France

Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 21:14

Mécanopolis


Avec sa taxe carbone le gouvernement et ceux qui soutiennent la mesure donnent un nouvel exemple de mauvaise réponse à une vraie question.


Qui a envie de vivre dans un monde pollué ? Ni vous ni moi ! Alors qui sont-ils ces gens que l’on va taxer ?


taxe carbone

 

TOTAL ? qui en vendant du pétrole a fait des profits d’un montant supérieur au déficit de la France ?


ARCELOR MITTAL qui dispose pour ses 6 usines françaises d’un droit annuel à émettre gratuitement 8 millions de tonnes de carbone ?


Celles et ceux qui vendent sur le marché (et oui !!) le droit à polluer au prix de 14€ la tonne ? [1]


Vous n’y êtes pas du tout ! Tous ceux là seront exemptés de cette fameuse taxe et on peut observer au passage qu’une telle exonération – à 32€ la tonne le prix prévu [2] – représente pour ARCELOR déjà cité une économie de …250 millions d’euros dès la 1ère année !


Non ceux qui devront payer la taxe c’est vous et moi ! Et pourquoi ? Parce qu’il y a des experts mandatés par des politiques qui ont conclu que plus nous paierons, moins nous gaspillerons d’essence, car vous ne le saviez pas, mais c’est démontré par des spécialistes : nous gaspillons l’essence et le chauffage par plaisir d’émettre du carbone…Et sans respect pour la planète bien sûr : foi de Yann Arthus Bertrand qui ne se déplace qu’en hélicoptère !


Pour ou contre les taxes ?

Personne ne conteste qu’il faut réduire les émissions de gaz la question qui reste c’est comment s’y prendre dans l’intérêt des peuples ?


Faut-il le redire ici ? C’est d’abord le principe même d’une taxe qui est à remettre en cause. Dans un pays où les impôts indirects – les plus injustes car frappant indistinctement les riches et les pauvres – représentent plus de 60% des recettes de l’Etat comment accepter une nouvelle taxe quelle qu’elle soit ? En plus concernant cette taxe-ci le gouvernement a clairement annoncé la couleur : « Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail » [3].


Autrement dit, au nom de l’écologie on voudrait une fois de plus baisser les cotisations nécessaires à une vraie sécurité sociale déjà bien mal en point. Comme si cette question de la protection sociale était une question secondaire, en tous cas seconde par rapport à la compétitivité des entreprises qui seraient contraintes de délocaliser à cause des charges énormes qu’elles supporterait. Mais comme le dit Yves Dimicoli dans l’Humanité : « On ne sait pas assez l’inanité d’une telle argumentation : entre 1991 et 2008, le total cumulé des exonérations de cotisations sociales patronales a atteint 260,6 milliards d’euros, dont 221 milliards compensés par l’État. Or le déficit commercial de la France ne cesse de se creuser (il a atteint 55,65 milliards d’euros en 2008) tandis que les exportations de capitaux s’emballent : en 2008, il sera sorti en net quelque 160 milliards d’euros au titre des investissements directs à l’étranger qui ont généré des délocalisations et, donc, des transports accrus et des pollutions au Sud hors normes environnementales du Nord. »


Tant qu’il y aura des riches

De plus qui peut nous faire croire que cette mesure peut être efficace ? Les produits de luxe, bateaux, parfums et autres automobiles de fortes cylindrées sont déjà taxées : cela empêche-t-il les riches de les acquérir ? Dans un pays et un monde où la part des salaires dans la richesse créée est au plus bas [4] ce qui est posé c’est la répartition des richesses et non la mise en œuvre de mesures qui ne sont que des peccadilles pour les plus fortunés et de lourdes charges pour les autres.


Sans rire le journal Challenges parle des français qui « changeront leur 4X4 pour une citadine, prendront le train au lieu de l’avion, éviteront de faire tourner le sèche linge » Mais de quels français parle-t-il ? Des 5% plus riches qui détiennent 80% des richesses de ce pays…ou des 30% plus pauvres qui en ont à peine 1% ?


Il y avait déjà, pour les plus riches – et en particulier les grandes entreprises – la possibilité d’acheter et même de spéculer sur le droit à polluer, mais, avec la taxe carbone, il y a pire.
Il y a la pénalisation de celles et ceux qui n’ont pas le choix. Passons sur les exemples justement cités par les adversaires de ce nouvel impôt à la consommation (les ruraux [5], les mal desservis en transports urbains…) [6] et prenons un exemple.

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), en région parisienne, les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre sont liés aux logements. Or un bâtiment neuf consomme quatre fois moins d’énergie qu’un immeuble construit avant 1975. Dans leur logique on va donc taxer 4 fois plus celui qui a déjà la malchance d’habiter un logement où il est obligé de dépenser 4 fois plus pour se chauffer !!! Et remarquez bien on ne taxe pas le bailleur (et encore moins on ne l’oblige) alors qu’il est le seul à pouvoir faire les travaux d’isolation et donc baisser les émissions, mais le locataire qui sera ainsi deux fois victime ! Quand on connait toutes les batailles que sont obligés de mener les locataires pour obtenir des améliorations dans ce domaine on se demande dans quel monde vit M. Rocard quand il déclare : « il est largement prévu de compenser la taxe, mais en terme de pouvoir d’achat, de manière à garder intact le signal prix, l’incitation aux gens à se déplacer moins, à avoir petit à petit des voitures électriques, à mettre des doubles vitres ou à faire des économies sur le chauffage ».

