19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 20:00

L'abattage conventionnel des animaux destinés à la consommation humaine

Source: www.massacreanimal.org

Chaque semaine, c’est près d’un milliard d’animaux que le genre humain tue pour leur viande. Ce chiffre colossal inclut près de 900 millions de volailles, 17 millions de moutons et de chèvres, 24 millions de porcs et six millions de bovins. Une telle queue pour l’abattoir irait presque de la Terre à la Lune.

Dans l’industrie de l’élevage et dans l’industrie alimentaire, cette conversion en masse des animaux en viande est désignée sous le terme de ‘traitement’. Mais pour One Voice, comme pour les éthologues qui étudient le comportement des animaux, tout animal “d’élevage” est un être sensible et très complexe, capable d’éprouver tout un ensemble de sentiments et d’émotions comme la douleur, la peur, le plaisir et la joie.


En 2007, en France, environ 917 millions de volailles, 25 millions de porcs, 8 millions d’ovins, 5 millions de bovins, 1 million de caprins et 17 000 chevaux ont été abattus dans les 318 abattoirs français pour animaux de boucherie et dans les 1 520 abattoirs pour volailles. Alors que notre société de mangeurs de viande se satisfait du principe d’un abattage ‘humain’, One Voice, dont les enquêteurs ont visité des abattoirs en France et ont témoigné des souffrances endurées par les animaux, sait pertinemment qu’il ne peut y avoir aucune ‘douceur’, aucune ‘compassion’ et aucune ‘miséricorde’ dans l’activité sanglante qui consiste à tuer des animaux pour leur viande.


Nos enquêteurs ont constaté que les animaux recevaient parfois des coups de pied, des coups de bâton ou des coups de pique ; en leur présence, certains animaux ont dû être étourdis à deux ou trois reprises par des employés incompétents ; certains étaient conscients au moment où ils étaient égorgés et perdaient leur sang ; certains animaux étaient recroquevillés ou tremblants de terreur et essayaient de s’échapper, et des animaux malades ou infirmes étaient littéralement traînés vers la mort.


One Voice remet en question le désir de viande du consommateur, à cause duquel des êtres sensibles souffrent de l’univers aliénant de l’abattoir avant d’être étourdis, tués et démembrés. L’espoir de One Voice est que de plus en plus de gens écouteront leur conscience, reconnaîtront le fait que ces animaux sont des êtres sensibles et choisiront de manger moins de viande ou de cesser d’en consommer.


One Voice demande à chacun de chercher à en savoir plus sur l’élevage, le transport et l’abattage des animaux. En guise de première étape, One Voice demande aux consommateurs de remettre en question cette croyance que l’abattage serait ‘humain’.


Les méthodes d’abattage


L’abattage est généralement un processus en deux étapes, la première consistant à étourdir l’animal par diverses méthodes et la seconde à le ‘frapper’. Frapper l’animal signifie lui couper la gorge, ou bien, dans le cas des porcs et, dans un certain nombre d’abattoirs, des bovins, sectionner les vaisseaux sanguins du poitrail. Le coup est porté soit quand l’animal est allongé, soit quand il est pendu, accroché à un rail.


Dans les pays de l’Union européenne, c’est la Directive 93/119/CEE du Conseil qui définit les normes en matière d’abattage. En règle générale, selon cette Directive, il faut veiller à épargner aux animaux ‘toute excitation, douleur ou souffrance évitable pendant l'acheminement, l'hébergement, l'immobilisation, l'étourdissement, l'abattage et la mise à mort’ et il est obligatoire ‘d'étourdir les animaux avant abattage ou de les mettre à mort instantanément’. Cette législation vise à assurer un abattage des animaux qui soit ‘humain’ et prévoit des exemptions pour les abattages rituels, dans le cadre desquels les animaux ne sont pas étourdis avant d’avoir la gorge tranchée.


