16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 07:15

Mise à jour du 27 septembre 2011

 

Une sélection d'articles et de documentaires sur l'Afghanistan, sur plus de 100 documents répartis dans plusieurs catégories.

 

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La guerre contre l’Afghanistan est une « guerre de ressources » à but lucratif Le bombardement et l’invasion de l’Afghanistan en 2001 ont été présentés à l’opinion publique mondiale comme une « guerre juste », une guerre contre les talibans et Al-Qaida, une guerre pour éliminer le « […]
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Extrait de l'émission de FR3 Ce soir ou jamais 28 avril 2008 la face cachée de la guerre contre les Taliban envoyé par decryptator. - L'info video en direct.
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"Ils envoient uniquement des bombes, jamais de médicaments" Le 7 septembre, l’ONG humanitaire suédoise Swedish Committee for Afghanistan a informé qu’une semaine auparavant des soldats US avaient mené un raid dans un de leurs hôpitaux. Selon le directeur de l’ONG, Anders Fange, des soldats ont frénétiquement traversé les salles à la recherche de combattants Taliban blessés. Les soldats ont exigé que les […] 

 

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CSOTAN-Roland Marounek « La mauvaise guerre pour le pétrole a détourné les forces de la bonne guerre contre le terrorisme ». La guerre d'Afghanistan est généralement présentée comme une juste riposte aux attentats du 11/09 , et comme une nécessité pour l'Occident de lutter contre un terrorism e qui s'attaque sans raison à ses valeurs . Source: upload.wikimedia.org Ce genre d'opinions n'est pas seulement le fil conducteur des discours politiques - et […]

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France : OTAN + Afghanistan = plus de 430 millions d’euros par an !

 


150x150.png?~aHR0cDovL3d3dy5yZW9wZW45MTEInterview du grand reporter français Eric laurent pour son livre La Face cachée du 11 Septembre chez Ardisson ! Ce livre dévoile les mensonges et silences officiels qui entourent encore la tragédie du 11 Septembre. Un an d'enquête a conduit l'auteur notamment aux Etats-Unis, au Pakistan, à Dubaï, au Qatar, en Israël et jusqu'aux […]

 

 

 

Le candidat Nicolas Sarkozy promet le retrait d'Afghanistan (vidéo, 1') 

http://www.nouvelordremondial.cc/wp-content/uploads/2008/08/sarkozy-afghanistan.jpg

 

Irak, Kosovo, Afghanistan, Libye, Syrie: la même propagande de guerre efficace (dossier)

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L’engagement de l’Europe en Afghanistan

 

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Afghanistan: women's lives are worse than ever […]
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DemocracyNow ! October 07, 2009 […]
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CSOTAN Par Roland Marounek "Nous voulons que les forces étrangères s'en aillent de nos régions et arrêtent de bombarder nos maisons" réclamaient début octobre des centaines de manifestants qui ont défilé dans l'Est de l'Afghanistan.. Les forces étrangères; ce sont celles de l'opération "Liberté Immuable" lancée par les Etats-Unis en 2001 et celles de l'ISAF dirigée par l'Otan depuis août 2003, force théoriquement de maintien de la paix, mais qui se sont petit à petit […]
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President Bush claims that Afghani Women are "learning the Blessings of Freedom" But all we've given them is Poverty, Death and Abuse Women's lives worse than ever. That's the actual headline to an article in The Independent about the state of women's (and girls') lives in Afghanistan, six years after our war to "liberate" them. At a White House Celebration of International Women's Day, March 12, 2004, President Bush said: "In the last […]

 

 

Afghanistan + More Troops = Catastrophe (Full Video)

 

Rethink Afghanistan: Civilian Casualties (trailer, 3')


The Democrats endorse the "Global War on Terrorism"


 

Grâce aux USA, l'Afghanistan, est devenu un narco-état (vidéo)

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Afghanistan: L’opium, la CIA et l’administration Karzai par Peter Dale Scott

L’État Afghan de M. Hamid Karzai est un narco-État corrompu, auquel les Afghans sont forcés de payer des pots-de-vin à hauteur de 2,5 milliards de dollars chaque année, soit un quart de l’économie du pays.

 

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Par le Dr Mohammed Daud Miraki Des troupes occidentales ont envahi l’Afghanistan, soi-disant dans le but d’apporter la démocratie et de meilleures conditions de vie. Vous êtes allé en Afghanistan. Qu’avez vous vu ? La démocratie et de meilleures conditions de vie ? Mohammed Daud Miraki : Non, pas du tout. Absolument pas. Vous savez, la démocratie ne décrit pas quelque chose de concret, c’est seulement une conception de base. On peut seulement […]
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Afghanistan after democracy: the untold story through photographic images" is the story of suffering of the Afghan people. This book exposes the lies of the Bush administration about the post-Taliban Afghanistan, and the disaster brought upon Afghanistan by the United States of America and her allies. It exposes democracy as the buzz word for the neocolonial adventure of the US. The claims of reconstruction in Afghanistan is nothing but a total fraud. It exposes the failure of the US […]
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Par Manlio Dinucci A la cérémonie funèbre du soldat italien tué il y a quelques jours en Afghanistan, pendant laquelle l’archevêque militaire a défini la mission en Afghanistan de « solidarité humaine », ont participé les plus hauts représentants de la majorité et de l’opposition. Parfaite unanimité de la part de ce monde politique qui, dans une décision bipartisane, a […]
Le Monde Diplomatique La critique la plus commune à toute proposition de sortie d’Afghanistan, comme celle formulée sur ce blog , est : on ne peut laisser le pays sombrer dans la guerre civile. Comme pour l’Irak, on pourrait répondre que le pays est déjà en guerre civile. Mais on ne peut en rester là. Il est clair qu’un retrait précipité des troupes étrangères d’Afghanistan, sans négociations, risquerait d’accroître le chaos. Alors, que peut faire la France ? Elle […]
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By GARY LEUPP. Seven years ago today the U.S. began the assault on Afghanistan that toppled the Taliban regime and produced the present mess. Abetted by U.S. bombing and commando operations, the Northern Alliance took Kabul on November 13, 2001. This was the initial U.S. response to 9-11, an assault on the U.S. by Saudi Islamist fanatics based in Afghanistan. The al-Qaeda […]
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When Did We Stop Caring About Civilian Deaths During Wartime? The mere monitoring of bloody conflict assumes precedence over human suffering By Robert Fisk Afghan Boy mourning his brother January 02, 2009 "The Independent" -- I wonder if we are "normalising" war. It's not just that Israel has yet again got away with the killing of hundreds of children in Gaza. And after its own foreign minister said that Israel's army had been allowed to "go wild" there, it seems to bear out my own[…]
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Afghanistan After Democracy (Dr Miraki documentary on Depleted Uranium)
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Part II Part III Part IV Articles/Videos: Afghanistan Depleted Uranium/Uranium appauvri
GlobalResearchJuly 26, 2009 NATO Trains Finland, Sweden For Conflict With Russia by Rick Rozoff A Swedish newspaper reported on July 24 that approximately 50 troops from the country serving under NATO in the so-called International Security Assistance Force (ISAF) had engaged in a fierce firefight in Northern Afghanistan and had killed three and wounded two attackers. The report detailed that the Swedish troops were traveling in armored vehicles and "later received reinforcements from […]
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By Brian Becker November 18, 2010 "ANSWER" Borrowing a page from its infamous “pacification” effort in South Vietnam, where peasant villages were napalmed and burned to the ground to “save them from the communists,” the Obama-ordered surge in Afghanistan has been secretly blowing up thousands of homes and leveling portions of the Afghan countryside. As tens of thousands of U.S. troops have surged into southern Afghanistan, villagers have fled. Then the Petraeus-led occupation forces have […]
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Afghanistan - 8 Years Special For more information, go to http://rethinkafghanistan.com Trailer Excerpt 1 Excerpt 2: Civilian Casualties The Cost of War Robert Greenwald talks about Rethink Afghanistan on The Ed Show.
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World Socialist Web Site 30 December 2009 In the press coverage of President Barack Obama’s recent decision to deploy more US troops to Afghanistan, a historical milestone has gone curiously unmentioned—the 30th anniversary of the USSR’s invasion of Afghanistan, which began on December 27, 1979. An examination of the circumstances of this event undermines Obama’s claims that American policy in Afghanistan is motivated by a “war on terror,” revealing instead the imperialist aims behind US […]
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WSWS Par Bill Van Auken Sa position officiellement confirmée mercredi en tant que nouveau commandant du président Barack Obama pour la guerre en Afghanistan et au Pakistan, le général Stanley McChrystal s’est vu accorder des pouvoirs exceptionnels pour mettre sur pied sa propre équipe. Selon plusieurs articles publiés jeudi, McChrystal, pour la création d’un comité permanent de guerre surnommé cellule de coordination Afghanistan-Pakistan, recruterait bon […]
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Trailer the part four of Rethink Afghanistan Watch the entire documentary online at http://rethinkafghanistan.com
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Mondialisation.ca Le 26 janvier 2009 Obama laisse intact le système de torture et de détention illimitée Par Tom Eley WSWS Le président Barack Obama a ordonné la fermeture du camp de prisonniers de Guantanamo Bay d’ici un an, a exigé que la Central Intelligence Agency (CIA) et le personnel militaire s’engagent à respecter les interdictions sur la torture telles que définies dans l’armée et a décrété la fermeture de prisons de la CIA à l’étranger. Bien que les médias présentent ces ordres […]
US War Crimes In Mazar (Afghanistan) - Documentary reported by Jamie Doran Jamie Doran 50 mn 41 s - 3 nov. 2006 The Journalist Jamie Doran was tortured and beaten for reporting about the War Crimes of american army in Afghanistan. When the documentary was shown to the German parliment memebers, they were crying with tears to see the cruelty at its peak. Keywords: terrorism terrorist osama bin laden israel united states palestine conflict massacre lebanon at islam muslims jihad mujahideen […]
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By Jeremy Scahill, Rebel Reports May 9, 2009 alternet As President Barack Obama prepares to send some 21,000 more U.S. troops into Afghanistan, anger is rising in the western province of Farah, the scene of a U.S. bombing massacre that may have killed as many as 130 Afghans, including 13 members of one family. At least six houses were bombed and among the dead and wounded are women and children. As of this writing reports indicate some people remain buried in rubble. The U.S. airstrikes […]
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Former detainees at the Bagram detention centre north of Kabul claim that they have been abused. They say many of the interrogation techniques used in Guantanamo are also being used in Bagram, which holds about 600 prisoners. We look at the conditions and treatment of detainees inside Bagram.[…]
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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 13:52

 

Lundi 4 octobre, village de Shingkay, dans la province de Kandahar, en Afghanistan, ces soldats américains scannent des iris pour alimenter un fichier d’empreintes biométriques. Des millions de données sont ainsi collectées, dont l'utilisation future est incertaine.