Faire passer la pilule

En l’état du projet, plus de la moitié des ménages aurait à supporter un surcoût de 300 euros, les autres ayant droit à une compensation « forfaitaire et partielle ». En réalité la facture sera bien plus lourde. En effet si le prix de l’énergie augmente, les prix des biens et des services augmenteront proportionnellement…et cela ne sera jamais compensé par le fameux chèque vert.

Car pour faire passer la pilule le gouvernement parle d’une redistribution qui pourrait atteindre 130€ par famille. Le même gouvernement qui vient de supprimer la taxe professionnelle reverserait la totalité de ce qu’il va percevoir ? Qui va le croire ? En tous cas pas l’UFC-que choisir qui déclare qu’elle : « combattra ces propositions qui, si elles étaient adoptées par le gouvernement, constitueraient le pire des scénarios pour le pouvoir d’achat des consommateurs…l’Etat va prélever plusieurs milliards d’euros sur les consommateurs, leur restituera une partie et gardera une part substantielle pour son budget général ou pour baisser les taxes sur les entreprises ».
Et puis ils croient qu’on a oublié le coup de la vignette des vieux ? Ou celui de la taxe sur les alcools sensée renflouer la sécu ? (taxe qui en elle-même n’a d’ailleurs pas fait reculer la consommation). Le fait que Michel Rocard, l’inventeur de la CSG, – une autre fameuse taxe – essaie de défendre le projet n’est pas fait pour nous rassurer.


L’imposture écologique

Pourtant cette taxe a ses défenseurs et pas seulement au gouvernement. Le PS après avoir soutenu le projet du bout des lèvres vient de dire qu’il était contre… tout en disant qu’il était pour une fiscalité écologique ce qui ne veut pas dire grand-chose à part que ça marque mieux qu’une fiscalité polluante ! Le gouvernement lui a fait mieux encore en parlant « d’impôt intelligent » (sic !) : à croire que les autres impôts sont stupides… La palme revient aux verts qui sont les meilleurs supporters de cet impôt dont le caractère injuste leur échappe totalement. Et pour cette formation ce n’est malheureusement pas une première.


Je me rappelle quand ils avaient soutenu le projet de fermeture de la mine de Gardanne au prétexte que celle-ci polluait. Il faut croire qu’il n’y avait chez eux pas beaucoup de mineurs ou d’enfants de mineurs…

Depuis la mine a fermé et le chômage pollue la ville bien plus surement que les vapeurs de souffre que les mineurs, premières victimes, demandèrent pendant des années à Charbonnage de France d’éliminer… ce qui était possible et qu’il ne fit pas au nom de la rentabilité…


Je me rappelle aussi quand Gaudin a voulu installer dans la ville des milliers d’horodateurs.
Les verts étaient POUR car la voiture ça pollue et ça encombre le centre ville. 4 ans plus tard quel résultat ? Les plus fortunés ont toujours leur garage, on n’a jamais circulé aussi mal dans Marseille, des marseillais par milliers (celles et ceux qui n’ont pu empêcher la mise en place des mange pièces) ont vu leur pouvoir d’achat amputé et nombre de gens et même d’élus (dont certains riaient alors de nous) reprennent aujourd’hui la proposition de Rouges Vifs 13 de la gratuité des transports et du stationnement.


Dans le conflit de Legré Mante où les ouvriers se battent pour leur emploi et contre le bétonnage du littoral les verts sont aussi absents : une marina polluerait moins qu’une usine que l’on ne pourrait contraindre – on se demande bien pourquoi – à produire propre ?


Dans leur logique les verts en redemandent et déplorent que la France ne soit qu’au « 21ème rang de la fiscalité environnementale » comme si la politique d’un gouvernement était déterminée avant tout par les taxes et non par les choix qu’il fait.


Par leurs prises de position, les verts démontrent, s’il en était besoin, que l’écologie n’est ni un programme de gouvernement ni une fin en soi. Contrairement à ce qui est dit sur leur site où ils paraphrasent une citation célèbre, l’avenir ce n’est pas l’écologie ou la barbarie.


Répondre à l’urgence environnementale

L’écologie est un élément d’un programme mais non un système économique. Le capitalisme est forcément pollueur parce que toute autre attitude est une atteinte à son profit qui est le moteur du système. Si on veut limiter les émissions de gaz et les diviser par 4 (objectif annoncé) il faut que la nation, salariés et population, s’approprie les productions afin qu’elles soient gérées selon d’autres critères que ceux d’aujourd’hui.


A ceux qui nous parlent de compétitivité (dans le pays champion du monde de la productivité) nous répondons nationalisations et protection des productions et services, service public et choix d’avenir en réponse aux besoins.

En matière de logement une vraie révolution [7] serait non pas de taxer ceux qui déjà se chauffent mal par manque de budget mais d’utiliser un dispositif législatif du style aide à la pierre et instaurer une obligation légale, pour que les appartements soient rénovés en ce sens.
Et en plus cela créerait des emplois.


