Europe

Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 13:34
sg1

 

 

The Real Nesws - Interview of F William Engdahl, economist and author and the writer of the best selling book "A Century of War: Anglo-American Oil Politics and the New World Order."

Mr Engdhahl has written on issues of energy, politics and economics for more than 30 years, beginning with the first oil shock in the early 1970s. Mr. Engdahl contributes regularly to a number of publications including Asia Times Online, Asia, Inc, Japan's Nihon Keizai Shimbun, Foresight magazine; Freitag and ZeitFragen newspapers in Germany and Switzerland respectively. He is based in Germany. (TheRealNews)



Photo: Mécanopolis

http://therealnews.com

http://www.internationalnews.fr/article-greek-people-resist-paying-for-crisis-goldman-helped-create-greek-financial-crisis-and-now-eu-and-imf-want-people-to-pay-45058161.html
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 12:48
WSWS
1 February 2010
http://3.bp.blogspot.com/_DQ9PfUhb-gU/SfCWVMRQMGI/AAAAAAAAA3o/RIuSCUwjFvc/s400/unemployement.bmp

By Stefan Steinberg

Unemployment in the 16 countries comprising the eurozone increased to an official average of 10 percent in December—the highest level of unemployment since the introduction of the euro in 1999. According to the EU statistical office Eurostat, there are now 15.8 million people unemployed in the eurozone and a total of 23 million out of work in all of the 27 countries belonging to the EU.


Unemployment rates vary within Europe with some countries notching twice the average rate of unemployment. The western European country with the highest rate of unemployment is Spain, with 19.5 percent in December. In Eastern Europe this figure is exceeded by Latvia, which has the highest jobless rate in the EU—22.8 percent.


The official figures issued by Eurostat are only a rough indication of unemployment rates, which in many countries are actually much higher. The official figures do not include those who have given up looking for work but have not registered as unemployed. Nor does the official statistic include the underemployed, including those millions working part-time jobs for an income that barely allows them to survive. It has been estimated, for example, that around 2.5 million people in Germany are employed on such a basis.


Of the tens of millions condemned to unemployment as the repercussions of the international economic crisis deepen, young people are the worst affected section of the population.


On average, unemployment rates amongst young people are double the average for older layers of the working population. According to Eurostat, over 21 percent of under-25s in the eurozone were unemployed in December 2009. One year ago, this total stood at 16.9 percent. Once again, Spain topped the table with a youth unemployment rate of 44.5 percent.


Spanish Employment Minister Celestino Corbacho, whose country holds the rotating EU presidency, was forced to concede at a meeting with his EU counterparts in Barcelona, “There is not a single country in Europe that is not worried about youth unemployment.”


One of the characteristics of growing youth unemployment and underemployment in Europe is that it is increasingly affecting better-educated layers who in the past had less problems finding adequate work. Growing numbers of youth with apprenticeships or university education are unable to find proper jobs. As a result many highly qualified graduates are either condemned to unemployment or employed in jobs for which they are overqualified and very poorly paid.


European officials are aware that the lack of proper work prospects played a key role in the riots by young people and students throughout Greece in December 2008. There is now the fear that such rebellions could be repeated in other countries as the situation worsens for educated and qualified young people.


Expressing his concerns at such a development, the secretary of the European Confederation of Unions, Joel Decaillon, noted that there was a “paradox” between the large numbers of well-educated European youths who “find themselves in jobs which have no relation to their training.”


“This is not good for the future of society. It represents a slide among the middle classes towards poverty,” Decaillon told the French news agency AFP.


On behalf of employers, Jose Isaias, the head of the Spanish delegation at Europe’s largest employers’ association BusinessEurope, sought to put the blame on universities that were producing graduates with far too much education and knowledge. There was a mismatch between the skills of young people and the needs of the labour market, he noted. “We must ask ourselves if what is being produced at universities has any connection to reality,” Isiais told AFP.

Illustration: 3.bp.blogspot.com


http://www.wsws.org
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 15:29

Le Point

Les retraites en or de l'Europe

Le bâtiment de la Commission européenne, à Bruxelles


Par Patrick Bonazza


D'accord, rien de comparable avec les retraites en or des pdg, mais les 129 - très - hauts fonctionnaires de l'Union européenne (commissaires, juges, greffiers...) n'ont vraiment pas à se plaindre. Aucun régime de retraite de la fonction publique dans les 27 États membres n'est aussi favorable. Et pour cause, un commissaire européen, un juge, un avocat général de la Cour de justice... n'acquittent aucune cotisation, contrairement au fonctionnaire européen lambda qui, lui, verse 10,90 % de son traitement de base.

Mais pour ce tarif zéro, les hauts fonctionnaires de l'Union bénéficient de prestations luxueuses détaillées dans un rapport que s'apprête à publier Sauvegarde Retraites, association connue pour son obstination à traquer les abus. Ainsi, quand ils abandonnent leurs fonctions, les maîtres de l'Union peuvent toucher jusqu'à 70 % d'un dernier traitement très confortable. Les émoluments de ces "superfonctionnaires" s'élèvent, en moyenne, à 21.260 euros mensuels. Au bas de l'échelle, le greffier du Tribunal de la fonction publique touche 16.327 euros. En haut, le président de la Cour des comptes perçoit 23.405 euros et celui de la Cour de justice 26.651 euros, et cela, sans indemnités et autres suppléments familiaux (par exemple, plus de 2.000 euros par mois pour 3 enfants à charge !).

Pour obtenir les 70 % de leur dernier salaire pour leurs retraites, les hauts fonctionnaires de l'Union n'ont pas besoin de trimer 40,5 ans, comme dans le privé, en France. Il suffit de "tenir" 16 ans. La vérité oblige à dire qu'il est assez rare de parvenir à ce seuil fatidique compte tenu de la durée des mandats, mais même un court passage reste avantageux. Ainsi, Jacques Barrot, vice-président de la commission chargée des transports, au terme de seulement 5 ans de mandat, aura droit, en octobre, à une pension de 4.728,20 euros.

Les partants peuvent espérer toucher entre 300.000 et 500.000 euros

La vérité oblige à dire là aussi que ces retraites sont cumulables avec celles obtenues dans les pays d'origine. Et qu'en cas de départ avant l'âge - 65 ans -, les 129 privilégiés de l'Union touchent de confortables parachutes. Sous forme d'une "indemnité de déménagement", sachant que tous les coûts (transports, assurances...) sont, en plus, pris en charge par l'Union. S'ajoute une "indemnité de transition" servie mensuellement pendant 3 ans en proportion du salaire de base et de la durée du mandat effectué (40 % pour moins de 2 ans, jusqu'à 65 % au-delà de 15 ans). Une restriction toutefois : une fois le mandat achevé, si le haut fonctionnaire européen exerce une nouvelle activité, sa rémunération ne doit pas dépasser, y compris l'indemnité de transition, ce qu'il percevait à Bruxelles ou à Luxembourg.

Au total, en cumulant les deux indemnités, les partants peuvent espérer toucher entre 300.000 et 500.000 euros, ce qui n'altère en rien les prestations de retraite à venir. Pas mal pour des responsables mieux que bien payés (le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, avec 29.504 euros, touche plus que le président des États-Unis) et qui, le plus souvent, réintègrent leur administration d'origine, reviennent à la politique ou pantouflent dans le privé. Conclusion de Sauvegarde Retraites : "C'est un comble, l'administration européenne, garante de l'orthodoxie budgétaire et si prompte à jouer les gendarmes vis-à-vis des États membres qui ne respectent pas les principes de bonne gestion et de rigueur économique, mène, pour elle-même, aux frais des contribuables, une politique laxiste totalement coupée des réalités."

