Europe

Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 20:56

Le Grand Soir

La crise actuelle est le moyen idéal pour le FMI d’appliquer en Europe les recettes ultralibérales frelatées qu’il distille aux pays en développement depuis le début des années 1980. Délégitimé par trois décennies d’ajustement structurel imposé brutalement aux peuples du Sud, le FMI est remis au cœur du jeu politique depuis que le G20 a pris en charge la gestion de la crise en 2008.

Le Sud a été le premier champ de bataille, l’Europe en est aujourd’hui son prolongement. Le FMI multiplie ainsi les prêts à une série de pays européens qui éprouvent des difficultés pour rembourser une dette publique soudainement gonflée suite au fort ralentissement économique et aux plans de sauvetage des banques, dont la recherche effrénée de profits avait mené à la crise.

 

En 2007, la Turquie était le seul pays d’envergure à faire encore appel au FMI. Nombre d’autres pays (Brésil, Argentine, Uruguay, Philippines…) avaient remboursé de manière anticipée le FMI pour ne plus dépendre de sa tutelle encombrante. Ces temps de vache maigre sont terminés pour le FMI qui a ouvert une ligne de crédit à une dizaine de pays d’Europe en moins d’un an et intervient désormais sur de multiples fronts. L’institution voit alors ses bénéfices, hors ventes d’or, quadrupler pour son exercice 2009-2010 (clos fin avril) s’établissant à 534 millions de dollars, contre 126 millions lors de l’exercice précédent.

 

Confier la gestion de la crise à un organisme qui en tire profit à ce point ne devrait pas rassurer le citoyen… Par ailleurs, alors que le Fonds impose des gels - voire des baisses - de salaire un peu partout, celui de son directeur général, le socialiste français Dominique Strauss-Kahn, a connu une hausse supérieure à 7% lors de son arrivée, pour se stabiliser à un demi-million de dollars par an.

 

Premier pays touché : la Hongrie en 2008, avant l’Ukraine, l’Islande et la Lettonie. Puis, en 2009, le Belarus, la Roumanie, la Serbie, la Bosnie, et plus récemment la Moldavie et la Grèce. La liste de pays sollicitant un prêt de l’institution ne cesse de s’allonger et tous sont contraints d’appliquer des plans d’austérité dictés par les marchés financiers, le FMI et l’Union européenne. L’impact social désastreux sur les populations n’est pas sans rappeler les plans d’ajustement structurel de sinistre mémoire, mis en place après la crise de la dette de 1982 au Sud. Ces plans d’austérité visent à comprimer fortement les dépenses publiques sans mettre à contribution les détenteurs de capitaux afin de trouver les fonds pour rembourser en priorité les créanciers.

 

La Hongrie ouvre le bal des ajustements, l’extrême droite entre au Parlement


En octobre 2008, un plan de 20 milliards d’euros est décidé pour la Hongrie : 12,3 milliards d’euros sont prêtés par le FMI ; 6,5 par l’Union européenne et 1 par la Banque mondiale. Outre l’accroissement mécanique du stock de la dette et la perte sèche en paiement des intérêts, les conditions sont sévères pour la population : hausse de 5 points de la TVA, aujourd’hui à 25 % ; âge légal de départ à la retraite porté à 65 ans ; gel des salaires des fonctionnaires pour deux ans ; suppression du treizième mois des retraités. La Hongrie, gouvernée par les sociaux-démocrates, avait réussi à sauvegarder un système social assez protecteur. Le mécontentement de la population pour l’application, sur injonction du FMI, de telles mesures d’austérité a été bénéfique pour la droite conservatrice qui a accusé les sociaux-démocrates au pouvoir d’avoir fait du pays « une colonie du FMI » |1|. Pourtant, la victoire du nouveau premier ministre conservateur, Viktor Orban, est saluée par l’agence de notation Fitch Ratings qui estime que son parti, le Fidesz, obtenant la majorité nécessaire pour modifier la Constitution, « représente une opportunité pour introduire des réformes structurelles » |2|. Les sociaux-démocrates ont ainsi connu une défaite historique aux élections législatives de mars 2010 et ont ouvert un boulevard à l’extrême-droite qui est entrée au Parlement pour la première fois avec un score de 16,6 %.

 

L’Ukraine sanctionnée par le FMI pour avoir augmenté le salaire minimum


Le FMI a approuvé en novembre 2008 un programme de « sauvetage » sur deux ans pour l’Ukraine, s’élevant à 16,4 milliards de dollars. En mai 2010, ce pays n’avait reçu que 10,6 milliards de dollars de l’institution. Pourquoi ? Parce que depuis l’augmentation de 20% du salaire minimum fin octobre 2009 par l’ancien gouvernement de Viktor Iouchtchenko, le FMI a suspendu le versement des fonds. La visite d’une délégation ukrainienne à Washington en décembre 2009 n’y a rien changé et l’octroi d’une nouvelle tranche du crédit reste bloqué. Le dernier versement remonte à juillet 2009, faute d’accord sur les conditions que devrait remplir Kiev, le FMI fixant à 6% du PIB le déficit budgétaire prévu en 2010 alors que le gouvernement propose un déficit de 10% afin de ne pas trop serrer la ceinture.

 

Très durement frappée par la crise, l’Ukraine a connu une chute de 15,1% de son PIB en 2009 et atteindre les 6 % de déficit en 2010 comme souhaité par le FMI relèverait de la mission impossible. En attendant, l’Ukraine a été sommée de reculer l’âge de départ à la retraite et d’augmenter de 20 % le tarif du gaz pour les particuliers à compter du 1er septembre 2009. Privatisation et recapitalisation des banques sont par ailleurs prévus. La privatisation de l’usine chimique d’engrais à Odessa revient sur le tapis, malgré l’importance stratégique qu’elle représente pour la région et pour l’Etat, et malgré les critiques que l’on peut formuler à son encontre sur le plan environnemental.

 

Le nouveau gouvernement, mis en place en mars 2010 à la suite de l’élection à la présidence de Viktor Ianoukovitch, a cité la reprise de l’aide du FMI parmi ses priorités |3|. Il espère obtenir un plan de soutien de 19 milliards de dollars du FMI après avoir fait adopter au Parlement un budget 2010 prévoyant de ramener le déficit à 5,3% du PIB, en deçà des exigences du Fonds. La mission du FMI, fin mars 2010, a été l’occasion de se rapprocher du nouveau gouvernement en vue d’une reprise du crédit accompagné de futures cures d’austérité.

 

Grèce : le berceau de la démocratie apprend la dictature des marchés


Alors que la Grèce, accablée par une dette record, appelle à l’aide l’Union européenne et le FMI |4|, l’agence de notation Standard & Poor’s abaisse (de trois niveaux) la note de la dette grecque le 27 avril 2010. Les marchés chutent et les spéculateurs spéculent à la baisse, accentuant la tendance. Le Premier ministre Papandreou déclarait le 11 décembre 2009 : « Les salariés ne feront pas les frais de la situation : nous n’allons pas procéder à un gel ou à une baisse des salaires. Nous ne sommes pas venus au pouvoir pour démanteler l’Etat social. » |5|

 

Pourtant, le 18 mars suivant, Papandreou demande l’aide du FMI dont la contrepartie est une cure d’austérité sans précédent qui vise à économiser sur le dos du peuple grec 4,8 milliards d’euros en mars 2010, puis 30 milliards en mai lors d’un nouveau plan, dans le but de rembourser les créanciers : au menu, gel du recrutement et réduction des salaires des fonctionnaires (forte baisse du montant des 13ème et 14ème mois, diminution des primes, après une réduction des salaires de 10% décidée en janvier) ; gel des retraites ; hausse de la TVA de 19% à 21%, alors qu’il s’agit d’un impôt injuste qui frappe davantage les plus démunis ; hausse des taxes sur l’alcool et le tabac ; réduction drastique des budgets sociaux, comme celui de la Sécurité sociale, etc. |6| Les droits sociaux sont sacrifiés sur l’autel des intérêts de l’ « élite traditionnelle locale » et des dépenses militaires, budget le plus important de l’UE proportionnellement à son PIB |7|. La population réagit fortement et organise des grèves générales (10 février, 11 mars, 5 mai et 20 mai 2010) qui paralysent le pays à plusieurs reprises.

 

Les Roumains aussi descendent dans la rue


Avec la Bulgarie, la Roumanie est l’un des pays les plus pauvres de l’Union européenne. En mars 2009, la Roumanie obtient un prêt d’environ 20 milliards d’euros. Sur ce montant, 12,9 milliards d’euros sont abondés par le FMI, 5 milliards par l’UE, 1 à 1,5 milliard par la Banque mondiale et le reste par plusieurs autres institutions, dont la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). En échange, Bucarest s’engage à réduire son déficit public de 7,2% du PIB en 2009 à 5,9% puis voyant cet objectif irréaliste, à 6,8 % en 2010.