Croire ou tenter de faire croire que, dans cette affaire de pollution du monde, tout repose sur la masse des individus à qui nos pseudo démocraties donnent de moins en moins la parole et ignorer ou feindre d’ignorer le rôle et le pouvoir y compris financier des multinationales et des Etats serviles, c’est soit faire preuve d’une grande naïveté, soit se tromper de cible, mais dans tous les cas ce n’est pas mettre en danger ce système qui est la cause. Par là même au fond, c’est démontrer sa perméabilité à l’idéologie dominante : c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute !


Il y a urgences pour la planète, urgence sociale, humanitaire, écologique, le capitalisme ne pourra par nature jamais répondre à ces urgences là. Prôner la défense de l’environnement sans vouloir combattre de front ce système, c’est être aussi crédible que Sarkozy quand il parle de moraliser le capitalisme.

L’avenir du monde sera communiste ou ne sera pas.


Charles Hoareau

[1] Les quotas obtenus par les entreprises sont si importants qu’en fin d’année elles ont un surplus…qu’elles peuvent revendre. Pour Arcelor cela représentait en 2008 plus d’un million de tonnes soit 15 millions d’euros

[2] prix préconisé par la commission Rocard pour la 1ère année et destiné à être augmenté de 5% par an pour atteindre 200€ en 2050

[3] Sarkozy devant le parlement en juin dernier

[4] aux Etats Unis on a atteint en 2006 le niveau le plus bas depuis 1929 et le FMI indique que dans le G7 la part des salaires dans le PIB a baissé de près de 10% en 20 ans

[5] Selon l’INSEE « Un habitant de Paris qui dispose d’un réseau de transports en commun très dense et qui vit dans une habitation collective a une facture énergétique inférieure de 44% à celle d’un habitant d’une commune rurale »

[6] Rocard a dit à un vieux monsieur qui l’interrogeait sur France Inter : « Vous n’avez qu’à prendre un vélo ! ». On appréciera l’élégance du propos venant de quelqu’un qui, malgré ses 16 000€ mensuels (sans compter les conférences qu’il facture 10 000€ pour 2h) n’hésite pas à se faire payer des voyages…polluants. « Michel Rocard a « bien embarqué le 29 juillet comme conférencier invité pour une deuxième croisière de rêve cette année à bord du paquebot de luxe le « Diamant ». A la découverte, cette fois-ci des « Magies du Groenland » jusqu’au 9 août. Un voyage qui coûte entre 4000 et 7500 euros selon la cabine ou la suite mise à disposition. (…) Du 22 janvier au 2 février dernier, Rocard avait déjà embarqué à bord du « Diamant » (120 membres d’équipage pour 220 passagers) pour une croisière en Antarctique . » Source : « Rocard polaire de rien », Le Canard enchaîné n°4632, 5 août 2009, page 8

[7] terme employé par l’inénarrable Cohn Bendit au sujet de la taxe !

12 sept 2009, par Mecanopolis

http://www.mecanopolis.org/?p=9557

http://www.internationalnews.fr/article-l-imposture-ecologique-de-la-taxe-carbone-40525036.html

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Lundi 9 novembre 2009 1 09 11 2009 13:09
A la suite de ces propos, le comédien François Cluzet a été accusé de "désinformation" et d'"incitation à la haine" par le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA).

envoyé par Mecanopolis.
François Cluzet à propos de Salah Hamouri

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article--fran-ois-cluzet-a-propos-de-salah-hamouri-39175203.html
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 11 2009 14:30
Le Monde Diplomatique
Novembre 2009


Source:  natioidpatasia

Après avoir présenté les combats en Afghanistan comme une « guerre nécessaire », le président Barack Obama est pressé par le général Stanley McChrystal, qu’il a lui-même nommé à la tête des forces américaines dans ce pays, d’y déployer quarante mille soldats supplémentaires. La guerre dure depuis huit ans.


En Indochine, les Etats-Unis appuyèrent une pléiade de gouvernements corrompus, illégitimes, perçus comme fantoches par la population. Sans succès. En Afghanistan, ni les Britanniques ni les Soviétiques ne purent s’imposer en dépit des moyens qu’ils engagèrent. Aujourd’hui, bien que les pertes militaires américaines demeurent relativement modestes (huit cent quatre-vingts morts depuis 2001, contre mille deux cents par mois au Vietnam en 1968), et le mouvement antiguerre atone, quelles perspectives de « victoire » peuvent escompter des armées occidentales perdues dans les montagnes afghanes, les trafics de drogue (1), et suspectées de guerroyer contre l’islam ?


Ministre français des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner espère toutefois « gagner les cœurs avec un gilet pare-balles ». De son côté, le général McChrystal prétend : « Notre affaire, ce n’est pas de tuer le maximum de talibans, mais de protéger la population » (2). Une idée commune sous-tend de telles proclamations, au-delà du cynisme : celle que le développement social et les opérations de guerre peuvent être menés de front dans un territoire où, pourtant, il est impossible de distinguer les insurgés des civils. Au Vietnam, le journaliste américain Andrew Kopkind avait résumé d’une formule assassine ce genre de « contre-insurrection » : « Bonbons le matin, napalm l’après-midi. »


A défaut d’espérer vaincre un jour des combattants nationalistes dont Washington a pu apprécier la pugnacité quand, avec son concours, ils s’employaient à saigner à blanc l’Union soviétique, les Etats-Unis aimeraient que se distendent les liens, déjà fragiles, entre les talibans et les militants d’Al-Qaida (3). Car, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, c’est pour anéantir les seconds que Washington a déployé en Asie centrale ses soldats et ses drones, pas par souci de scolariser les petites Afghanes.