Titre original: Les retraites en or de l'Europe- HAUTS FONCTIONNAIRES


Lire l'intégralité du rapport : "Les retraites de nababs des hauts fonctionnaires européens"

 Le Point le 19/05/2009

http://www.lepoint.fr

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-les-retraites-en-or-des-fonctionnaire-europeens-l-44923082.html
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 09:54
Horizons et débats
1er février 2010

http://www.auswaertiges-amt.de/diplo/de/Europa/BilderMitBU/081104-eu-usa-fahnen,templateId=large__blob.jpg

par Eberhard Hamer


Depuis que le traité de Lisbonne est entré en vigueur, la plupart des droits souverains des 27 nations autonomes d’autrefois ont été légués au commissariat politique de Bruxelles. Le traité décide qu’il n’y a plus ni nation ni citoyen d’une nation, mais seulement l’Europe et les citoyens européens. Nous croyions que ce serait un progrès en direction de la liberté, de la démocratie et de la sécurité.


Déjà un jour avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne les Etats réunis dans l’UE ont dû décider, moyennant l’aide active du ministre allemand de l’Intérieur de Maizière, une convention sous le diktat des Etats-Unis qui assure aux USA l’accès libre aux données bancaires du service financier européen Swift. Washington avait réglé cela avec le président de la Commission Barroso. On avait contourné le Parlement européen un jour avant qu’il ne soit responsable et on lui avait refusé le droit de participation. Le service de Swift siège en Belgique et mène tous les jours quelque 15 millions de transactions financières entre 8300 banques mondialement. Par l’assujettissement de l’UE sous l’autorité américaine, tous les flux financiers de l’Europe sont contrôlés par la CIA et les autres services secrets américains et israéliens. Il y a eu des politiciens en Europe qui, à bon droit, ont désigné Barroso comme «aide-manœuvre des Etats-Unis», contraire à toute protection europé­enne des données informatiques. Depuis, les Américains ont tout accès non seulement aux données qui existent quand il y a des versements financiers par exemple de l’Allemagne vers outre-mer, la Chine ou l’Amérique du Sud, mais à tous les versements qui se font à l’intérieur de l’Allemagne, par exemple de Hambourg vers Cologne ou à l’intérieur de Hambourg. Pendant 5 ans les données des citoyens intègres devront être mémorisées – bien sûr aux frais des banques et de leurs clients.


Les contrôleurs de l’utilisation des données informatiques ont averti le gouvernement fédéral, et surtout le ministre de l’Intérieur, du danger de soutenir une telle décision en faveur de l’assujettissement de l’UE sous le diktat des USA, contraire aux lois dans le domaine de la protection des données informatiques. Le ministre de l’Intérieur, certes, n’a pas donné son aval, mais par son abstention il a volontairement permis l’accès aux données.


A quoi sert la protection de la vie privée en Allemagne lorsque, de par l’UE, le gouvernement américain et ses réseaux d’agents ­peuvent disposer librement de nos données financières? On justifie tout cela par la lutte contre le terrorisme – comme si les USA devaient toujours impliquer leurs Etats satellites pour profiter de leur argent, de leurs services ou d’autres valeurs matérielles.


La soi-disant lutte contre le terrorisme a été également la raison pour laquelle l’Allemagne a été impliquée, son argent et ses soldats inclus, à la guerre en Afghanistan mise en scène par les lobbies américains de l’armement, de la drogue et du pétrole. Pendant longtemps on nous a rabâché des mensonges sur cette intervention en faveur de la paix présumée. C’est seulement le nouveau ministre de la Défense qui a dit la vérité, choquant ainsi tous les partis politiques, inclus les sociaux-démocrates et les Verts, qui avaient accepté la guerre, et il vient de déclencher un débat sur la question de savoir si la Loi fondamentale permet vraiment de faire une guerre allemande, surtout là où nous n’avons rien à faire et où nos intérêts ne sont pas touchés.


Sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, il y a des règlements de plus en plus sévères pour les voyages aux USA. Jusqu’ici déjà, les compagnies aériennes devaient avoir annoncé toutes les données privées de leurs clients avant leur arrivée aux Etats-Unis pour qu’on ait pu contrôler les voyageurs. Maintenant ce contrôle total ne suffit soudainement plus, il faut que les voyageurs soient contrôlés dans les aéroports de partance par des scanners qui les mettent à nu. Une autre gradation serait de mettre ces photos des personnes nues à disposition des Etats-Unis et des bureaux des services secrets du CIA et autres.


Le ministre allemand de l’Intérieur de Maizière et son ami politique Bosbach ont déjà donné leur aval ainsi que l’aval de leur gouvernement pour de tels «body scanner» contraires à la Loi fondamentale qui violent la sphère intime des voyageurs. Ils veulent aussi surmonter la résistance des Libéraux contre cette violation des droits humains. C’est étonnant que, dans les média allemands, il n’y ait pas de cris d’indignation contre cela – il semble qu’ils sont tous déjà mis au pas.


L’auteur fait partie d’une génération qui a toujours considéré et défendu, après la dictature pendant la dernière Guerre mondiale, la liberté personnelle et la démocratie comme acquis politiques les plus précieux de notre siècle. Maintenant nous devons reconnaître que:


•    notre peuple allemand pour lequel nous nous engagions n’existe plus, mais qu’il n’y a plus qu’une population multicolore en Allemagne.
•    Il n’y a plus de nation allemande ni de patrie allemande. La fin de toutes les deux a été consacrée par le traité de Lisbonne. On les a converties en une «citoyenneté européenne» ou quelque chose du genre.
•    Il y a en revanche une diminution de la participation politique des citoyens au sens de la démocratie par la concentration et par des nouvelles structures hiérarchiques (UE). 60 % des Parlements municipaux existant il y a 20 ans, ont été supprimés par la concentration, la participation des citoyens est devenue de plus en plus indirecte, de plus en plus faible, de plus en plus contraire à la démocratie. Maintenant on gouverne le tout du haut vers le bas, et non inversement, du bas vers le haut.
•    C’est aussi au sens économique que nous avons perdu la plus grande partie de la liberté. Ce ne sont pas seulement des douzaines de bureaux qui prescrivent à tous les entrepreneurs ce qu’ils doivent faire. L’entrepreneur doit aussi renoncer à 60 % de ce qu’il a gagné, de sorte que pour de nombreux employés il est plus rentable d’obtenir une allocation sociale que de vivre de leurs propres moyens.


Les trois exemples cités montrent comment on intervient au détriment de notre liberté, de notre intégrité et de nos droits humains, parce que «le grand frère de l’autre côté de l’océan» le veut ainsi. Nous menons une guerre contraire à la Loi fondamentale, sous le commandement des Etats-Unis, nous acceptons que toutes nos télécommunications soient contrôlées par la CIA (système Echolon), nous devons accepter que tous nos versements soient scrutés par des agents américains (Swift) et à l’avenir, nous devrons nous présenter tout nus aux autorités américaines.


Nos politiciens ne devront pas s’étonner s’il y a des réactions dramatiques de la part de la population trompée, dès que celle-ci réalisera finalement les violations actuelles de la Loi fondamentale, des lois de protection des données et des droits privées.    


(Traduction Horizons et débats)

PHOTO:
auswaertiges-amt.de

http://www.internationalnews.fr/article-qu-en-est-il-de-la-souverainete-de-l-europe-44315263.html
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 17:17
Euromag

Une enquête récente de l’Eurobaromètre, commandée par la Commission européenne et publiée en décembre dernier, révèle ce chiffre effarant : plus de 80 % des européens des 27 États de l’Union européenne estiment que les institutions de leur pays sont corrompues, et plus des trois quarts pensent que la corruption est un problème majeur de leur pays.



La question de la corruption et de ses conséquences socioéconomiques est un thème classique lorsqu’il s’agit de politique africaine ou caribéenne, ou encore des anciens satellites de l’URSS, où la corruption est considérée comme endémique, et la pauvreté à l’origine de tous les vices. Mais qu’en est-il de la situation dans les pays de l’UE, qui font partie des pays les plus riches du monde?

Les résultats de l’ONG Transparency International, concernant la corruption au niveau mondial, obtenus grâce à l’indice de perceptions de la corruption (IPC), offrent un très bon positionnement à certains pays de l’Europe, comme le Danemark et la Suède, respectivement en deuxième et troisième place des pays où la perception de la corruption est la moins forte au monde. A l’inverse, ces résultats montrent que la situation est déplorable dans certains États membres de l’UE, et qu’elle s’est même sensiblement dégradée cette année.