 

Au menu, gel des retraites et des salaires avec un maintien du salaire mensuel minimum à 600 lei (145 euros brut), suppression de 100.000 postes de fonctionnaires en 2010, soit 7,5% des effectifs de la fonction publique. Les mesures d’austérité, là aussi, mobilisent la population. Le 19 mai, plus de 60.000 manifestants se retrouvent devant le siège du gouvernement lorsque celui-ci renforce son programme d’ajustement en annonçant une baisse de 25% des salaires des fonctionnaires et de 15 % des allocations chômage et des pensions de retraites, dont le minimum atteint déjà 85 euros. De plus, le gouvernement prévoit de baisser par décret les allocations familiales ainsi que les aides versées aux handicapés à compter du 1er juin 2010. On s’en prend encore une fois aux plus démunis pour payer la crise, tandis que l’on évite soigneusement de taxer le capital : le taux de l’impôt sur les revenus des sociétés a chuté de 9 points, passant de 25 % en 2000 à 16 % en 2009.

 

Les Islandais refusent de payer pour les responsables


Avant le fameux nuage de cendres volcaniques qui a paralysé le ciel européen pendant quelques jours en 2010, l’Islande a fait la une de l’actualité pour une très grave crise en 2008. Le chômage y est passé de 2 % en octobre 2008 à 8,2 % en décembre 2009. L’Etat a sauvé les trois principales banques du pays de la faillite en s’endettant énormément, et n’a pu assurer le remboursement des détenteurs de titres hollandais et britanniques. Une loi « Icesave », adoptée en catimini fin 2009 et appuyée par le FMI, a demandé au peuple islandais d’approuver le remboursement de cette dette qui a servi à renflouer les banquiers coupables.

 

Après une forte mobilisation populaire, cette loi est rejetée par plus de 73 % de la population lors d’un référendum en mars 2010. Un rapport de la SIC (Special Investigative Commission) présenté en avril devant le Parlement a mis en cause la responsabilité de certains dirigeants de grandes banques et de membres de l’ancien gouvernement, dont l’ancien premier ministre, dans la crise bancaire de 2008. David Oddsson, qui dirigeait la Banque centrale en 2008, a fui juste avant la publication de ce rapport et échappe ainsi à la justice de son pays. Quatre anciens dirigeants de la banque Kaupthing, dont l’ex-PDG Hreidar Mar Sigurdsson, ont été arrêtés à leur arrivée du Luxembourg où ils résident. Sigurdur Einarsson, président du conseil d’administration en exil à Londres, fait lui l’objet d’un mandat d’arrêt d’Interpol.

 

En accord avec le FMI, l’Union européenne dicte ses volontés aux gouvernements et leur impose des mesures très impopulaires. En novembre 2009, le Parlement européen a prêté à la Serbie (200 millions d’euros), à la Bosnie-Herzégovine (prêt de 100 millions d’euros), à l’Arménie (65 millions d’euros de prêt et 35 millions de subvention) et la Géorgie (subvention de 46 millions d’euros).

 

Affolés par la spéculation sur la dette, avant même que le FMI n’intervienne, les Etats prennent les devant et des réformes antisociales sont prévues en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Irlande, en Italie… Partout ces cures d’austérité pressent les revenus des salaires et préservent le grand capital responsable de l’impasse capitaliste. Partout les peuples se mobilisent et le seul espoir se trouve bien là. L’urgence pour tous ceux qui veulent résister efficacement à la logique capitaliste est d’œuvrer à l’unification de ces luttes.

 

Jérome Duval , Damien Millet , Sophie Perchellet

www.cadtm.org/Ouragan-d-austerite-s...

 

notes articles :

|1| Repris par le quotidien conservateur Magyar Nemzet

|2| http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

|3| http://www.lesechos.fr/info/inter/a...

|4| Il est alors question dans un premier temps de lui prêter d’urgence 45 milliards d’euros, dont 15 milliards à la charge du FMI.

|5| http://mondialisation.ca/index.php?...

|6| Voir le communiqué de presse du CADTM International : http://www.cadtm.org/Soutien-a-la-r...

|7| « Le transfert de 26 avions de combats F-16 en provenance des Etats-Unis et de 25 Mirages 2000, les avions de combats français, a représenté 38 % du volume des importations grecques. » Voir SIPRI, mars 2010 : http://www.sipri.org/media/pressrel...

 

Source de l'article: http://www.legrandsoir.info

Titre original: Ouragan d’austérité sur l’Europe

 

Sur le même sujet:

Le FMI attaque l’Europe


Rubrique Economie/Economy

http://www.yourdemocracy.net.au/drupal/files/images/banksters%20......preview.jpg

 

 

 

URL de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-ouragan-d-austerite-sur-l-europe-nouvelle-proie-du-fmi-53689096.html 

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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /2010 21:04

Le 20 mars 2010

http://webatlantis.org/wp-content/uploads/2008/12/26087288.jpg

par Bernard Conte, Maître de conférences à l’université de Bordeaux (CADTM)


La cure d’austérité drastique à laquelle la Grèce est sommée de se soumettre trouve son modèle dans les politiques d’ajustement structurels qui ont été imposées par le FMI aux pays du sud après la crise de la dette déclenchée par la remontée des taux de la Fed en 1982, note l’économiste Bernard Conte. A l’époque, comme aujourd’hui, la véritable difficulté consistait à faire accepter aux peuples de supporter le coût de la crise.



Mais depuis lors, les politiques permettant de faire passer ces purges amères ont été peaufinées, prévient-il, rappelant que l’OCDE a rédigé à toutes fins utiles un guide décrivant les stratégies à employer en de telles circonstances. On peut par exemple y lire que « si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement. » Cela ne vous évoque rien ?



La Grèce est très endettée et la finance internationale attaque ce maillon faible de la zone euro pour tester la cohésion de l’ensemble, avant éventuellement de spéculer contre d’autres pays pour générer d’énormes profits.


La réaction à cette attaque devrait entraîner la mise « sous tutelle » de la Grèce par la Commission européenne, par ses partenaires au sein de la zone euro et/ou par un éventuel Fonds monétaire européen. A l’instar des pays du Tiers-Monde à partir des années 1980, la Grèce va se voir imposer un programme d’ajustement économique et social drastique, traduisant sa Tiers-Mondialisation qui préfigure sans doute celle d’autres pays européens.


La Grèce enregistre des déficits publics importants qui doivent être financés par l’emprunt dont le cumul accroît le volume de la dette de l’État. Pour rétablir la confiance de ses bailleurs de fonds privés, le pays doit réduire son endettement. A défaut, la prime de « risque », réclamée par les bailleurs, qui s’ajoute au taux d’intérêt « normal » pourrait conduire à un taux usuraire. Georges Papandréou n’a pas le choix, il doit impérativement s’endetter moins, voire diminuer le volume de la dette grecque.


L’exemple du Tiers-Monde en 1982


La situation de la Grèce, liée au « surendettement », n’est pas sans rappeler celle des pays du Tiers-Monde lors de la crise de la dette de 1982. En effet, pour pouvoir faire face à leurs obligations financières, les pays du Sud, en quasi cessation de paiements, ont été « aidés » par le FMI et par la Banque mondiale. Ces institutions ont accordé des prêts aux pays du Sud afin qu’ils puissent rembourser leurs banques créancières. Lesdites banques ont ainsi pu transférer au FMI et à la Banque mondiale une bonne partie de leurs créances « pourries » (ou « actifs toxiques » en langage politiquement correct). En contrepartie, les pays « aidés » se sont vus imposer des programmes d’ajustement structurel, traduction du consensus de Washington |1| d’inspiration néolibérale monétariste.


A travers l’application de ses dix commandements, le consensus de Washington vise à permettre aux pays sous ajustement de recouvrer la capacité d’assurer le service (principal + intérêts) de leur dette extérieure. Il faut, à n’importe quel prix, dégager des fonds pour payer les créanciers.


Réduire le déficit de l’Etat


Cette démarche passe par la compression des dépenses et l’augmentation des recettes de l’État.

L’action sur la dépense publique implique la réduction :

- de la masse salariale de la fonction publique (baisse des effectifs et/ou du niveau des traitements)

- des autres dépenses de fonctionnement (éducation, social...)

- des subventions (services publics, associations...)

- des investissements publics (infrastructures...)

L’augmentation des recettes réclame :

- l’alourdissement de la fiscalité

- la privatisation de services publics rentables (eau, électricité...)


Plus généralement, la croissance est censée élargir les marges de manœuvre par le développement de l’activité économique qui, mécaniquement, augmente les recettes de l’Etat. La croissance peut être tirée par les exportations si la production nationale gagne en compétitivité externe, grâce à la dévaluation de la monnaie nationale, ou, si cette opération se révèle impossible, par la désinflation compétitive (comme pour le franc CFA avant la dévaluation de 1994 |2| ) qui consiste à obtenir un taux d’inflation plus faible que celui des pays concurrents.


La philosophie des programmes d’ajustement est, in fine, d’une part, de tenter d’augmenter la production locale de surplus (par la croissance) et, d’autre part, de réduire la consommation locale dudit surplus afin de l’exporter. En aucun cas, il s’agissait de se préoccuper du bien-être des populations.


Un bilan des ajustements dramatique


Malgré de nombreuses études financées par la Banque mondiale et le FMI, tendant à démontrer que l’ajustement générait de la croissance et, par effet de ruissellement, bénéficiait même aux pauvres. Les conséquences sociales négatives ont été rapidement mises à jour et dénoncées |3| . Ainsi, la pauvreté s’est accrue et les classes moyennes préexistantes ont été paupérisées. Les populations du Sud ont subi les conséquences funestes de l’ajustement pour rembourser des dettes dont elles n’avaient que peu profité.


