25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 15:09

Internationalnews 25/11/201

   

Quelque 7.600 milliards de dollars sont détenus par des particuliers dans des paradis fiscaux, affirme une étude parue dans le Journal Of Economic Perspectives.

Les ménages européens y cumulent 2.600 milliards de dollars à eux seuls.

Grabiel Zacman estime à "190 milliards" d'euros par an la perte en recettes fiscales essuyée par les États. 

 

 

La Tribune 25/11/2014

 

 

Près de trois fois le PIB de la France. C'est le montant de la richesse mondiale détenue par des particuliers dans des paradis fiscaux soit 7.600 milliards de dollars, affirme une récente étude parue dans le Journal of Economic Perspectives. Cela représente 8% des actifs financiers mondiaux.

 

Les Européens, rois de l'évasion


Les ménages européens arrivent les premiers avec quelque 2.600 milliards localisés dans des États qui mêlent faible fiscalité et opacité financière, affirme le Français Grabiel Zucman, professeur assistant à la London School of Economics. Derrière eux, les contribuables asiatiques (1.300 milliards) distancent de peu les Américains (1.200 milliards) qui sont suivis par les particuliers dans les pays du Golfe (700 milliards), affirme l'auteur de La Richesse cachée des nations. Enquête sur les paradis fiscaux (2013).


Grabiel Zacman estime à "190 milliards" par an la perte en recettes fiscales essuyée par les États, au profit "quasi exclusif" des contribuables les plus fortunés.


Lire aussi Paradis fiscaux : le business juteux des plus grosses banques françaises

L'étude ne prend en compte que les actifs financiers et non les biens mobiliers ou immobiliers qui peuvent eux aussi être gardés à l'abri des fisc nationaux.
Titre original: 8% de la richesse mondiale planquée dans les paradis fiscaux
Source de la photo: http://semaphores.info
http://www.internationalnews.fr/article-8-de-la-richesse-mondiale-planquee-dans-les-paradis-fiscaux-125077648.html
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:45

Internationalnews

Wikistrike 19 Novembre 2014

 

Amazon : la réalité des entrepôts
L'un des entrepôts d'Amazon

 

 

"Hands", c'est ainsi qu'Amazon nomme ses salariés : "les mains". Invisibles derrière l'écran lisse de nos ordinateurs, ces "petites mains" contribuent pleinement à faire de la plateforme Internet le numéro un mondial de la vente en ligne. Pour Christian Krähling, salarié sur le site de Bad Hersfeld, le plus grand et le plus ancien des neuf centres qu'Amazon opère en Allemagne, les conditions de travail sont misérables. C'est pour les dénoncer qu'il participe au mouvement de grève lancé par le syndicat Verdi. Rencontre. 

"Franchement, on a l'impression d'être des robots. Le travail est monotone et éreintant. Nos managers nous mettent constamment sous pression. Leurs systèmes informatiques leur indiquent à la seconde près tous nos faits et gestes. Même lorsque nous sommes aux toilettes, raconte Christian Krähling. Et tout ça pour des salaires minimes." En quelques mots, ce solide gaillard de 37 ans, drapeau du syndicat Verdi dans les mains, a tôt fait de résumer les revendications des quelque 600 salariés (chiffre Verdi) en grève ce jour-là sur le site d'Amazon à Bad Hersfeld (Land de Hesse). 



Quatre fois plus d'arrêts maladie que la moyenne nationale 

Planté devant les fenêtres de la direction du site, se sachant observé par les managers, il ne se laisse pas pour autant intimider. Et n'hésite pas à se faire le porte-parole des grévistes n'osant pas s'exprimer devant la presse. Il poursuit: "On paie notre travail avec notre santé. Dans l'entrepôt FRA-1(1), il n'y a pas de fenêtre. Avant que la direction n'installe des climatiseurs, il y faisait 40°C l'été, les gens s'évanouissaient." Birgit Reich, déléguée syndicale chez Verdi, rapporte elle aussi de nombreux cas d'évanouissement sur les sites du groupe. Elle précise que
le taux d'arrêts maladie se situe chez Amazon entre 15 et 19% . Un record ! La moyenne nationale oscille entre 4 et 6% (chiffres valables pour la branche du commerce)... 

Christian prend l'exemple des "pickers", ceux qui collectent les objets commandés en parcourant les kilomètres de rayonnages. Ils sont équipés d'un scanner qui leur indique le produit à aller chercher et le nombre de secondes qui leur est imparti."Le scanner fait bip en permanence, c'est un compte à rebours perpétuel. Ils parcourent entre 15 et 30 km par jour", rapporte-t-il. Le site de Bad Hersfeld comprend deux entrepôts: FRA-1 fait 42000 m2, soit sept terrains de football. Le deuxième, FRA-3, occupe, lui... 110000 m2, soit 17 terrains de football. Que se passe-t-il lorsque le picker dépasse le nombre de secondes imparti ? Remontrance ou "feedback" dans le jargon d'Amazon. Mais gare à ne pas en amasser trop. 

"Nous ne sommes pas seulement des mains, mais des personnes" 

Ce que raconte Christian n'est pas une originalité de Bad Hersfeld. "Tout est standardisé chez Amazon. C'est la même chose ailleurs en Europe." Le 5 décembre 2013, 
la BBC diffusait un documentaire tourné en secret sur le site du groupe au Pays de Galles. "Je n'ai jamais vu un travail pareil, susurre le journaliste dans la caméra cachée. La pression est juste incroyable." En France, le journaliste Jean-Baptiste Malet les décrit dans son ouvrage En Amazonie(2).  

 

L'universitaire Simon Head, membre du Rothermere American Institute à l'université d'Oxford, d

Ce qui revient comme un leitmotiv: ces conditions de travail qui font scandale en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne ont été conçues dans l'optique d'un rendement maximal. Aucune place n'est faite à l'humain. Tout est standardisé, informatisé. Et plus que les revendications salariales, ce qui touche au vif Christian et ses collègues, c'est le manque de reconnaissance face au travail fourni. 

"En faisant grève, ce n'est pas la lutte des classes que l'on cherche, mais le respect envers les gens qui travaillent chez Amazon. Et ça commence par des conditions de travail décentes et une rémunération correcte. Parce que nous ne sommes pas seulement des mains, mais des personnes." 

La "stratégie des piqûres d'aiguilles" du syndicat Verdi contre le géant Amazon 

Au mur, des coupures de journaux sur Amazon. Des lettres officielles adressées à la direction. Des tracts aux couleurs de Verdi. Heiner Reimann, secrétaire syndicale, reçoit dans son (petit) bureau, installé dans la Maison des syndicats à Francfort. "Chez Amazon, la technologie informatique la plus moderne côtoie un mépris incroyable envers l'humain", rapporte-t-il. Loquace, extraverti, il connaît les rouages du géant américain comme personne. "L'entreprise a été conçue par des informaticiens et le concept même de relations humaines ne passe tout simplement pas dans les systèmes qu'ils développent. Une femme de 63 ans devra fournir le même travail physique qu'un homme de 30. Nos revendications ne sont pas uniquement salariales: nous cherchons à ce que la direction s'humanise." 