S’il refuse l’escalade militaire que réclament les néoconservateurs, le nouveau Prix Nobel de la paix va donc devoir bientôt expliquer à son opinion publique qu’on réalise rarement le bonheur des peuples en les soumettant à une occupation armée ; que les disciples de M. Oussama Ben Laden ne comptent plus qu’une poignée de rescapés en Afghanistan ; enfin, qu’un éventuel compromis avec une fraction des talibans, moins hallucinée (lire « Surprenante souplesse tactique des talibans en Afghanistan »), ne menace pas la sécurité nationale des Etats-Unis. La Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, qui ont plutôt intérêt à ce que ce foyer de tension régional s’apaise, pourraient œuvrer dans le sens d’un règlement négocié. Engager sa vie pour la « démocratie » en terre étrangère constitue déjà un pari singulier ; faut-il vraiment mourir pour M. Hamid Karzaï ? Et s’y résoudre alors que, de l’aveu même du général McChrystal, le « maire de Kaboul », maintenu en place par la fraude électorale, a réalisé la prouesse incroyable de rendre une partie du peuple afghan « nostalgique de la sécurité et de la justice du régime taliban »...


Bien que près de trente et un mille soldats britanniques, allemands, français, italiens, etc., affrontent les insurgés aux côtés des militaires américains, toutes ces questions paraissent ne pas concerner les dirigeants européens. Les choix de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) sont plus que jamais arrêtés à Washington. A Paris, le président Nicolas Sarkozy vient d’annoncer qu’il n’enverrait « pas un soldat de plus » combattre les talibans. Mais il a ajouté : « Faut-il rester en Afghanistan ? Je réponds “oui”. Et rester pour gagner  (4).  » Noyée dans un entretien de deux pages, cette déclaration n’a suscité aucune réaction. C’était également la manière la plus généreuse de la commenter.


(1) L’Afghanistan produirait 93 % de l’héroïne mondiale. Cf. Ahmed Rashid, « The Afghanistan impasse », The New York Review of Books, 8 octobre 2009. Cf. aussi sur notre site la carte « L’opium, principale production afghane ».

(2) Respectivement Canal+, 18 octobre 2009, et Le Figaro, Paris, 29 septembre 2009.

(3) Lire Syed Saleem Shahzad, « Al-Qaida contre les talibans », Le Monde diplomatique, juillet 2007.

(4) Le Figaro, Paris, 16 octobre 2009. Mme Ségolène Royal a fait chorus : « La guerre en Afghanistan doit être gagnée et elle le sera. »


http://www.monde-diplomatique.fr/2009/11/HALIMI/18370
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 10 2009 23:38
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 10 2009 18:22
Monde Diplomatique

« Nous ne sommes pas une association caritative »

Au départ, les Postes, télégraphes et téléphones (PTT) : un puissant service public « à la française » tenu d’acheminer les communications jusqu’aux villages les plus reculés. A l’arrivée, Orange. Une multinationale privée de la téléphonie mobile et de l’Internet qui ne se satisfait plus de posséder les câbles : il lui faut désormais produire les messages qui y transitent (cinéma, télévision, sport, information, etc.). L’usager, entre-temps devenu client, a-t-il gagné au change ?


Par Marie Bénilde

Journaliste


Lorsque M. Didier Lombard est invité des Matins HEC-Challenges, ce 13 janvier 2009, ce n’est pas en tant que président de France Télécom, ex-entreprise publique forte de 180 000 salariés et dont l’Etat contrôle 27,4 % du capital, mais en tant que « PDG d’Orange ». Orange ? C’est « une marque au niveau de Coca-Cola, explique le patron, avant de confier : France Télécom s’appellera sans doute un jour Orange ».


Pour mesurer le chemin parcouru, il faut remonter à l’an 2000, et à l’achat par France Télécom, au plus fort de la bulle Internet et pour près de 40 milliards d’euros, de l’opérateur britannique Orange PLC à Vodafone. Héritier d’un monopole d’Etat, France Télécom s’est plié, le 1er janvier 1998, aux règles européennes d’ouverture de son marché à la concurrence. L’entreprise issue de la scission des Postes et des Télécommunications, en 1988, peut alors compter sur ses propres installations (1). Mais, dans le cadre d’une opération technique dite de « dégroupage », elle est vite tenue de mettre son réseau à disposition de ses concurrents, qui profitent de l’amortissement d’une infrastructure sans avoir contribué en rien à son implantation et à son entretien.


Pour contrer le déclin annoncé du nombre de ses clients au téléphone fixe, France Télécom mise alors à la fois sur l’effet de masse que devrait lui permettre une internationalisation accrue de sa marque Orange, sur l’épanouissement de son métier d’opérateur mobile et sur un développement à marche forcée de son service d’accès à Internet. L’essor de l’ADSL est en effet prometteur et permet d’envisager des marges substantielles dans le téléphone fixe (35,3 % en 2008, contre 37,3 % pour le mobile).


