intégrera la future belle-famille, quand le garçon
héritera, assurant la retraite de ses géniteurs et la continuité de la lignée. Et la préférence pour un enfant mâle s’est adjoint depuis trente ans les services de la science. Déterminant le sexe
avant la naissance, l’échographie permet de repérer les fœtus féminins et de les éliminer par avortement. S’y ajoute une seconde sélection : on va investir davantage pour soigner et nourrir
un garçon.
Bénédicte Manier nous fait découvrir un univers où des femmes avortent en série dans l’attente d’un mâle, où l’on abandonne les nouveau-nées quand on ne les étouffe pas dans un sac plastique, où
des crèches accueillent 70 fillettes pour 100 garçons. Même si le phénomène, au moins en Inde, affecte davantage certaines régions, et en particulier les classes moyennes (celles qui paieraient
le prix fort pour la dot), ses conséquences se répercutent sur la société dans son ensemble. On assiste à l’explosion du marché noir des « fiancées », on voit des familles démunies
vendre une adolescente à des réseaux d’entremetteurs et de proxénètes.
Le tout s’insère dans un climat de violence patriarcale extrême. Souvent analphabètes, souvent cédées en mariage dès leur puberté, maintenues dans des statuts discriminatoires, les femmes font
office de boucs émissaires : au Pakistan ou en Inde, pour peu qu’un homme juge son honneur bafoué, le viol, rarement sanctionné, fait fréquemment office de compensation.
L’avortement sélectif, bien qu’illégal partout, détruit chaque année plusieurs millions de fœtus féminins en Asie. Il prend certes racine dans un contexte social spécifique. Mais
il représente surtout, comme l’exprime Dilip Kamat, directeur d’une ONG indienne, « le degré ultime de violence contre les femmes : celui qui leur refuse le droit même de
naître ».(http://www.scienceshumaines.com/)