La Grèce, la Bulgarie et la Roumanie se trouvent à la 71e place (sur un total de 180 pays), l’Italie à la 63e, et la République tchèque en 52e place, avec une perception de corruption de 5/10. Ainsi, malgré le fait que l’Union européenne a placé la lutte contre la corruption à la tête de ses priorités lors de l’élargissement, notamment pour les pays d’Europe de l’Est dont la culture la corruption est bien connue, les citoyens d’anciens Etats membres considèrent toujours la corruption comme très présente au sein des institutions nationales, régionales et locales de leur pays.

Les européens ont-ils confiance dans leurs hommes politiques ?

Les résultats de la troisième enquête Eurobaromètre sur la perception de la corruption au sein de l’UE révèlent que, dans la majorité des Etats membres, plus de la moitié des citoyens soupçonnent les hommes politiques, mais également les fonctionnaires en charge des attributions de marchés publics et des permis, d’être impliqués dans des affaires de pots-de-vin ou d’abus de pouvoir pour un bénéfice personnel. Bien que très peu des personnes interrogées aient elles-mêmes été victimes d’acte de corruption – seuls 9 % affirment qu’il leur a été demandé de verser un pot-de-vin afin d’obtenir un service – celles-ci estiment que la corruption est principalement due aux relations trop étroites entre les monde des affaires et de la politique (42 %). Étonnamment, le niveau de vie et des salaires n’est quasiment jamais mentionné comme cause présumée de la corruption, mais plutôt le manque de volonté politique d’imposer davantage de transparence dans les dépenses publiques et les attributions de marché.


Sondage : 80% des européens jugent leurs institutions corrompues


D’autre part, la situation et la perception des citoyens s’est fortement dégradé certains pays de l’UE, comme en Finlande où le pourcentage de citoyens qui estiment que la corruption est présente au sein des institutions nationales a augmenté de 36 % à 68 %, ou encore à Malte où la proportion passe de 66 % à 89 %. De façon globale, la perception des citoyens de l’UE concernant la corruption a nettement augmenté depuis 2007 : + 6 % au sein des instituions nationales et locales, + 8 % au sein des institutions régionales, et même + 10 % pour les institutions de l’UE. Les résultats révèlent en effet une méfiance croissante à l’encontre de tous les domaines du secteur public (élus, police, justice, santé, éducation) avec une augmentation de près de 6 points pour chaque secteur particulier. La tendance s’est inversée par rapport aux observations tirées des études de l’automne 2005 et de l’automne 2007, qui montraient alors une amélioration générale.

Les scandales qui ont marqué l’année 2009

La forte dégradation des résultats concernant la perception de la corruption des citoyens européens est peut-être due en partie à la sombre situation économique mondiale en 2009, mais surtout aux révélations publiques – et fortement médiatisées – de scandales financiers impliquant des hommes politiques de plusieurs États de l’UE. En effet, l’actualité de 2009 a été marquée par plusieurs scandales, notamment : l’affaire des notes de frais des parlementaires britanniques, qui a provoqué la démission de plusieurs élus.


A Malte, un scandale a également éclaté mettant en cause, en autres, l’Autorité maltaise à l’Environnement et à la Planification, attribué par certains aux conséquences des réformes administratives d’adhésion dans l’UE, qui ont renforcé l’indépendance de ces « autorités », sans mettre en place de système de contrôle. Le cas le plus marquant est sûrement celui de la Finlande, jusqu’ici bon élève de l’indice de corruption, où plusieurs importants scandales ont été révélés ces dernières années portant sur le financement des campagnes électorales, provoquant une véritable crise de confiance du gouvernement en place. Un sondage national montre en effet que la crédibilité des hommes politiques finlandais a diminué de 60 % l’année dernière.


Ces quelques exemples montrent à quel point la corruption est un phénomène complexe et persistant du monde politique. L’Europe ne devrait pas se satisfaire de quelques bons chiffres provenant de certains pays, mais se pencher sur la situation réelle de la démocratie dans les différents pays de l’Union et proposer des réglementations permettant de renforcer le contrôle des citoyens sur les décisions et dépenses publiques de leur pays.


Rédigé par Charlotte TRILLAUD, le Mardi 26 Janvier 2010.

http://www.leuromag.com
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 08:10

http://www.marianne2.fr/photo/897632-1060720.jpg

photo : http://www.flickr.com

par Karl Müller

Le 10 septembre 2009 la revue économique allemande «Handelsblatt» fit bondir ses lecteurs en titrant: «Endettement de l’Etat: l’explosion». Suivant une étude non publiée de la Commission européenne, dans certains Etats de l’UE, la crise économique conduira à une énorme croissance de leur endettement d’ici à 2020. On prédit à la Grande-Bretagne une dette qui atteindra 180% du Produit intérieur brut (PIB). A la fin de 2008 cet endettement n’était encore «que» de 50% environ du PIB.


Selon l’article, l’endettement de l’Etat augmentera de façon exponentielle dans d’autres pays de l’UE: en France par exemple jusqu’à 125% du PIB, en Allemagne un peu plus de 100%.


Parallèlement l’étude douchait les espoirs euphoriques de croissance: «Le taux de croissance dans l’UE ne devrait pas dépasser 1% dans un avenir prévisible.»


Si la conjoncture virait à la hausse, les Etats devraient alors compter avec des taux d’intérêt nettement plus haut et donc avec des intérêts plus élevés.


Endettement public: l’explosion

De fait nombre des sources actuelles parlent en faveur d’une augmentation de la dette publique dans les pays de l’UE (ainsi qu’aux USA et au Japon) bien au-delà du soutenable. Pour l’ensemble de l’UE, la Chambre d’économie autrichienne prédisait en novembre 2009 sur la base des chiffres de la Commission européenne, de l’Eurostat ( Institut européen de la statistique) et de l’OCDE que la dette publique globale des 27 Etats de l’Union, qui s’élevait en 2008 à 61,5% du PIB, atteindrait en 2011 83,8% du PIB et même, dans la zone euro des 12, 88,2%. Or la limite supérieure prévue par le Pacte de stabilité européen est de 60% du PIB, et elle s’élève d’ores et déjà à 78,7% en moyenne des Etats de l’UE (estimation pour 2009). 8 des pays de la zone euro des 12 sont déjà endettés au-delà de 60% de leur PIB. Seuls la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Espagne satisfont encore aux exigences du Pacte de stabilité.


D’ici à 2011 l’endettement public devrait atteindre 88,2% du PIB en Grande-Bretagne, 87,6% en France et 79,7% en Allemagne.


Pour les trois quarts seulement de l’année 2009 le déficit des budgets publics, selon une communication de l’Office fédéral allemand des statistiques en date du 29/12/09, s’élevait à 96,9 milliards d’euros, contre 79,6 l’année précédente pour la même durée. Et pour les années 2010 et 2011, le DIW (Institut allemand de recherche économique) prédit un accroissement de la dette d’environ 240 milliards d’euros (Communiqué de presse du 7 janvier).


Ce n’est pas ainsi que l’on contribue au bien public

Et pourtant ce n’est pas en accroissant vertigineusement la dette de l’Etat que l’on contribue au bien public. Bien au contraire: il n’y a rien de bon à en attendre. Le 24 décembre, par exemple, le «Neue Zürcher Zeitung» écrivait au sujet de la France: «Le marché de l’emploi alourdit l’atmosphère et la lutte pour la répartition des richesses se fait plus âpre» et le 30 décembre à propos de la Grande-Bretagne: «La livre sterling risque de poursuivre sa chute». Les citoyennes et citoyens allemands doivent s’attendre en 2010 à une forte hausse du chômage et sans doute à des salaires stagnants pour ceux qui ont encore un emploi.