L’éclatement de la bulle Internet entraîne l’effondrement du cours de l’action, qui passe de 219 euros en septembre 2000 à 7 euros en mars 2002 — le capital ayant été introduit en Bourse par tranches successives en 1997 et 1998. Appelé en 2002 pour redresser le groupe, très lourdement endetté de 68 milliards d’euros, M. Thierry Breton vend quelques actifs (comme l’annuaire des Pages jaunes), obtient un renflouement par l’Etat sous forme d’augmentation de capital et engage aussitôt un programme d’économies. A la socialisation de la dette succède la privatisation : en 2004, l’Etat passe sous la barre fatidique des 50 % du capital.


Un an plus tard, succédant à M. Breton, M. Lombard choisit de faire porter tous ses efforts sur la création d’une marque unique, concentrant les activités mobile et les services sur Internet. Le nouveau PDG présente son plan « Next », qui vise à assurer l’émergence de services convergents sous le label Orange, tout en supprimant 22 000 emplois, sur la base du « volontariat », entre juin 2005 et fin 2008. A la clé : le passage d’une culture de salariés d’une entreprise du secteur public à celle de commerciaux au service d’une marque « référente ». Certaines activités, comme les unités d’intervention en cas de défaillance du réseau, sont jugées moins stratégiques : dans cette branche, mobilisée en cas de tempête, le syndicat Sud PTT a déploré des objectifs de suppression d’emplois de 7 à 8 % par an, au profit d’un recours accru à la sous-traitance.

Une stratégie qui rappelle Vivendi

Désormais société anonyme, France Télécom s’estime capable de compenser la chute de ses revenus dans son métier historique. Puisque Bruxelles a programmé son déclin en tant qu’opérateur de téléphone fixe, le groupe prend le train de la « révolution numérique » en ciblant la convergence avec les contenus. Comme, en son temps, l’ancien PDG de Vivendi Jean-Marie Messier, M. Lombard ne se satisfait pas de la maîtrise des « tuyaux » : il souhaite glisser vers une offre globale « intelligente » qui le rapproche des médias. « Il est naturel, écrit-il, que ceux qui déploient les réseaux participent aussi à la richesse des services qui les empruntent afin de retirer pleinement les dividendes de leurs investissements (2). »


Son objectif ? Réaliser 20 % du chiffre d’affaires (contre 8 % aujourd’hui) dans les activités dites « de croissance », qui vont de la publicité en ligne à la télévision en passant par la gestion du dossier médical. La maturation du marché des télécoms, il est vrai, plaide en ce sens, puisque l’on compte plus de 56 millions de téléphones portables actifs en France et que plus d’un foyer sur deux dispose d’une connexion à Internet. Plutôt que de se lancer dans de coûteux investissements pour déployer le très haut débit par la fibre optique au-delà des marchés juteux (Paris, Nantes, certaines communes des Hauts-de-Seine...), l’opérateur fait donc le choix de mettre sa puissance financière au service de l’acquisition de droits audiovisuels et d’augmenter la rentabilité par abonné en proposant services et offres exclusives.


C’est ainsi qu’en février 2008 M. Lombard emporte, pour 204 millions d’euros par an, les droits exclusifs de la retransmission des matchs du samedi soir du championnat de France de football. Quelques mois plus tard, Orange annonce le lancement de six chaînes consacrées au cinéma et aux séries télévisées grâce à l’acquisition des catalogues de la Warner, de MGM, de la chaîne américaine HBO puis de la Gaumont.


Lorsque l’opérateur affiche ensuite sa volonté de distribuer par satellite une soixantaine de chaînes pour les usagers ne disposant pas d’une connexion à l’ADSL, les observateurs voient se profiler un concurrent sérieux à Canal+. Le choix de confier sa division « contenus » à M. Xavier Couture, qui dirigea l’antenne de TF1 et la chaîne cryptée, paraît confirmer ce soupçon. Comme son rival audiovisuel, Orange veut profiter d’un réseau historique concédé par l’Etat pour fidéliser sa clientèle avec des offres alléchantes sur le football et les films ou les séries. Comme lui, il se montre prêt à investir dans le cinéma français en participant directement à la production de films via sa filiale Studio 37.


Mais, à la différence de Canal+, qui fait le pari d’une offre ouverte sur toutes les plates-formes (y compris Orange), France Télécom opte en faveur d’un système fermé, privatif. Seuls les abonnés actifs à son offre dite « triple play » (Internet-téléphone-télévision), soit 1,7 million de foyers, ont la possibilité de regarder les matches de la Ligue 1 de football ou les films et les séries issus de ses catalogues hollywoodiens.


A la fin février 2009, le gros opérateur ne compte encore que quelque 300 000 clients à son offre de télévision, mais il est déjà une voix écoutée dans le paysage médiatique. « Avant, lorsqu’on faisait une conférence de presse pour Orange, raconte une source interne, on ne voyait pas plus d’une vingtaine de journalistes, spécialisés dans les télécoms. Depuis qu’on s’est mis à faire de la télé, ils sont plus d’une centaine. » Ce n’est pas tant la prétention de France Télécom à réinventer l’expérience télévisuelle — par l’interactivité, la capacité de concevoir une télévision personnelle, le visionnage à la demande — qui intéresse, mais sa propension à concurrencer Canal+ en mettant son chiffre d’affaires de 53,5 milliards d’euros au service de l’acquisition de contenus.


