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31 mai 2011

 

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WSWS Go to Original: Amidst divisions, G8 meeting pledges austerity and war

 

Par Stefan Steinberg

A la fin de leur sommet de deux jours dans la station balnéaire de Deauville, les dirigeants du G8 ont exigé une intensification des programmes d’austérité partout dans le monde. Ils ont aussi réitéré leur détermination à renverser par la force militaire les régimes non coopératifs.


Il existe un lien étroit entre ces deux ordres du jour. Confrontées à la crise économique la plus grave depuis les années 1930, les principales puissances impérialistes sont en train de laminer tous les acquis sociaux gagnés par les travailleurs durant la période d’après-guerre. Elles sont parfaitement conscientes qu’un tel programme provoquera le genre d’opposition de masse déjà rencontré en Egypte, en Tunisie, en Grèce, au Portugal et plus récemment, en Espagne. La classe ouvrière aux Etats-Unis elle aussi est une fois de plus en train de bouger.


La réaction des gouvernements de par le monde est de renforcer leur propre appareil militaire afin de gérer l’opposition intérieure grandissante à l’encontre de leur politique tout en menant un nombre croissant de guerres coloniales à durée indéterminée et destinées à repartager le monde et ses ressources.


Les moyens de sécurité massifs mis en place lors du sommet témoignent de la militarisation de la vie sociale. Pour un coût de 200 millions d’euros, les armées de policiers, de soldats et d’agents spéciaux déployés à Deauville avaient pour but de protéger du monde extérieur les participants aux sommets.


Dans le même temps, alors que les principaux gouvernements impérialistes s’accordent sur la nécessité d’imposer un programme d’austérité et de militarisme, ils sont profondément divisés quant à la manière de concilier de telles mesures avec leurs propres intérêts nationaux. Derrière la photo officielle affichant des sourires, des embrassades et des poignées de mains,il y a eu de violents conflits. Cela apparaissait clairement dans les pourparlers du sommet consacré à la crise financière internationale.


Les dirigeants européens ont été soumis à d’intenses pressions de la part des pays non européens qui les ont invités à mettre de l’ordre chez eux et à prendre des mesures efficaces afin d’enrayer la crise de l’euro qui s’intensifie.


Le chef de cabinet adjoint du premier ministre japonais, Tetsuro Fukuyama, a dit aux journalistes: « De nombreux dirigeants ont souligné que le problème de la dette en Europe, la hausse des prix du pétrole, des denrées alimentaires et des matières premières, ainsi que la surchauffe des économies émergentes faisaient partie des facteurs qui font valoir une pression à la baisse sur l’économie mondiale. »


A leur tour, les délégués américains au sommet ont mis en garde que la crise continue de la dette européenne influençait à la baisse la valeur de l’euro par rapport au dollar et menaçait l’industrie d’exportation américaine.


Les dirigeants européens ont réagi aux critiques internationales en intensifiant la pression sur le gouvernement grec pour l’application d’une nouvelle série de mesures d’austérité et de privatisations. Les préoccupations quant à l’aggravation de la crise de la dette en Grèce – maillon le plus faible de la chaîne des pays européens lourdement endettés – viennent après les avertissements émis par les membres dirigeants de la Banque centrale européenne à savoir qu’une défaillance ou une restructuration de la dette grecque déclencherait une réaction en chaîne ayant des effets catastrophiques pour le système bancaire européen et international. Une vaste portion des dettes de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, totalisant un montant de près de 2 milliers de milliards de dollars environ, est détenue par les banques européennes.


Au début de cette semaine, le premier ministre grec, George Papandreou, n’avait pas réussi à obtenir le soutien des dirigeants de l’opposition pour une nouvelle série de mesures de rigueur. Dans le contexte de protestations et de manifestations presque quotidiennes en Grèce à l’encontre de nouvelles réductions du niveau de vie et des emplois, les investisseurs craignent que le gouvernement grec ne revienne sur sa promesse de lancer des attaques supplémentaires à l’encontre de la population laborieuse.