De toute évidence la théorie selon laquelle l’augmentation des dépenses publiques favorise le bien-être général ne fonctionne plus. Il est très douteux qu’elle ait jamais fonctionné sur la durée. Dans les années 30 du siècle dernier, le «New Deal» tant encensé du président américain Franklin D. Roosevelt, après une apparence de succès immédiats, n’avait en cinq ans ramené le taux de chômage qu’à 26,4%.1 Et le «miracle économique» de Hitler – tout comme celui qui eut lieu aux USA quelques années plus tard – n’a été dû qu’au pillage d’autres peuples, au détriment de la paix et sur le dos de millions de victimes.


Mais à qui profite le crime?


Anthony C. Sutton a fait une remarque intéressante dans le tome 3 de sa série «Wall Street and the rise of Hitler»: «Si nous observons le vaste éventail des faits présentés dans les trois tomes de la série sur Wall Street, nous constatons le retour régulier des mêmes noms: Owen Young, Gerard Swope, Hjalmar Schacht, Bernard Baruch, etc.; des mêmes banques internationales: J. P. Morgan, Guaranty Trust, Chase Bank et de la même adresse new-yorkaise: en général Broadway 120. Ce groupe de banquiers internationaux a soutenu la révolution bolchevique et a tiré ensuite profit de la fondation de la Russie soviétique.


Ce groupe a financé Roosevelt et a tiré profit du socialisme du New Deal. Ce groupe a également financé Hitler et a, c’est sûr, tiré profit du réarmement allemand dans les années 30. Alors que le grand capital aurait dû normalement faire des affaires avec des firmes telles que Ford Motor, Standard Oil of New Jersey, etc., nous constatons que ses activités se déployaient dans les bouleversements politiques, la guerre et les révolutions survenues dans trois pays de première importance.»2



Dieter Meyer, un ancien Ministerialrat allemand, a créé un site Internet sur l’endettement public en Allemagne et en UE (www.staatsverschuldung-schuldenfalle.de). Il y écrit qu’en 2008 «presque un huitième des rentrées fiscales» a été absorbé par les intérêts de la dette. «De 1965 à 2008 la part to­tale des nouveaux endettements et des déficits dans le budget total s’élevait à environ 1339,9 milliards d’euros et les intérêts de la dette à 1514,5 milliards d’euros environ. […] Le financement des crédits destinés aux budgets publics a dégénéré jusqu’à n’être plus qu’une fin en soi inutile au plan fiscal. Elle ne sert plus au financement du budget proprement dit, mais à celui des dépenses d’amortissement et d’intérêts de ses propres emprunts.»


Et de fait: Selon les données fournie par le Bund der Steuerzahler e.V. (Union des contribuables) allemand, les budgets publics ont versé en 2005 64,2 milliards d’euros d’intérêts, 64,9 en 2006, 66,1 en 2007, 67,9 en 2008, et en 2009 on dépassera sans doute les 70 milliards (état des calculs au 19/1/09); des sommes transférées en grande partie sur les comptes de banques nationales et étrangères. La Bundesrepublik Deutschland Finanzagentur GmbH (Agence financière de la République fédérale d’Allemagne SA), compétente pour la recherche des financements, a publié dans un communiqué de presse du 16 décembre 2008 les noms des dix premiers créanciers au titre de divers emprunts d’Etat: Barclays Bank, Deutsche Bank, Merill Lynch, UBS, Morgan Stanley, The Royal Bank of Scotland, Société Générale, J.P. Morgan, Goldman Sachs et Citigroup.


Comment vont réagir les Etats?

Que se passera-t-il donc si les pronostics donnés au début de ce texte au sujet des endettements publics se réalisent? Comment réagiront les responsables au niveau national et européen? Un nombre toujours plus élevé d’Etats de l’UE va-t-il se déclarer en fail­lite? De plus en plus d’Etats européens vont-ils voir leur solvabilité dégringoler dans les agences de notation en raison de leur endettement élevé – ce qui est déjà en partie le cas – et devoir payer aux bailleurs de fond des intérêts de plus en plus élevés? Les Etats les plus puissants de l’UE exerceront-ils sur les Etats moins influents une pression de plus en plus forte pour qu’ils se plient aux intérêts des grands, transformant peu à peu l’UE en un «directoire des grands et de quelques-uns de leurs valets» (Jean Asselborn)? L’UE deviendra-t-elle un instrument de plus en plus évident de la répartition des richesses en direction de la haute finance? Le paiement des intérêts, qui alimenteront de plus en plus grassement ces créanciers prendra-t-il de plus en plus la place des dépenses normales des Etats? Privatisera-t-on encore plus les services publics, le profit devenant de plus en plus la norme, au détriment du bien public? Ou bien les Etats de l’UE, pressés par la dette, chercheront-ils bientôt leur salut dans une politique inflationniste qui anéantira les valeurs?


La «Neue Zürcher Zeitung» a joint à sa livraison du 5 janvier un supplément «L’année financière 2009». On peut y lire: «L’année financière 2009 a fait le bonheur de beaucoup d’investisseurs. Après les pertes dramatiques de l’année 2008 les cours n’ont pratiquement pas cessé de monter à partir de mars 2009. Même ceux de nombreuses matières premières, par exemple l’or et le pétrole, se sont vigoureusement repris, et les obligations d’entreprises se sont avérés aussi rentables que les actions.» Dès le 22 décembre le Spiegel Online titrait: «Capitulation face au monstre du Monopoly.



C’est le scandale de l’année: les banques d’investissement, après avoir failli entraîner le monde dans un abîme financier, se sont remises à jouer à leur Monopoly des milliards. […] C’est l’absurdité même: ceux qui ont provoqué la crise en sont maintenant les grands gagnants. Ils profitent de l’argent des banques nationales qu’ils obtiennent pratiquement pour rien.» Et vers la fin de l’article on nous présente les tenants et aboutissants: «Durant la dernière décennie les gouvernements de Londres et de Washington ont rendu leur économie dépendante de la finance. Il y a longtemps que Wall Street est partie prenante de l’administration états-unienne. Londres est après New York la deuxième place financière mondiale et tient à le rester; il ne faut donc pas indisposer le monstre en lui imposant des obligations trop pénibles.»


Maintenant ils crient: Au voleur!



Le «Handelsblatt» du 5 janvier a publié une interview de Joachim Fels, économiste chez Morgan-Stanley. Fels y explique: «La Grèce se fait qu’offrir un avant-goût de ce qui attend d’autres pays. Somme toute les gouvernements ont repris une quantité astronomique d’emprunts et de créances à un secteur privé surendetté. […] Les marchés financiers joueront en 2010 la carte de la faillite des Etats et donc de l’inflation. […] Les investisseurs exigeront des primes de risque et des intérêts à long terme plus élevés. Ce qui, à partir de 2011, fera augmenter le coût des nou­velles dettes publiques.» Un coût qu’en définitive supportera, avec ou sans inflation, le contribuable.