80 syndiqués au départ, ils sont plus de 1 000 aujourd'hui 

Avant de pouvoir faire grève, encore faut-il que les salariés soient syndiqués, fait remarquer le syndicaliste. Problème: en février 2011, Verdi ne comptait que 79 membres sur le site de Bad Hersfeld. Aujourd'hui, Amazon y emploie environ 3700 personnes, dont 2100 en CDD. Et les syndiqués ? "Ils sont plus de 1000." Heiner Reimann et son collègue Julian Jaedicke ont été détachés en 2011 par Verdi pour implanter et accompagner une action syndicale sur le site de Bad Hersfeld. "Notre premier souci a été de prendre contact avec les salariés du site alors que dans leur grande majorité, ils se méfiaient des syndicalistes. Pour briser la glace, il fallait connaître leurs problèmes." 

Et c'est ce qui est arrivé, quelques jours avant Pâques 2011. Le binôme s'est planté devant les portes de l'entrepôt, des bacs transparents derrière eux. Les salariés étaient invités à y verser leurs doléances de manière anonyme. Le succès fut retentissant. Trois problèmes ont alors été identifiés: des salaires trop bas, un énorme stress au travail et le manque de respect de la direction envers les salariés. Le travail syndical pouvait commencer. Les grèves aussi. 

Un tactique qui a montré son efficacité 

Une piqûre d'aiguille ne fait pas mal. Mais quand elle est répétée, continuellement, elle devient douloureuse et exaspérante. C'est l'image utilisée par Heiner Reimann pour décrire l'action de son syndicat. "Vu de l'extérieur, on ne reconnaît pas forcément que c'est un mouvement de grève. L'activité du site n'est pas paralysée, la grève dure quelques jours. On titille. Mais on titille régulièrement." 

Le syndicaliste sait combien cette tactique peut s'avérer fructueuse : il l'a mise en œuvre chez Ikea. Au bout de dix ans d'actions continues, le géant du meuble suédois a finalement accepté la signature d'une convention collective, ce que le syndicat cherche à obtenir d'Amazon. Heiner Reimann a été cariste pendant 16 ans chez Ikea, dont 12 en tant que délégué du personnel. Il a par ailleurs suivi une formation de droit en cours du soir. Il sait parler en public et connaît la législation du travail sur le bout des doigts - des atouts plus qu'utiles pour argumenter contre le Goliath de la vente en ligne. 

Course-poursuite dans les rayonnages 

Le syndicaliste se montre volontiers iconoclaste en matière d'actions syndicales. Un exemple: l'action "post-it" qu'il a imaginée. "Nos militants collaient des post-it partout dans l'entrepôt. Dessus, ils ont fait écrire par leurs enfants, pour qu'on ne reconnaisse pas leur écriture, une question qui pointait une entrave à la législation du travail." Et le résultat ? "C'était plus que comique. On assistait à une course-poursuite entre le management et les militants dans les rayonnages. Ils couraient arracher ces post-it le plus vite possible. Et puis hop, les petites feuilles réapparaissaient ailleurs." 

Des actions simples, répétées et innovantes, beaucoup de ténacité et un fort sentiment de collectif, ce sont avec ces mots que Heiner Reimann résume son action: "Nous faisons un travail de longue haleine. Nous ne voulons pas tirer toutes nos cartouches d'un coup." 

Notes : 

(1) L'acronyme renvoie à l'aéroport le plus proche, en l'occurrence celui de Francfort. 

(2) "En Amazonie", Fayard, 2013. Voir également l'article paru dans 
"Le Monde Diplomatique"

 

 

http://www.internationalnews.fr/article-amazon-la-triste-realite-des-entrepots-125037890.html

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 17:06

Internationalnews

Spécial Investigation

 

Afin de faire face à des problèmes de compétitivité, certaines compagnies aériennes "low cost" parviennent à contourner le code du travail pour embaucher du personnel naviguant commercial en ne payant qu'une partie du temps de travail.

 

Les stewards et les hôtesses de l'air sont ainsi rémunérés seulement durant les heures de vol. Par ailleurs, les stagiaires représentent pour les chefs d'entreprises une main d'œuvre motivée et corvéable à merci.

 

Depuis la crise de 2008, leur nombre a explosé dans l'Hexagone, passant de 800 000 à 1,5 million. La législation permet aux entreprises d'embaucher des stagiaires gratuitement pour une période n'excédant pas deux mois. Au-delà, ils sont payés 436 euros par mois. 

Ajoutée le 30 août 2014

 

 

http://www.internationalnews.fr/article-travailler-plus-pour-gagner-rien-reportage-sur-l-exploitation-chez-disney-ryan-air-124765604.html

 

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 08:04

Internationalnews

 

CADTM

 

 

Résumé : Depuis l’éclatement de la crise bancaire en 2007, les banques centrales des pays les plus industrialisés prêtent massivement aux banques à des taux d’intérêt très bas afin d’éviter des faillites, permettant aux grandes banques qui en bénéficient d’économiser des sommes considérables en termes de remboursement des intérêts.


La Fed achète massivement aux banques des États-Unis des produits structurés hypothécaires, la BCE n’achète pas jusqu’ici de produits structurés mais elle accepte que les banques les déposent comme collatéraux, autrement dit comme garantie, des prêts qu’elle leur octroie.


Les gouvernements, quant à eux, apportent leurs garanties et injectent massivement des capitaux afin de recapitaliser les banques.


Les banques systémiques savent qu’en cas de problème, du fait de leur taille et du risque que représenterait la faillite de l’une d’elles (« too big to fail »), elles pourront compter sur le soutien des États qui les renfloueront sans sourciller.


Les gouvernements empruntent sur les marchés financiers en émettant des titres de la dette publique souveraine. Ils confient la vente de ces titres aux grandes banques privées. Les banques bénéficient par ailleurs de baisse d’impôts sur les bénéfices.


De plus, au sein de la zone euro, les banques jouissent du monopole du crédit destiné au secteur public.


À partir de 2007, les gouvernements et les banques centrales des pays occidentaux les plus industrialisés plongés dans la plus grande crise économique depuis les années 1930 ont donné la priorité absolue au sauvetage des banques privées et au système financier qui les entoure (sociétés d’assurances, fonds de placement, fonds de pensions privés…) |1|. Le sauvetage des banques est réalisé aux dépens de l’écrasante majorité de la population (les 99 %). Les pouvoirs publics ont tout fait pour maintenir les principaux privilèges des banques privées et pour laisser intact leur pouvoir. Le coût du sauvetage est énorme : explosion de la dette publique, perte de recettes fiscales, forte restriction des prêts aux ménages et aux PME, poursuite des activités spéculatives et aventureuses qui, dans certains cas, ont nécessité de nouveaux sauvetages coûteux.


Les prêts massifs des banques centrales aux banques privées


Depuis l’éclatement de la crise bancaire en 2007, les grandes banques centrales des pays les plus industrialisés (BCE, Banque d’Angleterre, Fed aux États-Unis, Banque nationale de Suisse, Banque du Japon) prêtent massivement aux banques à des taux d’intérêt très bas afin d’éviter des faillites. Sans cette ligne de crédit illimitée, une grande partie des banques serait en cessation de paiement car les sources habituelles de financement se sont taries, les prêts interbancaires ont fondu (car les banques se méfient les unes des autres), les ventes d’obligations bancaires sont très faibles, et les prêts au jour le jour assurés par les money market funds sont aléatoires (voir encadré). Le cumul des prêts des banques centrales aux banques privées depuis 2007 dépasse de loin la somme de 20 000 milliards de dollars. Comme cette manne de crédits est prêtée à un taux d’intérêt très bas, cela permet aux grandes banques qui en bénéficient d’économiser des sommes considérables en termes de remboursement des intérêts.