Le groupe se place ainsi dans la situation d’une société d’autoroute qui achèterait des stations d’essence et des marques automobiles pour ne pas perdre un centime des sommes dépensées par les usagers de ses infrastructures routières. Il s’agit aussi de doper par les contenus les vrais-faux forfaits « illimités » à l’Internet mobile, en pleine croissance, dont les dépassements alourdissent la facture des consommateurs (3).


Aussi astucieuse qu’elle puisse paraître, l’approche qui consiste à se réserver l’usage de programmes pour consolider son portefeuille d’abonnés « télécoms » demeure risquée sur le plan juridique. Après avoir été contraint de renoncer à la commercialisation exclusive du téléphone mobile iPhone d’Apple, France Télécom doit affronter l’Autorité de la concurrence, saisie par Vivendi (Canal+, SFR), pour abus de position dominante. Fin février, le groupe a été condamné par le tribunal de commerce de Paris pour la vente d’Orange Sport liée aux abonnements à son offre « triple play ». « Nous ne sommes pas une association caritative. Acheter des droits pour les rendre disponibles à tous, cela ne fonctionne pas, a protesté M. Raoul Roverato, directeur exécutif de France Télécom. Nous vendons le contenu avec le réseau. Si on les sépare, cela n’a pas de sens (4). »


Pas de sens ? Si elle ne conçoit plus de rendre ses services accessibles à tous, l’ex-entreprise publique n’en continue pas moins de prospérer en vendant de la téléphonie là où elle peut profiter de liens profonds avec son ancienne tutelle. En témoigne la présence au sein de son conseil d’administration de M. Bruno Bezard, directeur général de l’Agence des participations de l’Etat, ou de M. Henri Serres, du ministère de la défense. Présent dans une quinzaine de pays africains, où il réalise 6 % de son chiffre d’affaires, Orange se montre particulièrement actif dans les ex-colonies françaises. Si le revenu par abonné y est moindre, les perspectives de développement sont immenses. « Le mobile y connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. L’essentiel du marché se fait avec des cartes prépayées, donc sans risque financier », explique M. Marc Rennard, directeur exécutif international, qui entrevoit 50 millions de clients sur le continent noir en 2010  (5).


A la fin mars, France Télécom a franchi un nouveau pas en annonçant la création avant l’été d’un portail d’actualité : 24/24 Actu. Reprenant les multiples contenus de télévisions, radios et journaux partenaires, l’opérateur se présente comme une alternative à Google News, qui se propose d’aiguiller l’internaute vers l’information. « L’idée est d’être le site numéro un de l’actu en France, le carrefour de l’info », indique M. Roverato. Une initiative saluée par les médias, auxquels Orange offre — à la différence du moteur de recherche américain — de partager les recettes publicitaires.

Toutefois, la stratégie de France Télécom sur l’actualité reste difficilement lisible. S’agit-il d’organiser l’information francophone à la façon de Google ? De se poser en média de tous les médias, en guichet unique par lequel seraient contraints à terme de passer tous les contenus ? Ou de trouver une solution collectivement avantageuse qui aide les éditeurs à mieux émerger sur la Toile ? L’ambiguïté tient sans doute au fait que, à la différence des contenus qu’il achemine, Orange n’a pas de stratégie éditoriale. Peut-on occuper l’espace médiatique sans autre responsabilité que celle d’héberger des contenus tiers ? Troisième audience sur Internet en France, derrière Google et MSN, avec 19 millions de visiteurs uniques, Orange apporte toute sa visibilité à son partenaire Le Figaro, auquel il laisse le soin de choisir invités et intervieweurs pour son émission politique baptisée « Le Talk ».


Une autre stratégie aurait-elle été possible ? Les concurrents de France Télécom ne se privent pas de le suggérer en pointant ses faibles capacités d’innovation. Le modem de liaison à haut débit Livebox, lancé six mois après celui de Free, ressemble jusque dans son appellation à la Freebox. Faut-il y voir la conséquence de l’éclatement des centres de recherche du groupe sur tous les continents et d’un primat commercial qui supplante toute culture de l’innovation et du service au public ? Encore endettée de 36 milliards d’euros en 2008, l’entreprise consacre 13 % de ses revenus à ses réseaux, soit 7 à 8 milliards d’euros.


Mais la question demeure de savoir ce que fait France Télécom de sa rente de situation. Où va l’argent lié à la location de son réseau auprès d’opérateurs privés — SFR affirme reverser 1,5 milliard d’euros chaque année à son concurrent ? Sans doute plutôt à l’achat de droits exclusifs et au renforcement de sa force commerciale qu’à la recherche technologique. Sans doute plutôt à l’investissement dans la fibre optique — histoire de conquérir des clients rentables au très haut débit — qu’à l’entretien du vieux réseau en cuivre dévolu au téléphone. Parallèlement, France Télécom-Orange a été condamné pour s’être entendu avec les autres opérateurs afin de maintenir à un haut niveau européen le prix des télécommunications fixes et mobiles.