Internationalnews
 
 
Mondialisation.ca, Le 5 janvier 2011
par Manlio Dinucci
Titre original: Escalade high-tech en Afghanistan

A la cérémonie funèbre du soldat italien tué il y a quelques jours en Afghanistan, pendant laquelle l’archevêque militaire a défini la mission en Afghanistan de « solidarité humaine », ont participé les plus hauts représentants de la majorité et de l’opposition. Parfaite unanimité de la part de ce monde politique qui, dans une décision bipartisane, a envoyé les soldats italiens tuer et mourir en Afghanistan. Qu’une guerre soit en cours là bas, l’establishment et l’appareil médiatique ne le découvrent que quand des soldats italiens sont tués ou blessés. Le reste n’est que silence.

 

Il suffit par contre de parcourir les comptes-rendus officiels du Pentagone pour avoir le cadre réel de ce qui se passe en Afghanistan. Depuis que le président Obama a mis aux commandes de l’opération le général David Petraeus, pour remplacer en juin dernier le général Stanley McChrystal qui avait critiqué la Maison Blanche sur la conduite de la guerre, l’offensive des forces des USA/ OTAN s’estintensifiée.

L’aviation a effectué en 2010 plus de 30 mille opérations d’ « appui aérien rapproché » et, au second semestre, le nombre des attaques avec bombes et missiles a doublé à environ 1.000 par mois. On a aussi intensifié l’usage des avions sans équipages, en particulier les MQ-9 Reaper armés de missiles et de bombes à direction laser, contrôlés par un pilote et un technicien de senseurs installés à une console à 12 mille Kms de distance, au Nevada. Le parachutage de matériel de guerre pour les troupes a quasiment redoublé, atteignant environ les 250 mille quintaux annuels.

Malgré l’annonce par la Maison Blanche de vouloir commencer à retirer ses propres troupes en juillet, on continue à potentialiser la base aérienne de Bagram : avec un personnel de plus de 30 mille militaires (le double d’il y a deux ans), elle fonctionne comme centre de commandement et hub logistique. Il en va de même dans la base aérienne de Kandahar, pour la potentialisation de laquelle l’OTAN a alloué un demi milliard de dollars. Bases mineures et avant-postes compris, les forces USA/OTAN disposent en Afghanistan d’environ 700 bases, dont 300 mises à disposition des forces gouvernementales afghanes.

A Mazar-e-Sharif, au nord du pays, est en construction (avec un investissement de 100 millions de dollars) le quartier général des forces pour les opérations spéciales, dont l’utilisation a fortement augmenté : selon le bilan officiel, dans les trois derniers mois, environ 2.500 « insurgés » ont été tués ou capturés. Pour ces opérations secrètes sont employées les technologies les plus avancées : comme des scanners pouvant repérer une personne derrière une paroi ou dans un souterrain.

 

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Le Pentagone est en train de réaliser en même temps un fichage de masse de la population, avec une technique d’identification biométrique. L’appareil le plus utilisé, un scanner qui photographie l’iris de l’œil, avait déjà été employé pour ficher la population de Fallujah en Irak.

Avec cette technique, environ 400 mille Afghans ont déjà été fichés, et leur nombre atteindra plus d’un million et demi au mois de mai. Ils vont s’ajouter aux millions de personnes du monde entier (parmi lesquels environ deux millions d’Irakiens) déjà fichés par le Pentagone, dont les bases de données sont séparées de celles du FBI.


Chaque personne est classée comme amie ou ennemie des Etats-Unis, fiable ou suspect. Et ainsi, quand elle est arrêtée et son œil scannerisé, son destin est automatiquement décidé par le fichier du Pentagone.

Edition de mercredi 5 janvier 2012 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe.

Source: Mondialisation.ca

http://www.internationalnews.fr/article-escalade-high-tech-en-afghanistan-64456042.html

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 09:01

Internationalnews

Voltaire: 


10 DÉCEMBRE 2010

 

Pour Peter Dale Scott, il ne sert à rien de se lamenter sur le développement de la culture des drogues en Afghanistan et sur l’épidémie d’héroïne en mondiale. Il faut tirer des conclusions des faits établis : les Talibans avaient éradiqué le pavot, l’OTAN en a favorisé la culture ; l’argent des drogues a corrompu le gouvernement Karzai, mais il est surtout aux Etats-Unis où il a corrompu les institutions. La solution n’est donc pas à Kaboul, mais à Washington.






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En Afghanistan, l’OTAN lutte contre les champs de pavot cultivés par les insurgés et protège ceux de ses alliés

L’important article d’Alfred McCoy paru sur TomDispatch, le 30 mars 2010 [1], aurait dû inciter le Congrès à se mobiliser pour procéder à une véritable réévaluation de l’aventure militaire états-unienne totalement inconsidérée en Afghanistan. La réponse à la question que pose son titre - « Quelqu’un est-il en mesure de pacifier le plus grand narco-État au monde ? - trouve facilement sa réponse dans l’article : c’est un « Non ! » retentissant.... sauf à modifier fondamentalement les objectifs et les stratégies définis, aussi bien à Washington qu’à Kaboul.

McCoy démontre clairement que : 


- l’État Afghan de M. Hamid Karzai est un narco-État corrompu, auquel les Afghans sont forcés de payer des pots-de-vin à hauteur de 2,5 milliards de dollars chaque année, soit un quart de l’économie du pays. 


- l’économie afghane est une narco-économie : en 2007, l’Afghanistan a produit 8 200 tonnes d’opium, représentant 53 % du PIB et 93 % du trafic d’héroïne mondial.

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Carte de l’Afghanistan montrant les plus grands champs de pavot, et l’intensité du conflit en 2007 et 2008

- Les options militaires pour faire face au problème sont au mieux inefficaces, et au pire contre-productives : McCoy avance que le meilleur espoir réside dans la reconstruction des campagnes afghanes jusqu’à ce que les cultures vivrières deviennent une alternative viable à celle de l’opium, un processus qui pourrait prendre de 10 à 15 ans, voire plus. (J’argumenterai plus tard en faveur d’une solution intermédiaire : que l’International Narcotics Board accorde une licence à l’Afghanistan afin que ce pays puisse vendre son opium légalement).

 

L’argument de McCoy le plus fort est qu’à son pic de production, la cocaïne colombienne ne représentait qu’environ 3 % de l’économie nationale, et pourtant, les FARC comme les escadrons de la mort de droite, tout deux largement financés par la drogue, continuent à se développer dans ce pays.

 

Éradiquer simplement la drogue, sans disposer au préalable d’un substitut pour l’agriculture afghane, nécessiterait d’imposer d’insupportables pressions à une société rurale déjà ravagée, et dont le seul revenu notable provient de l’opium.

 

Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de la chute des Talibans en 2001, qui fit suite à une réduction draconienne de la production de drogue en Afghanistan sous l’impulsion de ces mêmes Talibans (de 4 600 tonnes à 185 tonnes), laquelle transforma le pays en une coquille vide.

 

À première vue, les arguments de McCoy semblent indiscutables, et devraient, dans une société rationnelle, provoquer un débat posé suivi par un changement majeur de la politique militaire états-unienne. McCoy a présenté son étude avec un tact et une diplomatie considérables, afin de faciliter un tel résultat.

La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial

Malheureusement de nombreux facteurs font qu’une issue positive de ce type a peu de chances de voir le jour dans l’immédiat. Il existe de nombreuses raisons pour cela, parmi lesquelles des réalités désagréables que McCoy a soit oublié, soit minimisé dans son essai – par ailleurs brillant – et qui doivent être abordées si nous souhaitons vraiment mettre en place des stratégies sensées en Afghanistan.

 

La première réalité est que l’implication grandissante de la CIA, et sa responsabilité dans le trafic de drogue mondial est un sujet tabou dans les cercles politiques, les campagnes électorales, et les médias de masse. Ceux qui ont cherché à briser ce tabou, comme le journaliste Gary Webb, ont souvent vu leurs carrières détruites.

 

Alors qu’Alfred McCoy s’est impliqué plus que quiconque pour faire prendre connaissance au public de la responsabilité de la CIA dans le trafic de drogue au sein des zones de guerres états-uniennes, je me sens gêné de devoir affirmer qu’il minimise ce phénomène dans son article.

 

Il est vrai qu’il écrit que « l’opium émergea comme une force stratégique dans le milieu politique afghan durant la guerre secrète de la CIA contre les Soviétiques », et il ajoute que cette dernière « fut le catalyseur qui transforma la frontière pakistano-afghane en la plus importante région productrice d’héroïne au monde ».

 

Mais, dans une phrase très étrange, M. McCoy suggère que la CIA fut entraînée passivement dans des alliances impliquant la drogue au cours des combats contre les forces soviétiques en Afghanistan dans les années 1979-88, alors que la CIA a précisément créé ces alliances pour combattre les Soviétiques : 


Dans un des ces accidents historiques teintés d’ironie, la frontière sud de la Chine communiste et de l’Union Soviétique coïncidèrent avec la zone asiatique de production d’opium, le long d’une chaîne de montagne, attirant la CIA dans des alliances pleines d’ambigüité avec les chef tribaux des hauts plateaux de la région.

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Gulbuddin Hekmatyar

Il n’y eut pas de tel « accident » en Afghanistan, où les premiers barons de la drogue d’envergure internationale – Gulbuddin Hekmatyar et Abou Rasul Sayyaf – furent en fait projetés sur la scène internationale grâce au soutien massif et mal avisé de la CIA, en collaboration avec les gouvernements du Pakistan et d’Arabie Saoudite.

 

Alors que d’autres forces de résistance locales furent considérées comme des forces de seconde classe, ces deux clients du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, précisément en raison de leur manque de soutien au niveau local, furent des pionniers dans l’utilisation de l’opium et de l’héroïne comme moyen de bâtir leur force de combat et de créer une ressource financière [2]. De plus, tous deux devinrent des agents de l’extrémisme salafiste, s’attaquant à l’islam soufi endogène à l’Afghanistan. Finalement, tous deux devinrent des agents d’Al-Qaïda [3].

 

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Abdul Rasul Sayyaf

L’implication de la CIA dans le trafic de drogue durant le conflit soviéto-afghan n’était pas une première. D’une certaine manière, la responsabilité de la CIA dans le rôle dominant que joue aujourd’hui l’Afghanistan dans le trafic mondial d’héroïne, est une réplique de ce qui arriva plus tôt en Birmanie, au Laos, et en Thaïlande entre la fin des années 1940 et les années 1970.

 

Ces pays sont aussi devenus des acteurs majeurs du trafic de drogue grâce au soutien de la CIA (et des Français, dans le cas du Laos), sans quoi ils n’auraient été que des acteurs locaux.