Qu’est-ce que les Money Market Funds ?


Les Money Market Funds (MMF) sont des sociétés financières des États-Unis et d’Europe, très peu ou pas du tout contrôlées ni réglementées car elles n’ont pas de licence bancaire. Ils font partie du shadow banking, la banque de l’ombre. En théorie, les MMF mènent une politique prudente mais la réalité est bien différente. L’administration Obama envisage de les réglementer car, en cas de faillite d’un MMF, le risque de devoir utiliser des deniers publics pour les sauver est très élevé. Les MMF suscitent beaucoup d’inquiétude vu les fonds considérables qu’ils gèrent et la chute depuis 2008 de leur marge de profit. En 2012, les MMF états-uniens maniaient 2 700 milliards de dollars de fonds, contre 3 800 milliards en 2008. En tant que fonds d’investissement, les MMF collectent les capitaux des investisseurs (banques, fonds de pension…).

 

Cette épargne est ensuite prêtée à très court terme, souvent au jour le jour, à des banques, des entreprises et des États. Dans les années 2000, le financement par les MMF est devenu une composante importante du financement à court terme des banques.

 

Parmi les principaux fonds, on trouve Prime Money Market Fund, créé par la principale banque des États-Unis JP Morgan, qui gérait, en 2012, 115 milliards de dollars. La même année, Wells Fargo, la 4e banque aux États-Unis, gérait un MMF de 24 milliards de dollars. Goldman Sachs, la 5e banque, contrôlait un MMF de 25 milliards de dollars. Sur le marché des MMF en euros, on trouve de nouveau des sociétés états-uniennes : JP Morgan (avec 18 milliards d’euros), Black Rock (11,5 milliards), Goldman Sachs (10 milliards) et des européennes avec principalement BNP Paribas (7,4 milliards) et Deutsche Bank (11,3 milliards) toujours pour l’année 2012.

 

Certains MMF opèrent également avec des livres sterling. Bien que Michel Barnier, commissaire européen en charge des marchés financiers, ait annoncé vouloir réglementer le secteur, jusqu’à aujourd’hui rien n’a été mis en place. Encore des déclarations d’intention qui ne sont pas suivies d’effet |2|.


L’agence de notation Moody’s a calculé que pendant la période 2007-2009, 62 MMF ont dû être sauvés de la faillite par les banques ou les fonds de pensions qui les avaient créés. Il s’agit de 36 MMF opérant aux États-Unis et 26 en Europe, pour un coût total de 12,1 milliards de dollars. Entre 1980 et 2007, 146 MMF ont été sauvés par leurs sponsors. En 2010-2011, toujours selon Moody’s, 20 MMF ont été renfloués |3|. Cela montre à quel point ils peuvent mettre en danger la stabilité du système financier privé.


En dehors de ces financements directs, les banques centrales utilisent d’autres moyens pour venir en aide aux banques privées.


Ainsi, la Fed achète massivement aux banques des États-Unis des produits structurés hypothécaires (Mortgage Backed Securities). Entre 2008 et début 2014, elle en a acheté pour un peu plus de 1 500 milliards de dollars |4|. En 2012-2013, elle a acheté chaque mois aux banques et aux agences immobilières |5| qui garantissent les crédits hypothécaires pour 40 milliards de dollars de ces produits largement toxiques, afin de les soulager de ce fardeau. Fin 2013, elle a commencé à réduire ces achats qui s’élevaient en mars 2014 à 35 milliards de dollars par mois. En octobre 2014, la Fed détiendra 1 700 milliards $ de MBS soit environ 21 % du volume total de ces produits toxiques |6| . C’est énorme.


La BCE n’achète pas de produits structurés mais elle accepte que les banques les déposent comme collatéraux, autrement dit comme garantie, des prêts qu’elle leur octroie. Pendant la période 2010-2013, la quantité de produits structurés (ABS) déposés par les banques auprès de la BCE a oscillé entre 325 et 490 milliards d’euros.


La BCE achète également des obligations (covered bonds) émises par les banques privées pour se financer |7|. Il s’agit d’une aide fort importante de la BCE aux banques qui rencontrent de graves problèmes pour se financer sur les marchés. Cette aide est carrément passée sous silence dans les médias.

 

Depuis l’éclatement de la crise, la BCE a acheté pour 76 milliards d’euros de covered bonds, 22 milliards sur le marché primaire et 54 milliards sur le marché secondaire.

 

Il faut souligner que la BCE a acheté notamment des covered bonds qui ont une mauvaise notation (BBB-), ce qui veut dire que les agences de notation n’avaient pas confiance dans la santé des banques qui les ont émis. À la date du 18 mars 2014, la BCE détenait pour 52 milliards d’euros de covered bonds des banques. C’est un montant très important si on le compare au volume des émissions de ces obligations par les banques. En 2013, il ne s’est élevé qu’à 166 milliards d’euros, en chute de 50 % par rapport à 2011 |8|.


Partie 1
Partie 2
Partie 3

Notes

|1| Au Japon, le gouvernement et la banque centrale avaient fait de même à partir de l’éclatement de la bulle immobilière et de la crise bancaire au début des années 1990. Voir Daniel Munevar, « Décennies perdues au Japon », in Damien Millet et Éric Toussaint, La dette ou la vie, Aden-CADTM, 2011, chapitre 15.

|2| Financial Times, « EU shadow banking plan rapped », 26 mars 2012 ; « MMF lose worth in low interest rate world », 10 septembre 2012 ; « EU abandons reform on money market funds” » 10 mars 2014.

|3| Financial Times, « 20 money market funds rescued », 21 octobre 2013.

|4| Fin janvier 2014, le bilan de la FED était supérieur à 4 000 milliards de dollars : 2 228 milliards de bons du Trésor et 1 586 milliards de créances hypothécaires titrisées (MBS).

|5| Fannie Mae, Freddie Mac et Ginnie Mae.

|6| Natixis, EcoHebdo, 25 juillet 2014, N°29, http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=78192

|7| La banque Natixis, qui est évidemment, comme toutes les banques, très favorable à ces achats, a publié un rapport enthousiaste sur la question dès 2009 : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=46663

|8| L’émission de covered bonds par les banques en 2013 a été la plus faible depuis 1996 ! Comparé à 2011, elle a baissé de plus de 50 %. En 2011, l’émission des covered bonds s’était élevée à 370 milliards de dollars tandis qu’en 2013, elle représentait à peine 166 milliards de dollars. Voir Financial Times, « Europe covered bond issues slump », 27 novembre 2013.

 

21 août 2014

 

 

Source de la photo



Éric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, Aden, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010.

