Asie/Asia

Mercredi 6 mai 2009 3 06 05 2009 06:12
Par Keith Jones

wsws 6 mai 2009
Original:
What is the United States preparing in Pakistan?





En visite cette semaine à Washington pour une rencontre tripartite avec le président Obama et Hamid Karzaï de l’Afghanistan, le président pakistanais Asif Ali Zardari subira sans aucun doute d’autres pressions pour qu’il permette aux forces militaires américaines de combattre à l’intérieur du Pakistan.






Source de l'image: planetenonviolence.org

L’establishment politique et militaire des Etats-Unis ainsi que les médias américains mènent depuis des semaines une campagne de plus en plus stridente pour intimider Islamabad à se conformer entièrement aux diktats américains, dans ce que Washington a redéfini comme la zone de guerre de l’AfPak (Afghanistan-Pakistan).


Suivant les ordres des Etats-Unis, l’armée pakistanaise mène depuis 10 jours une offensive sanglante, composée de tirs aériens et d’artillerie lourde, contre la milice talibane pakistanaise dans la Province de la frontière du Nord-Ouest (NWFP). Cette offensive a causé la mort d’un grand nombre de civils et a forcé des dizaines de milliers de villageois pauvres à fuir la région. 

Entre 600 000 et un million de Pakistanais sont maintenant des réfugiés en raison de la poussée de l’Etat pakistanais pour pacifier la NWFP et les Régions tribales fédéralement administrées (FATA), dans le but de soutenir l’occupation américaine de l’Afghanistan.


L’élite dirigeante américaine a accueilli la plus récente série de violences, mais elle est loin d’être satisfaite. La rafale de menaces, implicites et explicites, contre le Pakistan, son peuple et son gouvernement se poursuit sans relâche tout juste avant la visite de Zardari à Washington.


Lors d’une conférence de presse le 29 avril, Obama a décrit le gouvernement civil du Pakistan comme étant « très fragile » et n’ayant pas « la capacité d’offrir les services de base » à son peuple, ou de gagner son « appui et sa loyauté ». Mais il a louangé l’armée pakistanaise et la « solide concertation et collaboration militaire » américano-pakistanaise.


Considérant le rôle central qu’a joué Washington dans le maintien d’une série de dictatures militaires à Islamabad, la déclaration d’Obama fut largement interprétée, tant au Pakistan que dans l’establishment politique américain, comme le signal que Washington envisage organiser un coup d’Etat militaire.


Cela est souligné par des articles citant le commandant du CentCom (Central Command) américain, le général David Petraeus, affirmant que si le gouvernement Zardari ne démontre pas au cours des deux prochaines semaines qu’il peut écraser l’insurrection des talibans au nord-ouest du pays, les Etats-Unis devront déterminer leur « prochain plan d’action ». Petraeus a ensuite déclaré que l’armée du Pakistan était « supérieure » au gouvernement civil.


Il y avait un tel tollé au Pakistan que le porte-parole du département d’Etat, Robert Wood, a été forcé vendredi de nier qu’Islamabad avait un « délai » de deux semaines. Néanmoins, il a carrément déclaré que Washington s’attendait à ce que le Pakistan fasse un « effort de 110 pour cent » dans la lutte contre les talibans, et pas pour « deux jours, deux semaines ou deux mois », mais pour le futur prévisible.


L’envoyé spécial d’Obama en Afghanistan et au Pakistan, Richard Holbrooke, a dénoncé les craintes exprimées dans la presse pakistanaise qui affirment que, moins de neuf mois après que le dernier dictateur appuyé par les Etats-Unis, le général Pervez Moucharraf, eut été forcé de renoncer à la présidence du Pakistan, Washington considère soutenir un gouvernement dirigé par l’armée. « Ce sont des déchets journalistiques… un charabia journalistique », a déclaré Holbrooke.


Les preuves que l’administration Obama prépare de nouveaux crimes au Pakistan afin d’intensifier sa guerre en Asie centrale sont accablantes.


Avec l’objectif clair d’intensifier la pression sur Zardari, l’administration Obama, selon de hauts responsables de l’administration cités la semaine dernière dans le Wall Street Journal et le New York Times , courtise maintenant son ennemi juré, l’ancien premier ministre et chef de la Ligue musulmane du Pakistan (N), Nawaz Sharif.


Obama, lors de sa conférence de presse la semaine dernière, a affirmé que les Etats-Unis veulent respecter la souveraineté pakistanaise. « Mais », a-t-il ajouté, « nous reconnaissons aussi que nous avons d’énormes intérêts stratégiques, d’énormes intérêts de sécurité nationale à nous assurer que le Pakistan demeure stable. »


En d’autres mots, les Etats-Unis vont violer la souveraineté du Pakistan comme ils le désirent. Depuis le mois d’août dernier, les Etats-Unis ont orchestré des douzaines de frappes de missiles à l’intérieur du Pakistan et une attaque terrestre par les Forces spéciales.


La semaine dernière, le secrétaire à la défense Robert Gates a annoncé que l’administration Obama est en train de demander au Congrès américain d’accorder au Pentagone les mêmes pouvoirs quant à l’assistance militaire au Pakistan que celle destinée aux gouvernements fantoches en Irak et en Afghanistan. Sous cette clause « unique », l’assistance militaire au Pakistan ne passerait plus par le département d’État ou ne serait plus sujette aux restrictions de la Loi sur l’assistance étrangère, mais serait plutôt contrôlée entièrement par le Pentagone.


Il y a de plus l’article exceptionnel à la une du New York Times d’hier, intitulé « Les conflits au Pakistan font douter les Etats-Unis sur la sécurité des armes nucléaires ». Écrit par le correspondant du journal à la Maison-Blanche, David Sanger, l’article a tous les signes d’une œuvre de la CIA ou du Pentagone, concocté dans le but de manipuler l’opinion publique et justifier une escalade majeure de l’intervention politique et militaire américaine au Pakistan.


L’article est entièrement fondé sur des déclarations d’anonymes « représentants des Etats-Unis hauts placés ». Selon cet article, en dépit de la déclaration qu’Obama a faite la semaine passée dans laquelle il assurait qu’il avait confiance que l’armée pakistanaise avait le contrôle sur l’arsenal nucléaire du Pakistan, la menace croît que des agents d’al-Qaïda ou des talibans pourraient s’emparer de l’arme nucléaire au Pakistan ou infiltrer ses installations nucléaires.


Pour expliquer comment les islamistes pourraient contourner les contrôles sophistiqués que l’armée pakistanaise, avec le soutien logistique des Etats-Unis, exerce sur son arsenal nucléaire, l’article soutient un scénario digne d’un suspens. Les islamistes déclencheraient tout d’abord un conflit entre l’Inde et le Pakistan pour ensuite s’emparer de l’arme lorsque le Pakistan chercherait à l’approcher de la frontière qu’il partage avec son voisin indien à l’est du pays.


Le New York Times, faut-il le rappeler, a joué un rôle clé pour rallier l’opinion publique américaine à l’invasion de l’Irak. Le mensonge que le gouvernement irakien collaborait avec al-Qaïda et pourrait lui donner accès à l’arme nucléaire qu’il était en train de construire a constitué une partie importante de la campagne de mensonges du New York Times.


Que l’article du New York Times fasse partie d’une campagne coordonnée plus largement a été souligné dans une interview donnée à la BBC par le conseiller à la sécurité nationale d’Obama, le général James Jones lundi dernier, le jour même où l’article du New York Times a été publié.


Jones a indiqué que la principale préoccupation des Etats-Unis était la sécurité de l’arsenal nucléaire pakistanais. Il a menacé de façon à peine voilée le gouvernement pakistanais, disant « Si le Pakistan ne continue pas dans la direction qu’il prend présentement, et que nous ne réussissons pas là-bas, alors, évidemment, la question nucléaire se posera. »


Il a continué en disant que les armes nucléaires pakistanaises tombant entre les mains des talibans serait « le pire des pires scénarios », ajoutant, en choisissant ses mots avec précaution, « Nous allons faire tout en notre pouvoir dans le cadre existant de nos relations bilatérales et de nos relations multilatérales pour nous assurer que cela ne se produise jamais. »


L’administration Obama et le Pentagone soupèsent clairement leurs options quant au Pakistan et au rôle que ce dernier jouera dans la poussée des Etats-Unis pour consolider ses positions géostratégiques en Asie centrale, une région riche en pétrole. Une chose est certaine cependant : ce qu’ils préparent entraînera une augmentation de la violence et de la souffrance pour la population de cette région et va bloquer encore plus les aspirations démocratiques du peuple pakistanais.