 

On ne peut parler d’« accident ironique » dans ce cas non plus. McCoy lui-même a montré comment, dans tous ces pays, la CIA a non seulement toléré mais aussi soutenu la croissance des actifs des forces anti-communistes financées par la drogue, afin de contenir le danger représenté par une intrusion de la Chine communiste en Asie du Sud-Est. Des années 1940 aux années 1970, et comme en Afghanistan aujourd’hui, le soutien de la CIA participa à transformer le Triangle d’Or en un fournisseur majeur d’opium au niveau mondial.

 

Durant cette même période, la CIA recruta des collaborateurs tout au long des routes de contrebande de l’opium asiatique, de même que dans des pays comme la Turquie, le Liban, la France, Cuba, le Honduras, et le Mexique.

 

Ces collaborateurs comprenaient des agents gouvernementaux comme Manuel Noriega au Panama ou Vladimiro Montesinos au Pérou, souvent des personnalités expérimentées appartenant aux services de police soutenus par la CIA ou aux services de renseignement. Mais des mouvements insurrectionnels en faisaient aussi partie, des Contras du Nicaragua dans les années 1980 (selon Robert Baer et Seymour Hersh) au Jundallah [4], affilié à Al-Qaïda et opérant aujourd’hui en Iran et au Baloutchistan [5].

 

Le gouvernement Karzai, et non les Talibans, domine l’économie de la drogue afghane

Le meilleur exemple d’une telle influence de la CIA sur les trafiquants de drogue aujourd’hui se trouve sans doute en Afghanistan, où le propre frère du président Karzai, Ahmed Wali Karzai (un collaborateur actif de la CIA) [6], et Abdul Rashid Dostum (un ancien collaborateur de l’Agence) comptent parmi ceux qui sont accusés de trafic de drogue [7]. La corruption liée à la drogue au sein du gouvernement afghan doit être en partie attribuée à la décision des États-Unis et de la CIA de lancer, en 2001, une invasion avec le soutien de l’Alliance du Nord, un mouvement dont Washington savait qu’il était corrompu par la drogue [8].

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Carte de la CIA montrant les routes de l’opium de l’Afghanistan à destination de l’Europe, en 1998. Selon les informations de la CIA, mises à jour en 2008 : « La plus grande partie de l’héroïne en provenance de l’Asie du Sud-Est est acheminée par voie terrestre, à travers l’Iran et la Turquie, jusqu’en Europe via les Balkans. » En fait, la drogue est également convoyée à travers les États de l’ancienne Union soviétique, le Pakistan et Dubaï.

De cette manière, les USA ont consciemment recréé en Afghanistan la situation qu’ils avaient créée précédemment au Vietnam. Au Vietnam aussi (comme Ahmed Wali Karzai un demi siècle après), le frère du président, Ngo Dinh Nhu, utilisait la drogue pour financer un réseau privé lui permettant de truquer les élections en faveur de Ngo Dinh Diem [9].

 

Thomas H. Johnson, coordinateur des études de recherche anthropologique à la Naval Postgraduate School, montra l’improbabilité du succès d’un programme de contre-insurrection quand ce programme soutient un gouvernement local qui est de manière flagrante l’objet de dysfonctionnements et de corruption [10].

 

Ainsi je m’oppose à McCoy quand celui-ci, à l’image des médias de masse US, dépeint l’économie de la drogue afghane comme étant dominée par les Talibans. (Selon les propres termes de McCoy : « Si les insurgés prennent le contrôle de cette économie illégale, comme l’ont fait les Talibans, alors la tâche deviendra presque insurmontable. »)

 

La part des Talibans sur le marché de l’opium afghan est estimée en général entre 90 et 400 millions de dollars. Or l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) estime que le total des revenus issus du commerce de l’opium et de l’héroïne est de l’ordre de 2,8 à 3,4 milliards de dollars [11].

 

Clairement, les Talibans n’ont pas fait main basse sur cette économie, dont la plus grande partie est contrôlée par les partisans du gouvernement Karzai. En 2006, un rapport de la Banque Mondiale avançait « qu’au plus haut niveau, 25 à 30 trafiquants majeurs, la majorité d’entre eux basés au sud de l’Afghanistan, contrôlent les transactions et les transferts majeurs, travaillant étroitement avec des soutiens occupant des positions politiques et gouvernementales au plus haut niveau » [12].

 

Les médias états-uniens ne se sont pas intéressés à cette réalité factuelle, pas plus qu’à la manière dont cela a influé sur les stratégies politiques de leur pays en Afghanistan, en matière de guerre et de trafic de drogue. L’administration Obama semble avoir pris ses distances d’avec les programmes d’éradication peu judicieux de la période Bush, qui ne rencontreront jamais l’adhésion « cœur et âme » de la paysannerie afghane. Elle préfère mettre en place une politique d’interdiction sélective du trafic, en ne s’attaquant de manière explicite qu’aux trafiquants qui aident les insurgés [13].

 

Reste à savoir si cette politique sera efficace pour affaiblir les Talibans. Mais cibler ce qui constitue au plus un dixième du trafic total ne permettra clairement jamais d’en finir avec la position actuelle de l’Afghanistan comme le principal narco-État.

 

Cela ne permettra pas non plus d’en finir avec l’actuelle épidémie mondiale de consommation d’héroïne ayant commencée à la fin des années 1980, qui a déjà créé 5 millions de toxicomanes au Pakistan, plus de 2 millions en Russie, 800 000 aux États-Unis, plus de 15 millions à travers le monde, dont un million en Afghanistan même.

 

La politique d’interdiction sélective du gouvernement Obama aide aussi à expliquer son refus de considérer la solution la plus humaine et la plus raisonnable à l’épidémie mondiale d’héroïne afghane. Il s’agit de l’initiative « poppy for medicine » (Opium pour la médecine) de l’International Council on Security and Development (ICOS, autrefois connu comme le Senlis Council), qui vise à établir un programme délivrant des autorisations, permettant ainsi aux agriculteurs de vendre leur opium pour permettre la production de médicaments essentiels et très demandés comme la morphine ou la codéine [14].

 

La proposition a reçu le soutien des parlements européen et canadien ; mais il fut l’objet de sévères critiques aux USA, principalement parce que cela pourrait engendrer une augmentation de la production d’opium. Cependant, cela fournirait une réponse à moyen terme à l’épidémie d’héroïne qui dévaste l’Europe et la Russie – situation qui ne sera pas réglée par l’alternative présentée par McCoy de substituer d’autres cultures durant les 10 ou 15 prochaines années, et encore moins par le programme d’élimination sélective de fournisseurs d’opium conduit par l’administration Obama.

 

Une conséquence rarement citée de l’initiative « poppy for medicine » serait de réduire les recettes engendrées par le trafic illicite qui permet de soutenir le gouvernement Karzai. Pour cette raison, ou simplement car tout ce qui se rapproche d’une légalisation des drogues reste un sujet tabou à Washington, l’initiative « poppy for medicine » a peu de chance d’être soutenue par l’administration Obama.

 

L’héroïne afghane et la connexion mondiale de la drogue de la CIA

Il y a un autre paragraphe dans lequel McCoy, de manière erronée à mon avis, concentre son attention sur l’Afghanistan comme nœud du problème plutôt que sur les États-Unis eux-mêmes : 
Lors d’une conférence sur la drogue à Kaboul ce mois-ci, le chef du Federal Narcotics Service russe a estimé la valeur actuelle de la culture de l’opium en Afghanistan à 65 milliards de dollars. Seulement 500 millions de dollars vont aux fermiers afghans, 300 millions aux Talibans, et les 64 milliards restant à la « mafia de la drogue », lui garantissant de vastes fonds pour corrompre le gouvernement Karzai (souligné par l’auteur) dans un pays où le PIB est de seulement 10 milliards de dollars [15].

 

Ce paragraphe oublie d’évoquer un fait pertinent et essentiel : selon l’ONUDC, seulement 5 à 6 % de ces 65 milliards de dollars, soit de 2,8 à 3,4 milliards, restent en Afghanistan [16]. Environ 80 % des bénéfices issus du trafic de drogue proviennent des pays de consommation – dans ce cas la Russie, l’Europe et les États-Unis. Ainsi, nous ne devrions pas croire un instant que le seul pays corrompu par le trafic de drogue afghan est le pays d’origine. Partout où le trafic est devenu important, même dans les lieux de transit, il a survécu en étant protégé, ce qui en d’autres termes, s’appelle de la corruption.

 

Il n’existe aucune preuve montrant que l’argent de la drogue gagné par les trafiquants alliés à la CIA ait grossit les comptes bancaire de la CIA ou ceux de ses officiers, mais la CIA a indirectement profité du trafic de drogue, et a développé au fil des ans une relation très proche avec celui-ci. La guerre secrète de la CIA au Laos fut un cas extrême.

 

Durant celle-ci, l’Agence mena une guerre en utilisant comme principaux alliés l’Armée Royale Laotienne du général Ouane Rattikone et l’Armée Hmong du général Vang Pao, toutes deux en grande partie financées par la drogue. L’opération massive de la CIA en Afghanistan dans les années 1980 fut un autre exemple d’une guerre en partie financée par la drogue. [17].

 

Une protection pour les trafiquants de drogue aux États-Unis

Dès lors, il n’est pas surprenant que, les années passant, le gouvernement états-unien, suivant la voie tracée par la CIA, aient protégé des trafiquants de drogue contre les poursuites judiciaires dans le pays.

 

Par exemple, aussi bien la CIA que le FBI sont intervenus en 1981 contre l’inculpation (pour vol de voiture) du trafiquant de drogue mexicain et tsar des renseignements Miguel Nazar Haro, affirmant que Nazar était « un contact essentiel, je répète, un contact essentiel pour le bureau de la CIA à Mexico », sur les questions de « terrorisme, renseignement, et contre-renseignement » [18]. Lorsque le procureur général associé Lowell Jensen refusa de donner suite à l’inculpation de Nazar, le procureur de San Diego, William Kennedy, exposa publiquement l’affaire. Il fut rapidement viré pour cela [19].

 

Un exemple récent et spectaculaire d’une implication de la CIA dans le trafic de drogue fut l’affaire concernant un collaborateur vénézuélien de la CIA, le général Ramon Guillén Davila. Comme je l’explique dans mon livre, Fueling America’s War Machine (à paraître) [20] : 


Le général Ramon Guillén Davila, chef de l’unité anti-drogue créée par la CIA au Venezuela, fut inculpé à Miami pour avoir fait entrer une tonne de cocaïne aux États-Unis. Selon le New York Times, « la CIA, malgré l’objection de la Drug Enforcement Administration, approuva l’envoi d’au moins une tonne de cocaïne pure vers l’aéroport international de Miami comme moyen d’obtenir des informations sur les cartels de la drogue colombiens ».

 

Le magazine Time rapporta qu’une seule cargaison représentait 450 kilos, et était précédée d’autres « pour un total d’environ une tonne » [21]. Mike Wallace confirma que « l’opération secrète de la CIA et des gardes nationaux rassembla rapidement cette cocaïne, plus d’une tonne et demie, qui fut introduite clandestinement de Colombie vers le Venezuela » [22]. Selon le Wall Street Journal, la quantité totale de drogue introduite clandestinement par le général Guillén serait de plus de 22 tonnes [23].

