17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 11:43

Original: European bankers demand unprecedented austerity measures


WSW

27 janvier 2010

Par Stefan Steinberg

 

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Les banquiers européens exigent que les pays qui se trouvent au bord de la faillite nationale imposent des mesures d’austérité brutales aux dépens de leur population.


En réaction à l’effondrement financier mondial de septembre 2008, les gouvernements capitalistes de par le monde ont assumé les dettes de leurs élites bancaires respectives et liées à une spéculation à haut risque à une échelle monumentale.


Le mot d’ordre était que les grandes banques étaient « trop grandes pour connaître un échec. » Le résultat de ce pillage des caisses de l’Etat a été d’un côté la résurgence des valeurs boursières, des profits massifs pour les principales banques et un gonflement des bonus des banquiers et une attaque impitoyable contre les emplois, les salaires et les niveaux de vie de la classe ouvrière de l’autre.


Commentant l’augmentation de l’état d’endettement suite aux plans de sauvetage des gouvernements en faveur des banques, un récent article paru dans le Financial Times britannique remarquait : « Jamais en temps de paix la dette publique ne s’était accumulée aussi rapidement et n’avait atteint une telle ampleur… il est difficile d’évaluer la tolérance sociale aux hauts niveaux d’endettement et… pour de douloureuses contraintes financières durables. Dans plusieurs Etats membres de l’UE, le seuil a déjà été atteint. Le spectre des faillites d’Etat a donc resurgi dans le monde riche. »

Dans le cas des économies plus faibles avec de hauts niveaux d’endettement, les banquiers européens et les dirigeants politiques ont clairement fait savoir qu’ils étaient opposés à tout sauvetage. Au lieu de cela, ces pays sont censés imposer des mesures « douloureuses » qui pousseront les niveaux de « tolérance sociale » à leurs limites.


La semaine passée, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré que l’économie grecque mal en point ne pourrait pas s’attendre à « un traitement spécial » pour l’aider à venir à bout de son écrasant niveau d’endettement. Trichet a poursuivi en menaçant d’autres pays de la zone Euro fortement endettés du « risque d’une volatilité sur les marchés, » ce qui signifierait le déclassement de la note attribuée à leur dette souveraine et un coût du crédit plus élevé sur les marchés de capitaux.


L’intransigeance de la BCE à l’égard de la Grèce est appuyée par l’Allemagne, la plus grande puissance industrielle d’Europe, et la force motrice derrière le critère de déficit public limité à 3 pour cent du PIB comme condition fixée pour l’adhésion à la zone Euro.


Aux remarques de Trichet se sont ajoutées quelques jours plus tard celles du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui a déclaré dans une lettre envoyée aux ministres européens des Finances, « La Commission européenne ne devrait pas hésiter… à adresser un avertissement au pays membre qui ne respecterait pas les critères et les engagements. »


La Grèce est actuellement à égalité avec l’Irlande en terme du plus important déficit budgétaire de la zone Euro, environ 12,5 pour cent du PIB (c’est-à-dire quatre fois plus que la limite fixée par les critères pour l’adhésion à la zone Euro). Dans le passé, les données économiques grecques s’étaient souvent révélées être peu fiables et certaines sources indiquent que le véritable pourcentage de la dette du pays est proche de 14,5 pour cent pour l’année 2009. L’Espagne arrive en troisième position en s’acheminant vers un déficit budgétaire de 11,2 pour cent, suivi par la France (8,3 pour cent) et le Portugal (8,0 pour cent).


En Europe, le « cas désespéré » est l’Islande avec un taux d’endettement dépassant de loin ceux mentionnés ci-dessus. L’Islande ne fait pas partie de la zone Euro mais son économie avait pratiquement été transformée en un énorme fonds spéculatif (hedge fund) au service des marchés financiers de l’espace économique européen. Après que la bulle islandaise eut éclaté l’année dernière, deux pays créditeurs, la Grande-Bretagne et la Hollande, demandent à présent le remboursement de près de 4 milliards d’Euros de pertes d’investissement. Cette somme représente 50 pour cent de l’actuel PIB de la petite économie islandaise.