La Grèce « inaugure » les politiques d’ajustement en Europe


Jusqu’à présent, l’ajustement néolibéral imposé était réservé aux pays « non développés ». La Grèce inaugure le processus de Tiers-Mondialisation de l’Europe en passant sous les fourches caudines de « l’ajustement ». A l’instar des pays du Tiers-Monde, il s’agit de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour rembourser la dette extérieure à travers la réduction du périmètre de l’État, la privatisation, la dérégulation, les coupes claires dans les budgets de santé, d’éducation...


La Grèce est un test pour l’Europe néolibérale


L’inconnue reste la réaction populaire. La population va-t-elle accepter l’austérité ? Déjà, des grèves et des manifestations se déroulent. Hier, le 11 mars, plus de 100 000 personnes manifestaient dans les rues d’Athènes. Au Portugal et en Espagne, la mobilisation sociale s’opère. L’ajustement va-t-il buter sur l’obstacle social ? D’autant plus que les conséquences des troubles sociaux pourraient atteindre le domaine politique avec l’émergence et l’éventuelle arrivée au pouvoir de forces politiques situées en-dehors du « consensus » : droite « molle » - gauche « caviar ». Mais, là aussi, les élites complices peuvent trouver l’inspiration dans l’expérience du Tiers-Monde pour faire « passer » les réformes.


La faisabilité politique de l’ajustement


Dans les années 1990, de nombreux travaux ont été menés, au sein de l’OCDE, sur la faisabilité politique de l’ajustement néolibéral |4|. Christian Morrisson prévient : « l’application de programmes d’ajustement dans des dizaines de pays pendant les années 1980 a montré que l’on avait négligé la dimension politique de l’ajustement. Sous la pression de grèves, de manifestations, voire d’émeutes, plusieurs gouvernements ont été obligés d’interrompre ou d’amputer sévèrement leurs programmes » (p. 6). Il convient de minimiser les risques et adopter une stratégie politique adéquate.


Prendre des mesures politiquement et socialement peu risquées


A partir de plusieurs études-pays, Christian Morrisson met en avant « l’intérêt politique de certaines mesures [...] : une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. Cela ne signifie pas que ces mesures n’ont pas des conséquences économiques ou sociales négatives : la chute des investissements publics ralentit la croissance pour les années à venir et met sur-le-champ des milliers d’ouvriers du bâtiment au chômage, sans allocation. Mais nous raisonnons ici en fonction d’un seul critère : minimiser les risques de troubles » (p. 16). Peu importe, « dans la réalité, les entreprises du bâtiment souffrent beaucoup de telles coupures [dans les investissements publics] qui multiplient les faillites et les licenciements. Mais ce secteur, composé surtout de petites et moyennes entreprises, n’a quasiment aucun poids politique » (p.17). « La réduction des salaires et de l’emploi dans l’administration et dans les entreprises parapubliques figure, habituellement, parmi les principales mesures des programmes [d’ajustement] » (p. 29).


Selon Christian Morrisson, cette mesure est « moins dangereuse politiquement » que d’autres « et elle touche les classes moyennes plutôt que les pauvres » (p. 29). En cas de troubles (grèves...), « le gouvernement a toutefois les moyens de faire appel au pragmatisme des fonctionnaires. Il peut, par exemple, expliquer que, le FMI imposant une baisse de 20 pour cent de la masse salariale, le seul choix possible est de licencier ou de réduire les salaires et qu’il préfère la seconde solution dans l’intérêt de tous. Les expériences de plusieurs gouvernements africains montrent que ce discours peut être entendu » (p. 29). Ce qui est vrai en Afrique l’est certainement sous d’autres cieux.


Agir sur la qualité des services publics


« Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population » (p. 30). Sans commentaire !


Diviser et opposer pour imposer


« Un gouvernement peut difficilement [ajuster] contre la volonté de l’opinion publique dans son ensemble. Il doit se ménager le soutien d’une partie de l’opinion, au besoin en pénalisant davantage certains groupes. En ce sens, un programme qui toucherait de façon égale tous les groupes (c’est-à-dire qui serait neutre du point de vue social) serait plus difficile à appliquer qu’un programme discriminatoire, faisant supporter l’ajustement à certains groupes et épargnant les autres pour qu’ils soutiennent le gouvernement. » (p. 17). Comme « la plupart des réformes frappent certains groupes tout en bénéficiant à d’autres, [...] un gouvernement peut toujours s’appuyer sur la coalition des groupes gagnants contre les perdants » (p. 18). Il faut donc diviser et opposer pour imposer.


Un régime « dictatorial » serait idéal pour imposer les réformes


« Une comparaison pour les pays d’Amérique latine entre des régimes démocratiques comme la Colombie, l’Équateur, le Pérou, et des régimes militaires, comme l’Argentine et le Chili, en 1981-82, montre que les troubles sont plus rares lorsque le régime est militaire [...] La comparaison entre les deux expériences de l’Argentine sous un régime militaire (en 1981) et en démocratie (1987) est parlante : le niveau de protestation a été trois fois plus élevé en 1987 et il y a eu beaucoup plus de manifestations » (p. 12). Ainsi, un régime dur serait idéal pour imposer les réformes. Le néolibéralisme serait-il entrain de déraper ?


Au total, la Grèce préfigure bien la Tiers-Mondialisation de l’Europe.


Bernard Conte "La Tiers-Mondialisation de la planète"

Source de l'article: http://www.rezocitoyen.org/

Photo: webatlantis.org

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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 12:43

Original: European bankers demand unprecedented austerity measures


WSW

27 janvier 2010

Par Stefan Steinberg

 

http://www.zcommunications.org/FCKFiles/image/jan10zmoimages/Tucker-Banksters-Big.jpg


Les banquiers européens exigent que les pays qui se trouvent au bord de la faillite nationale imposent des mesures d’austérité brutales aux dépens de leur population.


En réaction à l’effondrement financier mondial de septembre 2008, les gouvernements capitalistes de par le monde ont assumé les dettes de leurs élites bancaires respectives et liées à une spéculation à haut risque à une échelle monumentale.


Le mot d’ordre était que les grandes banques étaient « trop grandes pour connaître un échec. » Le résultat de ce pillage des caisses de l’Etat a été d’un côté la résurgence des valeurs boursières, des profits massifs pour les principales banques et un gonflement des bonus des banquiers et une attaque impitoyable contre les emplois, les salaires et les niveaux de vie de la classe ouvrière de l’autre.


Commentant l’augmentation de l’état d’endettement suite aux plans de sauvetage des gouvernements en faveur des banques, un récent article paru dans le Financial Times britannique remarquait : « Jamais en temps de paix la dette publique ne s’était accumulée aussi rapidement et n’avait atteint une telle ampleur… il est difficile d’évaluer la tolérance sociale aux hauts niveaux d’endettement et… pour de douloureuses contraintes financières durables. Dans plusieurs Etats membres de l’UE, le seuil a déjà été atteint. Le spectre des faillites d’Etat a donc resurgi dans le monde riche. »

Dans le cas des économies plus faibles avec de hauts niveaux d’endettement, les banquiers européens et les dirigeants politiques ont clairement fait savoir qu’ils étaient opposés à tout sauvetage. Au lieu de cela, ces pays sont censés imposer des mesures « douloureuses » qui pousseront les niveaux de « tolérance sociale » à leurs limites.


La semaine passée, Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré que l’économie grecque mal en point ne pourrait pas s’attendre à « un traitement spécial » pour l’aider à venir à bout de son écrasant niveau d’endettement. Trichet a poursuivi en menaçant d’autres pays de la zone Euro fortement endettés du « risque d’une volatilité sur les marchés, » ce qui signifierait le déclassement de la note attribuée à leur dette souveraine et un coût du crédit plus élevé sur les marchés de capitaux.


L’intransigeance de la BCE à l’égard de la Grèce est appuyée par l’Allemagne, la plus grande puissance industrielle d’Europe, et la force motrice derrière le critère de déficit public limité à 3 pour cent du PIB comme condition fixée pour l’adhésion à la zone Euro.


Aux remarques de Trichet se sont ajoutées quelques jours plus tard celles du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui a déclaré dans une lettre envoyée aux ministres européens des Finances, « La Commission européenne ne devrait pas hésiter… à adresser un avertissement au pays membre qui ne respecterait pas les critères et les engagements. »


La Grèce est actuellement à égalité avec l’Irlande en terme du plus important déficit budgétaire de la zone Euro, environ 12,5 pour cent du PIB (c’est-à-dire quatre fois plus que la limite fixée par les critères pour l’adhésion à la zone Euro). Dans le passé, les données économiques grecques s’étaient souvent révélées être peu fiables et certaines sources indiquent que le véritable pourcentage de la dette du pays est proche de 14,5 pour cent pour l’année 2009. L’Espagne arrive en troisième position en s’acheminant vers un déficit budgétaire de 11,2 pour cent, suivi par la France (8,3 pour cent) et le Portugal (8,0 pour cent).


