11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 20:57

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22 mai 2006


Observatoire des Inégalités


http://www.inegalites.fr/spip.php?article528&id_mot=40

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Baromètre des inégalités
et de la pauvreté,
édition 2006 :
le Bip40 poursuit sa hausse




Photo: farm2.static.flickr.com



Le réseau d’alerte sur les inégalités (RAI) a publié sur son site sa nouvelle édition du “Bip 40” (Baromètre des inégalités et de la pauvreté) pour l’année 2004. Cet indice montre que les inégalités n’ont jamais été aussi prononcées.


Pour la troisième année consécutive, les inégalités et la pauvreté ont progressé en France en 2004. Après avoir fortement baissé entre 2000 et 2001, les inégalités ont recommencé à augmenter à partir de 2002. La hausse a été particulièrement forte en 2003 et s’est poursuivie en 2004 : cette année-là, les inégalités ont atteint leur plus haut niveau depuis 20 ans. C’est ce que montre la nouvelle édition du « Bip40 »




Au mois de février dernier, l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES) a rendu public son dernier rapport. De façon surprenante, l’Observatoire n’a pas tenu la conférence de presse qui accompagne d’habitude cette publication annuelle. Les autorités ministérielles auraient-elles voulu éviter d’attirer l’attention sur la hausse du taux de pauvreté monétaire calculé par l’Insee, ou sur l’envolée du nombre de titulaires du RMI ? Alors que les chiffres du Dow Jones et du Cac 40 sont présents dans tous les médias, le débat sur les inégalités et la pauvreté semble demeurer tabou dans notre pays

C’est pour nourrir ce débat que le RAI publie depuis quelques années un indicateur synthétique, le Bip40 (Baromètre des inégalités et de la pauvreté) qui résume en un indice synthétique plus de 60 indicateurs regroupés en six grands domaines : revenus, emploi, éducation, logement, santé, justice. En 2004, le Bip40 s’envole d’abord à cause de la hausse du chômage. Les chômeurs non seulement sont plus nombreux, mais ils reçoivent moins souvent une indemnisation : la proportion d’allocataires de l’Unedic parmi les demandeurs d’emploi diminue. Les écarts de taux de chômage entre cadres et ouvriers recommencent à augmenter, de même qu’entre jeunes et vieux. Cette situation pèse sur les conditions de vie des ménages dont une proportion croissante vient gonfler le nombre d’allocataires de minima sociaux. Dans ce contexte, la précarité de l’emploi (CDD, intérim, sous-emploi) a recommencé à augmenter en 2004 et continue à se situer à un niveau élevé. Par ailleurs, les conditions de travail continuent de se dégrader, avec la multiplication des maladies professionnelles et une gravité croissante des accidents du travail

La hausse du Bip40 traduit aussi une dégradation sans précédent de la situation du logement. Le prix des loyers continue de flamber, appauvrissant directement les familles locataires les moins favorisées. Le nombre d’assignations pour loyers impayés n’a jamais été aussi élevé qu’en 2004

En matière de consommation, le nombre de ménages surendettés a battu des records, et le nombre des incidents de crédit (chèques impayés) reste très élevé

Dans le domaine de la justice, la situation reste très dégradée. Les politiques sécuritaires prennent le pas sur les politiques sociales : on emprisonne les pauvres faute de vouloir réduire la pauvreté. Le taux d’incarcération a fait un bond spectaculaire en 2004 dans notre pays, atteignant son niveau record de 98 pour 100 000 habitants.

Quant aux étrangers, leur situation demeure précaire : le taux de reconnaissance du statut de réfugié est de 17%, proche de son plus faible niveau des vingt dernières années.

En 2004, les inégalités en matière d’éducation se maintiennent, après avoir augmenté au cours des deux années précédentes. Jusqu’au milieu des années 1990, ces inégalités se réduisaient, modérant la hausse du Bip40 ; ce n’est plus le cas désormais. La démocratisation de l’école s’est interrompue, les inégalités en matière de réussite scolaire ne se réduisent plus.

Une situation analogue s’observe dans le domaine de la santé. La réforme de l’assurance maladie va laisser à la charge des patients une part croissante des frais de santé. Si l’espérance de vie continue à progresser en moyenne, les travaux récemment publiés par l’Insee montrent que les écarts d’espérance de vie entre cadres et ouvriers n’ont pas cessé d’augmenter.

Enfin, dans le domaine des revenus, la part des salaires dans la valeur ajoutée reste à un niveau historiquement très faible, tandis que les politiques fiscales ont continué à favoriser les ménages les plus aisés. Par ailleurs, les revenus financiers occupent désormais une place considérable dans le revenu des ménages et la part des ménages imposés à l’ISF n’a jamais été aussi élevée. Ces évolutions pèsent de façon importante sur le niveau de vie des ménages de salariés qui ne disposent que des revenus de leur travail.

Sur plus long terme, les variations du Bip40 signalent une augmentation préoccupante des inégalités. La dégradation du tissu social au cours de la période n’a été ni continue ni inéluctable, mais semble désormais durablement installée. Au-delà des fluctuations de court terme, qui peuvent être sensibles sous l’impulsion de changements politiques, comme ce fut le cas entre 1998 et 2001, la montée des inégalités et de la pauvreté se poursuit depuis 20 ans.

Cet article est extrait du site du RAI www.bip40.org.

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