(Traduction Horizons et débats)


1     Selon Hans-Ulrich Thamer, Verführung und Gewalt, Deutschland 1933-1945 [Séduction et violence, l’Allemagne de 1933 à 1945], 1994, p. 470

2     D’autres auteurs vont plus loin encore que Sutton. F. William Engdahl écrit par exemple dans son livre paru en 2009, «Der Untergang des Dollar-Imperiums. Die verborgene Geschichte des Geldes und die geheime Macht des Money Trusts» (ISBN 978-3-938516-89-8) [Le déclin de l’empire du dollar. L’histoire cachée de l’argent et la puissance occulte du «Money Trust»]: «Longtemps avant la victoire des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale les Rockefeller et les dirigeants des principales entre­prises et banques américaines avaient bien compris que le marché américain était beaucoup trop restreint pour leurs ambitieux projets. Selon eux, la démarche de l’Amérique devait être globale, pour qu’elle puisse accomplir sa ‹destinée manifeste›, l’accroissement illimité de la puissance américaine. […]

        A y regarder de plus près, si les familles Rocke­feller, Harriman et Bush ont largement et très discrètement participé aux préparatifs de ­guerre du Troisième Reich et leur ont apporté un soutien d’importance capitale, ce n’était pas seulement en raison de leur sympathie pour la philosophie de Hitler et ses méthodes: bâillonner la classe ouvri­ère et pratiquer une économie sous commandement politique. Ils nourrissaient des vues beaucoup plus ambitieuses: il ne s’agissait pas de soutenir une Allemagne victorieuse, mais d’avoir une guerre mondiale d’où naîtrait ensuite après 1945 un «siècle américain», ou plus exactement un «siècle Rockefeller». Bush, Rockefeller, Harriman, DuPont et Dillon ont notablement contribué au soutien apporté au Troisième Reich à ses débuts, car une partie de leur grand plan géopolitique consistait à mener les grandes puissances politiques européennes, en particulier l’Allemagne et la Russie à s’entre-détruire. Comme mentionné, un stratège britannique parlait de laisser ces deux puissances ‹se saigner à blanc› ce qui devait ouvrir la voie à l’hégémonie du ‹Siècle américain›.» (pages 165 et 192 de la version allemande, trad. Horizons et débats)

        Engdahl expose qu’avec l’argent de la Fondation Rockefeller, sous l’égide du Council of Foreign Relation (CFR) et en étroite collaboration avec l’administration Roosevelt fut créé durant la guerre un War&Peace Study Group, tenu caché à l’époque, et qui produisit de nombreuses études dont l’idéologie rappelle celle de l’Allemagne nationale-socialiste: «Les géants américains de la banque et de l’industrie devaient conquérir de nouveaux marchés, plus d’espace, ce que le War&Peace Study Group nommait la ‹Grand Area›. […] Isaiah Bowman, membre fondateur du CFR et directeur du War&Peace Study Group au CFR, également connu comme ‹expert américain en géopolitique› pendant la Seconde Guerre mondiale, utilisa encore un autre terme pour désigner la ‹Grand Area› projetée: en référence à la notion géographique hitlérienne qui devait justifier au plan économique l’expansion­nisme allemand, Bowman parla ‹d’espace vital économique américain›.» (pages 171 et suivantes, trad. Horizons et débats)

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-Union européenne: Le projet «Endettement public»-NaN.html

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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 13:42
Mondialisation
14 janvier 2010

par David Cronin et IPSC

Israël est le principal partenaire étranger dans « le programme cadre » de l’Union Européenne pour la recherche scientifique auquel a été alloué 53 milliards d’euros entre 2007 et 2013. L’UE est la seconde source de financement de la fondation israélienne pour les sciences basée à Jérusalem.

(JPG)
Janvier 2009 - Bombardements israéliens dans le territoire surpeuplé de Gaza

Israël escompte que son investissement dans l’actuel programme européen atteindra une valeur d’au moins 500 millions d’euros d’ici sa conclusion en 2013.


Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, l’UE a décidé ces dernières années que les entreprises d’armement pouvaient recevoir des financements pour la « recherche en sécurité ». Dix des 45 projets initiaux présentés par l’UE comme étant de la « recherche en sécurité » ont impliqué des entreprises et des institutions universitaires ou d’état israéliennes.


Motorola-Israël, par exemple, prend part au projet « iDetect 4All », un projet de surveillance financé par l’UE destiné à envoyer des alertes sur des activités suspectes à proximité de bâtiments ou des ressources ayant une valeur économique. Motorola est le premier fabricant de fusibles pour les bombes utilisées par l’aviation israélienne. Des composants d’armements munis d’une étiquette Motorola ont été découverts par les enquêteurs de Human Rights Watch qui avaient fouillé les sites bombardés par Israël à Gaza à la fin de 2008 et au début de 2009. Les fusibles Motorola sont également un élément central de la bombe avec laquelle Israël a massacré au moins 28 civils, en majorité des enfants, réfugiés dans un immeuble d’habitation à Qana, au Liban, en 2006.


Le projet « iDetect 4All » est susceptible de s’appuyer sur l’expérience acquise lors de l’utilisation des technologies de surveillance en Cisjordanie occupée. Au cours de ces cinq dernières années, un système radar Motorola d’une valeur de 158 millions de dollars a été installé dans 47 colonies de peuplement israéliennes. « The Jerusalem Post » a décrit le système comme une barrière « virtuelle » qui utilise des caméras thermiques pour repérer « les intrus ».


Ce ne sont pas tous les projets financés par l’UE et impliquant Israël qui relèvent de la catégorie de la recherche en sécurité. Israël participe aussi à la recherche en sécurité routière et à la recherche environnementale. Il est cependant instructif de constater que les entreprises d’armement israéliennes soient apparemment investies dans des projets civils, ce qui laisse supposer que les technologies qu’ils y développent peuvent avoir des applications militaires.


Israel Aerospace Industries (IAI), le fabricant des avions de guerre utilisés par Israël dans les territoires palestiniens occupés, a également bénéficié de plusieurs projets financés par l’Union Européenne. Il s’agit notamment du projet « Clean Sky », visant à développer des moteurs d’avion plus respectueux de l’environnement. La Commission européenne a confirmé que IAI sera en mesure de faire enregistrer des brevets sur les innovations réalisées dans le cadre de ce projet, lui permettant d’utiliser à des fins militaires les fruits de la recherche financée par les contribuables européens.


Elbit, la plus grande compagnie privée d’armes en Israël, participe à un projet intitulé CAPECON (Civil Applications and Economical Effectivity of Potential UAV Configurations). Son objectif est de fournir un plan de vol à des engins aériens sans pilote (UAV) dans l’espace aérien civil en 2015. Plus connus sous le nom de « drones », les engins volants d’Elbit ont été fréquemment utilisés dans les attaques contre les civils palestiniens ainsi qu’en Afghanistan et en Irak. Thomas Bingham, un juriste britannique de premier plan, a comparé ces armes aux mines terrestres et aux bombes à fragmentation et a estimé qu’elles étaient aussi cruelles « car elles sont au-delà de ce qui est humainement supportable ».


Israël est étroitement lié aux activités de recherche de l’UE sur les nanotechnologies. À la suite de la guerre d’Israël contre le Liban en 2006, Shimon Peres (devenu président israélien) a exprimé le désir de voir les nanotechnologies devenir les armes de l’avenir. Bien qu’Israël ait plus récemment voulu donner l’impression que la plupart de ses activités de recherche en nanotechnologie étaient de nature médicale, l’intérêt d’Israël dans ce domaine scientifique ne peut pas être séparé de l’occupation de la Palestine. La stratégie nationale israélienne concernant les nanotechnologies est mise en œuvre avec les conseils de représentants du ministère israélien de la défense et l’ancien président de « Rafael », l’autorité israélienne pour le développement d’armes.


Dans un rapport publié en 2004, le réseau euro-méditerranéen des organisations des droits de l’homme a documenté la façon dont les entreprises dans les colonies israéliennes situées sur les hauteurs du Golan et dans la vallée du Jourdain, ont bénéficié de subventions européennes pour la recherche. La participation de ces entreprises dans les activités de l’UE contredit les déclarations selon lesquelles seuls des organismes situés à l’intérieur des frontières israéliennes internationalement reconnues étaient en droit de coopérer avec l’Union.

 

Supplément IPSC : Questions à Maire Geoghegan-Quinn commissaire européen pour la recherche et l’innovation


1. Voulez-vous revoir la participation d’Israël au programme-cadre de l’UE pour la recherche européenne, afin que l’argent des contribuables ne soit pas attribué aux entreprises d’armement qui tirent profit de l’occupation de la Palestine ?


2. Voulez-vous vous engager à la révision des projets de recherche en « sécurité » autorisés par votre prédécesseur, M. Janez Potocnik, afin que les entreprises qui facilitent la violation des droits humains ne soient pas admissibles au financement ?


3. Allez-vous introduire de nouvelles règles afin que les entreprises d’armement israéliennes ne soient pas en mesure de participer à des programmes de recherche sur l’environnement ?