(Article original anglais paru le 5 mai 2009)

http://www.wsws.org/francais/News/2009/mai2009/paki-m06.shtml
 


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Dimanche 3 mai 2009 7 03 05 2009 17:02

By Bill Van Auken

WSWS.org
02 May, 2009


Le gouvernement d'Obama cherche à obtenir des pouvoirs militaires extraordinaires au Pakistan

- par Bill Van Auken - 2009-05-07


 


T
he Obama administration is increasingly treating its growing intervention in Pakistan as a separate counter-insurgency war for which it is demanding the same kind of extraordinary military powers obtained by the Bush administration in Afghanistan and Iraq.


This was the main message delivered by Pentagon officials on Capitol Hill over the last few days, together with increasingly dire warnings that without immediate and unconditional US military funding for Pakistan, the government could collapse.


Defense Secretary Robert Gates warned Congress Thursday that unless it quickly approved some $400 million requested by the Pentagon for a new Pakistan Counterinsurgency Capability Fund the Pakistani military would run out of funding within weeks for its operations against insurgents in the North-West Frontier Province (NWFP) and other areas of western Pakistan.


In his testimony, Gates also revealed that, even after the planned closure of the Guantanamo detention center, the US government may still imprison up to 100 of the inmates without charges or trials. The administration asked Congress for $50 million to build prison facilities in the US for detainees it claims are dangerous but cannot be tried, principally because the supposed evidence against them was extracted through torture.


The proposed $400 million in military aid for Pakistan is part of an $83.5 billion supplemental funding bill requested by Obama, the vast majority of which goes to pay for continuing the wars in Iraq and Afghanistan.


Speaking before the Senate Appropriations Committee, Gates said that the Pentagon was requesting that full control of the military aid be vested with Gen. David Petraeus, the chief of the US military’s Central Command. He claimed that the Pentagon needed “this unique authority for the unique and urgent circumstances we face in Pakistan—for dealing with a challenge that simultaneously requires wartime and peacetime capabilities.”


Some members of Congress have balked at the demand, which echoes the heavy-handed tactics of the Bush administration in demanding immediate passage of military funding for Iraq and Afghanistan with no strings attached.


As the Washington Post pointed out Friday: “Lawmakers in the House and Senate have voiced concerns about creating the new Pakistan military funding stream through the Pentagon. Traditionally such military aid flows through the State Department and is subject to Foreign Assistance Act restrictions.”


The $400 million is part of a $3 billion, five-year aid package that would see another $700 million in military assistance go to Pakistan in fiscal year 2010.


The military aid program envisions a major expansion of US training of Pakistani security forces, beyond the 70 US special operations troops whom Islamabad has quietly allowed to train elements of the Frontier Corps and Pakistani special forces units. Pakistani officers and troops would be trained outside the country. In addition, Washington would supply extensive new military hardware, including helicopters, night-vision goggles and small arms.


Under US law, the State Department is supposed to oversee military aid programs and ensure that they are carried out in accordance with US foreign policy and legal restrictions on such aid. An exception is made when the US is at war, the grounds claimed by the Bush administration in bypassing civilian authorities in implementing similar programs in Iraq and Afghanistan.


The Post quoted Pentagon spokesman Geoff Morrell as saying that the use of similar arguments in Pakistan involved “walking a pretty fine line.” He continued: “This is not a war zone for the US military. But given the urgency of the situation, we need similar authorities in order to help Pakistan train and equip its troops for counterinsurgency operations ASAP.”


General Petraeus made the same point somewhat more forcefully in a letter to the House Armed Services Committee in which he warned of a potential government collapse in Pakistan.


He claimed that US “progress” in Iraq and Afghanistan had been achieved because “these funds are immediately available and commanders have been able to rapidly adjust to changing conditions on the ground.” He said that the same free hand for the military was needed in Pakistan, “where a growing insurgency threatens the country’s very existence and has a direct and deadly impact on US and coalition forces operating in Afghanistan.”


Privately, Petraeus has reportedly been telling members of congress and the administration that if the Pakistani military does not succeed in suppressing the insurgency in two weeks, the government may fall.


Citing anonymous sources who it says are “familiar with the discussions,” Fox News reports that Petraeus indicated that the US military was evaluating the Pakistani campaign against the militants in the northwest of the country “before determining the United States’ next course of action.”


The report added that Petraeus expressed the view that the Pakistani army could survive the fall of the government of President Ali Zardari and that the army, led by Chief of Staff Gen. Ashfaq Kayani, is “superior” to the civilian government.


This statement echoed the position indicated by President Barack Obama at the Wednesday evening press conference marking his first 100 days in office. Obama said he was confident that Pakistan’s nuclear arsenal would remain secure, “Primarily, initially, because the Pakistani army, I think, recognizes the hazards of those weapons falling into the wrong hands.” He added, “We’ve got strong military-to-military consultation and cooperation.”


In contrast, the American president described Zardari’s government as “very fragile” and lacking “the capacity to deliver basic services” or “gain the support and the loyalty of their people.”


Obama concluded by saying of Pakistan, “We want to respect their sovereignty, but we also recognize that we have huge strategic interests, huge national security interests in making sure that Pakistan is stable and that you don't end up having a nuclear-armed militant state.”


When a reporter tried to ask whether that meant the US military could intervene to secure nuclear weapons, Obama refused to “engage in hypotheticals.”


The remarks by Obama and Petraeus suggest strongly that Washington is relying first and foremost on the Pentagon’s relationship with the Pakistani military, and that it could, in the event of the deepening of the present crisis, support the return of a military dictatorship. It has been less than nine months since the last military strongman, Gen. Pervez Musharraf, relinquished power to a civilian government after a decade of military rule.


This may also explain, at least in part, the determination of the Pentagon, the White House and the State Department to ensure that military aid flows through the military and not by way of normal State Department channels, which are subject to the Foreign Assistance Act. Among the act’s restrictions is a prohibition on granting military aid to “a country whose duly elected head of government was deposed by decree or military coup.”


Implicit in Obama’s statement about wanting “to respect their sovereignty, but...” is the threat of direct US military intervention.

It is becoming apparent that Obama, who owes his election in no small part to the opposition of broad layers of the US population to the militarist policies of the Bush administration, is not only continuing both of the wars initiated under Bush, but is preparing a third.


In an article entitled “Now, US Sees Pakistan as a Cause Distinct from Afghanistan,” the New York Times Friday noted that the original strategy advanced by the Obama administration was to carry out military attacks in the Pakistani border area to deny safe havens for insurgents and further a “surge” in Afghanistan that is to see a doubling of US troops over the next several months.


That strategy, the Times notes, has been “utterly scrambled by the Taliban offensive in western Pakistan.” Now Washington’s primary objective is “preventing further gains in Pakistan by an Islamic militant insurgency that has claimed territory just 60 miles from Islamabad.”


In an article published April 16, Jane Perlez and Pir Zubair Shah of the New York Times provided an account of the intense class tensions that have fueled the insurgency. The forces described as the Taliban, they wrote, had succeeded in gaining control of the Swat Valley as the result of a “class revolt” stemming from “profound fissures between a small group of wealthy landlords and their landless tenants.”


According to this report, the Islamist militants organized and armed the landless peasants in a campaign to drive out the region’s wealthy landlords, who also were the government officials and leaders of the established political parties. In addition to imposing Islamic law over Swat, a region of 1.3 million people, the Islamists carried out a measure of “economic redistribution.”


The Times quoted an unnamed senior Pakistani official as saying, “This was a bloody revolution in Swat. I wouldn’t be surprised if it sweeps the established order of Pakistan.”


