12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 03:16

Internationalnews

 Horizons & Débats via Mecanopolis

 

Le Bureau politique des commissaires européens pousse systématiquement ce qui devait être une simple association économique d’Etats européens démocratiques vers une dictature au pouvoir centralisé (le pseudo-Parlement n’étant que décoratif) pesant sur les Etats membres, selon le modèle communiste (Comité central).


Au début, toutes les décisions devaient être prises à l’unanimité, afin de ne pas ignorer les petits pays. Mais entre-temps, on a préféré le système majoritaire, ce qui permet même de s’imposer à des grands pays. Ainsi, 84% de la réglementation des pays de l’UE viennent de Bruxelles – avec ou sans leur approbation, les parlements nationaux n’ayant plus d’autre pouvoir que de les incorporer dans leurs législations.


C’est ainsi que le Traité de Lisbonne a purement et simplement porté un coup fatal aux différents Etats nations à l’intérieur de l’UE. Par conséquent il n’y a plus de nations, mais seulement des citoyens de l’UE dans des provinces de l’UE. Il tombe donc sous le sens que les parlements et les gouvernements nationaux auraient dû être supprimés, mais on les garde comme décoration alors qu’ils n’ont plus guère de poids politique.


Par conséquent, l’UE a étendu ses compétences en matière de politique économique, allant jusque à réglementer la vie des citoyens; elle a de surcroît décidé de mettre en place une troupe européenne habilitée à intervenir à l’intérieur de l’UE; de plus, elle est en train de créer un ministère des Affaires étrangères de 7000 diplomates européens, rendant caduque l’existence des ministres des Affaires étrangères nationaux; elle vise – comme vient de le déclarer le président de la Banque centrale européenne Trichet – à étendre ses compétences financières et budgétaires aux 27 Etats membres, supprimant ainsi un droit démocratique fondamental de gestion autonome.


L’UE a été depuis le début et de plus en plus une machine de redistribution et de corruption, prenant de l’argent aux Etats membres, ce qui lui permettait non seulement de le dépenser elle-même, mais de l’utiliser pour inciter avant tout de nouveaux pays à adhérer, comme la Turquie, cela afin de renforcer le pouvoir du Comité central.

 

Tous les Etats membres reçoivent, à des degrés divers, des subventions de l’UE, prétendument pour égaliser la prospérité au sein de l’UE. En fait, les pays soutenus le plus largement n’ont pas connu de grands progrès, mais se sont habitués à vivre de subventions et à dépenser sans compter.


Entre 1976 et 2008, les principaux bénéficiaires ont reçu les subventions suivantes (en milliards d’euros):

Espagne : 157,5

Grèce : 133,5

Portugal : 72

Irlande : 67,5

Total : 430,5

La contribution de l’Allemagne a été importante:

Espagne : 81

Grèce : 69

Portugal : 37,5

Irlande : 39

Total : 226,5

En tout, la Grèce, l’Espagne, l’Irlande et le Portugal ont touché 287 milliards d’euros de subventions de l’UE, essentiellement sur le dos de l’Allemagne.

Lorsqu’on procède à une comparaison, on constate que, de 2004 à 2008, les parts des contributeurs ont été les suivantes:

Allemagne : 31,4%

France : 16,7%

Grande-Bretagne : 13,8%

Italie : 12,1%

Pays-Bas : 10,4%

Quant aux parts des bénéficiaires, elles ont été les suivantes :

Grèce : 24,4%

Espagne : 23,9%

Pologne : 15,5%

Portugal : 12,7%

Irlande : 4,9%


Vingt années de redistribution n’ont pas réussi à améliorer l’économie des bénéficiaires, mais leur ont permis de s’habituer à manger à ce râtelier. On peut aussi imaginer que bénéficiant de cette manne, ces pays auraient pu pour le moins éviter de s’endetter. Mais, bien au contraire, ils n’ont pas hésité à précipiter leurs budgets, déjà dotés de subventions, dans d’énormes dettes.


Le fait que l’Allemagne soit devenue le principal contributeur de l’UE, aussi bien en chiffres absolus qu’en chiffres relatifs, et le soit restée, a été un acte politique accepté par les politiciens allemands, alors que la Grande-Bretagne, grâce aux protestations de Madame Thatcher, a pu diviser ses paiements par deux, ce qui a naturellement augmenté d’autant ceux de l’Allemagne.