 

Mais les États-Unis n’ont jamais demandé au Venezuela l’extradition de Guillén afin de le juger ; et, en 2007, lorsqu’il fut arrêté au Venezuela pour conspiration de meurtre à l’encontre du président Hugo Chavez, son inculpation était toujours quelque part à Miami [24]. Pendant ce temps-là, l’agent de la CIA Mark McFarlin, que Bonner, le chef de la DEA, souhaitait également inculper, ne le fut jamais, et dut simplement démissionner [25].

 

Pour résumer, il n’arriva rien aux acteurs principaux de cette affaire, qui n’a probablement fait surface dans les médias qu’en raison des protestations générées à la même époque par les articles de Gary Webb parus dans le San Jose Mercury au sujet de la CIA, des Contras et de la cocaïne.

Les banques et le blanchiment de l’argent de la drogue

D’autres institutions ont un intérêt direct dans le trafic de drogue, dont les grandes banques, qui effectuent des prêts à des pays comme la Colombie et le Mexique, sachant pertinemment que le flot de drogue aidera à garantir le remboursement de ces prêts. Plusieurs de nos plus grandes banques, comme City Group, Bank of New York et Bank of Boston, ont été identifiées comme participant au blanchiment d’argent, mais n’ont jamais subi de pénalités assez importantes pour les obliger à changer de comportement [26]. En bref, l’implication des États-Unis dans le trafic de drogue rassemble la CIA, des intérêts financiers majeurs et des intérêts criminels dans ce pays et à l’étranger.

 

Antonio Maria Costa, chef de l’ONUDC, a déclaré que « l’argent de la drogue, représentant des milliards de dollars, a permis au système financier de se maintenir au plus haut de la crise financière ». Selon l’Observer de Londres, Costa déclara avoir vu des preuves que les recettes du crime organisé étaient « le seul capital d’investissement liquide » disponible pour certaines banques au moment du krach de l’année dernière. Il affirma qu’une majorité des 352 milliards de dollars de profits liés à la drogue furent ainsi absorbés par le système économique. Costa déclara que les preuves montrant une absorption de l’argent illégal par le système financier lui furent soumises par des agences de renseignement et des procureurs il y a 18 mois environ. « Dans de nombreux cas, l’argent de la drogue était le seul capital d’investissement liquide. Durant la seconde moitié de 2008, la liquidité était le problème majeur du système bancaire, ainsi le capital liquide devînt un facteur important, » dit-il [27].

Un exemple frappant de l’importance de la drogue à Washington fut l’influence exercée dans les années 1980 par la Bank of Credit and Commerce International, banque pratiquant le blanchiment de l’argent de la drogue. Comme je l’explique dans mon livre, parmi les personnes haut placées profitant des largesses de la BCCI, ses propriétaires, et ses affiliés, nous trouvons James Baker, secrétaire au Trésor sous Ronald Reagan, qui refusa d’enquêter sur la BCCI [28] ; le sénateur démocrate Joe Bidden et le sénateur républicain Orrin Hatch, et plusieurs membres importants du Comité Judiciaire du Sénat, lequel refusa d’enquêter sur la BCCI [29].

Finalement, ce ne fut pas Washington qui agit en premier afin de mettre un terme aux activités bancaires de la BCCI et de ses filiales illégales aux États-Unis, mais deux personnes déterminées, l’avocat de Washington Jack Blum et le procureur de Manhattan Robert Morgenthau [30].

Conclusion : la source du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington

Je comprends pourquoi McCoy, dans son désir de changer une politique vouée à l’échec, prend plus de précautions que moi-même lorsque j’évoque à quel point certaines institutions états-unienne puissantes – gouvernement, renseignements et finance – et pas seulement le gouvernement Karzai, ont été corrompues par l’omniprésent trafic de drogue. Mais je pense que son approche pleine de tact se montrera contre-productive. La source principale du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington. Mettre fin à ce scandale demandera la divulgation de faits que McCoy ne désire pas aborder dans son article.

 

Dans son ouvrage magistral, The Politics of Heroin [31], McCoy parle de l’histoire de Greg Musto, expert en drogues à la Maison Blanche sous Carter. En 1980, Musto dit au Strategy Council on Drug Abuse de la Maison Blanche que « nous allions en Afghanistan afin de soutenir les cultivateurs d’opium dans leur rébellion contre l’Union Soviétique. Ne pourrions-nous pas éviter de faire ce que nous avons déjà fait au Laos ? » [32].

 

Se voyant refuser l’accès par la CIA à des données auxquelles il avait légalement accès, Musto fit part de son inquiétude en public en mai 1980, notant, dans un éditorial du New York Times, que l’héroïne en provenance du Croissant d’Or était déjà (et pour la première fois) en train de causer une crise médicale à New York. Et il avertit, avec prescience, que « cette crise est amenée à s’aggraver » [33].

 

Musto espérait qu’il pourrait contribuer à un changement de politique en mettant le problème sur la place publique, et en l’accompagnant d’un avertissement fort au sujet d’une aventure en Afghanistan financée par la drogue qui pourrait se révéler désastreuse. Mais ses mots emplis de sagesse furent sans pouvoir contre l’implacable détermination de ce que j’appelle la machine de guerre US au sein de notre gouvernement et de notre économie politique. Je crains que le message sensé de McCoy, en étant bienséant là où il est justement nécessaire de ne pas l’être, subira le même sort.


Peter Dale Scott

Ancien diplomate canadien et professeur à l’université de Californie.


Les articles de cet auteur 



À lire en anglais sur le même sujet : 
- Alfred W. McCoy, Can Anyone Pacify the World’s Number One Narco-State ? The Opium Wars in Afghanistan 
- Peter Dale Scott, America’s Afghanistan : The National Security and a Heroin-Ravaged State 
- Peter Dale Scott, Martial Law, the Financial Bailout, and the Afghan and Iraq Wars 
- Jeremy Kuzmarov, American Police Training and Political Violence : From the Philippines Conquest to the Killing Fields of Afghanistan and Iraq 
- MK Bhadrakumar, Afghanistan, Iran and US-Russian Conflict Peter Van Agtmael, All You Need is Heroin : U.S. Troops in Their Own Hand

A lire en français dans notre bibliothèque : 
- Dépêches sur la géopolitique des drogues (1993-1996)



 

[1] « Can Anyone Pacify the World’s Number One Narco-State ? The Opium Wars in Afghanistan », par Alfred W. McCoy

[2] Éventuellement, les États-Unis et leurs alliés accordèrent à Hekmatyar, qui pour un temps fut sans conteste le plus grand trafiquant de drogue au monde, plus d’un milliard de dollars en armement. C’est plus qu’aucun autre client de la CIA a jamais reçu, avant ou depuis.

[3] Peter Dale Scott, The Road to 9/11, p.74-75 (paru en français sous le titre La Route vers le Nouveau Désordre Mondial (Demi-Lune, Paris, 2010) : “Khalid Sheikh Mohammed, que la Commission d’enquête sur le 11-Septembre considère comme le véritable auteur du complot du 11/9, commença à concevoir son plan quand il était en lien avec Abdul Sayyaf, un dirigeant avec lequel ben Laden était encore en délicatesse. [9/11 Commission Report, p.145-50]. Au même moment, plusieurs des hommes condamnés pour l’attentat contre le World Trade Center en 1993, et la “journée de la terreur” New York en 1995, s’étaient entraînés ou avaient combattu avec Gulbuddin Hekmatyar, ou collecté de l’argent pour lui. [Tim Weiner, “Blowback from the Afghan Battlefield”, New York Times, 13 mars 1994].

[4] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidin du PeupleRéseau Voltaire, 13 juin 2009.

[5] Seymour Hersh, New Yorker, 7 juillet 2008.

[6] « Hamed Wali Karzai chargé de négocier avec les Talibans »,Réseau Voltaire, 14 mai 2010.

[7New York Times, 27 octobre 2009.

[8] Steve Coll, Ghost Wars : The Secret History of the CIA, Afghanistan, and Bin Laden, from the Soviet Invasion to September 10, 2001, (Penguin Press, New York, 2004), p.536. Selon Ahmed Rashid, au début de l’offensive US en 2001 : “Le Pentagone disposait d’une liste d’au moins 25 laboratoires de drogues et d’entrepôts en Afghanistan, mais ils refusèrent de les bombarder car certains appartenaient aux nouveaux alliés de la CIA, au sein de la NA [Northern Alliance / l’Alliance du Nord]”, (Ahmed Rashid, Descent into Chaos : The United States and the Failure of Nation Building in Pakistan, Afghanistan, and Central Asia, [Viking, New York, 2008], p.320).

[9] Stanley Karnow, Vietnam : A History (Penguin, New York, 1997), p.239. Cf. New York Times, 28 octobre, 2009.

[10] Thomas H. Johnson & M. Chris Mason, “Refighting the Last War : Afghanistan and the Vietnam Template”, Military Review, Novembre-Décembre 2009, p.1.

[11] Le lecteur vigilant aura noté que même 3,4 milliards USD ne représentent pas 53 % des 10 milliards estimés dans le paragraphe précédent comme le PIB afghan. Ces estimations en provenance de sources diverses ne sont pas extrêmement précises, et ne donnent donc pas un résultat mathématiquement parfait. Au demeurant, il s’agit de la valeur des drogues en gros en Afghanistan et non pas de leur valeur au détail dans les pays consommateurs.

[12Afghanistan : Drug Industry and Counter-Narcotics Policy]. En 2007, le Daily Mail de Londres rapporta que « les quatre acteurs principaux du trafic de l’héroïne étaient tous des membres hauts placés du gouvernement afghan » [[London Daily Mail. 21 juillet 2007. En décembre 2009, Harper’s publia une longue enquête sur le colonel Abdul Razik, “le maître de Spin Boldak,” un trafiquant de drogue et un allié de Karzai dont l’ascension fut “encouragée par un cercle d’officiels corrompus à Kaboul et à Kandahar, et aussi parce que les commandants de l’OTAN, déployés sur un trop vaste territoire, trouvèrent utiles le contrôle qu’il exerçait sur une ville frontalière essentielle dans leur guerre contre les Talibans”, (Matthieu Aikins, “The Master of Spin Boldak”, Harper’s Magazine, décembre 2009).

[13] James Risen, “U.S. to Hunt Down Afghan Lords Tied to Taliban”,New York Times, 10 août 2009 : ”Le commandement militaire US dit au Congrès que … seuls ces [trafiquants de drogue] qui apportent de l’aide aux insurgés devraient être pris pour cible.”

[14] Corey Flintoff, “Combating Afghanistan’s Opium Problem Through Legalization”, NPR, 22 décembre 2005.