The Obama administration is now intervening to prop up that “established order” of feudal land relations, vast social inequality and military domination over the government. This will involve the suppression of not merely a handful of “terrorists,” but an insurgency with broad-based popular support, which is fueled in large measure by US military attacks on civilians on both sides of the Afghan-Pakistani border.


Having intervened in Afghanistan in 2001 and in Iraq in 2003 with the aim of asserting American hegemony over the strategically vital and oil-rich regions of Central Asia and the Persian Gulf, American imperialism has succeeded only in spreading instability and creating the conditions for new and even more bloody wars.

http://www.wsws.org/articles/2009/may2009/paki-m02.shtml

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Samedi 2 mai 2009 6 02 05 2009 23:29

Les services secrets occidentaux préparent une « révolution colorée » en Russie

M. Ziouganov, le leader des communistes russes a mis en garde samedi contre les risques d’une « révolution colorée  » en Russie préparée par les services secrets occidentaux sur fond de crise financière mondiale.


« Les services de renseignement occidentaux et la cinquième colonne libérale en Russie ont déjà un plan de "révolution colorée" testé dans d’autres pays, un plan consistant à exploiter le mécontentement et la grogne des masses populaires pour permettre l’arrivée au pouvoir des Iouchtchenko et des Saakachvili », a-t-il déclaré, lors d’une séance plénière du Parti communiste (KPRF), évoquant les présidents ukrainien et géorgien.


Les « théoriciens de la résistance », Mikhaïl Kassianov et Garry Kasparov, ont essayé d’attirer les communistes dans leur jeu, mais « nous avons dit clairement que nous sommes opposés au scénario orange », a affirmé M. Ziouganov.


Selon le chef des communistes russes, ces pseudo-libéraux proposent de placer l’économie russe sous la dépendance des compagnies multinationales, du Fonds monétaire international (FMI) et des banques occidentales

http://www.voltairenet.org/article159478.html

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Mardi 24 mars 2009 2 24 03 2009 00:52

For the people of Vietnam, war is not over. Three generations on, babies are still being born with serious birth defects and genetic abnormalities - the legacy of America's intensive use of chemical weapons.

No one knows how many have been affected. On the eve of a historic lawsuit to determine the culpability of chemical manufacturers, we offer you a powerful film on the effects of Agent Orange.



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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 09 2008 14:28
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Samedi 6 septembre 2008 6 06 09 2008 15:49
Mondialisation.ca

Par Paul Craig Roberts

L'échec généralisé des médias étasuniens à dévoiler la vérité porte à réfléchir. Les États-Unis, un pays qui hérisse ses armes nucléaires et qui poursuit une politique d'hégémonie mondiale, a une population qui est maintenue dans l'ignorance - en fait, on lui fait plutôt un lavage de cerveau – à propos du plus important et du plus dangereux événement de notre époque.




La puissance du lobby israélien est un élément important qui permet de maintenir les Étasuniens dans l'ignorance. Récemment, j'ai regardé un documentaire qui démontrait le contrôle exercé par le lobby israélien sur la perception qu'ont les étasuniens du conflit israélo-palestinien. Le documentaire (anglais) est disponible ici: http://www.informationclearinghouse.info/article14055.htm

La couverture partiale des médias étasuniens a pour résultat que peu d'Étasuniens sont conscients du fait que pendant des décennies, Israël a effectué un nettoyage ethnique des Palestiniens en les jetant hors de leurs foyers et de leurs terres le tout, sous la protection du veto des États-Unis à l'ONU. Au lieu de cela, les Palestiniens dépossédés sont dépeints comme des terroristes fous qui attaquent des innocents en Israël.

Si on lit les journaux israéliens, comme Haaretz, ou des publications d'organisations israéliennes, comme le Comité Israélien Contre les Démolitions de Maisons, on a une opinion radicalement différente de la situation donnée dans la version propagandiste des médias et des évangélistes étasuniens.

La plupart des Étasuniens savent que l'attaque réalisée par des terroristes musulmans contre le USS Cole au port d'Aden en l'an 2000 a fait 17 morts et 39 blessés parmi les marins étasuniens. Mais rares sont ceux qui ont entendu parler de l'attaque israélienne de 1967 contre le USS Liberty et qui a fait 34 morts et 174 blessés parmi les marins étasuniens. Subissant les pressions du lobby israélien, le président Johnson a ordonné à l'amiral McCain, le père du candidat présidentiel Républicain, de dissimuler cette attaque. À ce jour, il n'y a jamais eu d'enquête du Congrès sur cet événement.

Le manque d'objectivité des médias étasuniens dans la couverture du conflit entre la Géorgie et la Russie est encore une fois évident. Les médias étasuniens ont présenté le conflit comme une invasion russe de la Géorgie, alors qu'en réalité, l'armée géorgienne, entraînée et équipée par les États-unis et Israël, a lancé une attaque visant à tuer et à faire fuir la population russe de l'Ossétie du Sud, une province séparatiste.

Les forces russes de maintien de la paix, avec celles de la Géorgie, sont stationnées en Ossétie du Sud depuis le début des années 1990. Sur l'ordre de Mikheil Saakashvili, la marionnette américaine occupant la fonction de « président » de la Géorgie, les forces de maintien de la paix de la Géorgie ont retourné leurs armes sur les forces russes de maintien de la paix qui ne se doutaient de rien et ils les ont assassinés.

Ce geste de Saakashvili - élu avec l'argent de l'association néoconservatrice « National Endowment for Democracy (1), » une élection truquée et réglée en faveur de l'hégémonie étasunienne - est un crime de guerre. En vérité, les russes auraient dû mettre la main sur Saakashvili, puisqu'il est beaucoup plus coupable que ne l'était Saddam Hussein. Mais c'est la Russie, et non pas Saakashvili, que les médias étasuniens ont diabolisé.

Les Étasuniens sont devenus des sujets parfaits au Big Brother de George Orwell. Ils s'assoient stupidement devant les bulletins de nouvelles télévisés ou encore, ils absorbent les mensonges que leur servent le New York Times ou le Washington Post. Quel est le problème avec les étasuniens? Pourquoi n'opposent-ils aucune résistance à cela? Est-ce que la nation étasunienne est une nation de moutons telle que le juge Andrew P. Napolitano le prétend? Les Étasuniens font la promotion de « la liberté et de la démocratie » alors qu'ils vivent sous le joug d'un ministère de la Propagande.

Il y a deux décennies, le Président Reagan est parvenu à un accord avec le président soviétique Mikhail Gorbachev pour mettre fin à la dangereuse guerre froide. Mais tous les successeurs de Reagan ont cherché à faire naître un nouveau conflit avec la Russie. En violation de l'entente, les frontières de la Russie ont été prises par l'OTAN et les États-Unis sont déterminés à inclure d'anciens [pays] membres constitutifs de la Russie au sein même de l'OTAN. Dans un effort visant à neutraliser la force de dissuasion nucléaire et l'indépendance de la Russie, les États-Unis installe un système de défense anti-missiles balistiques sur des bases à proximité des frontières de la Russie.

L'agressive politique militaire gratuite des États-Unis envers la Russie conduira à la guerre nucléaire. Je suis convaincu que si les étasuniens élisent John McCain, ou que si les Républicains devaient encore voler une autre élection présidentielle, il y aura une guerre nucléaire dans la deuxième décennie du 21e siècle. Les mensonges des néoconservateurs, la propagande, l'agitation de drapeaux par des machos, et l'utilisation de la politique étrangère étasunienne aux fins des intérêts de quelques entreprises de sécurité militaire, de compagnies pétrolières, et d'Israël, se dirigent tous dans cette direction.

Les élections de novembre sont peut-être la dernière chance d'éviter une guerre nucléaire. Mais nous sommes peut-être déjà passé à côté de cette occasion. Les Républicains ont choisi comme candidat l'un des plus ignorants bellicistes qui soit actuellement en vie. Le choix des Démocrates s'est fait entre l'une des femmes qui sème le plus de discorde aux États-Unis et un homme métis avec un drôle de nom. Considérant le goût de la guerre des Étasuniens, le candidat Démocrate pourrait bien ne pas parvenir à vaincre le candidat favorable à la guerre des Républicains.