 

Tous les articles sur l'économie et les banksters:


Economie/Economy

Photo: elunet.fr

 

http://www.internationalnews.fr/article-les-cadeaux-et-aides-des-gouvernements-aux-grandes-banques-par-eric-toussaint-cadtm-privees-124449097.html

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 08:10

Internationalnews

 

Clap36 via Mecanoblog

 

« Les droits humains sont supérieurs aux droits des créanciers"

bonfond

 

Il n’est pas normal que la question de la dette ne soit pas débattue publiquement. Il y a des dettes illégales quand il y a eu truandage évident…

 

Est-t-il légitime que les citoyens belges qui n’y sont pour rien soient obligés de rembourser ?

 

On dit toujours dans les médias que si on ne rembourse pas, on court à la catastrophe : il faut regarder des exemples comme l’Islande, qui a décidé de ne pas rembourser l’entièreté des dettes privées qui avaient été nationalisées, et maintenant, ce pays va avoir le meilleur taux de croissance de la région et se fait féliciter par le FMI pour avoir fait l’inverse de ce qu’il préconisait…

 

Mais il y a d’autres exemples très intéressants comme l’Equateur, l’Argentine, qui montrent qu’il y a des pays qui peuvent vivre mieux en refusant de se soumettre à la logique de la dette. C’est aujourd’hui, la catastrophe : l’austérité à vie et le remboursement de la dette illégitime, ça ne marche pas !

 

Olivier Bonfond est un économiste et conseiller au CEPAG. Il a publié un livre intitulé « Et si on arrêtait de payer ? 10 Questions/Réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité » aux éditions Aden.

 

 

 

3 mars 2014

 

http://www.internationalnews.fr/article-et-si-on-arretait-de-payer-video-3-mars-2013-par-bao-dans-economie-finance-123365252.html

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 07:32

Internationalnews

18 avril 2014


 

Global Research, avril 16, 2014

Le cas de la banque britannique HSBC constitue un exemple supplémentaire de la doctrine « trop grandes pour être incarcérées » |1|. En 2014, le groupe mondial HSBC emploie 260 000 personnes, est présent dans 75 pays et déclare 54 millions de clients |2|.

 

Au cours de la dernière décennie, HSBC a collaboré avec les cartels de la drogue du Mexique et de Colombie, responsables de (dizaines de) milliers d’assassinats avec armes à feu, dans le blanchiment d’argent pour un montant d’environ 880 milliards de dollars |3|.

 

Les relations commerciales de la banque britannique avec les cartels de la drogue ont perduré malgré les dizaines de notifications et d’avertissements de différentes agences gouvernementales des États-Unis (dont l’OCC -Office of the Comptroller of the Currency-).

 

Les bénéfices obtenus ont non seulement conduit HSBC à ignorer les avertissements mais, qui plus est, à ouvrir des guichets spéciaux dans ses locaux à Mexico où les narcotrafiquants pouvaient déposer des caisses emplies d’argent liquide, pour faciliter le processus de blanchiment |4|. Malgré l’attitude ouvertement provocante de HSBC envers la loi, les conséquences légales de sa collaboration directe avec des organisations criminelles furent pratiquement nulles.

 

En décembre 2012, HSBC dut payer une amende de 1,9 milliard de dollars – soit l’équivalent d’une semaine de recettes de la banque – pour clore l’affaire de blanchiment. Pas un seul dirigeant ou employé n’a fait l’objet de poursuites criminelles, bien que la collaboration avec des organisations terroristes ou la participation à des activités liées au narcotrafic sont passibles de cinq ans de prison. Être dirigeant d’une grande banque donne carte blanche pour faciliter, en toute impunité, le trafic de drogues dures ou d’autres crimes.


L’International Herald Tribune (IHT) a mené une enquête pour connaître quels débats avaient eu lieu au sein du département de la Justice. Selon les informations obtenues par le journal, plusieurs procureurs voulaient que HBSC plaide coupable et reconnaisse ainsi qu’elle avait violé la loi qui l’obligeait à informer les autorités de l’existence de transactions supérieures à 10 000 dollars, identifiées comme douteuses.

 

Cela aurait dû entraîner le retrait de la licence bancaire et la fin des activités de HSBC aux États-Unis. Après plusieurs mois de discussion, une majorité de procureurs prit une autre voie et décida qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre la banque pour activités criminelles car il fallait éviter sa fermeture. Il convenait même d’éviter de trop ternir son image |5|.

 

L’amende mineure de 1,9 milliard de dollars est assortie d’une sorte de période de probation : si, entre 2013 et 2018, les autorités ont la preuve qu’HSBC n’a pas mis fin définitivement aux pratiques qui ont entraîné la sanction (ce n’est pas une condamnation), le département de la Justice pourrait envisager de rouvrir le dossier. Bref, la mesure peut être résumée par : « Vilain garnement, file-nous une semaine de ta paie et qu’on ne t’y reprenne pas pendant 5 ans ». Nous avons bien là un exemple évident de la formule « trop grande pour être condamnée ».


En juillet 2013, lors d’une commission sénatoriale qui portait sur l’affaire HSBC, Elizabeth Warren, une sénatrice démocrate de l’État du Massachusetts, a mis sur le grill David Cohen, représentant le ministère des Finances, au sein duquel il occupe le poste de sous-secrétaire responsable de la lutte contre le terrorisme et l’espionnage financier. Elle a tenu grosso modo les propos suivant : « Le gouvernement des États-Unis prend très au sérieux le blanchiment d’argent (…). Il est possible de fermer une banque qui s’est engagée dans le blanchiment d’argent, des individus peuvent se voir interdire un métier ou une activité dans la finance, et quelqu’un peut être envoyé en prison.

 

Or en décembre 2012, HSBC… a avoué avoir blanchi 881 milliards $ des cartels mexicains et colombiens de la drogue, la banque a également admis avoir violé les sanctions. HSBC ne l’a pas fait qu’une seule fois, elle l’a fait de manière répétée. HSBC a payé une amende mais aucun individu n’a été banni du métier bancaire et on n’a pas entendu parler d’une possible fermeture des activités de HSBC aux États-Unis. Je voudrais que vous répondiez à la question suivante : combien de milliards de dollars une banque doit-elle blanchir avant qu’on considère la possibilité de la fermer  ? »

 

Le représentant du Trésor a botté en touche en disant que le dossier était trop complexe pour émettre un avis |6|. La sénatrice a poursuivi en déclarant que lorsqu’un petit vendeur de cocaïne est pincé, il se retrouve pour des années en prison tandis qu’un banquier qui blanchit des milliards de dollars de la drogue peut rentrer tranquillement chez lui sans rien craindre de la justice. Cet extrait de l’audience est disponible en vidéo et vaut la peine d’être visionné |7|.

Stephen Green, patron de HSBC (2003-2010) devenu ministre britannique du Commerce (2011-2013), une figure emblématique


La biographie de Stephen Green constitue une illustration vivante de la relation symbiotique entre la finance et le gouvernement. Cela va même plus loin car il ne s’est pas contenté de servir au mieux les intérêts du grand capital, en tant que banquier puis ministre, il est également prêtre de l’église officielle anglicane et a écrit deux livres sur l’éthique et les affaires, dont un est intitulé « Servir Dieu ? Servir Mammon ? » |8|. Le titre du livre renvoie notamment au nouveau testament : « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : car toujours il haïra l’un et aimera l’autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon » |9|. Mammon représente la richesse, l’avarice, le profit, le trésor. On retrouve ce mot en araméen, en hébreu, en phénicien. Parfois Mammon est assimilé à Satan. Quant à Stephen Green, il est honoré par les plus hautes autorités universitaires et est manifestement intouchable.