En Europe, le « cas désespéré » est l’Islande avec un taux d’endettement dépassant de loin ceux mentionnés ci-dessus. L’Islande ne fait pas partie de la zone Euro mais son économie avait pratiquement été transformée en un énorme fonds spéculatif (hedge fund) au service des marchés financiers de l’espace économique européen. Après que la bulle islandaise eut éclaté l’année dernière, deux pays créditeurs, la Grande-Bretagne et la Hollande, demandent à présent le remboursement de près de 4 milliards d’Euros de pertes d’investissement. Cette somme représente 50 pour cent de l’actuel PIB de la petite économie islandaise.


En Grèce, le gouvernement social-démocrate PASOK a déjà annoncé un projet pour ramener d’ici 2012 le déficit budgétaire du pays dans la limite autorisée par l’UE (à savoir, sous les 3 pour cent du PIB). Le projet implique des coupes sombres dans le système de santé et une réforme de son système fiscal, y compris des hausses d’impôts sur des biens de consommation tel le tabac et l’alcool. Tels sont les modèles de mesures « douloureuses » promises par le premier ministre George Papandreou peu de temps après son entrée en fonction et qui auront de graves conséquences pour les niveaux de vie des citoyens grecs.


Exposant le programme gouvernemental lors d’une conférence de presse le 14 janvier, le ministre des Finances, George Papaconstantinou, a déclaré, « Nous atteindrons nos objectifs par tous les moyens possibles. » Suite à une réaction négative à la fin de la semaine passée de la part de la BCE et des marchés financiers aux propositions avancées par la Grèce, Papaconstantinou a dit qu’il était disposé à « introduire un budget annexe et à prendre des mesures additionnelles si nécessaire. »


Mais, même une telle servilité devant les dictats de la Commission européenne et des banques internationales sera insuffisante. Les banques et les politiciens européens exigent bien plus de mesures contraignantes de la part des pays endettés, au risque même de menacer la stabilité sociale des pays concernés. Quant à savoir si les gouvernements recevront une aide financière des banques internationales et européennes cela dépendra de leur volonté d’appliquer les mesures d’austérité et de venir à bout des conséquences politiques qui s’ensuivent.


Les mêmes critères sont appliqués à tous les gouvernements occidentaux et pas seulement à ceux affichant le plus haut niveau d’endettement.


C’est ce qu’a clairement montré un article récemment paru dans le Financial Times sous le titre « Le financement et le test du patriotisme ». La journaliste du Financial Times, Gillian Tett, a écrit que le véritable défi pour les pays individuels est l’application des coupes budgétaires exigées par les banques et « aussi de réécrire le contrat social » sans provoquer une révolution.


Tett déclare : « Ce qui sera tout aussi crucial dans les années à venir ce n’est pas la simple ampleur de la dette mais de savoir si les gouvernements sont en mesure de trouver un moyen efficace de la réduire à nouveau, en répartissant les souffrances potentielles, et sans provoquer (dans le meilleur des cas) une instabilité politique ou (dans le pire des cas) une véritable révolution. »


Tett remarque que les électeurs islandais avaient voté pour déjouer les projets de leur gouvernement de rembourser les dettes aux dépens des contribuables. La journaliste se demande si le gouvernement britannique a les nerfs suffisamment solides pour imposer des coupes budgétaires considérables durant une année électorale. Elle met en garde que « la cohésion sociale et le patriotisme sont en train de s’effriter au Royaume Uni, » ce qui signifie que « la réponse n’est pas connue. » Elle conclut en disant : « Mais la question clé est : si les deux dernières années ont été un test crucial pour les marchés financiers mondiaux, les deux prochaines années seront un test tout aussi crucial pour les systèmes gouvernementaux occidentaux. »


Les attaques sociales exigées par Trichet, Juncker & Cie exacerberont inévitablement les tensions de classe en entraînant une instabilité politique extrême sur l’ensemble du continent. Comme le montrent clairement les commentaires ci-dessus, ces attaques s'accompagneront d'une intensification des attaques sur les droits démocratiques et de la répression d’Etat.


Dans le même temps, elles attiseront les pressions centrifuges qui menacent de faire éclater l’Union européenne. Au cas où un pays ne serait pas en mesure d’effectuer les mesures budgétaires exigées par les banques et deviendrait insolvable, ceci déclencherait une réaction en chaîne auprès des autres économies affligées de dettes et mettrait en danger l’euro.


La classe ouvrière européenne entre dans une nouvelle période de luttes révolutionnaires. Au programme de guerre des classes des banques elle doit opposer son propre programme fondé sur la perspective de la construction des Etats unis socialistes d’Europe.


(Article original paru le 19 janvier 2010)

http://www.wsws.org
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 13:34
sg1

 

 

The Real Nesws - Interview of F William Engdahl, economist and author and the writer of the best selling book "A Century of War: Anglo-American Oil Politics and the New World Order."

Mr Engdhahl has written on issues of energy, politics and economics for more than 30 years, beginning with the first oil shock in the early 1970s. Mr. Engdahl contributes regularly to a number of publications including Asia Times Online, Asia, Inc, Japan's Nihon Keizai Shimbun, Foresight magazine; Freitag and ZeitFragen newspapers in Germany and Switzerland respectively. He is based in Germany. (TheRealNews)



Photo: Mécanopolis

http://therealnews.com

http://www.internationalnews.fr/article-greek-people-resist-paying-for-crisis-goldman-helped-create-greek-financial-crisis-and-now-eu-and-imf-want-people-to-pay-45058161.html
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 12:48
WSWS
1 February 2010
http://3.bp.blogspot.com/_DQ9PfUhb-gU/SfCWVMRQMGI/AAAAAAAAA3o/RIuSCUwjFvc/s400/unemployement.bmp

By Stefan Steinberg

Unemployment in the 16 countries comprising the eurozone increased to an official average of 10 percent in December—the highest level of unemployment since the introduction of the euro in 1999. According to the EU statistical office Eurostat, there are now 15.8 million people unemployed in the eurozone and a total of 23 million out of work in all of the 27 countries belonging to the EU.


Unemployment rates vary within Europe with some countries notching twice the average rate of unemployment. The western European country with the highest rate of unemployment is Spain, with 19.5 percent in December. In Eastern Europe this figure is exceeded by Latvia, which has the highest jobless rate in the EU—22.8 percent.


The official figures issued by Eurostat are only a rough indication of unemployment rates, which in many countries are actually much higher. The official figures do not include those who have given up looking for work but have not registered as unemployed. Nor does the official statistic include the underemployed, including those millions working part-time jobs for an income that barely allows them to survive. It has been estimated, for example, that around 2.5 million people in Germany are employed on such a basis.


Of the tens of millions condemned to unemployment as the repercussions of the international economic crisis deepen, young people are the worst affected section of the population.


On average, unemployment rates amongst young people are double the average for older layers of the working population. According to Eurostat, over 21 percent of under-25s in the eurozone were unemployed in December 2009. One year ago, this total stood at 16.9 percent. Once again, Spain topped the table with a youth unemployment rate of 44.5 percent.


Spanish Employment Minister Celestino Corbacho, whose country holds the rotating EU presidency, was forced to concede at a meeting with his EU counterparts in Barcelona, “There is not a single country in Europe that is not worried about youth unemployment.”


One of the characteristics of growing youth unemployment and underemployment in Europe is that it is increasingly affecting better-educated layers who in the past had less problems finding adequate work. Growing numbers of youth with apprenticeships or university education are unable to find proper jobs. As a result many highly qualified graduates are either condemned to unemployment or employed in jobs for which they are overqualified and very poorly paid.


European officials are aware that the lack of proper work prospects played a key role in the riots by young people and students throughout Greece in December 2008. There is now the fear that such rebellions could be repeated in other countries as the situation worsens for educated and qualified young people.


Expressing his concerns at such a development, the secretary of the European Confederation of Unions, Joel Decaillon, noted that there was a “paradox” between the large numbers of well-educated European youths who “find themselves in jobs which have no relation to their training.”


“This is not good for the future of society. It represents a slide among the middle classes towards poverty,” Decaillon told the French news agency AFP.


On behalf of employers, Jose Isaias, the head of the Spanish delegation at Europe’s largest employers’ association BusinessEurope, sought to put the blame on universities that were producing graduates with far too much education and knowledge. There was a mismatch between the skills of young people and the needs of the labour market, he noted. “We must ask ourselves if what is being produced at universities has any connection to reality,” Isiais told AFP.

Illustration: 3.bp.blogspot.com


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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 15:29

Le Point

Les retraites en or de l'Europe

Le bâtiment de la Commission européenne, à Bruxelles


Par Patrick Bonazza


D'accord, rien de comparable avec les retraites en or des pdg, mais les 129 - très - hauts fonctionnaires de l'Union européenne (commissaires, juges, greffiers...) n'ont vraiment pas à se plaindre. Aucun régime de retraite de la fonction publique dans les 27 États membres n'est aussi favorable. Et pour cause, un commissaire européen, un juge, un avocat général de la Cour de justice... n'acquittent aucune cotisation, contrairement au fonctionnaire européen lambda qui, lui, verse 10,90 % de son traitement de base.