Beaucoup d'Étasuniens voteront contre Obama parce qu'il est noir. Pourquoi donc une ascendance métisse confère-t-elle la couleur noire? Si la population étasunienne était majoritairement noire, est-ce que Obama serait considéré blanc?

La race et la propagande sont plus susceptibles de déterminer l'issue de l'élection de novembre que toutes autres vraies questions ou considérations des électeurs.

La vraie question est étouffée par les médias. La classe moyenne étasunienne est détruite par la délocalisation des emplois et par les visas de travail donnés aux étrangers, tandis que les revenus des super riches ne cessent d'augmenter. Le statut de monnaie de réserve du dollar US s'érode continuellement. Les États-Unis sont grandement endettés au niveau national et à l'étranger. L'assurance maladie est inabordable pour la grande majorité de la population. Les anciens combattants blessés sont considérés sans importance alors que les bénéfices de la compagnie Halliburton augmentent toujours. Les étasuniens sont en train de perdre leur maison pendant que le gouvernement des États-Unis voit au sauvetage des banques. Les guerres avec l'Iran, la Russie et la Chine sont prévues afin d'assurer l'hégémonie des États-Unis.

Les Étasuniens n'ont plus un gouvernement qui est pour le peuple et par le peuple. Ils ont un gouvernement pour et par des intérêts particuliers possédant une idéologie démentielle.

Mais les Étasuniens ont la guerre, sur laquelle ils peuvent rejeter toutes leurs frustrations, leurs ressentiments, et leurs déceptions sur les « terroristes musulmans » et « les agresseurs russes. » Peu d'Étasuniens sont préoccupés par le fait que 1,25 million d'Iraquiens et un nombre indéterminé d'Afghans sont morts à la suite des invasions étasuniennes du régime Bush basées sur le mensonge et la tromperie. Malgré tout, les Étasuniens, à l'instar du sénateur Biden, le candidat à la vice-présidence retenu par Obama qui comprend que les guerres sont fondées sur des mensonges, souhaitent toujours que les États-Unis gagnent. Par conséquent, même si tout est une erreur et une tromperie, on souhaite tout de même gagner et continuer à tuer.

Je connais des gens qui se plaignent encore que les États-Unis n'aient pas attaqué le Vietnam avec des bombes nucléaires. Lorsque je leur demande pourquoi il aurait fallu attaquer le Vietnam avec des bombes nucléaires, ils répondent, « si nous les avions bombardé au nucléaire, nous aurions gagné »

Qu'est-ce que les États-Unis aurait alors gagné? La réponse est une haine mondiale et la perte de la guerre froide.

Pour de nombreux Étasuniens, la guerre est comme un sport dans lequel ils prennent un plaisir pervers et ils acclament la victoire. Des millions d'Étasuniens demeurent toujours amer que « la presse libérale » et les mouvements anti-guerre aient entraîné les États-Unis à perdre la guerre du Vietnam, et ils sont déterminés à ce que cela ne se reproduise plus. Ces Étasuniens ne réalisent pas qu'il n'y avait pas plus de raison pour que les États-Unis combattent au Vietnam il y a 40 ans qu'il n'y en a aujourd'hui à se battre en Iraq et en Afghanistan et demain, en Iran.

Si Obama est élu, ce ne sera pas non plus une garantie contre la guerre nucléaire. Obama a démontré qu'il est lui aussi sous le joug du lobby israélien au même titre que McCain. Le conseiller aux affaires étrangères d'Obama, Zbigniew Brzezinski, n'est pas un néoconservateur, mais il est né à Varsovie, en Pologne, et il a de l'animosité envers la Russie. L'administration Bush a déjà modifié la doctrine étasunienne de la guerre préventive afin de permettre une attaque nucléaire. Avec un gouvernement US déterminé à sonner la charge contre la Russie par l'intermédiaire des États marionnettes et les bases militaires, la guerre est inévitable.

Tout candidat retenu par le président doit être confirmé dans ses fonctions par le Sénat. Toute personne qui sera retenue par Obama pour composer son administration et qui agirait contre les plans d'hégémonie étasuniens et israéliens, peut s'attendre à une opposition des grandes entreprises et du lobby israélien. Rien ne garantit qu'une éventuelle administration Obama ne sera pas entraînée sur « ces questions » par les mêmes intérêts particuliers qui ont intronisé l'administration Bush.

Les Étasuniens sont remplis d'orgueil, pas de connaissance. Ils ne sont pas conscients des calamités que la poursuite de l'hégémonie de leur gouvernement va leur apporter à eux-mêmes et à la vie sur terre.


Pour lire l'article original en anglais,War with Russia is on the Agenda,  cliquez ici

Traduction de Dany Quirion pour Alter Info


NDT :

(1) Le National Endowment for Democracy (NED) (Dotation nationale en faveur de la démocratie) est une association à but non-lucratif des États-Unis dont l'objectif officiel est l'éducation et la formation vers la démocratie à travers le monde. Il a été fondé en 1983 et la plus grande part de ses fonds provient du Département d'Etat des États-Unis, avec approbation du Congrès; par cette approbation, le gouvernement se dégage de toute responsabilité directe des agissements de la NED.

Cet organisme a été créé par Ronald Reagan pour poursuivre les actions secrètes de la CIA en soutenant financièrement et en encadrant des syndicats, des associations et de partis politiques. (Source : Wikipédia)


M. Roberts a été l'assistant du Secrétaire du Trésor étasunien dans l'administration Reagan. Il est un ancien rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, il a été chroniqueur pendant 16 ans pour le magazine Business Week, et chroniqueur pour le Scripps Howard News Service et le Creator's Syndicate à Los Angeles. Il a occupé de nombreux postes de professeurs, dont à la William E. Simon Chair in Political Economy, au Center for Strategic and International Studies, à l'université de Georgetown et Senior Research Fellow, à l'Hoover Institution, et à l'université de Stanford. Il a reçu la Légion d'Honneur du président de la France et la US Treasury's Silver Medal pour « ses contributions exceptionnelles à la formulation de la politique économique des États-Unis. »


 Articles de Paul Craig Roberts publiés par Mondialisation.ca
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=9978
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Mardi 19 août 2008 2 19 08 2008 18:20



Vers un affrontement militaire plus large entre la Russie et les États-Unis ?


Lire l’article en anglais War in the Caucasus: Towards a Broader Russia-US Military Confrontation ?, 10 août 2008. 
Mondialisation.ca, Le 11 aout 2008

Dans la nuit du 7 août, coïncidant avec la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Beijing, le Président de Géorgie, Saakashvili, ordonnait d’attaquer militairement tous azimuts la capitale de l'Ossétie du Sud, Tskhinvali.  

Les bombardements aériens et les attaques au sol visaient surtout des cibles civiles, notamment des zones résidentielles, des hôpitaux et l'université. La capitale provinciale de Tskhinvali a été détruite. Selon des sources russes et occidentales, environ 1.500 victimes civiles ont résulté des attaques. « Les bombardements aériens et l’artillerie ont laissé la capitale provinciale sans eau, nourriture, électricité et gaz. Les civils horrifiés se sont glissés hors des sous-sols dans les rues pendant que le combat se calmait, pour rechercher des provisions. » (AP, 9 août 2008). Selon les informations reçues, environ 34.000 civils d’Ossétie du Sud se sont enfuis vers la Russie. (Deseret Morning News, Salt Lake City, 10 août 10 2008)

 

L'importance et le timing de cette opération militaire doivent être soigneusement analysés. Ils ont des implications de grande envergure.

 

La Géorgie est un avant-poste des États-Unis et des forces de l'OTAN, aux frontières immédiates de la Fédération Russe et à proximité du théâtre de guerre du Moyen-Orient, en Asie Centrale. L’Ossétie du Sud est aussi au carrefour stratégique de l’itinéraire des pipelines pétrolier et gazier.

 



 

 

 

La Géorgie n’agit pas militairement sans l'assentiment de Washington. Le chef de l'État géorgien est un mandataire étasunien et la Géorgie est de fait un protectorat des États-Unis.