[15] Devant d’autres auditoires, les responsables russes de la lutte anti-drogues ont explicitement évoqué l’OTAN. Voir « Pavot : la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN », Réseau Voltaire, 3 mars 2010. Off, les responsables poutiniens ont également évoqué un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels versés par l’OTAN avec l’argent des drogues au président Medvedev en échange du droit de passage des GI’s sur le territoire russe. Ndlr.

[16CBS News, 1er avril 2010.

[17] Voir le livre de Peter Dale Scott, La Route vers le Nouvel Ordre Mondial. NdT.

[18] Des câbles de Gordon McGinley, l’attaché légal du FBI à Mexico City, au Département de la Justice, voir Scott & Marshall, Cocaine Politics, p.36.

[19] Scott, Deep Politics, p.105 ; citation du San Diego Union, 26 mars 1982.

[20Fueling America’s War Machine : Deep Politics and the CIA’s Global Drug Connection, (à paraitre à l’automne 2010 chez Rowman & Littlefield).

[21Time, 29 novembre 1993 : “Les expéditions continuèrent, toutefois, jusqu’à ce que Guillen tente d’envoyer 3 373 livres de cocaïne en une seule fois. La DEA, (Drug Enforcement Agency), vigilante, l’arrêta et s’en saisit.” Cf. New York Times, 23 novembre 1996 (“one ton”).

[22] CBS News Transcripts, 60 Minutes, 21 novembre 1993.

[23Wall Street Journal, 22 novembre 1996. Je soupçonne la CIA d’avoir approuvé l’importation de cocaïne moins "comme un moyen de rassembler de l’information" que dans le but de redistribuer des parts de marché dans le trafic global de cocaïne, dans son pays d’origine, la Colombie. Dans les années 1990, la CIA et le JSOC furent impliqués dans l’élimination du baron colombien de la drogue Pablo Escobar, un exploit rendu possible grâce à l’aide du Cartel de Cali et des escadrons de la mort terroristes de l’UAC de Carlos Castaño. Peter Dale Scott, Drugs, Oil, and War, p.86-88.

[24] Chris Carlson, “Is The CIA Trying to Kill Venezuela’s Hugo Chávez ?” Global Research, 19 avril 2007.

[25] Douglas Valentine, The Strength of the Pack : The People, Politics and Espionage Intrigues that Shaped the DEA (TrineDay, Springfield, 2009), 400 ; Time, 23 Novembre 1993. McFarlin avait collaboré avec des forces anti-guérilla au Salvador dans les années 1980. Jim Campbell, le chef de station de la CIA au Venezuela.

[26] La Bank of Boston procéda au blanchiment d’au moins 2 millions de dollars au profit du trafiquant Gennaro Angiulo, et fut pour cela condamnée à payer une amende de 500 000 dollars, (New York Times, 22 Février 1985 ; Eduardo Varela-Cid, Hidden Fortunes : Drug Money, Cartels and the Elite Banks [El Cid Editor, Sunny Isles Beach, 1999]). Cf. Asad Ismi, “The Canadian Connection : Drugs, Money Laundering and Canadian Banks”, Asadismi.ws : “91 % des 197 milliards USD dépensés en cocaïne aux USA restent dans ce pays, et les banques états-uniennes blanchissent 100 milliards USD provenant de la drogue chaque année. Parmi les banques connues pour ce genre de pratiques, on trouve la Bank of Boston, la Republic National Bank of New York, la Landmark First National Bank, la Great American Bank, la People’s Liberty Bank and Trust Co. of Kentucky, et la Riggs National Bank of Washington. Citibank aida Raul Salinas (le frère de l’ancien président du Mexique Carlos Salinas) à déplacer des millions de dollars hors du Mexique, à destination de comptes secrets détenus en Suisse sous de fausses identités.”

[27] Rajeev Syal, “Drug money saved banks in global crisis, claims UN advisor”, Observer, 13 décembre 2009.

[28] Jonathan Beaty & S.C. Gwynne, The Outlaw Bank : A Wild Ride into the Secret Heart of BCCI, (Random House, New York, 1993), p.357.

[29] Peter Truell & Larry Gurwin, False Profits : The Inside Story of BCCI, the World’s Most Corrupt Financial Empire, (Houghton Mifflin, Boston, 1992), p.373-77.

[30] Truell & Gurwin, False Profits, p.449.

[31] Disponible en français sous le titre : La politique de l’heroine. L’implantation de la CIA dans le trafic des drogues [Editions du Lézard, 1998].

[32] Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin (Lawrence Hill Books/ Chicago Review Press, Chicago, 2003), p.461 ; citant une interview avec le Dr David Musto.

[33] David Musto, New York Times, 22 mai 1980 ; cité dans McCoy,Politics of Heroin, p.462.

 

http://www.voltairenet.org/

 

Voir:

A qui profite la cocaïne ? (Documentaire, France2, 60 mn)

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 13:48

  http://i233.photobucket.com/albums/ee241/photobastard/KandaharBombsPhoto3-BenGilbert.jpg

 

By Brian Becker

November 18, 2010 "
ANSWER

 

Borrowing a page from its infamous “pacification” effort in South Vietnam, where peasant villages were napalmed and burned to the ground to “save them from the communists,” the Obama-ordered surge in Afghanistan has been secretly blowing up thousands of homes and leveling portions of the Afghan countryside.

As tens of thousands of U.S. troops have surged into southern Afghanistan, villagers have fled. Then the Petraeus-led occupation forces have determined which homes will be destroyed.

“In Arghandab District, for instance, every one of the 40 homes in the village of Khosrow was flattened by a salvo of 25 missiles, according to the district governor, Shah Muhammed Ahmadi, who estimated that 120 to 130 houses had been demolished in his district,” reported the New York Times, Nov. 16, 2010.

The Pentagon asserts that they must destroy the homes because some of them may have explosive devices inside.


http://www2.answercoalition.org/images/content/pagebuilder/60479.jpg


The Pentagon’s murderous rampage and terror campaign 40 years ago against South Vietnamese villages, in areas that were considered sympathetic to the resistance forces, used much of the same kind of explanation. In fact, the New York Times in a throw back to Vietnam quotes the Arghandab District Governor, who is working with the occupation forces: “We had to destroy them to make them safe.”

That this tactic is part of a high-tech terror campaign against Afghan villages and the people who inhabit them is evident even by the descriptions and accounts of western media outlets that are supporting the war.

Again, from the New York Times, Nov. 16, 2010, which describes weapons as tools:

American troops are using an impressive array of tools not only to demolish homes, but also to eliminate tree lines where insurgents could hide, blow up outbuildings, flatten agricultural walls, and carve new “military roads,” because existing ones are so heavily mined, according to journalists embedded in the area recently.

“One of the most fearsome tools is the Miclic, the M58 Mine-Clearing Line Charge, a chain of explosives tied to a rocket, which upon impact destroys everything in a swath 30 feet wide and 325 feet long. The Himars missile system, a pod of 13-foot rockets carrying 200-pound warheads, has also been used frequently for demolition work.

“Often, new military roads go right through farms and compounds, cutting a route that will keep soldiers safe from roadside bombs. In Zhare District alone, the 101st Airborne’s Second Brigade has lost 30 soldiers since last June, mostly to such bombs.”

Activists at the organization Afghanistan Rights Monitor described the destroyed homes. “These are all mud houses, quite humble houses.”

When Gen. David Petraeus describes his counter-insurgency strategy, he always puts in a few diplomatic words about the need of surging troops to win the “hearts and minds” of the people in Afghanistan’s poverty stricken villages. That is purely for public consumption—a message echoed endlessly by the complicit corporate-owned media and the politicians of both parties that serves as a mask for the Pentagon’s campaign of systematic terror employed to subdue an occupied people.

On Dec. 16, 2010, anti-war veterans and people of conscience will stand up in a dramatic action in opposition to the terror campaign waged from the White House and Pentagon. Join us in Washington, D.C. on Dec. 16 and be part of history.

 

http://www.answercoalition.org

 

Photo: i233.photobucket.com

 

Url of this article: http://www.internationalnews.fr/article-pentagon-blows-up-thousands-of-homes-in-afghanistan-repeating-the-horrors-of-the-vietnam-war-61362865.html

 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 20:48

GRTV September 2 2010

 

http://cache.20minutes.fr/img/photos/afp/2008-04/2008-04-03/article_photo_1207202587279-1-0.jpg


$547 million. That’s the Pentagon’s P.R. budget. They’re using it to spread mistruths and misplaced hope in ‘progress’ with one goal in mind: to extend the brutal, costly Afghanistan War.

 

General Petraeus' media blitz is only the tip of the iceberg in the Pentagon's effort to sell war to the American people. The Defense Department has a budget of more than $500 million for public relations efforts directed at U.S. citizens, a slice of a much larger information operations effort to influence public opinion. But no matter how much they spend on P.R. and information operations, the facts on the ground show that the Afghanistan War isn't making us safer, and it's not worth the costs. J

 

http://www.internationalnews.fr/article-pentagon-enlists-half-billion-dollar-p-r-apparatus-to-sell-afghanistan-war-56569768.html

 

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 03:38

Réseau Voltaire

 

"Sollicité par de nombreux lecteurs à propos des documents publiés par Wikileaks, le Réseau Voltaire tient à recentrer le débat. Dans ce communiqué, il dénonce une manoeuvre de diversion médiatique et réaffirme que la guerre d’Afghanistan est illégale."


 


28 juillet 2010

 

 

Le site Internet Wikileaks a remis, il y a quelques semaines des documents militaires confidentiels à trois médias (New York Times, The Guardian, Der Spiegel) afin qu’ils les examinent avant publication.


Le site a publié les 92 000 documents originaux et les trois médias ont publié leurs articles simultanément le 25 juillet 2010. Il s’agit de la plus importante fuite de documents militaires de l’histoire.


Ces documents sont des notes utilisées par les troupes engagées en Afghanistan. Certaines relatent des combats, d’autres rapportent des renseignements. Leur degré de confidentialité est faible (ce qui signifie qu’ils ont circulé en de nombreuses mains), mais leur nombre est très élevé (ce qui implique que peu de personnes pouvaient les réunir). Leur authenticité n’a pas été contestée. La presse internationale et de nombreux leaders politiques dans le monde ont commenté les conclusions des trois médias, considérant ces informations comme sûres.


Nos détracteurs s’attendent à ce que le Réseau Voltaire se félicite de ces fuites et exploite ces documents pour charger les forces US, les accuser de crimes de guerre et d’incompétence. Nous n’en ferons rien.


Tout laisse à penser que ces fuites ont été organisées par un clan de l’appareil US pour imposer ses vues simultanément au limogeage du général McChrystal par le président Obama. Et le fait que ce dernier ait stoppé toute enquête interne visant à identifier l’origine des fuites montre que celle-ci lui est connue, qu’il ne souhaite pas l’affronter ou qu’il l’approuve.