4. Jusqu’à présent, la Commission européenne n’a fait que donner ce que les défenseurs des droits humains considèrent comme de faibles - et surtout verbales - garanties que les entreprises basées dans les colonies israéliennes dans les territoires occupés ne seraient pas en mesure d’obtenir des subventions européenne pour la recherche. Acceptez-vous de fournir des assurances plus solides de façon écrite ? Et quelles mesures prendrez-vous pour vous assurer que les entreprises basées dans les colonies ne soient pas en mesure de contourner toute règle que vous introduiriez pour les empêcher d’avoir accès aux fonds européens, par exemple en prétendant qu’ils sont en réalité basés à Tel-Aviv ?


5. Allez-vous mettre fin à l’affectation de fonds communautaires pour le développement d’armes tels que les engins aériens sans pilote (UAV), qui ont été utilisés pour tuer d’innocents civils en Palestine et en Afghanistan ?


6. Allez-vous introduire de nouvelles lignes directrices concernant la participation d’Israël à des projets en nanotechnologie financés par l’UE, pour faire en sorte que ces projets ne facilitent pas le développement de nouvelles armes ?



Article original : IPSC (Ireland Palestine Solidarity Campaign), Factsheet: How Israeli arms companies benefit from EU science funds, http://www.ipsc.ie, publié le 7 décembre 2009.

Traduction de l’anglais : Claude Zurbach, Info Palestine.


David Cronin
est journaliste irlandais et vit à Bruxelles. Son ouvrage « Europe’s Unholy Alliance with Israel » sera publié chez Pluto Press en 2010.


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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 15:22
Le Grand Soir
6 novembre 2009


Source:
novaonline

(LGS : extrait d’un article déjà publié, republié ici pour marquer à notre manière la "commémoration")

D’ici quelques semaines, on peut s’attendre à ce que les médias mettent en route leurs moulins à propagande pour commémorer le 20e anniversaire de la démolition du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989. [ La mise en route a eu lieu, en ce qui concerne France Inter et la RTBF, dès les tout premiers jours d’octobre. N.d.T.] Tous les clichés de la Guerre Froide sur le « Monde Libre » opposé à la tyrannie communistes vont revenir parader, et la fable simpliste racontant le pourquoi de l’existence du mur sera répétée à l’infini : En 1961, les communistes de Berlin-Est ont construit un mur pour empêcher leurs citoyens opprimés de s’échapper vers Berlin Ouest et la liberté. Pourquoi ? Parce que les cocos n’aiment pas que les gens soient libres ni qu’ils apprennent la « vérité ». Quelle autre raison pourrait-il y avoir eue ?


Pour commencer, rappelons qu’avant que le mur soit construit, des milliers d’Allemands de l’Est faisaient quotidiennement la navette entre Berlin Est et Berlin Ouest pour leur travail, c. à d. rentraient chez eux tous les soirs. Ils n’étaient donc aucunement retenus à l’Est contre leur volonté. Le mur a été construit principalement pour deux raisons :


1. L’Ouest était en train de harceler l’Est par une forte campagne de recrutement de professionnels et d’ouvriers hautement qualifiés, qui avaient été éduqués aux frais du gouvernement communiste. Cela finit par provoquer à l’Est une sérieuse crise de la production et de la main d’oeuvre. À titre indicatif, le New York Times notait, en 1963 : « L’érection du mur a fait perdre à Berlin Ouest à peu près 60.000 ouvriers très qualifiés, qui se rendaient chaque jour de leurs domiciles de Berlin Est à leur lieu de travail de Berlin Ouest ». (9)


2. Pendant les années 50, les « guerriers froids » américains de Berlin Ouest ont déclenché une brutale campagne de sabotages et de subversion contre l’Allemagne de l’Est, dont le but était de détraquer sa machine économique et administrative. La CIA et d’autres services militaires d’espionnage US ont recruté, équipé, entraîné et financé des activistes, individuellement ou par groupes, tant à l’Est qu’à l’Ouest, pour exécuter des actions qui, couvrant tout le spectre des possibilités, allèrent du terrorisme à la délinquence juvénile : n’importe quoi qui pût rendre la vie difficile aux citoyens d’Allemagne de l’Est, et affaiblir le soutien qu’ils apportaient à leur gouvernement, n’importe quoi qui pût donner des cocos une mauvaise image.


Ce fut une entreprise remarquable. Les États-Unis et leurs agents utilisèrent les explosifs, les incendies criminels et les court-circuits provoqués, ainsi que toutes les méthodes propres à endommager les centrales électriques, les chantiers de constructions navales, les canaux, les docks, les bâtiments publics, les postes d’essence, les usines à gaz, les transports publics, les ponts, etc. Ils firent dérailler des trains de marchandises, blessant sérieusement des cheminots, mirent le feu à douze wagons d’un train de fret et détruisirent les tuyaux à air comprimé de beaucoup d’autres, se servirent d’acides pour endommager l’équipement mécanique de certaines usines, introduisirent du sable dans les turbines d’une autre avec pour résultat de l’immobiliser complètement, mirent le feu à une fabrique de tuiles, provoquèrent des ralentissements de travail dans d’autres unités de production, tuèrent 7.000 vaches d’une coopérative laitière en les empoisonnant, ajoutèrent du savon à du lait en poudre destiné aux écoles d’Allemagne de l’Est ; certains étaient en possession, quand on les arrêta, d’une grande quantité de cantharide qui devait servir à empoisonner des cigarettes ; ils firent exploser des bombes puantes pour perturber des meetings politiques, tentèrent de saboter le Festival Mondial de la Jeunesse en envoyant de fausses invitations, de fausses promesses d’hébergement, de fausses annulations, etc., sans se priver d’attaquer les (vrais) participants à coups d’explosifs, de bombes incendiaires et d’équipement perce-pneus ni de fabriquer et distribuer de grandes quantités de fausses cartes de rationnement, afin de provoquer de la confusion, des pénuries et du ressentiment ; ils expédièrent aussi de faux avis d’imposition et toutes sortes d’autres directives gouvernementales, pour engendrer de la désorganisation et de l’inefficacité dans l’industrie et dans les syndicats... tout cela et bien plus encore. (10)


Tout au long des années cinquante, l’Allemagne de l’Est et l’Union Soviétique ont déposé des plaintes à répétition auprès des ex-alliés occidentaux de l’URSS et auprès de l’ONU, sur des faits spécifiques d’espionnage et de sabotage et elles ont appelé à la fermeture des officines établies en Allemagne de l’Ouest qu’elles en estimaient responsables et dont elles fournirent les noms et les adresses. Leurs plaintes sont tombées dans l’oreille de sourds. Inévitablement, les Allemands de l’Est ont commencé à rendre moins facile l’entrée dans le pays en provenance de l’Ouest.


N’oublions pas que l’Europe de l’Est est devenue communiste parce que Hitler, avec la bénédiction de l’Ouest, l’avait utilisée comme un boulevard devant l’amener à la conquête de l’Union Soviétique et à la liquidation définitive des bolcheviks. Après la guerre, les Soviétiques étaient déterminés à fermer le boulevard.


En 1999, USA Today écrivait « Quand le Mur de Berlin est tombé, les Allemands de l’Est se sont imaginé une vie de liberté et d’abondance, où les difficultés auraient disparu. Dix ans plus tard, un remarquable 51% aux élections a fait savoir qu’ils étaient plus heureux sous le communisme ». (11)


À peu près au même moment, un nouveau proverbe russe voyait le jour : « Tout ce que les communistes vous ont dit du communisme était faux, mais tout ce qu’ils vous ont dit du capitalisme était vrai. »


extrait présenté par LGS de l’article http://www.legrandsoir.info/Gueriss...

pour les notes, voir l’article complet à l’adresse ci-dessus.