 

Qui est à l'origine de cet ordre du jour militaire ? Quels intérêts sert-il ? Quel est l’objectif de cette opération militaire ?

 

Il est évident que les attaques ont été soigneusement coordonnées par l'armée étasunienne et l'OTAN.

 

Moscou a accusé l'OTAN d’« encourager la Géorgie. » Le Ministre russe des Affaires Étrangères, Sergueï Lavrov, a souligné l'impact déstabilisateur de l’aide militaire « étrangère » à la Géorgie :

 

«Tout confirme nos nombreuses mises en garde adressées à la communauté internationale sur la nécessité de prêter attention à l'achat massif d'armes de la Géorgie durant plusieurs années. Maintenant, nous voyons comment sont utilisées ces armes et les troupes spéciales géorgiennes, formées par des spécialistes étrangers » a-t-il déclaré. (Moscou accuse l'OTAN d'avoir « encouragé la Géorgie » à attaquer l'Ossétie du Sud, Russia Today, 9 août 2008.)

 

Dmitri Rogozine, l’émissaire de Moscou à l'OTAN, a envoyé une note officielle aux représentants de tous les pays membres de l'OTAN :

 

«La Russie a déjà entamé des consultations avec les ambassadeurs des pays de l'OTAN et les délibérations avec les représentants militaires de l'OTAN seront tenues demain. Nous les dissuaderons de continuer à apporter de l’aide supplémentaire à Saakachvili.»

 

C'est une agression non dissimulée, accompagnée d’une guerre de propagande de masse.

(Voir Moscou accuse l'OTAN d'avoir « encouragé la Géorgie » à attaquer l'Ossétie du Sud, Russia Today, 9 août 2008)   


Selon Rogozine, la Géorgie avait initialement prévu de :

 

« Commencer une action militaire contre l'Abkhazie. Toutefois, « la région fortifiée abkhaze s'étant avérée imprenable par les formations armées géorgiennes, une autre tactique a donc été choisie, dirigée contre l'Ossétie du Sud » qui est plus accessible territorialement. L'émissaire n’a aucun doute sur le fait que Mikheil Saakashvili a convenu de ses actions avec les « parrains », « ceux avec qui il négocie l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN. » (RIA Novosti, 8 août 2008)

 

Contrairement à ce qui a été transmis par les rapports médiatiques occidentaux, Moscou s’attendait aux attaques. Il était prévu qu’elles coïncident avec l'ouverture des jeux olympiques, surtout pour éviter la couverture médiatique en première page de l'opération militaire géorgienne.

 

Le 7 août, les forces russes étaient en état de préparation avancée. La contre-attaque a été rapidement menée.

 

Les parachutistes russes ont été envoyés de Russie, d’’Ivanovo, de Moscou et des divisions aéroportées de Pskov. Des tanks, des véhicules blindés et plusieurs milliers de fantassins se sont déployés. Les frappes aériennes russes ont surtout ciblé les installations militaires de Géorgie, notamment la base militaire de Gori.

 

L'attaque militaire géorgienne a été brisée par la grande démonstration de force des militaires russes.

 

 

 

Cette image de la télévision montre les véhicules militaires russes se déplaçant vers la capitale de l'Ossétie du Sud, Tskhinvali, le vendredi 8 août 2008. (AP/APTN)

 

 

Acte de provocation ?

 

Les militaires et les planificateurs du renseignement étasunien et de l’OTAN examinent invariablement divers « scénarios » pour proposer une opération militaire, c'est-à-dire, dans ce cas, une attaque géorgienne largement dirigée contre des cibles civiles, en vue d'occasionner des victimes civiles.

 

L'examen de scénarios est une pratique courante. Avec ses capacités militaires limitées, la victoire géorgienne et l'occupation de Tskhinvali étaient une impossibilité dès le départ. Et c’était connu et compris des planificateurs militaires étasuniens et de l'OTAN.

 

Une catastrophe humanitaire plutôt qu'une victoire militaire faisait partie intégrante du scénario. L'objectif était de détruire la capitale provinciale, tout en infligeant d’importantes pertes en vies humaines.

 

Si l'objectif était de rétablir le contrôle politique géorgien sur le gouvernement provincial, l'opération aurait été mise en œuvre selon une modalité très différente, avec des forces spéciales occupant les principaux bâtiments publics, les réseaux de communication et les institutions provinciales, plutôt que par un raid de bombardement tous azimuts sur les quartiers résidentiels, les hôpitaux, sans oublier l'université de Tskhinvali.

 

 

L'Université de Tskhinvali avant le bombardement

 

La réponse russe était tout à fait prévisible.

 

La Géorgie a été « encouragée » par l'OTAN et les États-Unis. Washington et le siège de l'OTAN à Bruxelles étaient tous deux extrêmement conscients de ce qui se passerait en cas de contre-attaque russe.

 

La question est : est-ce une provocation délibérée destinée à déclencher la réponse militaire des Russes, pour les aspirer dans une confrontation militaire élargie avec la Géorgie (et les forces alliées), qui pourrait dégénérer en guerre ?

 

La Géorgie a le troisième plus grand contingent dans les forces de la coalition en Irak, après les États-Unis et le Royaume-Uni, avec environ 2.000 hommes. Selon les informations reçues, les troupes géorgiennes en Irak sont en train d'être rapatriés sur des avions militaires étasuniens, pour combattre les forces russes. (Voir Debka.com, 10 août 2008.) 

 

Cette décision étasunienne, de rapatrier les troupes géorgiennes, suggère que Washington a l'intention d’aggraver le conflit, en se servant des troupes géorgiennes comme de la chair à canon contre un énorme déploiement de forces russe.

 

 

Les États-Unis, Israël et l'OTAN sont mêlés à la planification des attaques

 

À la mi-juillet, les troupes étasuniennes et géorgiennes ont tenu un exercice militaire commun dénommé « réponse immédiate » impliquant respectivement 1.200 Étasuniens et 800 Géorgiens.

 

Le 12 juillet, une annonce du Ministère géorgien de la Défense déclarait que les troupes étasuniennes et géorgiennes « s’entraînent durant trois semaines sur la base militaire de Vaziani » près de la capitale géorgienne, Tbilissi. (AP, 15 juillet 2008)    Ces exercices, qui se sont achevés à peine une semaine avant l’attaque du 7 août, étaient la répétition générale évidente d’une opération militaire qui, selon toute probabilité, avaient été planifiée en étroite coopération avec le Pentagone.

 

La guerre contre l’Ossétie du Sud n'était pas censée être gagnée afin de restaurer la souveraineté géorgienne sur l'Ossétie du Sud. Elle est destinée à déstabiliser la région tout en déclenchant un affrontement des États-Unis et de l'OTAN contre la Russie.

 

Le 12 juillet, coïncidant avec le début des jeux de guerre de la Géorgie et des États-Unis, le Ministère russe de la Défense a démarré ses propres manœuvres militaires dans la région du Nord Caucase. Le démenti habituel à la fois de Tbilissi et de Moscou fut que : les exercices militaires n’ont « rien à voir » avec la situation en Ossétie du Sud. (Ibid)

 

Ne nous faisons pas d'illusions. Il ne s'agit pas d'une guerre civile. Les attaques font partie intégrante d’une guerre plus large au Moyen-Orient et en Asie Centrale, qui incluent les préparatifs de guerre des États-Unis, d’Israël et de l’OTAN vis-à-vis de l’Iran.

 

 

Rôle des conseillers militaires israéliens

 

Bien que l'OTAN et les conseillers militaires étasuniens n'aient pas participé à l'opération militaire elle-même, ils ont participé activement à la planification et la logistique des attaques. Selon des sources israéliennes (Debka.com, 8 août 2008),    l’attaque terrestre du 7 août 2008 avec des chars et de l'artillerie, a été « aidée par les conseillers militaires israéliens. » Israël a aussi fourni à la Géorgie des véhicules aériens sans pilote Hermes-450 et Skylark, qui ont été utilisés dans les semaines précédant les attaques du 7 août.

