25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 03:34
Contreinfo
10 mars 2009
English: http://www.guardian.co.uk/environment/2009/mar/10/carbon-emissions-oceans-copenhagen

L’acidité des océans va atteindre un niveau ayant provoqué des extinctions de masse, avertissent les scientifiques


Source: www.wendmag.com

Les scientifiques réunis à Copenhague en préparation au sommet sur le climat qui s’y tiendra en décembre prochain avertissent que si rien n’est fait, l’acidification des océans due aux émission de CO2 va atteindre un niveau « dangereux », jamais observé depuis 65 millions d’années. L’étude de la géologie montre que par le passé une acidité comparable avait provoqué des extinctions de masse dans la vie marine. « Si nous ne limitons pas fortement et rapidement les émissions de dioxyde de carbone, les conséquences de l’acidification des océans se compareront à celles des grands évènements des temps géologiques. Ces conséquences resteront inscrites dans la géologie et témoigneront d’une civilisation qui avait acquis la sagesse permettant de développer une haute technologie, mais pas celle de l’utiliser à bon escient, » déclare l’océanologue Ken Caldeira.


Par David Adam, The Guardian, 10 mars 2009


La pollution due à l’homme provoque une acidification si rapide des océans que les prochaines décennies verront s’installer un environnement marin jamais observé sur la Terre depuis l’époque des dinosaures, avertissent aujourd’hui les scientifiques.


Ce processus d’acidification est causé par les énormes quantités de dioxyde de carbone libérées dans l’atmosphère, qui ensuite se dissolvent dans l’océan. La modification chimique induite crée un stress « sans précédent » pour les espèces telles que les crustacés et pourrait provoquer des extinctions massives, mettent-ils en garde.


L’étude menée par des scientifiques de l’Université de Bristol sera présentée à l’occasion du sommet rassemblant les scientifiques du climat à Copenhague qui s’ouvre aujourd’hui. Cette conférence se donne pour objet de passer en revue les nouvelles connaissances scientifiques sur le réchauffement de la planète et de convaincre les politiques de prendre des mesures sur la limitation des émissions de carbone.


Les chercheurs de Bristol ne peuvent divulguer leurs résultats non publiés avant l’annonce qui aura lieu aujourd’hui. Mais un résumé des conclusions, consulté par le Guardian, prévoit un niveau « dangereux » d’acidification des océans entraînant de graves conséquences pour les organismes marins pourvus de coquilles ou de squelettes en calcium.


Le rapport indique que les scientifiques « estiment que le taux futur d’acidification à la surface des océans et la pression environnementale sur le milieu marin des organismes utilisant la calcification sera très probablement sans précédent depuis 65 millions d’années. » Les chercheurs ajoutent que la situation dans les eaux profonde est l’objet d’une préoccupation encore plus forte.


Les chercheurs ont comparé le taux d’acidification actuel avec celui d’une augmentation gigantesque des gaz à effet de serre ayant eu lieu durant la préhistoire et dont les géologues savent qu’elle a provoqué une forte extinction des espèces vivant en eau profonde.


Le résumé de l’étude précise que « puisque les taux d’acidification passés et futurs sont comparables, et qu’il y avait eu une forte disparition des organismes benthiques [1], on doit conclure à un niveau d’extinction probablement le même dans l’avenir ».


Les préoccupations liées à l’acidification des océans dues aux émissions de carbone ont augmenté au cours de ces dernières années, mais la question reçoit beaucoup moins d’attention que le réchauffement de la planète.


L’étude de l’université de Bristol est l’une des premières à prévoir les conséquences de l’acidification à partir d’une observation des événements du passé. Elle indique que l’acidité des eaux profondes devrait être limitée à 0,2 unité de pH pour prévenir les pires effets. Le pH des eaux de surface, où le CO2 est absorbé par l’atmosphère, a diminué d’environ 0,1 unité depuis la révolution industrielle, mais il faudra plus de temps pour que l’acide n’atteigne les eaux profondes.

L’acidification des océans est l’un des principaux sujets qui sera abordé lors du sommet de Copenhague, et une série de communications en examineront les impacts.


Expert dans ce domaine, Ken Caldeira, de l’Institution Carnegie de Californie, annoncera durant la conférence que les prochaines décennies pourraient produire de « profonds » changements dans les océans. « Le choix de continuer à émettre du dioxyde de carbone implique que nous serons l’agent d’une modification de la biologie [marine] d’une force et d’une ampleur dépassées seulement lors des périodes de grandes extinctions de masse. Si nous ne limitons pas fortement et rapidement les émissions de dioxyde de carbone, les conséquences de l’acidification des océans se compareront à celles des grands évènements des temps géologiques. Ces conséquences resteront inscrites dans la géologie et témoigneront d’une civilisation qui avait acquis la sagesse permettant de développer une haute technologie, mais pas celle de l’utiliser à bon escient ».


D’autres experts indiqueront lors du sommet que l’acidification affecte déjà la vie marine dans l’Arctique et l’Antarctique. Ils discuteront également d’une étrange découverte : les eaux acides propagent mieux les sons, de sorte que l’océan sera beaucoup plus bruyant à l’avenir.


La conférence se déroule dans le contexte d’une année où auront lieu des discussions politiques de haut niveau sur le changement climatique, qui culmineront par les négociations internationales de Copenhague en décembre, où les responsables vont tenter de définir l’accord devant succéder au protocole de Kyoto.


Katherine Richardson, biologiste marin à l’Université de Copenhague et organisatrice du sommet scientifique, le décrit comme « une tentative délibérée d’influencer les politiques ». Elle déclare que de nombreux scientifiques craignent que les responsables politiques n’aient pas compris la gravité de la situation, malgré des prévisions de plus en plus sombres.


Cette conférence publiera une mise à jour du rapport 2007 du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC). Un certain nombre d’études publiées depuis le rapport du GIEC ont établi que les émissions de carbone augmentent plus rapidement que prévu et que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pourraient ne pas être suffisants pour prévenir une élévation de la température catastrophique.


Il permettra également d’évaluer si les projections d’élévation du niveau de la mer ont été sous-estimés, et s’il existe encore une chance réaliste que l’augmentation de la température mondiale moyenne puisse être limitée à 2 °C.

 


Publication originale The Guardian, traduction Contre Info

[1] organismes benthiques : vivant en eau profonde

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2578

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