Le paradoxe d’un abattage humain Ces dernières années, des études scientifiques, des enquêtes et des inspections auprès des abattoirs, dans certains pays et notamment en France, ont donné lieu à de graves préoccupations concernant la souffrance des animaux au moment de leur abattage. En 2004, le Groupe scientifique sur la santé et le bien-être des animaux de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a émis un avis dans lequel il était précisé ceci: Il n’existe pas de méthode idéale pour étourdir et mettre à mort des animaux de ferme dans le cadre de l’abattage commercial ou de la lutte contre les maladies, et il est donc nécessaire de choisir les procédures dont l’application correcte présente le plus d’avantages en termes de bien-être animal. Quelle que soit la méthode, de mauvaises habitudes en augmentent les inconvénients.’


Pourtant, si notre société veut continuer à manger des animaux, n’a-t-elle pas le devoir de faire en sorte que les animaux ne souffrent pas et que les méthodes d’étourdissement et d’abattage soient idéales?


One Voice

Dans tout abattoir au sein de l’Union européenne, un vétérinaire est censé veiller à la protection des animaux au moment de leur abattage. En 2007, la Fédération des Vétérinaires d’Europe a inscrit dans ses propositions à la Commission européenne la déclaration suivante: ‘Le vétérinaire, en tant que défenseur de l’animal, a la responsabilité professionnelle et morale de veiller à ce que la priorité soit donnée au bien-être de l’animal par rapport aux exigences d’ordre commercial, financier ou de production, en d’autres termes, à ce que ce soit l’animal d’abord’ Cela n’a pas empêché qu’en 2008, la Commission européenne ne décide que les méthodes d’étourdissement dont les inconviénients en termes de souffrance des animaux sont reconnus continueront d’être utilisées ‘en l’absence d'autres solutions pratiques commercialement viables’.


link http://ec.europa.eu/food/animal/welfare/slaughter/proposal_en.pdf


La notion d’abattage humain est donc un paradoxe. En théorie, l’idée que les animaux seraient tués avec ‘compassion’ et de façon ‘douce’ permet de tranquilliser les consciences. Dans la pratique, cependant, aucune mesure de protection ne mettra jamais fin à la peur, à la détresse, à la douleur et aux souffrances des animaux dans les abattoirs. Comme le vétérinaire Bill Swann (BVM&S MRCVS FRSA) l’explique à One Voice: ‘Tout système commercial d’abattage implique un coût en termes de conditions de traitement des animaux et dans la pratique, il est très difficile de respecter les normes désirées en la matière. Les systèmes automatisés de traitement des carcasses, qui fonctionnent à grande vitesse, obligent les employés à travailler “au rythme de la machine”, et bien trop souvent, le bien-être des animaux est sacrifié au nom de l’efficacité et du profit.’


Une société fondée sur la violence


Dans un certain nombre des abattoirs qu’ils ont visités en 2007 et en 2008, les enquêteurs de One Voice ont filmé des employés qui criaient, tapaient les animaux, les frappaient et leur donnaient des coups de pied. Dans certains abattoirs, les employés avaient pris l’habitude de se livrer à de petits jeux sadiques, consistant par exemple à effrayer les cochons confinés dans des couloirs étroits en touchant les barres de fer qui les entourent avec un aiguillon électrique. Comme le montrent les images, le bruit et les étincelles que cela produit provoquent chez les animaux une panique visible. Dans d’autres abattoirs, selon un des enquêteurs, ‘les employés, sans être délibérément cruels ou violents, ne semblaient pas se rendre compte qu’ils avaient affaire à des animaux sensibles. La seule chose qui comptait pour eux était de travailler le plus vite possible.’