Mais pour ce tarif zéro, les hauts fonctionnaires de l'Union bénéficient de prestations luxueuses détaillées dans un rapport que s'apprête à publier Sauvegarde Retraites, association connue pour son obstination à traquer les abus. Ainsi, quand ils abandonnent leurs fonctions, les maîtres de l'Union peuvent toucher jusqu'à 70 % d'un dernier traitement très confortable. Les émoluments de ces "superfonctionnaires" s'élèvent, en moyenne, à 21.260 euros mensuels. Au bas de l'échelle, le greffier du Tribunal de la fonction publique touche 16.327 euros. En haut, le président de la Cour des comptes perçoit 23.405 euros et celui de la Cour de justice 26.651 euros, et cela, sans indemnités et autres suppléments familiaux (par exemple, plus de 2.000 euros par mois pour 3 enfants à charge !).

Pour obtenir les 70 % de leur dernier salaire pour leurs retraites, les hauts fonctionnaires de l'Union n'ont pas besoin de trimer 40,5 ans, comme dans le privé, en France. Il suffit de "tenir" 16 ans. La vérité oblige à dire qu'il est assez rare de parvenir à ce seuil fatidique compte tenu de la durée des mandats, mais même un court passage reste avantageux. Ainsi, Jacques Barrot, vice-président de la commission chargée des transports, au terme de seulement 5 ans de mandat, aura droit, en octobre, à une pension de 4.728,20 euros.

Les partants peuvent espérer toucher entre 300.000 et 500.000 euros

La vérité oblige à dire là aussi que ces retraites sont cumulables avec celles obtenues dans les pays d'origine. Et qu'en cas de départ avant l'âge - 65 ans -, les 129 privilégiés de l'Union touchent de confortables parachutes. Sous forme d'une "indemnité de déménagement", sachant que tous les coûts (transports, assurances...) sont, en plus, pris en charge par l'Union. S'ajoute une "indemnité de transition" servie mensuellement pendant 3 ans en proportion du salaire de base et de la durée du mandat effectué (40 % pour moins de 2 ans, jusqu'à 65 % au-delà de 15 ans). Une restriction toutefois : une fois le mandat achevé, si le haut fonctionnaire européen exerce une nouvelle activité, sa rémunération ne doit pas dépasser, y compris l'indemnité de transition, ce qu'il percevait à Bruxelles ou à Luxembourg.

Au total, en cumulant les deux indemnités, les partants peuvent espérer toucher entre 300.000 et 500.000 euros, ce qui n'altère en rien les prestations de retraite à venir. Pas mal pour des responsables mieux que bien payés (le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, avec 29.504 euros, touche plus que le président des États-Unis) et qui, le plus souvent, réintègrent leur administration d'origine, reviennent à la politique ou pantouflent dans le privé. Conclusion de Sauvegarde Retraites : "C'est un comble, l'administration européenne, garante de l'orthodoxie budgétaire et si prompte à jouer les gendarmes vis-à-vis des États membres qui ne respectent pas les principes de bonne gestion et de rigueur économique, mène, pour elle-même, aux frais des contribuables, une politique laxiste totalement coupée des réalités."

Titre original: Les retraites en or de l'Europe- HAUTS FONCTIONNAIRES


Lire l'intégralité du rapport : "Les retraites de nababs des hauts fonctionnaires européens"

 Le Point le 19/05/2009

http://www.lepoint.fr

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-les-retraites-en-or-des-fonctionnaire-europeens-l-44923082.html
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 09:54
Horizons et débats
1er février 2010

http://www.auswaertiges-amt.de/diplo/de/Europa/BilderMitBU/081104-eu-usa-fahnen,templateId=large__blob.jpg

par Eberhard Hamer


Depuis que le traité de Lisbonne est entré en vigueur, la plupart des droits souverains des 27 nations autonomes d’autrefois ont été légués au commissariat politique de Bruxelles. Le traité décide qu’il n’y a plus ni nation ni citoyen d’une nation, mais seulement l’Europe et les citoyens européens. Nous croyions que ce serait un progrès en direction de la liberté, de la démocratie et de la sécurité.


Déjà un jour avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne les Etats réunis dans l’UE ont dû décider, moyennant l’aide active du ministre allemand de l’Intérieur de Maizière, une convention sous le diktat des Etats-Unis qui assure aux USA l’accès libre aux données bancaires du service financier européen Swift. Washington avait réglé cela avec le président de la Commission Barroso. On avait contourné le Parlement européen un jour avant qu’il ne soit responsable et on lui avait refusé le droit de participation. Le service de Swift siège en Belgique et mène tous les jours quelque 15 millions de transactions financières entre 8300 banques mondialement. Par l’assujettissement de l’UE sous l’autorité américaine, tous les flux financiers de l’Europe sont contrôlés par la CIA et les autres services secrets américains et israéliens. Il y a eu des politiciens en Europe qui, à bon droit, ont désigné Barroso comme «aide-manœuvre des Etats-Unis», contraire à toute protection europé­enne des données informatiques. Depuis, les Américains ont tout accès non seulement aux données qui existent quand il y a des versements financiers par exemple de l’Allemagne vers outre-mer, la Chine ou l’Amérique du Sud, mais à tous les versements qui se font à l’intérieur de l’Allemagne, par exemple de Hambourg vers Cologne ou à l’intérieur de Hambourg. Pendant 5 ans les données des citoyens intègres devront être mémorisées – bien sûr aux frais des banques et de leurs clients.


Les contrôleurs de l’utilisation des données informatiques ont averti le gouvernement fédéral, et surtout le ministre de l’Intérieur, du danger de soutenir une telle décision en faveur de l’assujettissement de l’UE sous le diktat des USA, contraire aux lois dans le domaine de la protection des données informatiques. Le ministre de l’Intérieur, certes, n’a pas donné son aval, mais par son abstention il a volontairement permis l’accès aux données.


A quoi sert la protection de la vie privée en Allemagne lorsque, de par l’UE, le gouvernement américain et ses réseaux d’agents ­peuvent disposer librement de nos données financières? On justifie tout cela par la lutte contre le terrorisme – comme si les USA devaient toujours impliquer leurs Etats satellites pour profiter de leur argent, de leurs services ou d’autres valeurs matérielles.


La soi-disant lutte contre le terrorisme a été également la raison pour laquelle l’Allemagne a été impliquée, son argent et ses soldats inclus, à la guerre en Afghanistan mise en scène par les lobbies américains de l’armement, de la drogue et du pétrole. Pendant longtemps on nous a rabâché des mensonges sur cette intervention en faveur de la paix présumée. C’est seulement le nouveau ministre de la Défense qui a dit la vérité, choquant ainsi tous les partis politiques, inclus les sociaux-démocrates et les Verts, qui avaient accepté la guerre, et il vient de déclencher un débat sur la question de savoir si la Loi fondamentale permet vraiment de faire une guerre allemande, surtout là où nous n’avons rien à faire et où nos intérêts ne sont pas touchés.


Sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, il y a des règlements de plus en plus sévères pour les voyages aux USA. Jusqu’ici déjà, les compagnies aériennes devaient avoir annoncé toutes les données privées de leurs clients avant leur arrivée aux Etats-Unis pour qu’on ait pu contrôler les voyageurs. Maintenant ce contrôle total ne suffit soudainement plus, il faut que les voyageurs soient contrôlés dans les aéroports de partance par des scanners qui les mettent à nu. Une autre gradation serait de mettre ces photos des personnes nues à disposition des Etats-Unis et des bureaux des services secrets du CIA et autres.


Le ministre allemand de l’Intérieur de Maizière et son ami politique Bosbach ont déjà donné leur aval ainsi que l’aval de leur gouvernement pour de tels «body scanner» contraires à la Loi fondamentale qui violent la sphère intime des voyageurs. Ils veulent aussi surmonter la résistance des Libéraux contre cette violation des droits humains. C’est étonnant que, dans les média allemands, il n’y ait pas de cris d’indignation contre cela – il semble qu’ils sont tous déjà mis au pas.


L’auteur fait partie d’une génération qui a toujours considéré et défendu, après la dictature pendant la dernière Guerre mondiale, la liberté personnelle et la démocratie comme acquis politiques les plus précieux de notre siècle. Maintenant nous devons reconnaître que:


•    notre peuple allemand pour lequel nous nous engagions n’existe plus, mais qu’il n’y a plus qu’une population multicolore en Allemagne.
•    Il n’y a plus de nation allemande ni de patrie allemande. La fin de toutes les deux a été consacrée par le traité de Lisbonne. On les a converties en une «citoyenneté européenne» ou quelque chose du genre.
•    Il y a en revanche une diminution de la participation politique des citoyens au sens de la démocratie par la concentration et par des nouvelles structures hiérarchiques (UE). 60 % des Parlements municipaux existant il y a 20 ans, ont été supprimés par la concentration, la participation des citoyens est devenue de plus en plus indirecte, de plus en plus faible, de plus en plus contraire à la démocratie. Maintenant on gouverne le tout du haut vers le bas, et non inversement, du bas vers le haut.
•    C’est aussi au sens économique que nous avons perdu la plus grande partie de la liberté. Ce ne sont pas seulement des douzaines de bureaux qui prescrivent à tous les entrepreneurs ce qu’ils doivent faire. L’entrepreneur doit aussi renoncer à 60 % de ce qu’il a gagné, de sorte que pour de nombreux employés il est plus rentable d’obtenir une allocation sociale que de vivre de leurs propres moyens.