Heureusement pour lui, le groupe privatisé peut compter sur une presse bienveillante pour assurer sa communication de crise. Il organise à un rythme effréné des conférences de presse pour vanter son esprit d’innovation ou répliquer à ses détracteurs. Il reste à espérer pour l’entreprise qu’elle ne paie pas au prix fort sa marche forcée vers un statut hybride de marque commerciale profitant des derniers feux d’un ancien monopole d’Etat. Et que les usagers qui souscrivirent à son offre à la fin du siècle dernier, en croyant naïvement s’adresser à un service public, ne déserteront pas.


(1) Lire Gilles Balbastre, « A La Poste aussi, les agents doivent penser en termes de marché », Le Monde diplomatique, octobre 2002.

(2) Didier Lombard, Le Village numérique mondial. La deuxième vie des réseaux, Odile Jacob, Paris, 2007, p. 200.

(3) Le Monde, 5-6 avril 2009.

(4) Agence France-Presse, 20 mars 2009.

(5) Le Figaro, Paris, 20 novembre 2007.


http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/BENILDE/17072 - mai 2009
link http://www.internationalnews.fr/article-portrait-de-france-telecom-en-multinationale-37415024.html

Sur le même sujet :

La Poste : 98 % des votants refusent la privatisation

La Poste, société anonyme ?

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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 10 2009 18:17
Monde Diplomatique



Un service public métamorphosé en commerce

Le mouvement de déréglementation que connaît le service postal en France débute en 1987. Il s’appuie sur deux postulats étroitement liés : toujours plus d’Europe, toujours plus d’ouverture à la concurrence. Mais le démembrement de l’ancien édifice des postes et télécommunications (PTT), symbole des services publics auquel la population a été et reste attachée, n’a pu se faire que parcimonieusement, avec une certaine duplicité. Quelques dates-clés ont jalonné cette évolution.


Février-mars 1987 : Sous l’intitulé des « chantiers de liberté », M. Gérard Longuet, ministre délégué chargé des postes et télécommunications du gouvernement de M. Jacques Chirac, introduit par décrets la concurrence dans les domaines des cabines téléphoniques, de la télévision par câble, des services téléinformatiques et du radiotéléphone. Il tente de changer les statuts des PTT, mais, à un an de l’élection présidentielle de 1988, fait machine arrière.


Avril 1989 : M. Hubert Prévot, ancien commissaire général du Plan de 1981 à 1984, ancien secrétaire confédéral de la CFDT et membre du Parti socialiste, remet un prérapport à M. Paul Quilès, ministre des PTT de Michel Rocard, sur « la place du service public de la poste et des télécommunications » en France. Il évoque « un service public à vocation industrielle et commerciale, qui ne peut ignorer les lois du marché ».


Avril 1989 : M. Quilès, ministre des postes et télécommunications, estime, à propos du rapport Prévot, qu’« on ne dirige pas de grands ensembles comme les PTT avec un rétroviseur ni avec une godille ». Deux mois plus tard, il affirme que « le statu quo n’est pas possible, dans la mesure où il se traduirait par un déclin inéluctable et par l’abandon du service public ».


Août 1989 : Le rapport définitif d’Hubert Prévot sur l’évolution des PTT préconise de créer « deux personnes morales de droit public », l’une pour la Poste et l’autre pour France Télécom, et ouvre la porte à une modification du statut des 435 000 agents.


Août 1989 : M. Lionel Jospin, ministre de l’éducation nationale, se déclare hostile aux propositions du rapport Prévot.


Août 1989 : M. Gérard Longuet, député UDF, estime que le rapport Prévot, « un travail remarquable », « va dans le bon sens ».


Septembre 1989 : M. Michel Rocard, premier ministre, répond aux détracteurs du rapport Prévot : « Il n’y a pas de pire menace que le statu quo destructeur (...). Si on ne fait rien pour la Poste, dans dix ans, ce sera la sidérurgie (1). »


Mai 1990 : L’Assemblée nationale adopte la réforme des PTT par 284 voix (dont les 272 élus PS) contre 45 (dont les 26 députés communistes). Le 1er janvier 1991, La Poste et France Télécom perdent leur statut d’administration et deviennent deux établissements autonomes de droit public.


Mai 1992 : La Commission européenne publie un Livre vert favorable à un « dépoussiérage » des Postes nationales en introduisant des éléments de concurrence entre service public et entreprises privées.


Juin 1993 : la Commission européenne fixe au 1er janvier 1998 l’ouverture totale du secteur des télécommunications à la concurrence.


Mai 1995 : M. Lionel Jospin, premier secrétaire du Parti socialiste, signe une pétition du syndicat SUD contre la privatisation de France Télécom.


Juin 1996 : M. François Fillon, ministre des télécommunications du gouvernement Juppé, fait voter la loi abolissant le monopole de France Télécom. Le groupe socialiste dépose une motion de censure. Six mois plus tard, France Télécom devient une société anonyme.


Mai 1997 : Le programme électoral du Parti socialiste dénonce la « purge libérale » que constituent l’« accélération des privatisations » et le « démantèlement des services publics ». M. Dominique Strauss-Kahn précise : « Parce qu’il y a mission de service public, les socialistes souhaitent que France Télécom reste avec un capital à 100 % public. »


Octobre 1997 : Le gouvernement de M. Lionel Jospin fait entrer France Télécom en Bourse.


Décembre 1997 : La Commission et le Parlement européens adoptent une directive ouvrant à la concurrence toute correspondance d’un poids supérieur à 350 grammes ou affranchie cinq fois le prix de base.