 

La France, elle aussi, a adapté ses paiements à l’UE en obtenant des contreparties, ce qui fait que sa contribution nette représente la moitié de celle de l’Alle magne. Si cette dernière avait pu se contenter de payer dans les mêmes proportions que les autres Etats, elle n’aurait versé entre 1991 et 2008 que 84,8 milliards d’euros au lieu des 145,9 milliards effectifs.

 

L’Allemagne, dans son rôle de trésorier, a subi une charge autrement plus lourde que les autres contributeurs nets; autrement dit, les politiciens allemands, aveuglés par leur enthousiasme pro-européen, ou alors par esprit de soumission, ont accepté que l’Allemagne soit, dès le début et de façon croissante, pillée par les autres pays de l’UE. Le prétexte en a toujours été les excédents d’exportations, la bonne conjoncture et les solides finances de l’Etat, contrairement aux autres pays soumis à la corruption. Il n’en reste pas moins que l’UE a toujours été une union de transfert aux dépens de l’Allemagne qui est tributaire des besoins d’argent croissants de la plupart des autres pays de l’UE.


Les Etats membres de l’UE subventionnés ne se sont pas contentés des subventions annuelles qui leur venaient des pays sérieux – notamment de l’Allemagne – mais ont contracté des dettes autrement plus importantes que les pays donateurs. Alors qu’en 2010, l’ensemble de la zone euro présentait un endettement de 85% du PIB (l’Allemagne se trouvant à 2% en-dessous), la Grèce en était à 143%, l’Irlande à 96% et le Portugal à 93%. Le montant criminel de la dette grecque s’établissait à 329 milliards, celui de l’Irlande à 148 milliards et celui du Portugal à 161 milliards.


Le fait que les Etats débiteurs aient pu accumuler des dettes aussi élevées est lié à l’euro, cette monnaie unique qui facilitait l’endettement des pays membres, alors même que la clause de non renflouement, contenue dans tous les traités, ne permettait pas de prise de responsabilité collective pour les dettes des différents pays. Toutefois, les banques internationales, avides de profits, comptaient sur le fait que, si imprudents qu’aient été les prêts aux pays débiteurs, ces derniers ne se retrouvaient pas isolés, ils recevraient en cas de nécessité une aide grâce au pouvoir de leur haute finance sur le gouvernement américain, au pouvoir du gouvernement américain sur la Commission européenne et au pouvoir de la Commission européenne sur les pays membres.

 

En fait, lors de la crise immobilière de 2008 aux Etats-Unis, le ministre américain des Finances d’alors, Paulson, qui avait été pendant 10 ans président de Goldmann-Sachs, avait repris les énormes crédits pourris (700 milliards de dollars) des grandes banques américaines, les mettant sous la responsabilité de l’Etat et contraint les Etats satellites européens a endosser de leur côté la responsabilité des banques européennes et américaines surendettées, ce qui a eu pour conséquence que les dettes bancaires sont devenues des dettes publiques.


Lorsque la FED, en faisant tourner la planche à billets, a ruiné au niveau mondial la confiance dans le dollar et qu’au lieu d’un apport quotidien de 2 milliards de dollars, on a assisté à un retrait de dollars surtout en faveur de l’euro, ce qui a menacé la solvabilité des Etats-Unis, l’abaissement de la note de la Grèce a mis en péril ses possibilités de refinancement et sa solvabilité.


La Commission européenne, qui a vu dans l’affaire l’occasion de s’emparer de la souveraineté financière des pays membres, a encouragé la création d’un «plan de sauvetage» d’un montant de 440 milliards d’euros au début, lequel par la suite, en 2011, a grimpé à 700 milliards, pour prétendument éviter la faillite de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, et aussi d’autres pays. En vérité, c’était pour éviter aux banques internationales les pertes des crédits accordés à la légère. Il n’a pas été prévu de participations privées à ce plan de sauvetage.


Cependant les aides et les prises de responsabilité des pays membres de l’UE, essentiellement de l’Allemagne, n’ont pas encore permis d’atteindre les objectifs de la haute finance américaine qui tire les ficelles et de la Commission européenne qui pousse dans le même sens. Cette dernière s’efforce déjà ouvertement de faire endosser les dettes des pays faibles par un petit nombre de pays forts, en particulier l’Allemagne. Comme les pays faibles sont la majorité dans l’UE, il leur est facile de s’imposer à Bruxelles, alors même que cela soit anticonstitutionnel:


• Une union de responsabilité ou de dettes est exclue par tous les traités de l’UE. Bruxelles les viole donc ostensiblement.