Les trois exemples cités montrent comment on intervient au détriment de notre liberté, de notre intégrité et de nos droits humains, parce que «le grand frère de l’autre côté de l’océan» le veut ainsi. Nous menons une guerre contraire à la Loi fondamentale, sous le commandement des Etats-Unis, nous acceptons que toutes nos télécommunications soient contrôlées par la CIA (système Echolon), nous devons accepter que tous nos versements soient scrutés par des agents américains (Swift) et à l’avenir, nous devrons nous présenter tout nus aux autorités américaines.


Nos politiciens ne devront pas s’étonner s’il y a des réactions dramatiques de la part de la population trompée, dès que celle-ci réalisera finalement les violations actuelles de la Loi fondamentale, des lois de protection des données et des droits privées.    


(Traduction Horizons et débats)

PHOTO:
auswaertiges-amt.de

http://www.internationalnews.fr/article-qu-en-est-il-de-la-souverainete-de-l-europe-44315263.html
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 17:17
Euromag

Une enquête récente de l’Eurobaromètre, commandée par la Commission européenne et publiée en décembre dernier, révèle ce chiffre effarant : plus de 80 % des européens des 27 États de l’Union européenne estiment que les institutions de leur pays sont corrompues, et plus des trois quarts pensent que la corruption est un problème majeur de leur pays.



La question de la corruption et de ses conséquences socioéconomiques est un thème classique lorsqu’il s’agit de politique africaine ou caribéenne, ou encore des anciens satellites de l’URSS, où la corruption est considérée comme endémique, et la pauvreté à l’origine de tous les vices. Mais qu’en est-il de la situation dans les pays de l’UE, qui font partie des pays les plus riches du monde?

Les résultats de l’ONG Transparency International, concernant la corruption au niveau mondial, obtenus grâce à l’indice de perceptions de la corruption (IPC), offrent un très bon positionnement à certains pays de l’Europe, comme le Danemark et la Suède, respectivement en deuxième et troisième place des pays où la perception de la corruption est la moins forte au monde. A l’inverse, ces résultats montrent que la situation est déplorable dans certains États membres de l’UE, et qu’elle s’est même sensiblement dégradée cette année.


La Grèce, la Bulgarie et la Roumanie se trouvent à la 71e place (sur un total de 180 pays), l’Italie à la 63e, et la République tchèque en 52e place, avec une perception de corruption de 5/10. Ainsi, malgré le fait que l’Union européenne a placé la lutte contre la corruption à la tête de ses priorités lors de l’élargissement, notamment pour les pays d’Europe de l’Est dont la culture la corruption est bien connue, les citoyens d’anciens Etats membres considèrent toujours la corruption comme très présente au sein des institutions nationales, régionales et locales de leur pays.

Les européens ont-ils confiance dans leurs hommes politiques ?

Les résultats de la troisième enquête Eurobaromètre sur la perception de la corruption au sein de l’UE révèlent que, dans la majorité des Etats membres, plus de la moitié des citoyens soupçonnent les hommes politiques, mais également les fonctionnaires en charge des attributions de marchés publics et des permis, d’être impliqués dans des affaires de pots-de-vin ou d’abus de pouvoir pour un bénéfice personnel. Bien que très peu des personnes interrogées aient elles-mêmes été victimes d’acte de corruption – seuls 9 % affirment qu’il leur a été demandé de verser un pot-de-vin afin d’obtenir un service – celles-ci estiment que la corruption est principalement due aux relations trop étroites entre les monde des affaires et de la politique (42 %). Étonnamment, le niveau de vie et des salaires n’est quasiment jamais mentionné comme cause présumée de la corruption, mais plutôt le manque de volonté politique d’imposer davantage de transparence dans les dépenses publiques et les attributions de marché.


Sondage : 80% des européens jugent leurs institutions corrompues


D’autre part, la situation et la perception des citoyens s’est fortement dégradé certains pays de l’UE, comme en Finlande où le pourcentage de citoyens qui estiment que la corruption est présente au sein des institutions nationales a augmenté de 36 % à 68 %, ou encore à Malte où la proportion passe de 66 % à 89 %. De façon globale, la perception des citoyens de l’UE concernant la corruption a nettement augmenté depuis 2007 : + 6 % au sein des instituions nationales et locales, + 8 % au sein des institutions régionales, et même + 10 % pour les institutions de l’UE. Les résultats révèlent en effet une méfiance croissante à l’encontre de tous les domaines du secteur public (élus, police, justice, santé, éducation) avec une augmentation de près de 6 points pour chaque secteur particulier. La tendance s’est inversée par rapport aux observations tirées des études de l’automne 2005 et de l’automne 2007, qui montraient alors une amélioration générale.

Les scandales qui ont marqué l’année 2009

La forte dégradation des résultats concernant la perception de la corruption des citoyens européens est peut-être due en partie à la sombre situation économique mondiale en 2009, mais surtout aux révélations publiques – et fortement médiatisées – de scandales financiers impliquant des hommes politiques de plusieurs États de l’UE. En effet, l’actualité de 2009 a été marquée par plusieurs scandales, notamment : l’affaire des notes de frais des parlementaires britanniques, qui a provoqué la démission de plusieurs élus.


A Malte, un scandale a également éclaté mettant en cause, en autres, l’Autorité maltaise à l’Environnement et à la Planification, attribué par certains aux conséquences des réformes administratives d’adhésion dans l’UE, qui ont renforcé l’indépendance de ces « autorités », sans mettre en place de système de contrôle. Le cas le plus marquant est sûrement celui de la Finlande, jusqu’ici bon élève de l’indice de corruption, où plusieurs importants scandales ont été révélés ces dernières années portant sur le financement des campagnes électorales, provoquant une véritable crise de confiance du gouvernement en place. Un sondage national montre en effet que la crédibilité des hommes politiques finlandais a diminué de 60 % l’année dernière.


Ces quelques exemples montrent à quel point la corruption est un phénomène complexe et persistant du monde politique. L’Europe ne devrait pas se satisfaire de quelques bons chiffres provenant de certains pays, mais se pencher sur la situation réelle de la démocratie dans les différents pays de l’Union et proposer des réglementations permettant de renforcer le contrôle des citoyens sur les décisions et dépenses publiques de leur pays.


Rédigé par Charlotte TRILLAUD, le Mardi 26 Janvier 2010.

http://www.leuromag.com
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 08:10

http://www.marianne2.fr/photo/897632-1060720.jpg

photo : http://www.flickr.com

par Karl Müller

Le 10 septembre 2009 la revue économique allemande «Handelsblatt» fit bondir ses lecteurs en titrant: «Endettement de l’Etat: l’explosion». Suivant une étude non publiée de la Commission européenne, dans certains Etats de l’UE, la crise économique conduira à une énorme croissance de leur endettement d’ici à 2020. On prédit à la Grande-Bretagne une dette qui atteindra 180% du Produit intérieur brut (PIB). A la fin de 2008 cet endettement n’était encore «que» de 50% environ du PIB.


Selon l’article, l’endettement de l’Etat augmentera de façon exponentielle dans d’autres pays de l’UE: en France par exemple jusqu’à 125% du PIB, en Allemagne un peu plus de 100%.


Parallèlement l’étude douchait les espoirs euphoriques de croissance: «Le taux de croissance dans l’UE ne devrait pas dépasser 1% dans un avenir prévisible.»


Si la conjoncture virait à la hausse, les Etats devraient alors compter avec des taux d’intérêt nettement plus haut et donc avec des intérêts plus élevés.


Endettement public: l’explosion

De fait nombre des sources actuelles parlent en faveur d’une augmentation de la dette publique dans les pays de l’UE (ainsi qu’aux USA et au Japon) bien au-delà du soutenable. Pour l’ensemble de l’UE, la Chambre d’économie autrichienne prédisait en novembre 2009 sur la base des chiffres de la Commission européenne, de l’Eurostat ( Institut européen de la statistique) et de l’OCDE que la dette publique globale des 27 Etats de l’Union, qui s’élevait en 2008 à 61,5% du PIB, atteindrait en 2011 83,8% du PIB et même, dans la zone euro des 12, 88,2%. Or la limite supérieure prévue par le Pacte de stabilité européen est de 60% du PIB, et elle s’élève d’ores et déjà à 78,7% en moyenne des Etats de l’UE (estimation pour 2009). 8 des pays de la zone euro des 12 sont déjà endettés au-delà de 60% de leur PIB. Seuls la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Espagne satisfont encore aux exigences du Pacte de stabilité.


D’ici à 2011 l’endettement public devrait atteindre 88,2% du PIB en Grande-Bretagne, 87,6% en France et 79,7% en Allemagne.


Pour les trois quarts seulement de l’année 2009 le déficit des budgets publics, selon une communication de l’Office fédéral allemand des statistiques en date du 29/12/09, s’élevait à 96,9 milliards d’euros, contre 79,6 l’année précédente pour la même durée. Et pour les années 2010 et 2011, le DIW (Institut allemand de recherche économique) prédit un accroissement de la dette d’environ 240 milliards d’euros (Communiqué de presse du 7 janvier).