URL de cet article http://www.legrandsoir.info/Le-Mur-de-Berlin-Encore-un-mythe-de-la-Guerre-Froide.html

http://www.internationalnews.fr/article-le-mur-de-berlin-encore-un-mythe-de-la-guerre-froide-par-william-blum-38996403.html
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 23:30
Rue89
30 septembre 2009
Par Susan George

« Les gouvernements européens se sont ainsi mis d'accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu'elle soit plus facile à avaler » : voici ce que Valéry Giscard d'Estaing disait en 2007 du Traité de Lisbonne, frère jumeau du Traité constitutionnel européen (TCE).


Le 2 octobre prochain, les Irlandais iront voter sur un traité rejeté trois fois, par les Français, par les Néerlandais et par eux-mêmes. En France et aux Pays-Bas, ce traité a pu finalement être adopté en privant les citoyens d'un nouveau vote et en le confiant aux parlementaires.


Mais en Irlande, une disposition constitutionnelle oblige, pour toute modification significative des traités européens, à une consultation préalable du peuple par référendum. Voilà donc le gouvernement irlandais obligé de faire revoter des citoyens qui ont « mal » voté en juin 2008.


Une campagne largement financée par les grandes entreprises

Tous les moyens sont mis en œuvre pour tenter de faire changer d'avis les Irlandais, par crainte que ne se joue le même scénario. A commencer par les moyens de communication, à coup de campagnes largement financées par les grandes entreprises comme Ryanair et Intel, qui ont donné des sommes énormes pour la cause du oui.


Mais aussi, quand des centaines de travailleurs de Dell se voient licenciés suite à une délocalisation en Pologne, M. Barroso accourt immédiatement pour distribuer des carottes avant le référendum : quelques millions d'euros pour la formation et le reclassement. Ceci afin que ne soit pas soulevé le fond du problème, une Europe du libre-échange sans processus d'harmonisation sociale vers le haut et où les entreprises se délocalisent là où les règles sont les moins contraignantes.


De même, la Banque centrale européenne soutient par des subventions le NAMA (National Assets Management Authority), chargé de nettoyer les banques irlandaises des actifs toxiques.


Les partisans du oui mettent en avant ce soutien de l'Union européenne, mais se gardent bien de dire qu'il est conditionné à des coupes drastiques dans les programmes sociaux et les fonds publics, qui poussent des milliers d'Irlandais à manifester en ce moment.


Enfin, en pleine crise économique, les partisans du oui ne se gênent pas pour faire croire, si le non l'emportait, à la suppression des avantages dont l'Irlande a bénéficié après son adhésion à l'Union européenne.


L'alliance hétéroclite du oui

Autour du oui, s'est constituée une alliance aussi large qu'hétéroclite, constituée du parti majoritaire (au plus bas dans les sondages depuis 60 ans, 20 % d'opinions favorables), du principal parti d'opposition, des organisations catholiques et protestantes, des syndicats patronaux…


Côté non de gauche, le rassemblement d'une quinzaine de petites organisations citoyennes, politiques et syndicales se bat contre l'Europe néolibérale et pour une Europe sociale et démocratique. Il dénonce notamment le risque d'une militarisation inscrite dans le Traité de Lisbonne, dans une Irlande attachée à la paix.


Lors du dernier référendum, cette campagne pour un non de gauche au traité a eu un rôle bien plus important que ce qui a pu être rapporté dans les médias : ceux-ci ont préféré stigmatiser ce vote en le confondant avec le non nationaliste et conservateur.


C'est uniquement vers ce non que des promesses ont été faites par le gouvernement irlandais et le Conseil européen, qui ont pris des engagements (non contraignants) concernant la nomination d'un commissaire irlandais, la possibilité de poursuivre un dumping fiscal en Irlande ou encore celle de maintenir l'interdiction d'avorter. Mais les citoyens voteront sur le même texte que la première fois, sans qu'aucune avancée sociale n'ait été introduite.


L'opportunité d'ouvrir le débat

Depuis le non français au TCE, de l'eau a coulé sous les ponts. La crise a mis en lumière les impasses des traités actuels. Des articles réputés inattaquables, relatifs aux aides d'entreprises ou encore au Pacte de stabilité et de croissance, ont été allègrement piétinés, situation de crise oblige.


Au moment où une action politique forte était nécessaire au niveau européen pour endiguer le désastre économique, celle-ci n'a pas été empêchée par l'absence d'un nouveau traité, mais bel et bien par le carcan des traités européens et par l'idéologie néolibérale des instances communautaires, qui sera confortée par le Traité de Lisbonne.


Si les électeurs irlandais disaient non pour la seconde fois, cela pourrait au moins offrir l'opportunité de mettre en débat, avec l'ensemble des citoyens, le contenu d'un nouveau traité, qui puisse réellement résoudre les problèmes sociaux, écologiques et démocratiques auxquels est confrontée l'Union européenne.

 

Susan George (membre du Conseil scientifique d'Attac),

Aurélie Trouvé (coprésidente d'Attac), Michael Youlton (coordinateur de la campagne irlandaise pour le non au Traité de Lisbonne)

 

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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 00:02
Le Grand Soir
30 septembre 2009

Titre original: Irlande : Un référendum pour rien



Par Laurent Dauré et Dominique Guillemin

Le 12 juin 2008, le peuple irlandais rejetait par 53,4 % des voix le traité de Lisbonne. Le 2 octobre 2009, il devra se prononcer de nouveau sur ce même texte sans qu’une seule virgule n’en ait été changée. Un texte qui n’est lui-même qu’une reformulation délibérément confuse du traité constitutionnel européen rejeté par les électeurs français et néerlandais en 2005. Ainsi, quel qu’en soit le résultat, le second référendum irlandais ne peut être qu’une nouvelle illustration de la perte totale de légitimité des institutions européennes.

2005, 2008, 2009… Les référendums se succèdent, le nom du texte change, le contenu reste le même (1) ; cet acharnement révèle la nature du projet : l’Union européenne ne se contente pas de questionner la souveraineté des peuples européens pour réaliser son ambition, c’est la perte de souveraineté de ces mêmes peuples qui constitue son projet. Peut-on encore appeler référendum ce qui finalement n’est que la recherche d’une réponse unique validant un processus de tractations entre le gouvernement irlandais et le Conseil européen ?


Il convient tout d’abord de se remémorer la réception du « non » irlandais en 2008 (2). Avant même l’annonce du résultat, les sondages prévoyant la victoire du « non » avaient déclenché des réactions à l’écoute desquelles il était clair que le traité de Lisbonne devait être adopté coûte que coûte. Quelques jours avant le référendum, Bernard Kouchner, pour ne citer que lui, anticipait « [qu’en cas de vote négatif], il faudrait continuer, s’acharner, aller très vite, continuer sur les priorités que nous avons définies et puis tenter de convaincre les Irlandais qui ont déjà revoté une fois à propos du traité de Nice justement, de remettre ce traité sur le métier (3) ».


Après le résultat, le dispositif désormais bien rôdé de négation des sanctions populaires fonctionna à plein régime, journalistes et politiciens relativisèrent en chœur la portée du « non » car, comme l’a dit Jean Daniel, « Un pays de 4 à 5 millions d’habitants comme l’Irlande ne peut pas tenir en otage des nations réunissant 490 millions de citoyens (4) ». La souveraineté populaire est une notion caduque pour les commentateurs autorisés. Dès le lendemain du référendum, José Manuel Barroso clama que « Le traité de Lisbonne n’est pas mort, il est vivant (5) ». Le premier ministre polonais Donald Tusk fut l’un des plus francs : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur (6). » Dans un soliloque antidémocratique permanent, les zélateurs européistes piétinaient la souveraineté du peuple irlandais ; pour eux, l’Union européenne est d’ores et déjà souveraine.


Le premier ministre irlandais, Brian Cowen, montra très rapidement qu’il ne comptait pas soutenir la décision de son peuple ; au contraire, il en minimisa le poids en déclarant : « Nous devons prendre le temps de digérer ce qui s’est passé, de comprendre pourquoi, de nous concerter largement entre nous et avec nos partenaires (7) ». Ce langage délicieusement diplomatique montrait qu’il s’agissait maintenant de trouver un moyen de contourner le « non » irlandais.