Des salaires insuffisants, un manque de formation, une supervision inadéquate et un manque d’implication, tous ces facteurs ont été cités comme raisons pour lesquelles les animaux ne sont pas traités comme ils devraient l’être dans les abattoirs. Cependant, d’après le vétérinaire Bill Swann, ‘le plus insidieux est que dans ces systèmes à débit rapide, les employés deviennent insensibles au fait que les animaux sont des êtres sensibles. L’habitude de voir des animaux paniqués ou abattus en grand nombre peut induire des réactions déshumanisées à leur souffrance et à leur douleur, comme cela a été observé chez les personnes qui ont l’habitude de travailler avec des animaux dans des laboratoires scientifiques.’ Comme l’admet Temple Grandin, professeur de zoologie à l’Université du Colorado et spécialiste de réputation mondiale de l’abattage des animaux, ‘Quand on traite des centaines d’animaux par jour, le risque de devenir insensible n’est pas mince. Il importe que les employés soient encadrés par une personne suffisamment solide pour leur servir de conscience.’


One Voice demande à tous les consommateurs de viande de réfléchir à ce qu’impliquent pour la société leurs habitudes alimentaires, à savoir une violence exercée à chaque minute de la journée. Comme l’écrivait déjà un militant en 1897, ‘Personne ne peut manger la chair d’un animal abattu sans que soit intervenue la main d’un homme chargé d’abattre l’animal… pouvons-nous nous prétendre évolués si cette évolution passe par la brutalisation d’autres êtres, et si nous devons exiger que certains se montrent brutaux pour que nous puissions nous nourrir du résultat de leur brutalité? Nous ne pouvons pas nous dédouaner de la brutalité de cette industrie sous prétexte que nous n’y participons pas directement.


One Voice




Agrandir le cercle de notre compassion


En France et dans les autres pays de l’Union européenne, la majorité de la population mange de la viande, mais il est   certain que les gens supposent que l’industrie de l’élevage et l’industrie alimentaire, ainsi que la loi, veillent  au respect des animaux durant leur transport et au moment de leur  abattage. Pourtant, la réalité est qu’en France, et sans aucun doute dans d’autres pays du monde, non seulement les abattoirs ne se conforment pas à des normes strictes en matière de protection des animaux, mais un grand nombre d’animaux souffrent.


‘Jusqu'à ce qu'il étende le cercle de sa compassion à toutes les créatures vivantes, l'homme lui-même ne trouvera pas la paix’, écrivait Albert Schweitzer dans La philosophie de la civilisation. Dans son rapport de 2008 L’élevage, la viande: le désastre, One Voice a révélé les dégâts que l’envie de viande de l’humanité causait aux animaux, à la planète et à la population. Ce que montre ce rapport, c’est qu’il apparaît nettement d’après de nombreuses recherches scientifiques que la viande – comme d’autres aliments d’origine animale tels que le lait – fait partie des principales causes d’un certain nombre des pires maladies chroniques et mortelles d’aujourd’hui. On y prend aussi la mesure des dégâts effrayants que l’industrie de l’élevage provoque au niveau de la planète, depuis son rôle fondamental dans pratiquement toutes les crises écologiques jusqu’au changement climatique en passant par la déforestation. Ce rapport explique aussi que l’industrie de l’élevage représente un véritable pillage de la production agricole mondiale, utilisée pour permettre aux populations les plus riches d’avoir leur dose de hamburgers, de steaks et de morceaux de poulet, ce qui entraîne une hausse des prix des produits alimentaires et contribue à entretenir la famine dans les pays les plus pauvres.


Dans son rapport de 2009, One Voice rend compte de son enquête sur les abattoirs et révèle le prix terrible que paient les animaux dont on fait de la viande. À l’évidence, il est temps que les consommateurs écoutent leur conscience et élargissent le cercle de leur compassion.


Neville Gregory, professeur de physiologie animale au Royal Veterinary College, à Londres, est un des plus grands spécialistes au monde en matière d’abattage. Il a fait partie du Comité scientifique vétérinaire de l’Union européenne et a été membre du Groupe du Conseil de l’Europe ayant rédigé un code de bonne conduite pour l’étourdissement et l’abattage.