• Le droit constitutionnel allemand lui-même ne tolère pas que l’Allemagne assume fondamentalement et durablement la responsabilité et les dettes d’autres pays. Il se trouve donc que le gouvernement allemand viole la Loi fondamentale.

• Une union de transfert, de responsabilité et de dettes représente – comme Trichet l’a affirmé récemment avec raison – la fin pour les Etats de leur souveraineté financière au profit d’une nouvelle souveraineté, celle du Bureau politique de l’UE. Ainsi, on assiste à la centralisation – contraire à toutes les constitutions démocratiques – du dernier et plus important droit démocratique souverain.

• Les pays membres ont cédé au Commissariat central de Bruxelles leurs droits démocratiques de participation, alors que les membres de cette Commission n’ont jamais été élus et ne sont pas contrôlés démocratiquement, mais téléguidés par les réseaux financiers internationaux.

 

C’est la fin du «principe démocratique éternel» inscrit dans notre Loi fondamentale, et aussi de notre souveraineté nationale et d’une possible participation des citoyens et des citoyennes à plus de 80% de la réglementation qui les concerne.

 

Finalement, cette union de transfert, de responsabilité et de dettes sert à perpétuer le jeu diabolique des banques malhonnêtes avec leurs crédits pourris, leurs produits financiers tout aussi pourris et leurs monnaies malsaines, sans qu’on puisse obliger les respon sables à rendre des comptes. Bien au contraire, tous les risques sont reportés sur les pays membres et leurs populations.

 

Autrement dit, on étatise d’abord les dettes de jeu des banques malhonnêtes puis on met les pays peu sérieux dans le même sac que les pays sérieux, répartissant ainsi les dettes, ce qui a pour résultat que les dettes de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal ou de l’Espagne deviennent des dettes allemandes dans le seul but de sauvegarder les crédits des banques internationales.

 

Avec cette union de responsabilité et de dettes, les banques internationales ont posé une bombe à retardement dans le système de l’euro. Il est vrai que les dettes d’un seul pays peuvent être étendues à plusieurs pays grâce à cette union de transfert, ce qui permet d’empêcher provisoirement une fois ou plusieurs fois l’insolvabilité d’un pays.

 

Mais c’est un leurre de s’imaginer que des pays de l’UE surendettés, improductifs, ayant longtemps vécu au-dessus de leurs moyens puissent retrouver une santé grâce à des économies. Bien au contraire, on a transmis le virus, comme dans une épidémie, à tout le monde, ce qui exige un assainissement général alors qu’un nettoyage ponctuel aurait pu suffire. On peut, comme aux Etats-Unis, perpétuer cet état de choses en faisant tourner la planche à billets et par une inflation croissante, mais on n’évitera pas une réforme monétaire.

 

Il est évident pour les citoyens allemands que les banques internationales malhonnêtes, la politique grecque frauduleuse, notre propre gouvernement dirigé par Madame Merkel avec l’appui des socia listes et des Verts, ainsi que le Comité central de Bruxelles ont mis sérieusement en danger notre prospérité. La réforme monétaire aura pour conséquences:


• d’appauvrir de nombreux citoyens,

• de porter un coup aux entreprises, aux emplois et aux revenus du travail,

• de réduire les rentrées fiscales et les charges sociales, ce qui entraînera obligatoirement une diminution des prestations sociales, des pensions et des traitements des fonctionnaires.

 

Ce n’est guère une consolation de savoir que cette débâcle touchera tous les pays de l’UE, et les Etats-Unis peut-être encore plus tôt. Ainsi, ce sera la fin de la plus grande période de prospérité vécue par le peuple allemand – même si elle était illusoire. Cet effondrement provoquera sans doute un rejet des partis au pouvoir et les transformations sociales n’iront pas sans des révoltes frisant la guerre civile.

 

Les banquiers criminels et les gouvernements aux ordres du Bureau politique de Bruxelles, avec leurs soutiens socialistes et verts, nous ont précipité sans nécessité dans les crises financières de banques privées et de pays étrangers et causé au peuple allemand – à l’encontre de leur serment – de graves dommages.


Horizons & Débats

Les emphases sont d'IN

Sur le même sujet, lire Plaidoyer pour des États européens souverains

http://www.internationalnews.fr/article-vers-une-dictature-au-pouvoir-centralise-79193388.html

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