Passons en revue quelques éléments de sa biographie. Il commence sa carrière au ministère britannique du Développement d’outremer, puis il passe dans le privé et travaille pour le consultant international McKinsey. En 1982, il est engagé par HSBC (Hong Kong Shanghai Banking Corporation), la principale banque britannique, et y occupe rapidement des fonctions à haute responsabilité. Finalement, en 2003, il devient directeur exécutif de HSBC et, en 2006, il accède à la présidence du groupe où il reste jusqu’en 2010.


Les accusations qui sont portées par les autorités américaines en matière de blanchiment de 881 milliards de dollars de l’argent des cartels de la drogue et d’autres organisations criminelles portent sur la période 2003-2010.

 

Selon le rapport de 334 pages rendu public par une commission du Sénat américain en 2012, Stephen Green, dès 2005, est informé par un employé de la banque que des mécanismes de blanchiment ont été mis en place dans HSBC au Mexique et que de multiples opérations douteuses ont lieu. Toujours en 2005, l’agence financière Bloomberg basée à New York accuse HSBC de blanchiment d’argent de la drogue. Stephen Green répond qu’il s’agit d’une attaque irresponsable et sans fondement qui met en cause la réputation d’une grande banque internationale au-dessus de tout soupçon. En 2008, une agence fédérale des États-Unis communique à Stephen Green que les autorités mexicaines ont découvert l’existence d’opérations de blanchiment réalisées par HSBC Mexique et une de ses filiales dans un paradis fiscal de la Caraïbe (« Cayman Islands Branch »).

 

L’agence ajoute que cela peut impliquer une responsabilité pénale pour HSBC |10|. À partir de ce moment, les autorités états-uniennes de contrôle adressent à la direction de la banque, de manière répétée, des avertissements, souvent assez mous en regard de la gravité des faits. Cette dernière promet de modifier son comportement mais, en réalité, les pratiques criminelles se poursuivent. Finalement, les avertissements sont suivis en octobre 2010 d’une mise en demeure d’arrêter les pratiques délictuelles |11|. Fin 2012, après la présentation publique du rapport de la commission sénatoriale et des mois de débat entre différentes agences de sécurité des États-Unis, une amende de 1,9 milliard de dollars est imposée à HSBC.


Stephen Green est bien placé pour savoir ce que faisait la banque au Mexique, dans les paradis fiscaux, au Moyen-Orient et aux États-Unis car, en plus de conduire l’ensemble du groupe HSBC, il a dirigé par le passé HSBC Bermuda |12| (établie dans un paradis fiscal), HSBC Mexique, HSBC Moyen-Orient. Il a également été président de HSBC Private Banking Holdings (Suisse) SA et de HSBC Amérique du Nord Holdings Inc.


Lorsque le public apprend, dans le courant de l’année 2012, que HSBC va devoir probablement payer une forte amende aux États-Unis pour blanchiment de l’argent des cartels de la drogue, Stephen Green n’est plus le grand patron d’HSBC, il est ministre du gouvernement conservateur-libéral conduit par le premier ministre David Cameron.


Petit retour en arrière pour constater que le timing suivi par Stephen Green a été parfait. Du grand art. En février 2010, il publie le livre intitulé La juste valeur : Réflexions sur la monnaie, la moralité et un monde incertain. Le livre est présenté ainsi au grand public : « Est-ce que quelqu’un peut être à la fois une personne éthique et un homme d’affaires efficace. Stephen Green, à la fois prêtre et président de HSBC, le pense. » |13| On notera évidemment que la « personne éthique et l’homme d’affaires efficace » sont identifiés au « prêtre et président de HSBC ». La publicité est cousue de fil blanc. À la même époque, il reçoit le titre de docteur honoris causa octroyé par la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres.


En octobre 2010, pour la deuxième fois depuis 2003, la justice des États-Unis met en demeure HSBC d’arrêter ses activités criminelles. Le public n’est pas au courant. Il est grand temps pour Stephen Green de quitter le navire. Le 16 novembre 2010, à la demande de David Cameron, il est anobli par la Reine d’Angleterre et devient le « baron » Stephen Green de Hurstpierpoint du Comté du Sussex occidental. Cela ne s’invente pas. Pour un businessman qui a permis de blanchir l’argent des « barons » de la drogue, c’est une belle promotion. À ce titre, il devient membre de la Chambre des Lords le 22 novembre 2010. Vous liriez cela dans un polar, vous vous diriez sans doute que l’auteur exagère.


En décembre 2010, il démissionne de la présidence de HSBC et, en février 2011, il devient ministre du Commerce et de l’Investissement |14|. À ce titre, il met son savoir-faire au service du patronat britannique avec lequel il entretient des relations très fructueuses et étroites puisqu’il occupe depuis mai 2010 le poste de vice-président de la Confédération de l’industrie britannique. Il joue aussi un rôle important dans la promotion de Londres qui se prépare à accueillir les Jeux Olympiques en juillet 2012.

 

C’est le mois au cours duquel une commission du Sénat des États-Unis remet son rapport sur l’affaire HSBC. Stephen Green refuse de répondre à des questions des membres de la chambre des Lords concernant son implication dans ce scandale. Il est protégé par le président du groupe des Lords conservateurs qui explique qu’un ministre n’a pas à venir s’expliquer devant le Parlement pour des affaires étrangères à son ministère |15|.


David Cameron a affirmé en 2013 que Lord Green a réalisé un “superbe job” en intensifiant les efforts du gouvernement britannique pour renforcer les exportations britanniques, pour faire avancer les traités commerciaux et notamment le traité transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis |16|. Lord Green a beaucoup œuvré pour augmenter les ventes d’armes britanniques sur les marchés mondiaux. Il a terminé son mandat de ministre en décembre 2013 et dédie son précieux temps à donner des conférences (certainement très bien rémunérées) et à recevoir les faveurs que lui prodiguent de multiples autorités académiques.

 

Sa carrière n’est certainement pas terminée. Son hypocrisie n’a pas de limites. En mars 2009, alors que HSBC était totalement impliquée dans le blanchiment de l’argent d’organisations criminelles, il a le culot de déclarer lors d’une conférence de presse à propos des responsabilités dans la crise qui a commencé en 2007-2008 : « Ces évènements nous ramènent à la question de l’éthique du secteur financier. C’est comme si, trop souvent, les responsables ne se demandaient plus si leur décision est correcte et ne s’occupaient plus que de sa légalité et de sa conformité aux règlements. Il faut que le secteur retrouve ce sens de ce qui est éthiquement correct comme moteur de ses activités. » |17| C’est ainsi que Stephen Green, gredin et requin au-dessus des lois, s’adresse à des larbins qui vont s’empresser de répercuter ses bonnes paroles dans la grande presse.


Green et tous ceux qui ont organisé le blanchiment d’argent au sein de HSBC doivent répondre de leurs actes en justice et être condamnés sévèrement avec privation de liberté et obligation de réaliser des travaux d’utilité publique. HSBC devrait être fermée et la direction licenciée. Ensuite, le mastodonte HSBC devrait être divisé sous contrôle citoyen en une série de banques publiques de taille moyenne dont les missions devraient être strictement définies et exercées dans le cadre d’un statut de service public.


