18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 22:38
Mumia Abu-Jamal, version allemande Mumia Abu-Jamal, version anglaise Mumia Abu-Jamal, version espagnole Mumia Abu-Jamal, version française Mumia Abu-Jamal, version italienne Mumia Abu-Jamal, version néerlandaiset Mumia Abu-Jamal, version néerlandaise

Signez la pétition:
http://secure.mrap.fr/Signez-la-lettre-petition-a-Barack.html

La Cour Suprême des États-Unis vient de rejeter le recours du journaliste Mumia Abu-Jamal, condamné à mort en 1982 au terme d’un procès dont l’iniquité est internationalement reconnue.


L'ensemble des recours juridiques ayant été épuisé, les soutiens internationaux en appellent désormais au président américain par le biais d'une pétition.


En décembre, les 10000 premières signatures recueillies en France ont été déposées à l'ambassade des Etats-unis à Paris. Chaque mercredi de 18h à 20h a lieu un rassemblement Place de la concorde devant le consulat des Etats-unis. Partout dans le monde, les nombreux soutiens de Mumia Abu-Jamal se tiennent prêts pour des actions de protestation.

Site: http://www.mumiabujamal.net

http://www.photohoster.org/images/Tzipotu/reemumia.jpg


 
Qui est Mumia ?


Mumia Abu-Jamal est né le 24 avril 1954. Né Wesley Cook, Mumia choisira ce prénom swahili au lycée, sous l’influence d’un enseignant d’origine kenyane. Il y ajoutera “Abu-Jamal” à la naissance de son premier fils, Jamal. A l’âge de 14 ans, Mumia est arrêté et battu pour avoir protesté contre un meeting du candidat ultraraciste George Wallace, à Philadelphie. Peu après, il est fiché par le FBI pour avoir voulu rebaptiser son lycée “Malcolm X”.


En 1969, le jeune homme est chargé de l’information à la section de Philadelphie du Black Panther Party. Le FBI le considère comme l’une des personnes “à surveiller et interner en cas d’alerte nationale”.


Il est l’une des cibles du Cointelpro (programme d’infiltration et de contre-espionnage) dont seront victimes Leonard Peltier et d’autres membres de l’Américan Indian Movement et des Black Panthers.


Devenu journaliste de radio apprécié, lauréat de plusieurs prix, Mumia est surnommé “la voix des sans-voix” pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants politiques locaux. Depuis 1978, il dénonce la violente répression qui frappe la communauté MOVE et, en 1981 suit le procès de son fondateur, John Africa, qui sera acquitté des charges fabriquées contre lui. Le soutien de Mumia à MOVE exaspère les politiques et la police de Philadelphie et lui vaut le renvoi d’une des stations de radio où il exerce. Pour faire vivre sa famille, Mumia est contraint de travailler comme taxi de nuit


Aux premières heures du 9 décembre 1981, Mumia Abu-Jamal est grièvement blessé lors d’une fusillade dans le quartier sud de la ville, où il vient de déposer un client. Arrêté, il est accusé du meurtre d’un policier, Daniel Faulkner, tué dans cette fusillade. Malgré ses dénégations, malgré son absence d’antécédents judiciaires, une enquête inéquitable (expertises balistiques inexistantes, balles non identifiables, absence de relevé d’empreintes, zone des faits non sécurisée, tests non effectués, etc.) conclut à la culpabilité de Mumia. Témoins menacés, subornés, écartés, rapports de police contradictoires, violations de ses droits, mèneront, en juillet 1982, à la condamnation à mort de cet opposant politique gênant sous la pression d’un juge recordman de la sentence... Mumia est “le coupable idéal”


En juin 1999, un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, avoue à l’une des avocates de Mumia avoir tué l’officier Faulkner dans le cadre d’un contrat mêlant police et mafia. Corroborés par un faisceau d’éléments et de témoignages concordants, les aveux de Beverly n’ont jamais été entendus par la justice au prétexte qu’ils sont “hors des délais de la procédure”.


Le 18 décembre 2001, la sentence de mort de Mumia a été provisoirement écartée, mais il est toujours considéré coupable et menacé de voir cette sentence à nouveau prononcée. Mumia Abu-Jamal lutte toujours depuis le couloir de la mort, enfermé 23h/24h dans une cellule grande comme une salle de bains et dans un isolement sensoriel inhumain. La mobilisation internationale a empêché par deux fois son exécution, en 1995 et 1999.
 

Aujourd’hui les options d’appel s’amenuisent.