 

La Géorgie a également acquis, selon un rapport dans le journal Rezonansi (6 août, en géorgien, traduction de la BBC) « quelques armes puissantes grâce à l’amélioration d’avions Su-25 et de systèmes d'artillerie en Israël. » Selon Haaretz (10 août 2008), les Israéliens sont actifs dans la fabrication militaire et le conseil en sécurité en Géorgie.

 

Les forces russes combattent désormais directement contre l’armée géorgienne, entraînée par les États-Unis et l’OTAN, et associée à des conseillers israéliens. Et l’aviation de guerre russe a attaqué dans la banlieue de Tbilissi l’usine d’avions militaires qui fabrique la version améliorée du jet de combat Su-25, avec l'appui technique d'Israël. (CTV.ca, 10 août 2008)

 

Lorsqu'on la regarde dans le contexte plus large de la guerre au Moyen-Orient, la crise en Ossétie du Sud pourrait conduire à l'escalade, notamment à la confrontation directe entre les forces  russes et l'OTAN. Si cela devait se produire, nous serions face à la crise la plus grave dans les relations entre les États-Unis et la Russie depuis la crise des missiles de Cuba en octobre 1962.

 

 

La Géorgie, un poste avancé des États-Unis et de l’OTAN

 

La Géorgie appartient à une alliance militaire de l'OTAN (GUAM), depuis avril 1999, au tout début de la guerre contre la Yougoslavie. Elle a aussi un accord de coopération militaire bilatérale avec les États-Unis. Ces accords militaires sous-jacents ont servi à protéger les intérêts pétroliers anglo-américains dans le bassin de la Mer Caspienne ainsi que les itinéraires des pipelines. Les États-Unis et l'OTAN sont présents militairement en Géorgie, et travaillent en étroite collaboration avec les forces armées géorgiennes. Depuis la signature de l'accord GUAM en 1999, la Géorgie a bénéficié d'une considérable aide militaire étasunienne.

 

Il y a tout juste quelques mois, en mi-mai, le Ministère russe de la Défense a accusé Washington, « affirmant que l'assistance militaire à la Géorgie des États-Unis, ainsi que de l'OTAN et des israéliens, déstabilisait la région. » (La Russie affirme que la Géorgie développe son armement, Wired News, 19 mai 2008).  

Selon le Ministère russe de la Défense :

 

« La Géorgie a reçu 206 chars, dont 175 unités ont été fournies par les États de l'OTAN, 186 véhicules blindés (126 de l'OTAN), 79 canons (67 de l'OTAN), 25 hélicoptères (12 de l'OTAN), 70 mortiers, dix systèmes de missiles sol-air, 8 avions sans pilote de facture israélienne, et d'autres armes. En outre, les pays de l'OTAN ont fourni quatre avions de combat à la Géorgie. Le Ministère russe de la Défense a dit qu'il était prévu de fournir à la Géorgie 145 véhicules blindés, 262 canons et mortiers, 14 avions de combat dont quatre chasseurs Mirazh-2000, 25 hélicoptères de combat, 15 avions étasuniens Black Hawk, 6 systèmes de missiles sol-air et autres armes. » (Agence de presse Interfax, Moscou, 7 août 2008.)

 

L’assistance des États-Unis, de l’Otan et d’Israël, en vertu des accords de coopération militaire, implique un flux constant de matériel militaire perfectionné ainsi que de la formation et des services de conseil.

 

Selon des sources militaires étasuniennes (du porte-parole des États-Unis en Europe), les États-Unis ont plus de 100 «  instructeurs militaires » en Géorgie. Un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, a déclaré « qu'il n'est pas envisagé de redéployer les quelque 130 soldats étasuniens et contractants civils, qui, dit-il, sont stationnés dans les environs de Tbilissi. » (AFP, 9 août 2008). En fait, la présence militaire des États-Unis et de l'OTAN en Géorgie est à plus grande échelle que ce qui est reconnu dans les déclarations officielles. L’effectif du personnel de l'OTAN, agissant en Géorgie en qualité de formateur et de conseiller militaire, n'a pas été confirmé.

 

Bien que n'étant pas officiellement membre de l'OTAN, l’armée de Géorgie est totalement intégrée dans les procédures de l'OTAN. En 2005, le Président géorgien annonçait fièrement l'inauguration de la première base militaire, qui « répond parfaitement aux normes de l'OTAN. » Immédiatement après l'inauguration de la base de Senakskaya à l’ouest de la Géorgie, Tbilissi a annoncé l'ouverture d'une deuxième base militaire à Gori, qui elle aussi « se conformera à la réglementation de l'OTAN aussi bien en termes de besoins militaires que de conditions sociales. » (Ria Novosti, 26 mai 2006). Ria Novosti, 26 mai 2006

 

La base de Gori a servi à former les troupes géorgiennes envoyées pour combattre sous commandement étasunien sur le théâtre de la guerre en Irak.

 

Il est intéressant de noter que, dans le cadre d'un accord entre Tbilissi et Moscou le 31 mars 2006, les deux bases militaires russes de Géorgie datant de l’ère soviétique, Akhalkalaki et Batoumi, ont été fermées. (Ibid.) Le retrait a commencé à Batoumi en mai de l'année dernière, 2007. Les dernières troupes russes ont quitté l'installation militaire de Batoumi en début juillet 2008, à peine une semaine avant le début des manœuvres de la Géorgie et des États-Unis et à peine un mois avant les attaques contre l'Ossétie du Sud.

 

 

La connexion israélienne

 

Israël fait maintenant partie de l’axe militaire anglo-américain, qui sert les intérêts des géants pétroliers occidentaux au Moyen-Orient et en Asie Centrale.

 

Israël est partenaire dans l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) qui amène du pétrole et du gaz à l'Est de la Méditerranée. Plus de 20 pour cent du pétrole des Israéliens est importé de l'Azerbaïdjan, une grande partie transitant par le pipeline BTC. Dirigé par la British Petroleum, le pipeline BTC a radicalement changé la géopolitique en Méditerranée orientale et au Caucase :

 

«Le pipeline BTC a considérablement change le statut des pays de la région et cimenté une nouvelle alliance pro-occidentale. Ayant influé pour la construction de l'oléoduc vers la Méditerranée, Washington a pratiquement mis en place un nouveau bloc avec l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et Israël.» ( Komerzant, Moscou, 14 juillet 2006)

 

 

 

Bien que les rapports officiels déclarent que l'oléoduc BTC « achemine le pétrole vers le marché occidental », ce qui est rarement reconnu, c'est qu’une partie du pétrole de la Mer Caspienne serait directement convoyé vers Israël, en passant par la Géorgie. À cet égard, un projet de pipeline israélo-turc a aussi été envisagé, ce qui permettrait de relier Ceyhan au port israélien d'Ashkelon et de là, à travers le principal pipeline d’Israël, vers la Mer Rouge.

 

L'objectif d'Israël n'est pas seulement de prendre le pétrole de la mer Caspienne pour ses propres besoins de consommation, mais aussi de jouer un rôle clef dans la réexportation de ce pétrole vers les marchés asiatiques depuis le port d'Eilat à travers la Mer Rouge. Les implications stratégiques de ce réacheminement du pétrole de la mer Caspienne sont d'une grande portée. (Pour plus de détails, voir de Michel Chossudovsky, La guerre contre le Liban et la bataille pour le pétrole, Global Research, juillet 2006.)  
 

Ce qui est envisagé, c’est de relier le pipeline BTC au pipeline trans-israélien d’Eilat à Ashkelon, aussi connu sous le nom de Tipline d'Israël, depuis Ceyhan au port israélien d'Ashkelon. http://www.eapc.co.il/pipelines.html

 

«La Turquie et Israël sont en train de négocier la construction d'un projet de plusieurs millions de dollars sur l'énergie et l'eau, qui transportera de l'eau, de l'électricité, du gaz naturel et du pétrole à travers des pipelines vers Israël, avec renvoi du pétrole d’Israël vers l'Extrême-Orient.

 

La nouvelle proposition turco-israélienne en cours de discussion verrait le transfert d'eau, d'électricité, de gaz naturel et de pétrole vers Israël grâce à quatre pipelines sous-marins.» 
http://www.jpost.com/servlet/Satellitecid=1145961328841&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

 lire la suite: www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=9798

       

 

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Mercredi 21 mai 2008 3 21 05 2008 16:49
Mondialisation.ca, Le 19 mai 2008


Pourquoi cette campagne de propagande
pour une intervention internationale en Birmanie?