Ce n’est pas ainsi que l’on contribue au bien public

Et pourtant ce n’est pas en accroissant vertigineusement la dette de l’Etat que l’on contribue au bien public. Bien au contraire: il n’y a rien de bon à en attendre. Le 24 décembre, par exemple, le «Neue Zürcher Zeitung» écrivait au sujet de la France: «Le marché de l’emploi alourdit l’atmosphère et la lutte pour la répartition des richesses se fait plus âpre» et le 30 décembre à propos de la Grande-Bretagne: «La livre sterling risque de poursuivre sa chute». Les citoyennes et citoyens allemands doivent s’attendre en 2010 à une forte hausse du chômage et sans doute à des salaires stagnants pour ceux qui ont encore un emploi.


De toute évidence la théorie selon laquelle l’augmentation des dépenses publiques favorise le bien-être général ne fonctionne plus. Il est très douteux qu’elle ait jamais fonctionné sur la durée. Dans les années 30 du siècle dernier, le «New Deal» tant encensé du président américain Franklin D. Roosevelt, après une apparence de succès immédiats, n’avait en cinq ans ramené le taux de chômage qu’à 26,4%.1 Et le «miracle économique» de Hitler – tout comme celui qui eut lieu aux USA quelques années plus tard – n’a été dû qu’au pillage d’autres peuples, au détriment de la paix et sur le dos de millions de victimes.


Mais à qui profite le crime?


Anthony C. Sutton a fait une remarque intéressante dans le tome 3 de sa série «Wall Street and the rise of Hitler»: «Si nous observons le vaste éventail des faits présentés dans les trois tomes de la série sur Wall Street, nous constatons le retour régulier des mêmes noms: Owen Young, Gerard Swope, Hjalmar Schacht, Bernard Baruch, etc.; des mêmes banques internationales: J. P. Morgan, Guaranty Trust, Chase Bank et de la même adresse new-yorkaise: en général Broadway 120. Ce groupe de banquiers internationaux a soutenu la révolution bolchevique et a tiré ensuite profit de la fondation de la Russie soviétique.


Ce groupe a financé Roosevelt et a tiré profit du socialisme du New Deal. Ce groupe a également financé Hitler et a, c’est sûr, tiré profit du réarmement allemand dans les années 30. Alors que le grand capital aurait dû normalement faire des affaires avec des firmes telles que Ford Motor, Standard Oil of New Jersey, etc., nous constatons que ses activités se déployaient dans les bouleversements politiques, la guerre et les révolutions survenues dans trois pays de première importance.»2



Dieter Meyer, un ancien Ministerialrat allemand, a créé un site Internet sur l’endettement public en Allemagne et en UE (www.staatsverschuldung-schuldenfalle.de). Il y écrit qu’en 2008 «presque un huitième des rentrées fiscales» a été absorbé par les intérêts de la dette. «De 1965 à 2008 la part to­tale des nouveaux endettements et des déficits dans le budget total s’élevait à environ 1339,9 milliards d’euros et les intérêts de la dette à 1514,5 milliards d’euros environ. […] Le financement des crédits destinés aux budgets publics a dégénéré jusqu’à n’être plus qu’une fin en soi inutile au plan fiscal. Elle ne sert plus au financement du budget proprement dit, mais à celui des dépenses d’amortissement et d’intérêts de ses propres emprunts.»


Et de fait: Selon les données fournie par le Bund der Steuerzahler e.V. (Union des contribuables) allemand, les budgets publics ont versé en 2005 64,2 milliards d’euros d’intérêts, 64,9 en 2006, 66,1 en 2007, 67,9 en 2008, et en 2009 on dépassera sans doute les 70 milliards (état des calculs au 19/1/09); des sommes transférées en grande partie sur les comptes de banques nationales et étrangères. La Bundesrepublik Deutschland Finanzagentur GmbH (Agence financière de la République fédérale d’Allemagne SA), compétente pour la recherche des financements, a publié dans un communiqué de presse du 16 décembre 2008 les noms des dix premiers créanciers au titre de divers emprunts d’Etat: Barclays Bank, Deutsche Bank, Merill Lynch, UBS, Morgan Stanley, The Royal Bank of Scotland, Société Générale, J.P. Morgan, Goldman Sachs et Citigroup.


Comment vont réagir les Etats?

Que se passera-t-il donc si les pronostics donnés au début de ce texte au sujet des endettements publics se réalisent? Comment réagiront les responsables au niveau national et européen? Un nombre toujours plus élevé d’Etats de l’UE va-t-il se déclarer en fail­lite? De plus en plus d’Etats européens vont-ils voir leur solvabilité dégringoler dans les agences de notation en raison de leur endettement élevé – ce qui est déjà en partie le cas – et devoir payer aux bailleurs de fond des intérêts de plus en plus élevés? Les Etats les plus puissants de l’UE exerceront-ils sur les Etats moins influents une pression de plus en plus forte pour qu’ils se plient aux intérêts des grands, transformant peu à peu l’UE en un «directoire des grands et de quelques-uns de leurs valets» (Jean Asselborn)? L’UE deviendra-t-elle un instrument de plus en plus évident de la répartition des richesses en direction de la haute finance? Le paiement des intérêts, qui alimenteront de plus en plus grassement ces créanciers prendra-t-il de plus en plus la place des dépenses normales des Etats? Privatisera-t-on encore plus les services publics, le profit devenant de plus en plus la norme, au détriment du bien public? Ou bien les Etats de l’UE, pressés par la dette, chercheront-ils bientôt leur salut dans une politique inflationniste qui anéantira les valeurs?


La «Neue Zürcher Zeitung» a joint à sa livraison du 5 janvier un supplément «L’année financière 2009». On peut y lire: «L’année financière 2009 a fait le bonheur de beaucoup d’investisseurs. Après les pertes dramatiques de l’année 2008 les cours n’ont pratiquement pas cessé de monter à partir de mars 2009. Même ceux de nombreuses matières premières, par exemple l’or et le pétrole, se sont vigoureusement repris, et les obligations d’entreprises se sont avérés aussi rentables que les actions.» Dès le 22 décembre le Spiegel Online titrait: «Capitulation face au monstre du Monopoly.



C’est le scandale de l’année: les banques d’investissement, après avoir failli entraîner le monde dans un abîme financier, se sont remises à jouer à leur Monopoly des milliards. […] C’est l’absurdité même: ceux qui ont provoqué la crise en sont maintenant les grands gagnants. Ils profitent de l’argent des banques nationales qu’ils obtiennent pratiquement pour rien.» Et vers la fin de l’article on nous présente les tenants et aboutissants: «Durant la dernière décennie les gouvernements de Londres et de Washington ont rendu leur économie dépendante de la finance. Il y a longtemps que Wall Street est partie prenante de l’administration états-unienne. Londres est après New York la deuxième place financière mondiale et tient à le rester; il ne faut donc pas indisposer le monstre en lui imposant des obligations trop pénibles.»


Maintenant ils crient: Au voleur!



Le «Handelsblatt» du 5 janvier a publié une interview de Joachim Fels, économiste chez Morgan-Stanley. Fels y explique: «La Grèce se fait qu’offrir un avant-goût de ce qui attend d’autres pays. Somme toute les gouvernements ont repris une quantité astronomique d’emprunts et de créances à un secteur privé surendetté. […] Les marchés financiers joueront en 2010 la carte de la faillite des Etats et donc de l’inflation. […] Les investisseurs exigeront des primes de risque et des intérêts à long terme plus élevés. Ce qui, à partir de 2011, fera augmenter le coût des nou­velles dettes publiques.» Un coût qu’en définitive supportera, avec ou sans inflation, le contribuable.


(Traduction Horizons et débats)


1     Selon Hans-Ulrich Thamer, Verführung und Gewalt, Deutschland 1933-1945 [Séduction et violence, l’Allemagne de 1933 à 1945], 1994, p. 470

2     D’autres auteurs vont plus loin encore que Sutton. F. William Engdahl écrit par exemple dans son livre paru en 2009, «Der Untergang des Dollar-Imperiums. Die verborgene Geschichte des Geldes und die geheime Macht des Money Trusts» (ISBN 978-3-938516-89-8) [Le déclin de l’empire du dollar. L’histoire cachée de l’argent et la puissance occulte du «Money Trust»]: «Longtemps avant la victoire des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale les Rockefeller et les dirigeants des principales entre­prises et banques américaines avaient bien compris que le marché américain était beaucoup trop restreint pour leurs ambitieux projets. Selon eux, la démarche de l’Amérique devait être globale, pour qu’elle puisse accomplir sa ‹destinée manifeste›, l’accroissement illimité de la puissance américaine. […]