Il n’a jamais été sérieusement question de prendre en compte le verdict populaire. Une telle attitude de la part d’un dirigeant démocratiquement élu dévoile la nature réelle du rôle des élites européennes : bien qu’elles s’en défendent, elles ont cessé de représenter leur peuple pour se mettre au service d’une politique supranationale avec laquelle il est impossible de transiger et dont elles sont chargées de faire appliquer localement les décisions. Une telle duplicité mène la démocratie à sa perte.


La chronologie des faits de l’année écoulée depuis le « non » irlandais de 2008 permet de rendre compte du refus d’entériner la volonté populaire. Après un mois de juin passé en commentaires culpabilisants ou infantilisants à l’égard des électeurs irlandais ( 8 ), Brian Cowen fut, tel un mauvais élève, convoqué devant le Conseil européen pour rendre compte de son échec. Le Conseil reprit ensuite le contrôle du processus de ratification. Il était impossible de changer le texte du traité sans que cette nouvelle mouture soit réexaminée par tous les États de l’UE.


Aussi le schéma retenu fut celui d’une adjonction au traité sous forme d’un protocole additionnel portant sur les questions de la neutralité, de la législation sur l’avortement et du contrôle de la fiscalité, points de cristallisation supposés du mécontentement lors du premier scrutin. Il sera toujours plus facile d’annuler ce protocole que d’amender l’ensemble du traité constitutionnel. Ainsi croit-on habile de « garantir » aux Irlandais un droit qu’ils possèdent déjà, celui de décider de leur propre législation. Enjoignant les Irlandais à céder leur pouvoir souverain en échange de simples garanties sur des questions particulières, le Conseil européen semble considérer que l’on peut préférer céder sa montre contre la promesse de pouvoir toujours demander l’heure…


Si l’Union européenne était un système démocratique – ce qu’elle n’a jamais été et ne sera jamais –, il serait impensable de faire revoter un peuple souverain alors même que celui-ci vient de donner son verdict. Il ne serait pas davantage envisageable de priver de parole les autres peuples. Mais les peuples d’Europe ne vivent que dans une parodie de démocratie ; le verdict des urnes, seul sondage d’opinion légitime, a cessé d’être politiquement contraignant. Il faut en prendre acte avec le plus grand sérieux et mesurer ce que les dirigeants européens sont prêts à faire pour que leur projet aboutisse.


Les « non » français et néerlandais au traité constitutionnel européen ont été purement et simplement annulés ; le seul peuple qui, grâce à la constitution de son pays, a eu l’occasion de se prononcer sur le traité de Lisbonne se voit refuser le droit de dire « non ». Ce refus est à entendre au sens strict ; en effet, comme l’a dit José Luis Zapatero, « Il n’est pas possible que l’Irlande, avec tout le respect pour son choix démocratique, puisse stopper un projet aussi nécessaire (9) ».


Non seulement les dispositions néolibérales contenues dans le traité de Lisbonne, comme celle du principe de concurrence libre et non faussée, ne sont pas amendables, mais elles sont le fond même du projet européen, et celui-ci n’est pas négociable. Aussi on ne saurait espérer sans contradiction réformer de l’intérieur ce qui constitue la nature même de « l’idée européenne ». Soit elle est acceptée, soit elle est imposée. Mais où se cache la démocratie dans de telles pratiques ?


Les peuples se voient systématiquement privés d’un débat public digne de ce nom sur l’Union européenne. Lorsque le biais européiste flagrant des médias (10) et la fidélité béate des partis politiques au projet européen laissent malgré tout émerger un désaveu public, celui-ci est nié, contourné. Tous les partis qui ont accès aux médias sont favorables à la construction européenne – c’est justement pour cela qu’ils ont accès aux médias – alors que les taux d’abstention aux élections européennes et les doutes quant aux vertus démocratiques de l’UE n’ont jamais été aussi forts. Toutes les grandes puissances privées (multinationales, banques, etc.) sont favorables à la construction européenne, sans doute sont-elles impatientes que « l’Europe sociale (11) » voie le jour... Partis, médias et puissances d’argent convergent naturellement vers l’euro-libéralisme, chacun trouvant (ou espérant trouver) dans la décrépitude des États-nations un avantage et le moyen d’accroître leur pouvoir aux dépens des droits politiques et sociaux des citoyens.


Pour se faire une idée de l’impunité et du traitement de faveur dont bénéficie l’Union européenne, imaginons qu’elle serait la réaction de la « communauté internationale » et des médias occidentaux si le gouvernement de la Russie, de l’Iran ou du Venezuela annulait ou ignorait le résultat d’un référendum... Pourtant, c’est en Europe que les médias et les partis politiques s’efforcent de masquer à grands coups de com’ et de « pédagogie » – terme de marketing politique pour désigner la propagande – le déficit démocratique grandissant et le penchant totalitaire de l’Union européenne. Moins nous serons effectivement en démocratie, plus il faudra prétendre le contraire. Il s’agit de compenser la disparition de la chose par la répétition massive du mot.


Quel que soit le résultat du référendum du 2 octobre, il sera pris en charge par l’habituel dispositif de réception médiatique. Si le « oui » l’emporte, l’ambiance sera à l’approbation soulagée, et si les Irlandais reconduisent leur « non », il s’agira une fois encore de « sortir l’Europe de l’impasse ». Il importera surtout que l’opportunité même de la construction européenne ne soit pas remise en cause.


C’est cette absence de choix politique réel, caractéristique de la société post-démocratique à laquelle une « élite technicienne » destine les peuples, que l’on perçoit derrière ces propos de l’ancien secrétaire d’État aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet : « Je pense sincèrement que le référendum n’est pas la bonne formule pour adopter à l’échelon national les traité et les règlements internationaux. Donc, en effet, si d’autres référendums [sur le traité de Lisbonne] avaient été organisés, il est probable que certains auraient aussi vu le “non“ l’emporter. Mais ce n’est pas au peuple de trancher ces questions très complexes (12) ».


Laurent Dauré et Dominique Guillemin

Militants de l’Union Populaire Républicaine
http://u-p-r.fr/


NOTES

(1) Voir notre article « Traité européen : que s’est-il passé ? », mis en ligne le 17 février 2008 : www.revue-republicaine.fr/spip.php?....

(2) Voir notre article « L’introuvable souveraineté de l’Union européenne », mis en ligne le 3 juillet 2008 : www.observatoiredeleurope.com/L-int....

(3) Bernard Kouchner, interview par Jean-Michel Apathie, RTL, le 9 juin 2008.

(4) Jean Daniel, « Naufrage d’une ambition », Le Nouvel Observateur, semaine du 19 au 25 juin 2008.

(5) José-Manuel Barroso, le 13 juin 2008, cité par Arnaud Vaulerin, « La petite Irlande secoue l’Europe », Libération, le 14-15 juin 2008.

(6) Donald Tusk, Le Nouvel Observateur, semaine du 19 au 25 juin 2008.

(7) Brian Cowen, cité par Henri de Bresson et Philippe Richard, « La mise en œuvre du traité de Lisbonne est bloquée », Le Monde, le 15-16 juin 2008.

(8) Voir l’article de Denis Perais et Mathias Reymond, « Traité de Lisbonne : ces Irlandais d’où vient tout le mal », mis en ligne le 23 juin 2008 : www.acrimed.org/article2922.html.

(9) José Luis Zapatero, cité par Alain Barluet, « Les vingt-sept se donnent quatre mois de réflexion », Le Figaro, le 20 juin 2008.

(10) Voir le livre de Henri Maler et Antoine Schwartz (pour Acrimed), Médias en campagne : retours sur le référendum de 2005, Syllepse, 2005.

(11) Voir le livre de François Denord et Antoine Schwartz, L’Europe sociale n’aura pas lieu, Raisons d’Agir, 2009.

(12) Jean-Pierre Jouyet, Une présidence de crise : entretiens avec Sophie Coignard, Albin Michel, 2009.


link http://www.legrandsoir.info/Irlande-Un-referendum-pour-rien.html

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