Ces documents ne décrivent pas la réalité de terrain, mais attestent du degré d’auto-intoxication des forces US. Les notes de renseignement afghanes qui servent de base aux opérations de l’Alliance dans ce pays ne rapportent que de stupides ragots et l’on se demande comment ces informateurs ont été recrutés. Il est particulièrement ridicule de présenter un officier pakistanais de 74 ans, le général à la retraite Hamid Gul, comme le manipulateur en sous-main des insurgés et le responsable à lui tout seul de l’échec militaire de l’OTAN.


Nous ne sommes pas étonnés que trois médias connus pour leur alignement aveugle sur les thèses atlantistes participent à une opération psychologique de diversion dont le but est de critiquer un général qui vient d’être démis de ses fonctions pour mieux disculper les responsabilités politiques de cette catastrophe humaine.


Au demeurant, l’unanimité de grands médias, qui n’ont cessé de répéter des années durant les mensonges de Washington, ne peut qu’inquiéter.


La guerre d’Afghanistan est illégale. Qu’ils nous soient sympathiques ou pas, les insurgés exercent leur droit fondamental et légitime à défendre leur pays contre l’occupation étrangère. Ce ne sont pas seulement les bavures de telle ou telle unité militaire qui constituent des crimes, mais la totalité des opérations conduites sur place et jusqu’à la simple présence des troupes étrangères.


http://www.voltairenet.org

http://www.internationalnews.fr/article-controverse-wikileaks-une-diversion-politique-selon-voltaire-54642512.html

 

 

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 11:04

Internationalnews

Commondreams

File:Julian Assange full.jpg

In a SPIEGEL interview, WikiLeaks founder Julian Assange, 39, discusses his decision to publish the Afghanistan war logs, the difficult balance between the public interest and the need for state secrets and why he believes people who wage war are more dangerous than him.

 

SPIEGEL: You are about to publish a vast amount of classified data on the war in Afghanistan. What is your motivation?

 

Assange: These files are the most comprehensive description of a war to be published during the course of a war -- in other words, at a time when they still have a chance of doing some good. They cover more than 90,000 different incidents, together with precise geographical locations. They cover the small and the large. A single body of information, they eclipse all that has been previously said about Afghanistan. They will change our perspective on not only the war in Afghanistan, but on all modern wars.

 

SPIEGEL: Do you think that the publication of this data will influence political decision-makers?

 

Assange: Yes. This material shines light on the everyday brutality and squalor of war. The archive will change public opinion and it will change the opinion of people in positions of political and diplomatic influence.

 

SPIEGEL: Aren't you expecting a little too much?

 

Assange: There is a mood to end the war in Afghanistan. This information won't do it alone, but it will shift political will in a significant manner.

 

SPIEGEL: The material contains military secrets and names of sources. By publishing it, aren't you endangering the lives of international troops and their informants in Afghanistan?

 

Assange: The Kabul files contain no information related to current troop movements. The source went through their own harm minimization process, and instructed us to conduct our usual review to make sure there was not a significant chance of innocents being negatively affected. We understand the importance of protecting confidential sources, and we understand why it is important to protect certain US and ISAF sources.

 

SPIEGEL: So what, specifically, did you do to minimize any possible harm?

 

Assange: We identified cases where there may be a reasonable chance of harm occurring to the innocent. Those records were identified and edited accordingly.

 

SPIEGEL: Is there anything that you consider to be a legitimate state secret?

 

Assange: There is a legitimate role for secrecy, and there is a legitimate role for openness. Unfortunately, those who commit abuses against humanity or against the law find abusing legitimate secrecy to conceal their abuse all too easy. People of good conscience have always revealed abuses by ignoring abusive strictures. It is not WikiLeaks that decides to reveal something. It is a whistleblower or a dissident who decides to reveal it. Our job is to make sure that these individuals are protected, the public is informed and the historical record is not denied.

 

SPIEGEL: But in the end somebody has to decide whether you publish or not. Who determines the criteria? WikiLeaks considers itself to be a trailblazer when it comes to freedom of information, but it lacks transparency in its own publishing decisions.

 

Assange: This is ridiculous. We are clear about what we will publish and what we will not. We do not have ad-hoc editorial decisions. We always release the full primary sources to our articles. What other press organization has such exacting standards? Everyone should try to follow our lead.

 

SPIEGEL: The problem is that it is difficult to hold WikiLeaks accountable. You operate your servers in countries that offer you broad protection. Does WikiLeaks consider itself to be above the law?

 

Assange: WikiLeaks does not exist in outer space. We are people who exist on Earth, in particular nations, each of which have a particular set of laws. We have been legally challenged in various countries. We have won every challenge. It is courts that decide the law, not corporations or generals. The law, as expressed by constitutions and courts, has been on our side.

 

SPIEGEL: You have said that there is a correlation between the transparency for which you are fighting and a just society. What do you mean by that?

 

Assange: Reform can only come about when injustice is exposed. To oppose an unjust plan before it reaches implementation is to stop injustice.

 

SPIEGEL: During the Vietnam War, US President Richard Nixon once called Daniel Elsberg, the leaker of the Pentagon Papers, the most dangerous man in America. Are you today's most dangerous man or the most endangered? 

 

Assange: The most dangerous men are those who are in charge of war. And they need to be stopped. If that makes me dangerous in their eyes, so be it.

 

SPIEGEL: You could have started a company in Silicon Valley and lived in a home in Palo Alto with a swimming pool. Why did you decide to do the WikiLeaks project instead?

 

Assange: We all only live once. So we are obligated to make good use of the time that we have, and to do something that is meaningful and satisfying. This is something that I find meaningful and satisfying. That is my temperament. I enjoy creating systems on a grand scale, and I enjoy helping people who are vulnerable. And I enjoy crushing bastards. So it is enjoyable work.

 

Interview conducted by John Goetz and Marcel Rosenbach


 

 

 

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:01

Internationalnews

Monde Diplomatique

  Le 27 juillet 2010


Le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, a affirmé n'avoir pas versé un centime pour obtenir les documents confidentiels du Pentagone. (crédits photo : Andrew Winning/Reuters)

Les révélations du site Wikileaks

Une masse considérable de fichiers confidentiels de l’armée américaine vient d’être dévoilée, lundi 26 juillet, par le site Internet Wikileaks.org. Ces documents relatent, événement après événement, le quotidien d’une guerre entamée en octobre 2001 et d’une occupation qui n’en finit pas.

 

Fouiller l’ensemble des quelque 92 000 rapports d’incident divulgués constitue une tâche herculéenne. C’est pourquoi Le Monde diplomatique s’est associé à l’initiative d’Owni.fr visant à mettre à la disposition de tous un outil de consultation de ces rapports. Accessible directement en ligne, ce dispositif nommé « War Logs » permet au lecteur d’appréhender le jargon militaire dans lequel les événements sont décrits, d’effectuer des recherches dans l’ensemble des documents dévoilés, et d’ajouter des annotations. La base de données comprend déjà 75 000 documents et sera enrichie rapidement.


Les lecteurs qui le souhaitent peuvent exploiter cet outil pour, d’une part, se familiariser avec ces documents exceptionnels, et, d’autre part, participer — avec les dizaines de personnes qui se sont déjà plongées dans ces fichiers — à la mise à nu de la guerre d’Afghanistan. Le Monde diplomatique reviendra sur ces révélations.

 

Avant d’ouvrir ces données à tout le monde, Wikileaks s’est associé à trois journaux, leur offrant une période d’exclusivité qui leur a permis de travailler sur ces informations : The Guardian, The New York Times et Der Spiegel. Ces derniers proposent, chacun sur leur site, un premier aperçu de ces 200 000 pages de « journaux de bord de guerre » (d’où le titre, War Logs), qui donnent de la guerre en Afghanistan une image dévastatrice aussi bien pour les talibans que pour les occupants occidentaux, Etats-Unis en tête.

 

Parmi les 300 rapports sélectionnés dans cette masse par The Guardian, trois concernent les troupes françaises. Notamment ceci, qui n’avait jamais été rendu public : le 2 octobre 2008, à Tangi Kalai, à proximité de Kaboul, elles ont fait feu sur un bus s’approchant trop près d’un convoi militaire, blessant huit enfants.

 

Leaked Afghan files: Wikileaks is the site behind the biggest security breach in history.

 

Sur la carte dessinée par les « data journalists » (journalistes de données) du Guardian à partir de ces rapports, on peine à distinguer une « ligne de front » ou de grands mouvements stratégiques (voir la carte des incidents). Ce sont, un peu partout dans le pays, des engins explosifs improvisés (IED) qui tuent des civils, des troupes de la coalition ou des militaires afghans (voir la carte des IED).

 

Si, pour le président afghan Hamid Karzai, cette fuite ne nous apprend « rien qui ne soit déjà connu », Julian Assange, porte-parole de Wikileaks, est plus convaincant quand il affirme qu’une foule d’informations se nichent dans les données qu’il a collectées : « Regardez par exemple le ratio du nombre de tués par rapport aux blessés et aux prisonniers : cette guerre est extrêmement létale. »


Wikileaks pense ainsi pouvoir déjà mettre en évidence plusieurs éléments :


— sur l’implication du Pakistan dans les attaques contre les forces de la coalition ;
— sur le rôle qu’on prête encore, au sein de l’armée, à Oussama Ben Laden ;
— sur une présence clandestine des Iraniens ;
— sur les combats entre soldats afghans ;
— sur l’unité américaine TF-373, spécialisée dans la capture et l’assassinat de chefs talibans, et qui disposerait d’une liste de 2 000 noms ;
— sur le fait que les Etats-Unis ont caché au public l’usage de missiles sol-air par les talibans contre un hélicoptère Chinook ;


le tout avec force détails, d’incident en incident et de mission en mission.

 

Quant au tableau des pertes humaines directes recensées par ces fichiers, qui couvrent six années de guerre (2004-2009), il est éloquent :


Nombre de morts
Ennemis 15 506
Civils 4 232
Armée afgh. 3 819
OTAN 1 138

 

Rapports: http://app.owni.fr/warlogs/

 

http://www.monde-diplomatique.fr

 

Photo: Le Figaro, Channel Four

 

Articles liés:

 

WikiLeaks Founder Julian Assange on the 'War Logs': 'I Enjoy Crushing Bastards'

 

Afghanistan : des données secrètes accablantes publiées

Fuites : le Pentagone ouvre une enquête criminelle

Wikileaks: "crimes de guerre" (créateur)

USA/Irak: vidéo d'une bavure de l'armée

http://www.lepoint.fr/archives/article.php/441495

http://www.internationalnews.fr/article-wikileaks-met-en-ligne-des-rapports-explosifs-sur-la-guerre-en-afghanistan-54579125.html

 

 

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 11:16

 

Une sélection d'articles et de documentaires sur l'Afghanistan, sur plus de 100 documents répartis dans plusieurs catégories.