One Voice a envoyé au professeur Gregory trois séquences vidéo et lui a demandé de formuler ses observations sur les méthodes d’abattage utilisées avec un porc, un veau et un taureau. Le professeur Gregory a répondu que ‘dans les trois cas, les problèmes sont dus en partie à des carences au niveau de l’équipement ou de l’installation. Dans deux cas, les méthodes ne sont pas non plus appropriées.’ Voici sa description d’un de ces cas.

La mort d’un cochon

‘Le premier cochon a été tué alors qu’il était étourdi. Le second est ressorti du box de contention sans être étourdi. Il s’est enfui vers la zone d’égorgement, franchissant avec difficulté les barreaux surplombant le réseau d’écoulement du sang. Le responsable de la mise à mort a bloqué sa course à l’aide d’un tuyau d’arrosage.

L’employé chargé d’étourdir les animaux a tenté de mettre le cochon à terre à l’aide de pinces électriques d’étourdissement. Sa première tentative a échoué et l’animal a reçu un choc électrique. À la seconde tentative, l’animal s’est sans doute effondré, mais cela ne se passait plus dans le champ de la caméra. Le dispositif électrique d’étourdissement a été à nouveau appliqué à l’animal à deux reprises alors qu’il était couché sur le côté, et apparemment, la seconde application a provoqué un cri bref. Cela peut laisser penser qu’il était sensible au début de l’opération. On peut voir sur la vidéo qu’à chacune des quatre applications du dispositif électrique, les électrodes n’étaient pas autour du cerveau de l’animal. 

L’animal n’a pas montré des signes évidents de conscience au moment du coup de couteau.

En conclusion, ce porc échappé du box n’a pas été pris en charge de façon satisfaisante. Il a subi au moins un choc électrique dans le cadre d’une tentative pour l’étourdir alors qu’il divaguait dans la zone où les porcs sont saignés. Ce choc doit avoir été douloureux. Les pinces à étourdir n’étaient pas appropriées dans une telle situation. En effet, il est difficile de placer ce type de pinces de telle sorte que les électrodes soient autour du cerveau alors que l’animal n’est pas immobilisé. Il faut que l’abattoir règle ce problème en mettant à la disposition du personnel un équipement d’étourdissement complémentaire plus approprié.’


Vous pouvez soutenir le combat de One Voice en faveur des animaux destinés aux abattoirs en faisant un don.


 

One Voice

Rapport Derrière les portes des abattoirs de France Télécharger le PDF

http://www.one-voice.fr/fr/article/labattage-conventionnel

http://www.internationalnews.fr/article-un-milliard-d-animaux-abattus-chaque-semaine-pour-leur-viandfe-37665667.html

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commentaires

freinun 16/12/2013 20:03


Encules d'humains!!!!

Internationalnews 08/01/2014 14:33


Le profit avant tout... Vous retrouverez tous nos articles sur la protection animale ici: http://www.internationalnews.fr/categorie-10183254.html


laure 22/05/2013 15:42


MOI JE TROUVE INNADMISSIBLE DE VOIR TANT D ANIMAUX TUES POUR LEUR VIANDE C EST SCANDALEUX DE FAIRE SOUFFRIR AUTANT DANIMAUX.MAIS POUR QUI VOUS PRENEZ VOUS LA  FIN SALES POURRITURES?COMMENT
POUVEZ VOUS RESTER INSENSIBLE ENVERS LES ANIMAUX?VOUS LEUR RETIRER LA VIE ET SA C EST VRIAMNET DEGUELASSE.ARRETEZ DE VOUS EN PRENDRE A EUX CAR ILS VEULENT VIRENT ET NON PAS ETRE TUER POUR LEUR
VIANDEOK?DE VOIR DE TELLES PERSONNES QUI RESTENT SANS PITIE DEVANT NOS AMIS LES ANIMAUX CELA ME REPUGNE

Internationalnews 07/06/2013 16:32


Vous avez un dossier complet sur la viande à la fin de cet article:
http://www.internationalnews.fr/article-viande-industrielle-les-multinationales-du-sud-par-grain-dossier-sur-la-viande-60807797.html Bien cordialement


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