En Grèce, le gouvernement social-démocrate PASOK a déjà annoncé un projet pour ramener d’ici 2012 le déficit budgétaire du pays dans la limite autorisée par l’UE (à savoir, sous les 3 pour cent du PIB). Le projet implique des coupes sombres dans le système de santé et une réforme de son système fiscal, y compris des hausses d’impôts sur des biens de consommation tel le tabac et l’alcool. Tels sont les modèles de mesures « douloureuses » promises par le premier ministre George Papandreou peu de temps après son entrée en fonction et qui auront de graves conséquences pour les niveaux de vie des citoyens grecs.


Exposant le programme gouvernemental lors d’une conférence de presse le 14 janvier, le ministre des Finances, George Papaconstantinou, a déclaré, « Nous atteindrons nos objectifs par tous les moyens possibles. » Suite à une réaction négative à la fin de la semaine passée de la part de la BCE et des marchés financiers aux propositions avancées par la Grèce, Papaconstantinou a dit qu’il était disposé à « introduire un budget annexe et à prendre des mesures additionnelles si nécessaire. »


Mais, même une telle servilité devant les dictats de la Commission européenne et des banques internationales sera insuffisante. Les banques et les politiciens européens exigent bien plus de mesures contraignantes de la part des pays endettés, au risque même de menacer la stabilité sociale des pays concernés. Quant à savoir si les gouvernements recevront une aide financière des banques internationales et européennes cela dépendra de leur volonté d’appliquer les mesures d’austérité et de venir à bout des conséquences politiques qui s’ensuivent.


Les mêmes critères sont appliqués à tous les gouvernements occidentaux et pas seulement à ceux affichant le plus haut niveau d’endettement.


C’est ce qu’a clairement montré un article récemment paru dans le Financial Times sous le titre « Le financement et le test du patriotisme ». La journaliste du Financial Times, Gillian Tett, a écrit que le véritable défi pour les pays individuels est l’application des coupes budgétaires exigées par les banques et « aussi de réécrire le contrat social » sans provoquer une révolution.


Tett déclare : « Ce qui sera tout aussi crucial dans les années à venir ce n’est pas la simple ampleur de la dette mais de savoir si les gouvernements sont en mesure de trouver un moyen efficace de la réduire à nouveau, en répartissant les souffrances potentielles, et sans provoquer (dans le meilleur des cas) une instabilité politique ou (dans le pire des cas) une véritable révolution. »


Tett remarque que les électeurs islandais avaient voté pour déjouer les projets de leur gouvernement de rembourser les dettes aux dépens des contribuables. La journaliste se demande si le gouvernement britannique a les nerfs suffisamment solides pour imposer des coupes budgétaires considérables durant une année électorale. Elle met en garde que « la cohésion sociale et le patriotisme sont en train de s’effriter au Royaume Uni, » ce qui signifie que « la réponse n’est pas connue. » Elle conclut en disant : « Mais la question clé est : si les deux dernières années ont été un test crucial pour les marchés financiers mondiaux, les deux prochaines années seront un test tout aussi crucial pour les systèmes gouvernementaux occidentaux. »


Les attaques sociales exigées par Trichet, Juncker & Cie exacerberont inévitablement les tensions de classe en entraînant une instabilité politique extrême sur l’ensemble du continent. Comme le montrent clairement les commentaires ci-dessus, ces attaques s'accompagneront d'une intensification des attaques sur les droits démocratiques et de la répression d’Etat.


Dans le même temps, elles attiseront les pressions centrifuges qui menacent de faire éclater l’Union européenne. Au cas où un pays ne serait pas en mesure d’effectuer les mesures budgétaires exigées par les banques et deviendrait insolvable, ceci déclencherait une réaction en chaîne auprès des autres économies affligées de dettes et mettrait en danger l’euro.


La classe ouvrière européenne entre dans une nouvelle période de luttes révolutionnaires. Au programme de guerre des classes des banques elle doit opposer son propre programme fondé sur la perspective de la construction des Etats unis socialistes d’Europe.


(Article original paru le 19 janvier 2010)

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