        A y regarder de plus près, si les familles Rocke­feller, Harriman et Bush ont largement et très discrètement participé aux préparatifs de ­guerre du Troisième Reich et leur ont apporté un soutien d’importance capitale, ce n’était pas seulement en raison de leur sympathie pour la philosophie de Hitler et ses méthodes: bâillonner la classe ouvri­ère et pratiquer une économie sous commandement politique. Ils nourrissaient des vues beaucoup plus ambitieuses: il ne s’agissait pas de soutenir une Allemagne victorieuse, mais d’avoir une guerre mondiale d’où naîtrait ensuite après 1945 un «siècle américain», ou plus exactement un «siècle Rockefeller». Bush, Rockefeller, Harriman, DuPont et Dillon ont notablement contribué au soutien apporté au Troisième Reich à ses débuts, car une partie de leur grand plan géopolitique consistait à mener les grandes puissances politiques européennes, en particulier l’Allemagne et la Russie à s’entre-détruire. Comme mentionné, un stratège britannique parlait de laisser ces deux puissances ‹se saigner à blanc› ce qui devait ouvrir la voie à l’hégémonie du ‹Siècle américain›.» (pages 165 et 192 de la version allemande, trad. Horizons et débats)

        Engdahl expose qu’avec l’argent de la Fondation Rockefeller, sous l’égide du Council of Foreign Relation (CFR) et en étroite collaboration avec l’administration Roosevelt fut créé durant la guerre un War&Peace Study Group, tenu caché à l’époque, et qui produisit de nombreuses études dont l’idéologie rappelle celle de l’Allemagne nationale-socialiste: «Les géants américains de la banque et de l’industrie devaient conquérir de nouveaux marchés, plus d’espace, ce que le War&Peace Study Group nommait la ‹Grand Area›. […] Isaiah Bowman, membre fondateur du CFR et directeur du War&Peace Study Group au CFR, également connu comme ‹expert américain en géopolitique› pendant la Seconde Guerre mondiale, utilisa encore un autre terme pour désigner la ‹Grand Area› projetée: en référence à la notion géographique hitlérienne qui devait justifier au plan économique l’expansion­nisme allemand, Bowman parla ‹d’espace vital économique américain›.» (pages 171 et suivantes, trad. Horizons et débats)

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-Union européenne: Le projet «Endettement public»-NaN.html

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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 13:42
Mondialisation
14 janvier 2010

par David Cronin et IPSC

Israël est le principal partenaire étranger dans « le programme cadre » de l’Union Européenne pour la recherche scientifique auquel a été alloué 53 milliards d’euros entre 2007 et 2013. L’UE est la seconde source de financement de la fondation israélienne pour les sciences basée à Jérusalem.

(JPG)
Janvier 2009 - Bombardements israéliens dans le territoire surpeuplé de Gaza

Israël escompte que son investissement dans l’actuel programme européen atteindra une valeur d’au moins 500 millions d’euros d’ici sa conclusion en 2013.


Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, l’UE a décidé ces dernières années que les entreprises d’armement pouvaient recevoir des financements pour la « recherche en sécurité ». Dix des 45 projets initiaux présentés par l’UE comme étant de la « recherche en sécurité » ont impliqué des entreprises et des institutions universitaires ou d’état israéliennes.


Motorola-Israël, par exemple, prend part au projet « iDetect 4All », un projet de surveillance financé par l’UE destiné à envoyer des alertes sur des activités suspectes à proximité de bâtiments ou des ressources ayant une valeur économique. Motorola est le premier fabricant de fusibles pour les bombes utilisées par l’aviation israélienne. Des composants d’armements munis d’une étiquette Motorola ont été découverts par les enquêteurs de Human Rights Watch qui avaient fouillé les sites bombardés par Israël à Gaza à la fin de 2008 et au début de 2009. Les fusibles Motorola sont également un élément central de la bombe avec laquelle Israël a massacré au moins 28 civils, en majorité des enfants, réfugiés dans un immeuble d’habitation à Qana, au Liban, en 2006.


Le projet « iDetect 4All » est susceptible de s’appuyer sur l’expérience acquise lors de l’utilisation des technologies de surveillance en Cisjordanie occupée. Au cours de ces cinq dernières années, un système radar Motorola d’une valeur de 158 millions de dollars a été installé dans 47 colonies de peuplement israéliennes. « The Jerusalem Post » a décrit le système comme une barrière « virtuelle » qui utilise des caméras thermiques pour repérer « les intrus ».


Ce ne sont pas tous les projets financés par l’UE et impliquant Israël qui relèvent de la catégorie de la recherche en sécurité. Israël participe aussi à la recherche en sécurité routière et à la recherche environnementale. Il est cependant instructif de constater que les entreprises d’armement israéliennes soient apparemment investies dans des projets civils, ce qui laisse supposer que les technologies qu’ils y développent peuvent avoir des applications militaires.


Israel Aerospace Industries (IAI), le fabricant des avions de guerre utilisés par Israël dans les territoires palestiniens occupés, a également bénéficié de plusieurs projets financés par l’Union Européenne. Il s’agit notamment du projet « Clean Sky », visant à développer des moteurs d’avion plus respectueux de l’environnement. La Commission européenne a confirmé que IAI sera en mesure de faire enregistrer des brevets sur les innovations réalisées dans le cadre de ce projet, lui permettant d’utiliser à des fins militaires les fruits de la recherche financée par les contribuables européens.


Elbit, la plus grande compagnie privée d’armes en Israël, participe à un projet intitulé CAPECON (Civil Applications and Economical Effectivity of Potential UAV Configurations). Son objectif est de fournir un plan de vol à des engins aériens sans pilote (UAV) dans l’espace aérien civil en 2015. Plus connus sous le nom de « drones », les engins volants d’Elbit ont été fréquemment utilisés dans les attaques contre les civils palestiniens ainsi qu’en Afghanistan et en Irak. Thomas Bingham, un juriste britannique de premier plan, a comparé ces armes aux mines terrestres et aux bombes à fragmentation et a estimé qu’elles étaient aussi cruelles « car elles sont au-delà de ce qui est humainement supportable ».


Israël est étroitement lié aux activités de recherche de l’UE sur les nanotechnologies. À la suite de la guerre d’Israël contre le Liban en 2006, Shimon Peres (devenu président israélien) a exprimé le désir de voir les nanotechnologies devenir les armes de l’avenir. Bien qu’Israël ait plus récemment voulu donner l’impression que la plupart de ses activités de recherche en nanotechnologie étaient de nature médicale, l’intérêt d’Israël dans ce domaine scientifique ne peut pas être séparé de l’occupation de la Palestine. La stratégie nationale israélienne concernant les nanotechnologies est mise en œuvre avec les conseils de représentants du ministère israélien de la défense et l’ancien président de « Rafael », l’autorité israélienne pour le développement d’armes.


Dans un rapport publié en 2004, le réseau euro-méditerranéen des organisations des droits de l’homme a documenté la façon dont les entreprises dans les colonies israéliennes situées sur les hauteurs du Golan et dans la vallée du Jourdain, ont bénéficié de subventions européennes pour la recherche. La participation de ces entreprises dans les activités de l’UE contredit les déclarations selon lesquelles seuls des organismes situés à l’intérieur des frontières israéliennes internationalement reconnues étaient en droit de coopérer avec l’Union.

 

Supplément IPSC : Questions à Maire Geoghegan-Quinn commissaire européen pour la recherche et l’innovation


1. Voulez-vous revoir la participation d’Israël au programme-cadre de l’UE pour la recherche européenne, afin que l’argent des contribuables ne soit pas attribué aux entreprises d’armement qui tirent profit de l’occupation de la Palestine ?


2. Voulez-vous vous engager à la révision des projets de recherche en « sécurité » autorisés par votre prédécesseur, M. Janez Potocnik, afin que les entreprises qui facilitent la violation des droits humains ne soient pas admissibles au financement ?


3. Allez-vous introduire de nouvelles règles afin que les entreprises d’armement israéliennes ne soient pas en mesure de participer à des programmes de recherche sur l’environnement ?


4. Jusqu’à présent, la Commission européenne n’a fait que donner ce que les défenseurs des droits humains considèrent comme de faibles - et surtout verbales - garanties que les entreprises basées dans les colonies israéliennes dans les territoires occupés ne seraient pas en mesure d’obtenir des subventions européenne pour la recherche. Acceptez-vous de fournir des assurances plus solides de façon écrite ? Et quelles mesures prendrez-vous pour vous assurer que les entreprises basées dans les colonies ne soient pas en mesure de contourner toute règle que vous introduiriez pour les empêcher d’avoir accès aux fonds européens, par exemple en prétendant qu’ils sont en réalité basés à Tel-Aviv ?


5. Allez-vous mettre fin à l’affectation de fonds communautaires pour le développement d’armes tels que les engins aériens sans pilote (UAV), qui ont été utilisés pour tuer d’innocents civils en Palestine et en Afghanistan ?


6. Allez-vous introduire de nouvelles lignes directrices concernant la participation d’Israël à des projets en nanotechnologie financés par l’UE, pour faire en sorte que ces projets ne facilitent pas le développement de nouvelles armes ?



Article original : IPSC (Ireland Palestine Solidarity Campaign), Factsheet: How Israeli arms companies benefit from EU science funds, http://www.ipsc.ie, publié le 7 décembre 2009.

Traduction de l’anglais : Claude Zurbach, Info Palestine.


David Cronin
est journaliste irlandais et vit à Bruxelles. Son ouvrage « Europe’s Unholy Alliance with Israel » sera publié chez Pluto Press en 2010.


 Articles de David Cronin publiés par Mondialisation.ca

 Articles de IPSC publiés par Mondialisation.ca

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