23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 06:28

Internationalnews

Le Figaro

23 juillet 2010


L'US Navy débute ce dimanche au large de la Corée des manœuvres militaires navales



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On va beaucoup jouer de l'étrave, dans les jours qui viennent, dans les eaux bordant la péninsule coréenne. Les États-Unis et la Corée du Sud commencent dimanche des manœuvres militaires navales de grande ampleur. Elles doivent mobiliser un porte-avions américain -le George Washington-, une vingtaine de navires et de sous-marins, ainsi qu'une centaine d'avions.


La démonstration est avant tout destinée à Pyongyang, après le naufrage en mars de la corvette Cheonan, qui a coûté la vie à 46 marins sud-coréens. Et la lutte anti-sous-marine sera au cœur de ces exercices. «Pyongyang doit changer fondamentalement son comportement», a plaidé ce vendredi la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, en demandant à l'Asie de soutenir les efforts des États-Unis. Mais Pékin estime que le message de l'US Navy lui est aussi destiné, et s'est offusqué de cette agitation navale à ses portes. Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé mercredi sa «profonde préoccupation» devant des activités pouvant «aggraver les tensions régionales».

 

Sur le site du Quotidien du Peuple, le général Luo Yuan, de l'Académie des sciences militaires, explique l'importance de la mer Jaune, «porte d'entrée vers la Chine et passage vital vers Pékin». Il fait remarquer que la zone de manœuvres américano-coréennes n'est qu'à 500 kilomètres de la capitale. Et cite une phrase de Mao, en fait des mots du premier empereur de la dynastie Song : «Nous ne permettrons jamais à d'autres de venir ronfler près de nos lits…»

 

Exercices chinois

Du coup, Pékin a lancé ses propres manœuvres navales en mer de Chine orientale. La télévision d'État a diffusé des images de navires de guerre s'entraînant entre les côtes chinoises et celles de la Corée. Depuis Séoul, le patron du Pentagone, Robert Gates, a affirmé ne voir «aucune provocation» dans des exercices de routine se déroulant dans des eaux internationales. Il semble cependant que, pour apaiser la Chine, Washington ait décidé de laisser son porte-avions de l'autre côté de la péninsule coréenne, en mer de l'Est (appelée mer du Japon par Tokyo). Un compromis qui fait débat côté américain, des analystes dénonçant un inédit et malheureux signal de faiblesse par rapport à Pékin. Et un précédent qui risque d'entraver dans l'avenir les opérations de l'US Navy dans le Pacifique Ouest.

 

Forte de sa montée en puissance navale et de la priorité stratégique accordée à ses voies maritimes -desquelles dépend à 90% son commerce extérieur-, la Chine signifie de plus en plus fermement à la VIIe flotte américaine qu'elle ne doit pas venir croiser trop près de ses côtes. En mars 2009, un incident naval a opposé un navire américain à des bateaux chinois. L'USNS Impeccable, navire de «surveillance» remorquant des dispositifs d'écoute sous-marine, se trouvait en face de Hainan, la grande île du Sud qui abrite la nouvelle base des sous-marins chinois, y compris nucléaires.

 

Incidents avec le Japon

Ce «marquage» naval vaut aussi avec le grand rival japonais, allié stratégique de Washington dans la région. Une série d'incidents maritimes se sont produits ces derniers mois. Au printemps, Tokyo a ainsi émis une vive protestation après le passage d'une flotte chinoise, comprenant deux sous-marins et huit navires de surface, entre les îles méridionales d'Okinawa et de Miyako. Elle se dirigeait vers le Pacifique. Un déploiement chinois d'une ampleur «inédite» pour le Japon. Ces navires auraient ensuite effectué des exercices dans les eaux au sud d'Okinawa. Les Japonais accusent un hélicoptère chinois d'avoir effectué des manœuvres dangereuses près d'un patrouilleur japonais. Les eaux avoisinantes abritent des gisements de gaz que se sont disputés les deux pays. Et Okinawa héberge plus de la moitié des 47.000 soldats américains présents dans l'Archipel.

 

Le trublion nord-coréen peut s'enorgueillir d'avoir suscité un épisode de plus des rivalités maritimes croissantes dans la région, nourries par la nouvelle émergence navale chinoise. En s'élevant contre ces déploiements en mer Jaune, la Chine saisit une fois de plus une occasion d'étayer une stratégie opiniâtre de sanctuarisation de ses eaux, au nord comme au sud. Une stratégie fondée sur une politique du fait accompli et un discours de plus en ferme, agrandissant patiemment le périmètre des «intérêts vitaux» chinois. Et sur une interprétation pour le moins personnelle du droit de la mer et de la convention de Montego Bay de 1982. En substance, les Chinois considèrent que les navires militaires étrangers n'ont rien à faire dans leur zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles. En s'affranchissant quelque peu de la notion d'eaux internationales.

 


Un tueur de porte-avions ?


La récente annonce par Pékin d'une campagne d'essais de missiles en mer de Chine orientale a relancé les spéculations sur la maîtrise d'une arme qui pourrait «changer les règles du jeu stratégique» dans la région. L'Armée populaire de libération chercherait en effet à se doter d'un «tueur de porte-avions», capable de menacer enfin l'hégémonie navale américaine dans le Pacifique Ouest. Il s'agirait d'un missile balistique antinavire (ASBM), en l'occurrence une variante du missile Dongfeng 21-D. Une arme qui pourrait rendre plus compliqué le déploiement d'un groupe aéronaval américain en mer de Chine, en cas de crise, notamment autour de Taïwan.

 

Des inconnues demeurent, notamment sur le degré de sophistication des systèmes satellitaires permettant de suivre les cibles et guider de tels missiles. Mais Pékin a procédé récemment au lancement de cinq nouveaux satellites Yaogan, qui peuvent servir à de tels systèmes d'armes. Américains et Russes s'étaient entendus pour ne pas développer de telles armes à la fin de la guerre froide. Le tir d'un missile balistique contre un navire peut en effet être lourd en erreurs de calcul et dérapages, l'adversaire pouvant croire à une attaque nucléaire que ce type d'arme permet.

 

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Sur WSWS (update du 24 juillet): http://www.wsws.org/articles/2010/jul2010/kore-j24.shtml

 

Source de l'article: http://www.lefigaro.fr

 

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