La catastrophe causée par le cyclone Nargis en Birmanie a déclenché de la part des Etats-Unis et des puissances alliées une extraordinaire campagne dont ils se servent pour exiger de la junte militaire au pouvoir dans ce pays qu’elle ouvre les frontières à leur aide humanitaire, leurs responsables, leurs avions, leurs troupes et leurs navires de guerre.



Source: www.smh.com.au


On tente une fois de plus de manipuler l’opinion publique par des images bouleversantes de survivants désespérés et de villes dévastées, et on accompagne tout cela d’un flot de condamnations du régime birman pour ses efforts insuffisants, son insularité et son refus d’accepter l’aide internationale, en particulier américaine. 


On devrait ici faire une pause, réfléchir et se souvenir des conséquences de semblables campagnes « humanitaires » dans le passé. En 1999, les souffrances des réfugiés kosovars furent exploitées par les Etats-Unis et leurs alliés pour faire la guerre à la Serbie et pour faire de cette province un protectorat de l’OTAN, en grande partie « nettoyé » de sa minorité serbe. La même année, l’Australie, avec le soutien des Etats-Unis, se servait de la violence perpétrée au Timor-Oriental par des milices soutenues par l’Indonésie, pour justifier une intervention militaire dans cette région et y installer un régime favorable aux intérêts économiques et stratégiques de Canberra. Près d’une décennie plus tard, la population des deux pays continue de vivre dans des conditions lamentables, aucun de leurs besoins élémentaires n’ayant été satisfait.


Une immense tragédie sociale s’est indubitablement déroulée au cours de la semaine passée. Les chiffres officiels fournis par la Birmanie placent le nombre de morts et de disparus à plus de 60 000. Les responsables de l’ONU estiment le bilan des victimes à 100 000 et le nombre de gens sévèrement touchés par le cyclone, à près de deux millions. Une grande partie de l’immense delta de l’Irrawaddy a été dévasté par les déferlements causés par le cyclone et qui ont inondé les terres basses. Des villes et des villages entiers ont été emportés par les eaux, produisant une destruction semblable à celle causée le long des côtes de l’Indonésie, du Sri Lanka, de l’Inde et de la Thaïlande par le tsunami de décembre 2004. 


Il est vrai aussi que la junte birmane est un régime brutal qui a, de façon répétée, abattu des opposants politiques qui protestaient, afin de sauver son pouvoir et ses privilèges. Les efforts pour organiser des secours sont entravés par l’arriération économique du pays, mais certainement aussi par la cruelle indifférence de la junte vis-à-vis des souffrances du peuple birman. Etant donné l’actuelle campagne médiatique, on devrait traiter tous les reportages sur le sujet avec la plus grande prudence. Mais il y a peu de doute qu’on laisse les victimes du cyclone se débrouiller toutes seules, tout comme les gouvernements des pays les plus touchés par le tsunami avaient, en 2004, laissé les survivants se débrouiller seuls.


Personne ne devrait cependant accorder la moindre crédibilité aux professions d’inquiétude concernant le sort des victimes venant de l’administration Bush et de ses alliés. Mercredi la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a insisté pour dire que l’assistance proposée par Washington n’était « pas une question de politique », mais « plutôt une question de crise humanitaire ». « Tout ce qui reste à faire, c’est que le gouvernement birman permette à la communauté internationale d’aider son peuple » dit elle.


En réalité l’assistance américaine s’accompagne bien de conditions. L’administration Bush a offert la minable somme de 3,5 millions de dollars en fait d’aide financière et elle insiste pour que ce soient des responsables américains, du personnel humanitaire et du personnel militaire qui entrent dans le pays afin d’y organiser les opérations de soutien urgent, plutôt que de permettre aux autorités birmanes de les effectuer. En même temps, les Etats-Unis et leurs alliés européens continuent de maintenir contre le régime birman des sanctions qui ont aggravé les difficultés économiques du pays. Dans la semaine précédant le cyclone, l’administration Bush avait encore renforcé les mesures interdisant le commerce et les investissements et imposant le gel des avoirs financiers. Tout cela, mis à part un léger relâchement des restrictions à l’aide financière, reste en place.


Le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a suggéré mercredi qu’on réunisse le Conseil de sécurité de l’ONU afin de faire jouer la « responsabilité de protéger » dans le but d’annuler la souveraineté de la Birmanie et de livrer l’aide internationale avec ou sans approbation de la junte. Le principe de la « responsabilité de protéger », qui remonte à la guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999, fit l’objet d’une résolution passée en 2006. Il s’agit d’un instrument des grandes puissances, destiné à justifier l’agression militaire sous prétexte de prévenir « le génocide, la guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité ». La suggestion de Kouchner étendrait de telles interventions aux catastrophes naturelles, comme le cyclone Nargis.


Les commentaires de Kouchner doivent encore obtenir l’aval public de Washington, mais il est clair qu’on discute cette proposition au sein de l’administration. L’ambassadeur américain auprès des Nations Unies, Zalmay Khalilzad, a déclaré que la plupart des gouvernements étaient « indignés » par la lenteur que mettait le régime birman à accepter l’aide internationale. Faisant allusion aux pouvoirs du Conseil de sécurité, il a ajouté : « Un gouvernement a la responsabilité de protéger son propre peuple, d’être là pour son peuple…. accepter l’offre faite par la communauté internationale ne devrait pas demander une minute de réflexion. »


Ky Luu, le directeur du Bureau américain d’assistance aux catastrophes à l’étranger a été plus explicite. Il a indiqué qu’une des options étudiées au cas où la junte refuserait d’accepter l’aide américaine était d’effectuer de façon unilatérale, des parachutages avec des avions de guerre américains. Quatre navires de guerre ont été dépêchés vers la Birmanie et des hélicoptères de l’US Navy et des avions-cargos de l’US Air Force ont été stationnés en Thaïlande. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a dit qu’il ne pouvait pas s’imaginer une intervention militaire sans la permission de la Birmanie. Le porte-parole du département de la défense, Bryan Whitman a fait remarquer : « Si on ne vous le demande pas et si ce n’est pas requis, c’est considéré comme une invasion ». Néanmoins, il est clair que l’option militaire et ses conséquences politiques sont activement discutées.


Le tsunami asiatique


On crée aussi, et cela fait partie de la pression exercée sur la junte birmane, une nouvelle mythologie destinée à présenter la réaction internationale au tsunami asiatique comme un modèle d’aide rapide, efficace et charitable de la part de ceux qui y ont pris part. On contraste de plus en plus le régime birman aujourd’hui à ses homologues « démocratiques », eux, en Indonésie, au Sri Lanka, en Inde et en Thaïlande en 2004.


Tout examen objectif de la tragédie de 2004 montre toutefois une image très différente. Les vagues gigantesques du tsunami ont enseveli des villages pauvres tout autour du golfe du Bengale le 26 décembre 2004. Pendant des jours et des jours, alors que le nombre de morts s’accroissait rapidement, atteignant des dizaines de milliers, le président américain Bush, le premier ministre Tony Blair et d’autres leaders ne firent aucuns commentaires sur la tragédie. Lorsqu’ils finirent par interrompre leurs vacances, leurs commentaires indifférents et leurs offres d’aide lamentables révélèrent leur mépris collectif pour le sort des victimes. Ce n’est qu’après une vague de sympathie et une avalanche de dons de la part de la population laborieuse du monde entier, choquée par l’immensité du désastre, que les Etats-Unis et les principales puissances commencèrent à agir. 


Dans les pays les plus sévèrement touchés, les efforts d’aide furent entravés par la bureaucratie et les intérêts politiques tant des régimes locaux que des pays donneurs. Les gouvernements indonésiens et sri lankais se trouvant engagés dans des guerres brutales contre des mouvements séparatistes étaient extrêmement réticents à laisser pénétrer des organisations humanitaires et surtout des armées étrangères dans les zones touchées par la catastrophe. Loin d’aider les victimes, l’armée indonésienne profita de l’occasion pour intensifier ses opérations militaires contre les rebelles d’Aceh. Au Sri Lanka, les tentatives d’établir une organisation d’aide commune avec les LTTE (Tigres de libération tamouls) dans le cadre du cessez-le-feu de 2002 s’effondrèrent sous d’amères récriminations communautaristes et l’opposition à toute reconnaissance officiels des séparatistes.