 





Brzezinski on the Afghan war (video)

http://www.jonesreport.com/images/250407_binLaden-Brzezinski.gif



Obama’s Team Prepares Escalated Bloodletting In Afghanistan/Pakistan

 

 

 

 

 

 

 




Why is the USA in Afghanistan? Engdahl: Key objective is a permanent military presence in Asia (video)  Reagan Talks

 



 http://aftermathnews.files.wordpress.com/2009/03/karzai-pointing.jpg



Afghanistan: Women's Lives Are Worse Than Ever

burning1.jpg




 

 

 



Le candidat Obama est pour l'une extension de la guerre en Afghanistan

 

  

 

 

 

 



http://ramblingthomas.files.wordpress.com/2009/10/aobamlying500-copy.jpg

 



Le candidat Nicolas Sarkozy promet le retrait d'Afghanistan (vidéo, 1') 

http://www.nouvelordremondial.cc/wp-content/uploads/2008/08/sarkozy-afghanistan.jpg



 

 

 

 




Afghanistan - La face cachée de la guerre contre les Talibans (débat, 16' 18)



 

 

 

 

 

 

 


 



US accused of illegal white phosphorus attack in Afghanistan

 



 

http://creattica.com/uploaded-images/0004/3428/Hope_-_Guantanamo.jpg 



Grâce aux USA, l'Afghanistan, est devenu un narco-état (vidéo)

http://www.katelynsack.com/visiopoetics/wp-content/uploads/2009/12/Poppies,%20Simple.jpg



Afghanistan: From "War on Terror" to "War of Terror"

 

 

 

 

 

 



Afghanistan: RAWA Women’s Activist Speaks Out on Eight Years of Occupation



  Largest ground combat operation since the Vietnam War



 

Afghanistan After "Democracy" by Dr Miraki (+video)
horizontalnew.jpg



The Road To Guantanamo (Trailer and Full Lenght Film)



Afghan Massacre: the Convoy of Death (excerpt and Full Film, 53')

starbucks-afghanistan2.jpg
 

 

 

 

 

 



Afghanistan: Training Ground for War on Russia by Rick Rozoff



Guerres d'Occupation (Iraq, Afghanistan..) Par Jules Dufour



  http://d.yimg.com/kq/groups/14829242/homepage/name/630637?type=sn



Afghanistan: NATO Intensifies Its First Asian War by Rick Rozoff

http://www.globalresearch.ca/articlePictures/U.S.%20DoD%20Map%20(NATO-Afghanistan%20Occupation).jpg



Rethink Afghanistan (Trailer, Excerpts and comments)



Afghanistan, colonie US: loi liberticide pour les femmes



  Un Taxi pour l'enfer (Film, 1h 46)



Torture: GUANTANAMO Guidebook (video)



http://justkardoman.files.wordpress.com/2009/12/guantanamo.jpg

 



Afghanistan + More Troops = Catastrophe (Full Video)

 



Le nouveau commandant américain d'Obama en Afghanistan rassemble une équipe d'assassin

 

 

 

 

 

 



 

Former Army sergeant and Anti-War Actvist: US military spreading death (Interview, 10' 41)

 

 



 

 

 

 

 



La reconstruction en Afghanistan passe par les OGM 

 

 

 

 

 

 

 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 20:04

Internationalnews

Mondialisation.ca, Le 24 juin 2010

 

Original :"The War is Worth Waging": Afghanistan's Vast Reserves of Minerals and Natural Gas, The War on Afghanistan is a Profit driven "Resource War"


La guerre contre l’Afghanistan est une « guerre de ressources » à but lucratif
Lithium Afghanistan

 

Le bombardement et l’invasion de l’Afghanistan en 2001 ont été présentés à l’opinion publique mondiale comme une « guerre juste », une guerre contre les talibans et Al-Qaida, une guerre pour éliminer le « terrorisme islamique » et établir une démocratie à l’occidentale.

Les dimensions économiques de la « guerre mondiale au terrorisme » (GMAT) sont rarement mentionnées et la « campagne de contre-terrorisme » post-11 septembre a servi à occulter les objectifs réels de la guerre des États-Unis et de l’OTAN.


La guerre contre l’Afghanistan relève d’un programme à but lucratif : c’est une guerre de conquête économique et de pillage, une « guerre de ressources ».


Même si l’Afghanistan est reconnu comme un foyer stratégique en Asie centrale, aux frontières de l’ex-Union Soviétique, de la Chine et de l’Iran, au carrefour de routes de pipelines et d’importantes réserves de pétrole et de gaz naturel, son énorme richesse minière ainsi que ses réserves de gaz naturel inexploitées sont demeurées totalement inconnues du public étasunien jusqu’en juin 2010.

Selon un rapport conjoint du Pentagone, de l’US Geological Survey (USGS) et de l’USAID, on dit maintenant de l’Afghanistan qu’il possède des réserves minières inexploitées et « jusqu’alors méconnues », estimées péremptoirement à un billion de dollars. (New York Times, U.S. Identifies Vast Mineral Riches in Afghanistan - NYTimes.com, 14 juin 2010. Voir aussi BBC, 14 juin 2010).

 

« Les gisements jusqu’alors méconnus, dont de gigantesques filons de fer, de cuivre, de cobalt, d’or et de métaux industriels cruciaux comme le lithium, sont si grands et contiennent tant de minéraux essentiels à l’industrie moderne que les représentants étatsuniens croient que l’Afghanistan pourrait éventuellement être transformé en un des plus importants centres miniers du monde.

 

Un mémo interne du Pentagone mentionne par exemple que l’Afghanistan pourrait devenir « l’Arabie Saoudite du lithium », une matière première clé dans la fabrication de piles pour les ordinateurs portables et les BlackBerrys.

 

La vaste étendue de ces richesses minérales en Afghanistan a été découverte par une petite équipe de représentants du Pentagone et de géologues étasuniens. Le gouvernement afghan et le président Hamid Karzaï en ont été informés récemment, ont affirmé des officiels étasuniens

 

Bien que le développement d’une industrie minière puisse prendre de nombreuses années, le potentiel est si grand que des représentants et des dirigeants de cette industrie croient que cela pourrait attirer de gros investissements avant même que les mines soient profitables, en offrant des emplois qui pourraient distraire une population en guerre depuis des générations.

 

« Il existe ici un potentiel sensationnel », a affirmé le général David H. Petraeus, commandant de l’United States Central Command […] « Il y a beaucoup de « si », bien sûr, mais je crois que cela est potentiellement très important »

 

La valeur des gisements miniers nouvellement découverts minimise la taille de l’actuelle économie afghane, dilapidée par la guerre et largement basée sur la production d’opium et le trafic de narcotiques, ainsi que sur l’aide des États-Unis et d’autres pays industrialisés. Le produit intérieur brut de l’Afghanistan est seulement d’environ 12 milliards de dollars.

 

« Cela deviendra l’armature de l’économie afghane », a déclaré Jalil Jumriany, un conseiller du ministre afghan des Mines. (New York Times, op. cit.)


 

Selon le New York Times, l’Afghanistan pourrait devenir  « l’Arabie Saoudite du lithium ». « Le lithium est une ressource de plus en plus cruciale, utilisée dans les piles de toutes sortes, des téléphones mobiles aux ordinateurs portables, et joue un rôle clé dans l’avenir de la voiture électrique ». À l’heure actuelle, le Chili, l’Australie, la Chine et l’Argentine sont les principaux fournisseurs de lithium sur le marché mondial. La Bolivie et le Chili sont les pays possédant les plus grandes réserves connues de lithium. « Le Pentagone effectue des levés au sol à l’ouest de l’Afghanistan. » Les représentants du Pentagone ont affirmé que leur analyse initiale à un emplacement dans la province de Ghazni a démontré un potentiel de gisements de lithium aussi grands que ceux de la Bolivie » (U.S. Identifies Vast Mineral Riches in Afghanistan - NYTimes.com, 14 juin, 2010, voir aussi  Lithium - Wikipedia, l'encyclopédie libre


 

« Gisements de minéraux jusqu’alors méconnus » en Afghanistan

 

L’« estimation » des « gisements jusqu’alors méconnus » à près d’un billion de dollars par le Pentagone est un écran de fumée utile. Le montant d’un billion avancé par le Pentagone est davantage forgé qu’estimé : « Nous savions ce qu’il y avait là, nous y avons jeté un coup d’œil et demandé ce que cela vaudrait aujourd’hui en termes monétaires. Le montant d’un billion semblait digne d’être signalé dans les nouvelles. » (The Sunday Times, Londres, 15 juin 2010, c’est l’auteur qui souligne)

De plus, les résultats d’une étude de l’USGS (cités dans le mémo du Pentagone) sur les richesses minières de l’Afghanistan ont été révélées il y a trois ans à une conférence organisée en 2007 par la Chambre de commerce américano-afghane. Toutefois, la question de ces richesses minières n’était pas considérée digne d’être signalée à la presse à l’époque.

Que l’administration étasunienne reconnaisse qu’elle a seulement pris connaissance des vastes richesses minières du pays après la publication du rapport de 2007 de l’USGS constitue une esquive flagrante. Les richesses minières et les ressources énergétiques de l’Afghanistan (incluant le gaz naturel) étaient connues à la fois des élites des milieux d’affaires et du gouvernement étasuniens avant la guerre soviéto-afghane (1979-1988).

 

Des études géologiques menées par l’Union Soviétique dans les années 1970 et au début des années 1980 confirment l’existence de vastes réserves de cuivre (parmi les plus grande de l’Eurasie), de fer, de minerai à haute teneur en chrome, d’uranium, de béryl, de baryte, de plomb, de zinc, de fluorine, de bauxite, de lithium, de tantale, d’émeraude, d’or et d’argent (Afghanistan, Mining Annual Review, The Mining Journal,  juin, 1984). Ces études suggèrent que la valeur actuelle de ces réserves pourrait en effet être considérablement plus élevée que l’« estimation » d’un billion de dollars annoncée par l’étude du Pentagone, de l’USGS et de l’USAID.

 

Plus récemment, dans un rapport de 2002, le Kremlin a confirmé ce qui était déjà connu : « Ce n’est pas un secret que l’Afghanistan possède de riches réserves, particulièrement du cuivre au gisement d’Aynak, du minerai de fer à Khojagek, de l’uranium, du minerai polymétallique, du pétrole et du gaz » (RIA Novosti, 6 janvier 2002): 

 

« L’Afghanistan n’a jamais été la colonie de quiconque : aucun étranger n’a jamais « creusé » ici avant 1950. Les minéraux se trouvent dans les montagnes de l’Hindu Kush, s’étendant, avec leurs contreforts, sur une vaste zone en Afghanistan. Dans les 40 dernières années, plusieurs douzaines de gisements ont été découverts dans le pays et la majorité de ces découvertes ont été sensationnelles. Elles sont toutefois demeurées secrètes, mais certains faits ont tout de même été rendus publics récemment.