La suite dans la Partie 4 de la série : Les banques et la doctrine « trop grandes pour être condamnées » : HSBC : une banque au lourd passé. 
À paraître le 21 avril 2014.

Éric Toussaint

Partie 1
Partie 2

Notes

|1| Voir la première partie de cette série : ’Les banques et la nouvelle doctrine Too Big to Jail ’, publié le 9 mars 2014, http://cadtm.org/Les-banques-et-la-nouvelle ; « États-Unis : Les abus des banques dans le secteur immobilier et les expulsions illégales de logement », publié le 4 avril 2014,http://cadtm.org/Etats-Unis-Les-abus-des-banques

|2| Voir son site official : http://www.hsbc.com/about-hsbc

|3| HSBC a également collaboré avec une banque saoudienne identifiée comme participant au financement d’Al Qaida. Par ailleurs, la justice américaine a également accusé la banque d’avoir permis à des pays mis sous embargo ou soumis à d’autres types de sanctions de réaliser des opérations financières et commerciales.

|4| Matt Taibbi, ’Gangster Bankers : Too Big to Jail. How HSBC hooked up with drug traffickers and terrorists. And got away with it’, 14 février 2013, http://www.rollingstone.com/politics/news/gangster-bankers-too-big-to-jail-20130214

|5| IHT, “HSBC to pay $1.92 billion over money laundering”, 12 décembre 2012.

|6| Voir http://www.huffingtonpost.com/2013/03/07/elizabeth-warren-hsbc-money-laundering_n_2830166.html ainsi que http://www.ianfraser.org/hsbcs-drugs-money-laundering-settlement-a-mockery-of-justice-says-sen-warren/

|7| Voir la vidéo de 5 minutes : http://www.youtube.com/watch?v=fKvGXF7pZAc

|8| Stephen Green, Serving God ? Serving Mammon ?, Marshall Pickering, 1996, 137 pages.
http://books.google.be/books/about/Serving_God_Serving_Mammon.html?id=Mmn_AAAACAAJ&redir_esc=y Voir la recension dithyrambique dans une revue anglicane :http://www.e-n.org.uk/p-212-Serving-God-Serving-Mammon.htm Cette recension se termine par une perle : “For the Christian the markets represent temptation in one of its most powerful forms ; money, wealth, and then power are fairly freely accessible and are attained by many. For some the temptation is too much, for others who keep their eye on that greater treasure in heaven, the markets are also a place where a Christian witness can be maintained ; honesty and integrity can be seen to work. Why, argues the author, should financial markets be left to non-Christians ? The pressures of work are often so great that traders retire very early, often after accumulating considerable wealth. This given opportunities for Christian service later in life. This book will be useful for young Christians considering a career in the City of London, and weighing up various moral dilemmas in the light of Scripture. Not all are equipped to face these temptations.”

|9| Nouveau Testament, Evangile de Matthieu, 6:24

|10| Ned Simons, ’HSBC : Stephen Green Accused Of Hiding From Scandal’,
The Huffington Post UK, 20 juillet 2012, http://www.huffingtonpost.co.uk/2012/07/20/hsbc-scandal-stephen-green-hiding_n_1688622.html et, l’article déjà mentionné de Matt Taibbi, ’Gangster Bankers : Too Big to Jail. How HSBC hooked up with drug traffickers and terrorists. And got away with it’, 14 février 2013, http://www.rollingstone.com/politics/news/gangster-bankers-too-big-to-jail-20130214

|11| Un « cease-and-desist order » est un ordre donné à une personne, une entreprise ou une organisation par un tribunal ou une agence du gouvernement des Etats-Unis afin de stopper une activité considérée comme dommageable et/ou contraire à la loi. Le premier « cease-and-desist order » remonte aussi loin qu’avril 2003 et concerne des comptes bancaires servant à des financements d’organisations terroristes dont Al Qaida.

|12http://en.wikipedia.org/wiki/Bank_of_Bermuda et le site officiel de la banque HSBC aux Bermudeshttp://www.hsbc.bm/1/2/

|13| Stephen Green, Good Value : Reflections on Money, Morality and an Uncertain World, Grove Press, 2010, 256 pages
’Can one be both an ethical person and an effective businessperson ? Stephen Green, an ordained priest and the chairman of HSBC, thinks so. ’ in http://www.goodreads.com/book/show/8145234-good-value

|14| Stephen Green annonce que sa charge de ministre ne sera pas rémunérée. Il faut dire que lorsqu’il était président d’HSBC sa paie annuelle s’élevait à 25 millions de livres sterling (41 millions $ ou 30 millions € au taux de change de février 2014) et qu’il a d’autres sources de revenus.

|15| Voir l’article déjà cité de Ned Simons, ’HSBC : Stephen Green Accused Of Hiding From Scandal’,
The Huffington Post UK, 20 juillet 2012, http://www.huffingtonpost.co.uk/2012/07/20/hsbc-scandal-stephen-green-hiding_n_1688622.html Voir aussi : The Guardian, ’Lord Green ’regrets’ HSBC scandal but still refuses to answer questions. Trade minister breaks silence over money laundering scandal that took place while he was running the bank’, 24 juillet 2012,http://www.theguardian.com/business/2012/jul/24/lord-green-hsbc-scandal

|16The Telegraph, Lord Green to retire after reforming UKTI, 19 juin 2013,http://www.telegraph.co.uk/finance/newsbysector/banksandfinance/10130551/Lord-Green-to-retire-after-reforming-UKTI.html « Selon le Premier Ministre, l’ancien patron d’HSBC, Lord Green, aurait accompli un travail remarquable quand il avait amené le gouvernement à se concentrer sur l’exportation et à conclure des partenariats de commerce, dont celui entre l’UE et les États-Unis, et qu’il avait obtenu des investissements essentiels, notamment la reconversion de la centrale de Battersea. »

|17The Independent, ’HSBC in bid to raise £12.5bn’, 9 mars 2009,http://www.independent.co.uk/news/business/news/hsbc-in-bid-to-raise-pound125bn-1635307.html

Éric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Prochain livre : Bancocratie, Aden, 1er semestre 2014

 

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http://www.internationalnews.fr/article-les-barons-de-la-banque-et-de-la-drogue-par-eric-toussaint-123364835.html

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 15:56

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Par Gérard Collet

Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche à la main et maintenant voilà l’incendie.


Jean Jaurès, Vaise, 25 juillet 1914

 

La lecture de l’éditorial de Jacques Attali «  La crise est une guerre comme les autres » dans l’Express du 18 décembre 2013 m’a laissé pantois, mais non sans voix. Il réussit en effet le tour de force d’être à la fois révoltant et décevant.

 

L’auteur nous fait part de son rêve : que nos gouvernants confrontés à « la crise économique » « forment un véritable état-major agissant sans sourciller autour d’un président déterminé. » Puisqu’après tout, selon lui :

« ceux qui savent gagner les guerres de mouvement les plus difficiles s’enlisent dans des conflits économiques et sociaux sans fin… Il faudrait donc apprendre à combattre la crise avec le même acharnement, la même absence de souci de popularité, le même décorum, la même mise en scène, le même vocabulaire que contre un ennemi de l’extérieur. »

Bon, il y a ma colère à lire cet appel à la mobilisation. Dès demain tous les éditorialistes déploreront en chœur le « carnage inutile » de la « Grande Guerre » ; doivent-ils dans le même temps préparer posément les conditions psychologiques de la suivante ?