Le gouvernement indien insista pour garder le contrôle de ses propres opérations d’aide humanitaire et s’opposa à toute suggestion que des armées étrangères pourraient y être associées. L’armée indienne était particulièrement sensible à la présence de personnel humanitaire dans les îles Andaman et Nicobar, qui faisaient partie des régions les plus touchées, à cause de la présence dans ces îles de bases navales et aériennes stratégiques. Plus de trois ans après, des milliers de victimes du tsunami, tant sur ces îles que dans d’autres parties de l’Inde, qu’en Indonésie et au Sri Lanka, vivent toujours dans des hébergements de fortune et dans la plus grande misère.


Personne dans les cercles dirigeants de l’Amérique et de l’Europe n’avait suggéré à l’époque de monter une opération militaire dans le but de passer outre la souveraineté de l’Inde ou de décider unilatéralement de faire des parachutages au dessus des îles Andaman et Nicobar. Dans le cas du Sri Lanka et de l’Indonésie, les gouvernements permirent finalement à l’armée américaine d’apporter de l’aide aux opérations humanitaires sur leurs territoires. Pour ces deux pays, le but suprême de Washington était politique : forger des relations de travail avec les armées des deux pays et créer un précédent qu’on invoque à présent pour faire pression sur la junte birmane. 

La secrétaire d’Etat Rice avait carrément déclaré au Comité des Affaires étrangères du Sénat en janvier 2005 que le tsunami constituait « une merveilleuse occasion de montrer non pas seulement le cœur du gouvernement américain, mais aussi celui du peuple américain…Et je pense que cela nous a rapporté beaucoup. » Rice déclare maintenait que les offres d’aide à la Birmanie ne sont « pas une question de politique », mais l’administration Bush a l’intention de transformer cette dernière catastrophe en une nouvelle « occasion » politique afin de faire avancer ses intérêts stratégiques et économiques dans la région.


Intérêts stratégiques


La décision de la junte birmane d’accepter de façon sélective l’aide humanitaire de pays amis comme la Chine, l’Inde et la Thaïlande et pas des Etats-Unis, ne surprend pas vraiment. L’administration Bush n’a guère caché le fait qu’elle était en faveur d’un « changement de régime »  en Birmanie, c'est-à-dire du remplacement du régime militaire par un gouvernement dirigé par la dirigeante de l’opposition, Aung San Suu Kyi, plus favorable que la junte à une ouverture du pays aux investisseurs étrangers et aux intérêts américains.  


Le fait que les Etats-Unis ont la junte dans le collimateur n’a rien à voir avec une préoccupation pour les droits démocratiques ou le bien-être du peuple birman. L’hostilité de Washington au régime birman est motivée surtout par l’étroite association de ce dernier avec la Chine, considérée par les Etats-Unis comme leur principal rival potentiel. Durant les huit dernières années, l’administration Bush a poursuivi une stratégie du renforcement de la coopération militaire et de l’établissement de bases dans une suite de pays situés autour de la Chine et allant du Japon et de la Corée du Sud aux Philippines, à l’Indonésie et l’Australie, en passant par l’Inde le Pakistan, l’Afghanistan et les républiques d’Asie centrale.


La Birmanie représente une faille considérable dans les efforts pour « contenir » la Chine. Ce pays est situé près du détroit stratégique de Malacca, la principale route maritime reliant l’Asie du Nord-est, y compris la Chine, aux ressources énergétiques du Moyen-Orient et de l’Afrique. Le contrôle de tels « points d’étranglement » fait depuis longtemps partie des plans navals américains. La Chine a aidé la Birmanie à construire divers équipements navals et compte sur l’accès aux ports birmans, ce qui fait partie de ses efforts pour protéger les routes maritimes vitales pour sa propre économie.


Les médias internationaux critiquent déjà la Chine parce qu’elle ne fait pas davantage pression sur son allié afin qu’il s’ouvre à l’aide internationale. La secrétaire d’Etat américaine Rice a téléphoné à son homologue chinois cette semaine insistant pour que le gouvernement chinois accroisse sa pression sur la Birmanie. Si l’administration Bush décidait de vouloir une résolution des Nations unies, Pékin deviendrait plus encore un objet de dénigrement de la part de Washington. La Chine s’est opposée à toute démarche destinée à faire du sinistre causé par le cyclone un sujet de discussion au Conseil de sécurité de l’ONU.


Derrière l’hostilité de Washington vis-à-vis de la junte birmane il y a aussi des calculs économiques. Pendants des décennies, celle-ci a maintenu l’économie dans un grand isolement où les entreprises dirigées par les militaires dominent encore les secteurs-clés. Pour les trusts américains, ce pays est une source potentielle nouvelle de main-d’œuvre à bon marché et de ressources vitales, y compris de pétrole et de gaz naturel. L’administration américaine a permis, sans faire de bruit, à la société pétrolière Chevron d’accroître ses investissements se montant à des millions de dollars en Birmanie, mais les mauvaises relations entre les deux pays entravent de telles opérations. 


L’administration Bush n’est pas plus motivée en Birmanie par un souci humanitaire qu’elle ne l’est en Irak ou en Afghanistan. Tout en rejetant les derniers mensonges et la dernière hypocrisie de la Maison-Blanche, il est nécessaire de considérer la question fondamentale qui est en cause ici. Pourquoi de telles catastrophes frappent-elles de façon répétée les couches les plus vulnérables de la population mondiale ? Pourquoi la maladie, la faim et la pauvreté continuent-elles de ravager les masses en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud ?


Les ressources existent pour abolir la souffrance et le besoin, ainsi que pour minimiser l’impact des catastrophes naturelles telles que le cyclone Nargis. Durant les trois dernières décennies, la mondialisation de la production a largement accru la capacité économique de l’humanité. Etablissant une base pour une planification rationnelle et un déploiement des ressources à l’échelle mondiale dans le but d‘assurer un niveau de vie décent à la population de chaque partie du globe. Mais dans le capitalisme, cette énorme capacité économique et scientifique est exploitée dans le but de créer des profits pour quelques riches, tandis que la grande majorité des gens, y compris dans les principaux pays industriels, ont du mal à survivre au quotidien. 


Pauvreté et chômage ne sont pas des aberrations. L’existence de larges couches pauvres dans les villes et les campagnes du monde entier est un trait essentiel du capitalisme mondialisé. Celles-ci constituent une vaste réserve de main-d’œuvre dont on se sert pour exercer en permanence, au niveau international, une pression vers le bas sur les salaires et les conditions de vie de la classe ouvrière. Le seul moyen de supprimer le chiasme immense et grandissant qui existe entre riches et pauvres est une restructuration révolutionnaire de la société sur une base socialiste, afin que la satisfaction des besoins pressants de l’écrasante majorité de l’humanité prédomine sur celle des profits d’une infime minorité.


Article original en anglais, WSWS, paru le 10 mai 2008.


NB: L'illustration est un ajoût d'IN, pour rappeler la publication du livre qui avait dévoilé la collusion entre la junte birmane et la société TOTAL (chez l'Esprit Frappeur.)

 Articles de Peter Symonds publiés par Mondialisation.ca

www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=9027
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 04 2008 22:44
Vietnam: The victims of Agent Orange and other chemical weapons that were dropped on people.

KiumarsIrani 21 mn 22 s - 7 févr. 2008
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 03 2008 18:32
Extrait du 20H de TF1, le 05/03/2008

"Trente ans après la guerre, les stigmates demeurent" .

Trente ans après la guerre au Vietnam, des habitants, touchés sur plusieurs générations par l'agent orange, demandent réparations. Trente-sept entreprises chimiques sont attaquées mais les victimes gagnent rarement."


Déni de justice sur l'agent orange
envoyé par RollingPat
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