Il se trouve que l’Afghanistan possède des réserves de métaux ferreux et non-ferreux, et de pierres précieuses qui, si elles étaient exploitées, pourraient possiblement même remplacer les revenus de l’industrie de la drogue. On dit du gisement de cuivre d’Aynak au sud de la province d’Helmand qu’il est le plus grand du continent eurasien et son emplacement (à 40 km de Kaboul) rend son exploitation bon marché. Le gisement de minerai de fer à Hajigak, dans la province centrale de Bamian, offre pour sa part du minerai d’une très grand qualité et dont les réserves sont estimées à 500 000 tonnes. Un gisement de charbon a également été découvert non loin de là.



On dit de l’Afghanistan qu’il est un pays de transit pour le pétrole et le gaz. Toutefois, peu de gens savent que les spécialistes soviétiques y ont découvert d’énormes réserves de gaz dans les années 1960 et ont construit le premier gazoduc du pays pour approvisionner l’Ouzbékistan. À l’époque, l’Union Soviétique recevait annuellement 2,5 billion de mètres cube de gaz afghan. Durant cette même période, on a découvert d’importants gisements d’or, de fluorine, de baryte et de marbre onyx d’une composition très rare.

Cependant, les gisements pegmatitiques découverts à l’est de Kaboul sont véritablement sensationnels. Des gisements de rubis, de béryllium, d’émeraude, de kunzite et d’hiddénite que l’on ne trouve nulle part ailleurs s’étendent sur des centaines de kilomètres. Par ailleurs, les pierres contenant les métaux rares que sont le béryllium, le thorium, le lithium et le tantale sont d’une importance stratégique (on les utilise dans la fabrication d’aéronefs et d’astronefs).
 
La guerre en vaut la peine (Olga Borisova, "Afghanistan - the Emerald Country", Karavan, Almaty, original en russe, traduit par BBC News Services, 26 avril 2002. p. 10, c’est l’auteur qui souligne.)

 

Alors qu’on a nourri l’opinion publique d’images d’un pays en développement déchiré par la guerre et sans ressources, la réalité est tout autre : l’Afghanistan est un pays riche tel que le confirment les études géologiques de l’ère soviétique.

La question des « gisements jusqu’alors méconnus » perpétue un mensonge. La grande richesse minérale est exclue d’un casus belli justifiable. Cet énoncé affirme que le Pentagone a seulement appris récemment que l’Afghanistan faisait partie des pays les plus riches en ressources minérales et qu’il est comparable à la République démocratique du Congo ou l’ex-Zaïre du temps de Mobutu. Les rapports géopolitiques soviétiques étaient connus. Durant la guerre froide, toute cette information était avouée dans les moindres détails :

 

[...] Lors de l’exploration soviétique à grande échelle, de superbes cartes géologiques ont été produites ainsi que des rapports dressant la liste de plus de 1400 affleurements minéraux et d’environ 70 gisements commercialement viables […]

 

L’Union Soviétique a par la suite consacré plus de 650 millions de dollars à l’exploration et au développement de ressources en Afghanistan avec des projets incluant une raffinerie de pétrole capable de produire un demi million de tonnes annuellement, ainsi qu’un complexe métallurgique pour le gisement d’Aynak, lequel devait produire 1,5 millions de tonnes de cuivre par an.

 

Dans la foulée du retrait des Soviétiques, une analyse subséquente de la Banque mondiale projetait que la production de cuivre d’Aynak pourrait éventuellement absorber annuellement à elle seule jusqu’à 2 % du marché mondial. Le pays jouit par ailleurs d’énormes gisements de charbon, dont l’un d’eux, le gisement de fer d’Hajigak dans la chaîne de montagnes de l’Hindu Kush à l’ouest de Kaboul, est jugé comme étant l’un des plus grands gisements à teneur élevée au monde. (John C. K. Daly,  Analysis: Afghanistan's untapped energy, UPI Energy, 24 octobre 2008, c’est l’auteur qui souligne)


 

Le gaz naturel afghan

 

L’Afghanistan est un pont terrestre. L’invasion et l’occupation de l’Afghanistan menée par les États-Unis en 2001 a été analysée par des critiques de la politique étrangère étasunienne comme un moyen de sécuriser le contrôle du couloir de transport stratégique transafghan, liant le bassin de la mer Caspienne et la mer d’Oman.


  http://mapage.noos.fr/alalsace/AfghanOil.jpg

 

Plusieurs projets de pipelines et de gazoducs transafghans ont été envisagés, dont le projet de pipeline TAPI (Turkménistan, Afghanistan, Pakistan, Inde) de 1900 km et d’une valeur de 8 milliards de dollars, lequel transporterait le gaz naturel turkmène par l’Afghanistan dans ce que l’on a décrit comme un « couloir de transit crucial ». (Voir Gary Olson, Afghanistan has never been the 'good and necessary' war; it's about control of oil, The Morning Call, 1er octobre, 2009).

 

L’escalade militaire dans le cadre de la guerre étendue d’« Afpak » est liée au TAPI. Le Turkménistan possède la troisième plus grande réserve de gaz naturel après la Russie et l’Iran. Le contrôle stratégique des voies de transport sortant du Turkménistan fait partie des plans de Washington depuis l’effondrement de l’Union Soviétique en 1991.

 

Cependant, on a rarement considéré dans la géopolitique des pipelines que l’Afghanistan est non seulement voisin de pays riches en pétrole et en gaz naturel, (par exemple le Turkménistan), mais qu’il possède aussi sur son territoire d’assez grandes réserves inexploitées de gaz naturel, de charbon et de pétrole. Dans les années 1970, les Soviétiques évaluaient « les réserves gazières afghanes "explorées" (confirmées ou probables) à environ 5 billions de pieds cube. Les réserves initiales d’Hodja-Gugerdag étaient évaluées à un peu moins de 2 billions de pieds cube » (Voir, The Soviet Union to retain influence in Afghanistan, Oil & Gas Journal,  2 mai, 1988).

 

L'Agence d'Information sur l'Énergie (Energy Information Administration ou EIA) a reconnu en 2008 que les réserves de gaz naturel d’Afghanistan sont « substantielles » :

 

« Puisque le nord de l’Afghanistan est "une extension du sud du bassin centrasiatique très fécond d’Amu Darya, susceptible de contenir du gaz naturel", l’Afghanistan possède des réserves de gaz naturel confirmées et probables d’environ 5 billions de pieds cube. » (UPI, John C.K. Daly, Analysis: Afghanistan's untapped energy, 24 octobre, 2008)

 

Dès le début de la guerre soviéto-afghane en 1979, l’objectif de Washington a été de conserver un point d’ancrage géopolitique en Asie centrale.


 

Le trafic de drogue du Croissant d’or

 

La guerre clandestine des États-Unis, à savoir son soutien aux moudjahidines, « combattants de la liberté » (alias Al Qaida), était également destinée au développement du trafic des opiacés du Croissant d’or, utilisé par les services de renseignement étasuniens afin de financer l’insurrection contre les Soviétiques [1].

 

Instauré au début de la guerre soviéto-afghane et protégé par la CIA, le trafic de drogue est devenu au fil des ans une entreprise extrêmement lucrative de plusieurs milliards de dollars. Il s’agissait de la pierre angulaire de la guerre clandestine étasunienne dans les années 1980. Aujourd’hui, sous l’occupation militaire des États-Unis et de l’OTAN, le trafic de drogue génère des revenus monétaires de plus de 200 milliards de dollars dans les marchés occidentaux. (Voir Michel Chossudovsky, America's War on Terrorism, Global Research, Montreal, 2005, voir aussi Michel Chossudovsky, Heroin is "Good for Your Health": Occupation Forces support Afghan Narcotics Trade, Global Research, 29 avril 2007)


 

Vers une économie de pillage

 

En chœur, les médias étasuniens ont confirmé que la « récente découverte » des richesses minérales afghanes constitue « une solution » au développement de l’économie du pays, décimée par la guerre, ainsi qu’un moyen d’éliminer la pauvreté. L’invasion des États-Unis et de l’OTAN en 2001 ainsi que l’occupation, ont préparé le terrain pour l’appropriation de ces richesses par les conglomérats miniers et énergétiques occidentaux.



La guerre contre l’Afghanistan est une « guerre de ressources » à but lucratif

 

Sous l’occupation des États-Unis et des alliés, cette richesse minérale est vouée à être pillée par une poignée de conglomérats miniers multinationaux une fois que le pays sera pacifié. Selon les écrits d’Olga Borisova suivant l’invasion d’octobre 2001, « la guerre contre le terrorisme », menée par les États-Unis, « [sera transformée] en politique coloniale influençant un pays formidablement riche ». (Borisova, op cit).

 

Une partie du plan des États-Unis et de l’OTAN est également de prendre tôt ou tard possession des réserves de gaz naturel de l’Afghanistan, ainsi que de prévenir le développement des intérêts énergétiques russes, iraniens et chinois dans le pays.

Pour voir la carte des ressurces minières, cliquez ici.

Note

 

1. Le trafic des opiacés du Croissant d’or constitue à l’heure actuelle la pièce maîtresse de l’économie d’exportation de l’Afghanistan. Le trafic d’héroïne, institué au début de la guerre soviéto-afghane en 1979 et protégé par la CIA, génère des revenus monétaires dépassant les 200 milliards de dollars par an dans les marchés occidentaux.

 

Depuis l’invasion de 2001, la production de narcotiques en Afghanistan s’est accrue de plus de 35 fois. En 2009, la production d’opium se chiffrait à 6900 tonnes, comparativement à moins de 200 tonnes en 2001. À cet égard, les revenus de plusieurs milliards de dollars résultant de la production afghane d’opium sont générés en grande partie à l’extérieur du pays. D’après les données des Nations Unies, les revenus du trafic de drogue revenant à l’économie locale sont de l’ordre de 2 à 3 milliards annuellement, comparativement aux ventes mondiales d’héroïne provenant du trafic d’opiacés afghans, lesquelles dépassent 200 milliards. (Voir Michel Chossudovsky, America's War on Terrorism", Global Research, Montréal, 2005)

 

Titre original: Les vastes réserves afghanes de gaz naturel et de pétrole : « la guerre en vaut la peine »

 

Article original en anglais, "The War is Worth Waging": Afghanistan's Vast Reserves of Minerals and Natural Gas, The War on Afghanistan is a Profit driven "Resource War" publié le 16 juin 2010.

Traduction par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

 
Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur d'économie à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).    


Dessins: http://ehsmanager.blogspot.com, http://mapage.noos.fr

 

Articles liés:U.S. Identifies Vast Riches of Minerals in Afghanistan

Petraeus signals escalation of US military violence in Afghanistan


Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-gaz-naturel-petrole-et-lithium-en-afghanistan-la-guerre-en-vaut-la-peine-par-michel-chossudovsky-53195561.html

 

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