29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 08:26

Nadia Moulai le 23 juillet 2010 

La pauvreté a-t-elle droit à une trêve estivale ? Est-il moins difficile d'être SDF en plein été ? Ecotidien a mené l'enquête.


Contrairement à une idée reçue, passer l’été dans la rue est tout aussi difficile, pour un sans domicile fixe, que pendant la période hivernale. Les sans-abri rencontrent même plus de problèmes : entre autres, le manque d’hébergement, de relais alimentaires, d’hygiène et l’augmentation des maladies dûes à la chaleur. Selon le collectif « Les morts de la rue », 369 SDF sont décédés en 2008.

 

La moyenne d’âge du décès, pour un sans-logis, est de 46 ans, contre une espérance de vie de 80 ans en France. On dénombre autant de morts en hiver qu’en été. Après le plan grand froid, va-t-on enfin penser aux sans domicile fixe le reste de l’année ? Et pourquoi pas un plan grosse chaleur ?

 

Le nombre de lits d’urgence diminue en été. Les centres d’hébergement ferment souvent en cette saison, la plupart du temps pour cause de travaux de rénovation ou bien parce que le personnel est en vacances. À Toulouse, les rues sont investies par de nouveaux marginaux chaque semaine. Sur 400 couchettes disponibles à Toulouse, moins d’une dizaine se libère chaque jour.

 

Cent millions de repas ont été distribués par les Restos du cœur durant l’année 2008/2009. Quatre cent cinquante repas quotidiens par l’Armée du salut. Malheureusement, le problème de l’alimentation reste identique à celui du logement pour les sans domicile fixe. De nombreuses associations de distribution alimentaire ferment durant la saison estivale alors que la demande de nourriture est toujours la même.

 

En été, les associations manquent cruellement de dons. Pour Khater Yenbou, cofondateur et directeur de La Chorba , les sans-abri « ont moins de solutions à leurs problèmes. Ils vont vers les associations ouvertes à ce moment-là, et, automatiquement, il y a plus de queue, plus d’attente, plus de tensions. Comme beaucoup d’associations sont closes, nombreux sont ceux qui arrivent le soir sans avoir pris de déjeuner à midi. »

 

Plus d’un sans-domicile sur dix souffre de problèmes respiratoires, de séquelles d’accidents ou de maladies graves. Les difficultés de vivre dans la rue accentuent les troubles psychologiques de cette population. Un SDF sur quatre déclare connaître un état dépressif, d’après le bilan fait par Bernadette de la Rochère, de la division conditions de vie des ménages à l’INSEE. C’est en été que s’ aggrave l’état de santé des personnes à la rue. Déshydratation, maladie de la peau, poux du corps qui prospèrent avec la chaleur. Les écarts de température sont plus importants et les chocs thermiques tuent de nombreux sans-logis.

 

Nicolas Sarkozy promettait pendant sa campagne présidentielle, en décembre 2006 : « Je veux, si je suis président de la République, que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir. » Deux ans après son élection, en 2009, 358 SDF y sont morts…

 

http://www.ecotidien.fr

 

Photo: 1.e-monsite.com

 

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-la-misere-vraiment-moins-penible-au-soleil-54340208.html

 

 

 

 

Partager cet article

Published by Internationalnews - dans France
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : internationalnews
  • internationalnews
  • : Un site d'information et de réflexion sur l'actualité internationale, le nouvel ordre mondial, la géostratégie, la propagande, l'impérialisme, le nucléaire, l'économie, l'environnement et la culture, illustré de documentaires. Site géré par des journalistes bénévoles, sans aucune obédience politique, religieuse ou autre.
  • Contact

STOP TAFTA !

Rechercher

Dossiers les plus consultés