En date du 8 octobre 2003, les ultimes appels d’Etat ont été rejetés, renvoyant l’affaire au niveau fédéral. La vie de Mumia demeure en grand danger, comme le précisait récemment son avocat fédéral, Me Bryan.


La solidarité financière est indispensable pour permettre aux militants et à la défense de continuer à soutenir Mumia. Collectes, initiatives de soutien, souscriptions, nous appelons chacun à agir auprès des médias, des élus, dans les entreprises, les universités, etc. pour sauver Mumia.


Site: http://www.mumiabujamal.net


Le Monde Diplomatique Archives


Une enquête judiciaire bâclée

Le 13 octobre (1999), M. Thomas Ridge, gouverneur (républicain) de l’Etat de Pennsylvanie a signé son 171e ordre d’exécution capitale. Il porte le nom de Mumia Abu-Jamal, ancien militant des Panthères noires, condamné à mort le 3 juillet 1982 pour le meurtre d’un policier blanc. L’exécution, fixée au 2 décembre 1999, a été reportée à une date ultérieure non précisée sur décision d’un juge fédéral, le 27 octobre. Le 1er juin 1995, le gouverneur Ridge avait déjà paraphé un ordre semblable, fixant l’exécution du condamné au 17 août de la même année. Six jours avant la date prévue, M. Mumia Abu-Jamal obtenait un premier sursis dû, entre autres, à une campagne internationale de soutien en sa faveur.

 

Les quatre années écoulées ont permis à son équipe d’avocats de disséquer une enquête judiciaire bâclée, menée à coups d’irrégularités juridiques, de mensonges et de camouflages de preuves par le procureur Ed Rendell, devenu maire de Philadelphie en 1992, et soutenu par le juge Albert Sabo qui fut, seize années durant, shérif adjoint de la ville.

 

Si l’on excepte la personnalité exceptionnelle du condamné, son procès ne diffère pas fondamentalement d’une multitude d’autres qui n’ont que les apparences de la légalité. Un exemple : les accusés ne disposant pas des ressources nécessaires pour se payer les services d’un avocat spécialisé se voient affublés d’un défenseur commis d’office, lequel n’a généralement pas les compétences requises pour plaider convenablement en faveur de son client (1). Ce fut le cas du premier avocat de M. Mumia Abu-Jamal. La question de la représentation légale des accusés indigents remet aujourd’hui en cause le principe même de justice aux Etats-Unis, d’autant qu’il devient de plus en plus difficile de faire aboutir les demandes de révision de procès. Pourtant, depuis 1972, plus de soixante-quinze condamnés à mort ont été reconnus innocents et libérés, parfois à quelques jours de l’exécution.

 

Adoptée par 91 voix contre 8 au Sénat et signée avec empressement par le président William Clinton (2), une nouvelle loi contre le terrorisme et pour l’efficacité de la peine de mort (Anti-Terrorism and Effective Death Penalty Act) est entrée en vigueur en 1996. Les tribunaux fédéraux ne sont plus autorisés à déclencher de nouvelles enquêtes judiciaires indépendantes : ils doivent donc tenir pour acquis les seuls faits retenus dans les dossiers transmis par les tribunaux des Etats. Derrière le but proclamé - désencombrer les circuits fédéraux de justice - se dissimule une volonté délibérée : exécuter plus vite et davantage.

 

Depuis 1992, cette orientation ne donne plus matière à débat entre démocrates et républicains. Les deux partis sont favorables à la peine de mort. L’actuel favori dans la course à la Maison Blanche, M. George Bush Jr est d’ailleurs le gouverneur de l’Etat, le Texas, qui, à lui seul, procède au tiers des exécutions capitales des Etats-Unis.

 

Marie-Agnès Combesque

(1) Dans le comté d’Harris (Texas), là où on exécute le plus, un avocat commis d’office et qui a dormi pendant les audiences a vu 12 de ses 16 clients passibles de la peine de mort être condamnés à ce châtiment.

(2) Qui s’en félicite ainsi dans son livre Quand histoire et espoir se rencontrent« Nous avons étendu l’application de la peine de mort à près de soixante crimes violents, dont le meurtre d’un policier fédéral, et limité la faculté de faire appel des condamnés à mort. » Ces condamnés ne peuvent plus désormais présenter qu’un seul recours devant les juridictions fédérales, et dans un délai d’un an seulement.

27 octobre 1999


http://www.monde-diplomatique.fr

En Anglais:

Free Mumia Coalition
Justice for Mumia Abu-Jamal
:
Sign the petition !

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