4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:20

Voir le documentaire à la fin de l'article


Libé Marseille

2 février 2010

INTERVIEW. Alors qu'on attend la décision de la France sur une éventuelle interdiction de la pêche au thon rouge, Daniel Pauly, scientifique, explique pourquoi l'espèce est en danger.

 

Dépeçage d'un thon rouge
Photo publiée grâce à l'aimable autorisation de Visoterra : 
http://www.visoterra.com/voyage-premier-voyage-de-annouchk/depecage-d-un-thon-rouge.html

 

Après les eurodéputés, après l’Italie (qui vient de décider d'un moratoire d'un an), c’est Albert de Monaco qui est monté au créneau pour appeler la France à protéger le thon rouge de Méditerranée.


«Je sais bien que l’industrie de la pêche fait pression sur les politiques, mais j’appelle la France et les autres pays à faire preuve de vision à long terme», a déclaré le prince au Parisien, samedi.


Monaco est à l’origine de la proposition d’inscrire le thon rouge sur l’annexe 1 de la Cites (liste des espèces menacées de la Convention de Washington), ce qui reviendrait à interdire sa commercialisation.


Depuis début janvier, la position de la France sur ce dossier sensible se fait attendre et pourrait, enfin, être tranchée cette semaine - l’inscription à l’annexe 1 tiendrait la corde, selon Midi Libre.


La pêche est largement subventionnée, et, selon la Provence, un thonier marseillais a touché plus de 850 000 euros d'aides, le record revenant à un navire allemand (plus de 6 millions d'euros).


Pour connaître le montant des aides affectés par bateau, on peut visiter le site www.fishsubsidy.org


Décryptage de la situation avec le scientifique français Daniel Pauly, spécialiste des ressources marines de l’université de Vancouver (Canada). Il  prononçait, dimanche à Paris, le discours inaugural du Seafood Summit 2010 (lire son portrait).


Le thon rouge est-il en danger au point de l’inscrire sur la liste des espèces menacées ?

Il est nécessaire de le faire parce que les mesures internes au secteur de la pêche ne fonctionnent pas. Nous venons de réaliser une étude sur les 18 organisations régionales de gestion des pêches, dont l’Iccat [qui gère le thon rouge] : aucune n’est efficace. Aucune n’a amélioré l’état des stocks. C’est pour ça que la Cites est une occasion. Cette convention est une des seules qui marche, parce qu’elle s’appuie sur les services des douanes.


Pourquoi faut-il cibler le commerce ?

80% des trois espèces de thon rouge, dont celui de Méditerranée, sont consommées au Japon. C’est ce pays qui maintient ces prix à des niveaux époustouflants, tels qu’on ne peut pas résister. C’est pour ça qu’en Méditerranée le thon intéresse les organisations criminelles. Si cette flambée se réduit, il y aura moins de pression économique conduisant à la surpêche.


Les pêcheurs rétorquent que vous vous trompez, et qu’eux voient toujours du poisson…

Ils disent ça tout le temps, je n’écoute plus ce genre d’arguments. Bien sûr qu’on peut se tromper, mais les pêcheurs disent que les scientifiques se trompent toujours dans le même sens, en sous-estimant les stocks. La question, c’est que les pêcheurs ont un intérêt évident à dire qu’il y a du poisson. Les scientifiques, eux, s’en moquent : leur salaire, leur prestige n’est pas influencé par leurs résultats. Ils seraient même contents de pouvoir dire qu’il y a plus de poisson.


Pourquoi les Etats ont tant de mal à agir ?

Le rôle des pouvoirs publics, c’est d’assurer que les professionnels puissent pêcher, pas seulement l’année prochaine et celle d’après, mais aussi dans les décennies à venir. C’est une perspective de long terme, c’est à ça que sert un Etat. Quand il ne réagit qu’aux intérêts à court terme d’un petit groupe, il ne représente pas l’intérêt public.


Ce serait quoi une pêche durable ?

C’est une pêcherie qui ne couvre pas toute la zone de distribution d’une espèce, qui lui laisse des espaces de reproduction. Dans le passé, les capacités techniques des pêcheurs ne leur permettaient pas de tout prendre. Dans le cas de la morue, c’est très visible : on en attrapait jusqu’à 50, 100 mètres de profondeur, mais il en restait beaucoup en dessous. Avec les chalutiers, on est allé chercher plus profondément dans ces réserves, on a touché au capital. On a envahi la banque et vidé le coffre-fort.


Vous comparez le système de pêche à la pyramide de Ponzi, l’escroquerie de Madoff ?

Ce n’est pas qu’une métaphore. Le système mange le capital pour payer les intérêts. On vide les stocks plutôt que d’exploiter le surplus.


RECUEILLI PAR GUILLAUME LAUNAY

http://www.libemarseille.fr


Partant de l'exemple du thon rouge... un tour du monde des moyens de pêche, du jeu faussé des quotas, et de l'aberration des hommes à épuiser les ressources sans apprendre à les entretenir...





envoyé par savage147


L'intégralité du documentaire:

Surpêche (Documentaire en six parties)

Voir aussi: http://www.programme.tv/global-sushi-demain-nos-enfants-mangeront-des-meduses-2491830.php

La pêche en mer perd 50 milliards de dollars par an

http://www.internationalnews.fr/article-thon-rouge-avec-la-surpeche-on-a-vide-le-coffre-fort-documentaire--44374584.html

 

 

 

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