 

Mais il y a aussi la stupéfaction de trouver sous la plume d’un des penseurs préféré des grands médias des platitudes aussi déconcertantes.


En première lecture, M. Attali n’énonce en effet que des lieux communs que personne ne contesterait tant ils paraissent empreints de bon sens. Non ? Les dirigeants seraient influencés par des groupes de pression catégoriels ? Non ? Les dirigeants devraient compter avec leur électorat ? Non ? Il vaudrait mieux un chef décidé qu’un dirigeant hésitant ? À ce titre le billet n’apporte rien, et aurait plutôt sa place parmi les platitudes des forums fourre-tout, si ce n’était une parfaite maîtrise de l’orthographe. On peut noter au passage quelques raccourcis hardis, telle la fable de la guerre de mouvement gagnée : laquelle, déjà, sans contestation possible ? Quant aux pertes tolérables… tolérables par qui ?


Mais dans son apologie de l’état de guerre (économique bien sûr), M. Attali omet de rappeler que la guerre est avant tout la négation de la démocratie, de la vérité, de la justice, des droits. Et qu’au fond, voilà ce qu’exigerait l’accomplissement du « rêve » qu’il nous confie. Reconnaissons cependant qu’il a l’honnêteté de nous démontrer que les credo économiques dont il est l’un des hérauts nous conduisent droit à cet état permanent.


Remercions le également de nous préparer à l’idée qu’à l’horizon de ce libéralisme émancipateur, producteur incomparable de richesses et seul modèle de civilisation possible, s’annonce le point d’orgue de la lutte de tous contre tous : la vraie guerre. Elle est le filigrane omniprésent des affrontements « économiques » et « géostratégiques ». La guerre économique est un prélude à la « vraie » guerre ; ne manque que la résignation des peuples à cette logique. Dès lors l’univers des penseurs se divise entre ceux qui œuvrent à cette résignation et ceux qui la refusent.


Il paraît un peu faible en revanche, pour ne pas dire élémentaire, de développer ce délicat parallèle en accréditant une fois de plus cette fable faussement naïve et authentiquement partiale d’un intérêt commun indiscutable. La jolie histoire du « même bateau » sur lequel nous serions tous embarqués, tous de Jacques Attali au migrant sans papier en passant par Jérôme Cahuzac et le mineur de Florange.

 

Dans toute guerre, certains s’enrichissent en vendant des canons, en fournissant complaisamment la toile d’Avion, ou encore en dessinant des uniformes. Tandis que les autres meurent engoncés dans lesdits uniformes et face aux canons. Et le partage entre les deux ne se fait jamais au hasard. Sur le Titanic même, archétype de l’allégorie, les officiers défendirent armes à la main l’accès aux chaloupes de première classe et continrent probablement les passagers de troisième classe.


Les difficultés de déclenchement de cette guerre que M. Attali appelle de ses vœux (« on rêve donc d’entendre dire que nous sommes en guerre économique »…) tiennent tout simplement à cette évidence : dans l’injustice croissante où nous conduisent les théories des apprentis sorciers du libéralisme à outrance, aucune « réforme » ne peut être engagée avec un consensus minimum ; les politiques et les économistes ont désormais épuisé le capital de confiance nécessaire. Ne leur reste alors, comme moyen de « gouvernance », que l’état de guerre où « l’union sacrée », éventuellement appuyée par la justice et les tribunaux militaires, permet de faire taire les individus revêches et les forces sociales.


On se prend alors à « rêver » d’intellectuels œuvrant à la civilisation plutôt qu’à la mobilisation belliqueuse. Il y a loin de Poincaré à Jaurès...


Gérard Collet

 

http://www.internationalnews.fr/article-vivement-la-grande-guerre-economique-121899399.html

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 21:46

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© Inconnu
Ce grand enrichissement de cette classe sociale est dû à la hausse des marchés boursiers, alimentée par «  l'argent facile  » et les opérations d'impression d'argent de la part de la Fed américaine et d'autres banques centrales, et ce processus continue de s'intensifier. 

Le lendemain de la publication par Wealth-X de son rapport, Twitter a procédé à son offre publique d'actions, en créant 1 600 «  millionnaires de papier  » en une seule journée, dès lors que, d'après la société d'analyse financière PrivCo, la valeur de ses actions a doublé en quelques heures. Le co-fondateur Evan Williamsde Twitter, a vu ainsi passer sa fortune de 1 milliard à 2,5 milliards de dollars, tandis que l'autre co-fondateur, Jack Dorsey Fellow, a gagné 500 millions de dollars, ce qui a fait grimper sa fortune à 2 milliards $. 

L'étude de Wealth-X reflète bien la croissance parasite du secteur financier dans l'économie mondiale. 

17 % des milliardaires se sont davantage enrichis grâce à la finance, la banque et l'investissement boursier en général (le domaine qui a plus de poids auprès de leurs activités), alors que seulement 8 % des profits sont issus de l'activité industrielle directement. 

Outre l'analyse de la richesse des milliardaires du Monde entier, le rapport fait état des énormes sommes qu'ils dépensent dans les produits de luxe. Le plus riches du Monde ont acquis des yachts, des jets privés, des œuvres-d'art, des antiquités, des articles de mode, des bijoux et des voitures de collection pour une somme de 126 milliards de dollars, une somme supérieure au produit intérieur brut du Bangladesh, un pays de 150 millions d'habitants.
Selon Wealth-X, les 2 170 milliardaires dans le Monde possèdent l'équivalent de 48 milliards de dollars en yachts, d'une valeur moyenne de 22 millions de dollars chacun. 

Pour mettre ce chiffre en perspective, il convient de se rappeler que l'ONU a estimé que l'éradication de la faim dans le Monde nécessiterait un investissement de 30 milliards de dollars par an . 

Le rapport estime également que les actifs immobiliers de milliardaires s'élèvent à 169 milliards de dollars, soit une moyenne de 78 millions par personne . 

En dépit de leur mobilité, les milliardaires du monde entier se rassemblent autour des grandes villes financières comme New York, qui compte 96 milliardaires, suivie par Hong Kong avec 75 milliardaires , puis Moscou et Londres avec 74 et 67 milliardaires. 

Si on divisait la richesse des milliardaires de la ville de New York entre les 1,7 millions de pauvres que compte la métropole, chacun recevrait 170 000 $. 

NDLR: la vidéo de présentation du rapport (en américain) 
Photo: Alternet
http://www.internationalnews.fr/article-crise-quelle-crise-les-milliardaires-sont-deux-fois-plus-riches-qu-en-2009-et-plus-nombreux-121140246.html
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 16:29

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Cette vidéo démontre par les actes qu'il est possible d'obliger les banques à agir dans l'intérêt des peuples.