La Grèce est devenue un banc d’essai pour le genre de mesures d’austérité que les gouvernements européens sont déterminés à appliquer dans leur propre pays. De la même manière, l’exemple grec prouve qu’une telle politique pousse le pays dans une récession encore plus profonde en ne faisant qu’aggraver ses problèmes économiques. Les élites européennes sont partagées quant à la meilleure manière de procéder, et des couches de l’élite financière et politique allemande insistent fortement pour une restructuration de la dette grecque.


La dette européenne est à la fois éclipsée en termes absolus et en termes relatifs par la dette américaine envers le reste du monde. Le gouvernement américain, quant à lui, est déterminé à appliquer des coupes sociales historiques dans les programmes de santé et de la retraite, dont Medicare et Medicaid. Derrière le dos de la population américaine, les Partis démocrate et républicain sont en train d'élaborer un mécanisme précis sur la manière d’effectuer ces coupes sociales.


Les tensions croissantes entre les principaux pays du G8 ont également été révélées pour ce qui est du deuxième point principal à l’ordre du jour du G8 – la politique impérialiste en Afrique du Nord. A la fin du sommet, le président américain Barack Obama, son homologue français, Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron, ont tous exprimé leur détermination à poursuivre leur campagne irresponsable pour forcer le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, à quitter le pouvoir.


Mardi dernier, les forces de l’OTAN, dirigées par des avions de combat britanniques ont mené leur plus intensive campagne de bombardement en Libye depuis le début de la campagne de l’OTAN il y plus de deux mois. La Grande-Bretagne s’apprête à envoyer des hélicoptères d’attaque Apache, et la France a dit vouloir faire de même. Selon un article paru dans le journal The Guardian, les hélicoptères Apache sont, pour les alliés de l’OTAN, le moyen le plus efficace de tuer Kadhafi.


Toutefois, lors de déclarations faites à la fin du sommet, Obama ainsi que Cameron ont clairement fait comprendre qu’ils s’attendaient à ce que d’autres pays, dont l’Allemagne, qui s’est abstenue de soutenir la campagne de la Libye, payent l’addition de leurs aventures militaires en aidant à financer les intérêts commerciaux américains et britanniques visant à ouvrir les économies des principaux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.


L’émergence d’un axe Etats-Unis/Grande-Bretagne/France comme la force majeure de la campagne de l’OTAN contre la Libye a modifié l’équilibre des forces internationales. Des commentateurs allemands ont été prompts à souligner, qu’au cours de son récent voyage en Europe, Obama n’avait délibérément pas prévu dans son calendrier l’Allemagne, principale économie du continent.


Obama avait commencé son voyage en Irlande avant de se rendre en Grande-Bretagne où il a célébré la traditionnelle « relation spéciale » existant entre les deux partenaires transatlantiques. A la suite de sa visite en France et des séances de photos avec le président français au sommet de Deauville, Obama a survolé l’Allemagne pour atteindre sa dernière escale, la Pologne, voisin oriental le plus proche de l’Allemagne.


Afin de satisfaire les intérêts de l’élite financière internationale, les principales puissances impérialistes du monde recourent de plus en plus à une politique de contre-révolution sociale dans leur pays et de guerre à l’étranger. C’est ce qui est ressorti de la dernière réunion des pays du G8. Au cours de l’application de leur programme, les principales puissances et les blocs de pouvoir entrent de plus en plus en confrontation les uns avec les autres.


Les divisions internationales qui ont causé deux guerres mondiales au siècle passé ré-émergent dans le contexte d’une intensification de la crise économique internationale. La seule alternative progressiste est l’unification de la classe ouvrière européenne, américaine et mondiale sur la base d’une perspective socialiste internationale.


WSWS 31 mai 2011 (Article original paru le 28 mai 2011)

 

http://www.internationalnews.fr/article-la-reunion-du-g8-promet-la-guerre-et-l-austerite-dans-un-contexte-de-division-75248311.html

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