Les autres vidéos d'Hugo Chavez traduites en français ici : http://www.dailymotion.com/librepenseur007 Par Vincent Lapierre

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 09:39

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Réseau Voltaire 

L’Union européenne fait aujourd’hui le choix de l’austérité face à la crise économique mais se lance en même temps dans le sauvetage - avec des fonds publics - des banques privées qui auraient dû faire faillite à cause de leur mauvaise gestion.

Est-ce vraiment la seule solution viable ? Salim Lamrani se penche sur le cas de l’Islande, un exemple que les médias et les apprentis sorciers de la finance européenne préfèrent passer sous silence.

 

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Le 6 mars 2010, plus de 93% électeurs islandais participant à un référendum se prononcent contre le remboursement de presque 4 milliards de dollars au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, au titre des dettes accumulées par les banques islandaises en faillite.


Face à la crise économique, alors que l’Union européenne a choisi la voie de l’austérité et a décidé de sauver les banques, l’Islande a au contraire procédé à la nationalisation des institutions financières et a rejeté les politiques de restrictions budgétaires. Avec un taux de croissance de 2,7% en 2012, même le Fonds monétaire international (FMI) salue le redressement économique du pays.

Lorsqu’en septembre 2008, la crise économique et financière a touché l’Islande, petit archipel du Nord de l’Europe peuplé de 320 000 habitants, l’impact a été désastreux, comme sur le reste du continent. La spéculation financière a conduit les trois principales banques à la faillite, dont les actifs représentaient une somme dix fois supérieure au PIB de la nation, avec une perte nette de 85 milliards de dollars. Le taux de chômage a été multiplié par 9 entre 2008 et 2010, alors que le pays jouissait auparavant du plein emploi. La dette de l’Islande représentait 900% du PIB et la monnaie nationale avait été dévaluée de 80% par rapport à l’euro. Le pays s’est retrouvé plongé dans une profonde récession, avec un recul du PIB de 11% en deux ans [1].

Face à la crise

En 2009, lorsque le gouvernement a voulu appliquer les mesures d’austérité exigées par le FMI, en échange d’une aide financière de 2,1 milliards d’euros, une forte mobilisation populaire l’a contraint à la démission. Lors des élections anticipées, la gauche a remporté la majorité absolue au Parlement [2].

Le nouveau pouvoir a néanmoins fait adopter la loi Icesave – du nom de la banque en ligne privée qui a fait faillite et dont les épargnants étaient en majorité hollandais et britanniques – afin de rembourser les clients étrangers. Cette législation contraignait l’ensemble des Islandais à rembourser une dette de 3,5 milliards d’euros (40% du PIB) – 9000 euros par habitant – sur 15 ans à un taux de 5%. Face aux nouvelles protestations populaires, le Président a refusé de ratifier le texte parlementaire et l’a soumis à référendum. En mars 2010, 93% des Islandais ont rejeté la loi sur le remboursement des pertes causées par Icesave. Soumise une nouvelle fois à référendum en avril 2011, elle a de nouveau été massivement rejetée à 63% [3].

Une nouvelle Constitution, rédigée par une Assemblée constituante de 25 citoyens élus au suffrage universel parmi 522 candidats et composée de 9 chapitres et de 114 articles, a été adoptée en 2011. Celle-ci prévoit un droit à l’information, avec un accès public pour les documents officiels (Article 15), la création d’un Comité de contrôle de la responsabilité du gouvernement (Article 63), un droit à la consultation directe (Article 65) – 10% des électeurs peuvent demander un référendum sur des lois votées par le Parlement –, ainsi que la nomination du Premier Ministre par le Parlement [4].

Ainsi, contrairement aux autres nations de l’Union européenne dans la même situation, qui ont appliqué à la lettre les recommandations du FMI exigeant l’application de mesures d’une austérité sévèr – comme en Grèce, en Irlande, en Italie ou en Espagne –, l’Islande a choisi une voie alternative. Lorsqu’en 2008, les trois principales banques du pays, Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing se sont effondrées, l’Etat islandais a refusé d’y injecter des fonds publics, comme dans le reste de l’Europe. Il a au contraire procédé à leur nationalisation [5].

De la même manière, les banques privées ont été contraintes d’annuler toutes les créances à taux variable dépassant 110% de la valeur des biens immobiliers, évitant ainsi une crise desubprime comme celle des Etats-Unis. Par ailleurs, la Cour Suprême a déclaré illégaux tous les prêts indexés sur des devises étrangères qui ont été octroyés à des particuliers, obligeant ainsi les banques à renoncer à ces créances, au bénéfice de la population [6].

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Accusé de négligence dans la gestion de la crise financière, l’ex-premier ministre islandais Geir Haarde a été déclaré coupable, en avril 2012, par un tribunal spécial qui n’a retenu aucune sanction à son encontre.

Quant aux responsables du désastre – les banquiers spéculateurs qui ont provoqué l’effondrement du système financier islandais –, ils n’ont pas bénéficié de la mansuétude en vogue à leur égard dans le reste de l’Europe où ils ont été systématiquement absous. En Islande, ils ont été poursuivis par la justice et mis en prison, par Olafur Thor Hauksson, Procureur spécial nommé par le Parlement. Même le Premier Ministre Geir Haarde, accusé de négligence dans la gestion de la crise, n’a pu éviter un procès [7].

Une alternative à l’austérité

Les résultats de la politique économique et sociale islandaise ont été spectaculaires. Alors que l’Union européenne se trouve en pleine récession, l’Islande a bénéficié d’un taux de croissance de 2,1% en 2011 et prévoit un taux de 2,7% pour 2012, et un taux de chômage oscillant autour de 6% [8]. Le pays s’est même offert le luxe de procéder au remboursement anticipé de ses dettes auprès du FMI [9].

Le président islandais Olafur Grímsson a expliqué ce miracle économique :

«  La différence est qu’en Islande, nous avons laissé les banques faire faillite. C’était des institutions privées. Nous n’y avons pas injecté de l’argent pour les maintenir à flot. L’Etat n’a pas à assumer cette responsabilité  » [10].

Contre toute attente, le FMI a salué la politique du gouvernement islandais – qui a appliqué des mesures aux antipodes de celles qu’il préconise –, une politique qui a permis de préserver « le précieux modèle nordique de protection sociale ». En effet, l’Islande dispose d’un indice de développement humain assez élevé. « Le FMI déclare que le plan de sauvetage à la manière Islandaise fournit des leçons pour les temps de crise ». L’institution ajoute que « le fait que l’Islande soit parvenue à préserver le bien être social des ménages et obtenir une consolidation fiscale de grande ampleur est l’une des plus grandes réussites du programme et du gouvernement islandais ». Le FMI a néanmoins omis de préciser que ces résultats ont été possibles uniquement parce que l’Islande a rejeté sa thérapie de choc néolibérale et a mis en place un plan de relance alternatif et efficace [11].

Le cas de l’Islande démontre qu’il existe une alternative crédible aux politiques d’austérité appliquées à travers l’Europe. Celles-ci, en plus d’être économiquement inefficaces, sont politiquement coûteuses et socialement insoutenables. En choisissant de placer l’intérêt général au-dessus de celui des marchés, l’Islande montre la voie au reste du continent pour sortir de l’impasse.

18 OCTOBRE 2012 

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Après son refus de payer sa dette, l’Islande fera le triple de la croissance de l’UE en 2012

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