1er janvier 1998 : Ouverture à la concurrence du marché européen des télécommunications.


Juin 1999 : M. Karel Van Miert, commissaire européen chargé de la concurrence, explique : « La libéralisation du marché des télécoms était une priorité. Le développement technologique était tel que le monopole n’était plus de mise. Le service était souvent médiocre, les tarifs beaucoup trop élevés. Maintenant, que voit-on ? La création de plusieurs centaines d’entreprises, en France comme dans tous les autres pays de l’Union ! Quand on s’engage vraiment, il y a création nette d’emplois (2). »


Décembre 2000 : M. Martin Vial, jusqu’alors directeur général, est nommé président du groupe La Poste. Entré en 1989 au cabinet de M. Paul Quilès, il est l’un des cinq artisans de la réforme des statuts des PTT.


Avril 2001 : M. Martin Vial nomme M. Daniel Caille directeur général du groupe La Poste. Celui-ci quitte son poste de directeur général adjoint de Vivendi Universal.


Octobre 2001 : A Luxembourg, les quinze ministres européens chargés de la poste et des télécommunications s’accordent à poursuivre par étapes l’ouverture à la concurrence des services postaux dans l’Union européenne.


Septembre 2002 : M. Michel Bon, PDG de France Télécom, annonce une perte historique de 12,2 milliards d’euros pour le 1er semestre 2002, qui s’ajoutent aux 57,5 milliards de dette déjà enregistrés à la suite d’acquisitions ruineuses réalisées sans que l’Etat, actionnaire majoritaire, intervienne, par peur d’être taxé... d’interventionnisme. Le prix de l’action de France Télécom atteint 10 euros, loin de son cours d’introduction en Bourse, en octobre 1997 (27,75 euros). M. Bon démissionne. M. Martin Vial est remplacé à la tête de La Poste.



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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 10 2009 10:25
Rue89
30/09/2009

Par David Servenay


Le patron de l'UMP, Xavier Bertrand est l'un des derniers à avoir utilisé l'argument : La Poste doit se « moderniser », car Internet provoque une baisse de l'activité de l'entreprise. Une vision en trompe-l'oeil, car le commerce électronique dope l'activité colis, la plus bénéficiaire. Enquête.


Cela fait partie des poncifs mille fois répétés : Internet est en train de tuer La Poste. Ce qui justifie sa privatisation accélérée, sous l'injonction des directives européennes ouvrant l'activité à la concurrence. Le secrétaire général de l'UMP l'a redit, lundi matin sur France Inter.


« Vous avez aujourd'hui, de moins en moins de courrier avec Internet. Or, si on veut conserver La Poste, il faut qu'elle puisse aussi transmettre davantage de colis. Il y a une entreprise de modernisation qui est indispensable. (…)


Si demain vous avez de moins en moins de courrier, il est important qu'en milieu rural ou autre, on continue à avoir la présence d'un facteur. Mais il est important aussi que La Poste ne soit pas la dernière pour livrer des colis et assurer son avenir. Quand on refuse que les choses et bien, il y a des entreprises qui disparaissent. Moi, je ne veux pas que La Poste disparaisse. » (Voir la vidéo, après env. 19 mn)


A regarder les chiffres de l'entreprise publique, Xavier Bertrand aurait pu voir que le courrier ne se porte pas si mal, d'abord au niveau chiffre d'affaires :


  • 2004. 10,87 milliards d'euros
  • 2005. 11,24 milliards d'euros
  • 2006. 11,31 milliards d'euros
  • 2007. 11,57 milliards d'euros
  • 2008. 11,31 milliards d'euros

En terme de trafic, le recul est régulier depuis 2003 :


  • Entre 2003 et 2007. -1% par an
  • 2008. -3 %
  • 2009. Entre -5 et -6%

Traduit en volume de documents acheminés, cela donne :

  • 2005. 28,6 milliards
  • 2006. 28,4 milliards
  • 2007. 28 milliards
  • 2008. 27 milliards

« Quand l'économie va bien, il y a plus d'échange »

Sachant que le courrier entre particuliers représente 3% de ce trafic, contre 97% pour la vie économique et/ou administrative. Le service communication de La Poste est prompt à rappeler que le volume du courrier dépend de la santé de l'économie :


« Quand l'économie va bien, il y a plus d'échanges. Le courrier est très corrélé à l'évolution du PIB. »


En résumé, quand les affaires vont bien, La Poste sourit. Et d'enfoncer le clou par une statistique étonnante :


« Les habitudes ont la vie dure : 95% des Français ouvrent leur boite aux lettres tous les jours, alors que seuls 7% des Français ouvrent leur boite mail tous les jours. »


L'explosion de la vente en ligne dope le trafic des colis


A l'inverse, le développement de l'e-commerce a tout simplement fait exploser l'activité colis, plus rentable que celle du courrier :


« D'abord il y a les échanges entre particuliers, type Ebay, qui a multiplié les envois. Et puis l'apparition des “pure players” [des commerces qui ne sont présents que sur Internet, ndlr] comme Cdiscount ou Rueducommerce a aussi dopé les colis. »

Le chiffre d'affaires du Colis Express (cela regroupe le Chronopost spécialisé dans la livraison rapide en 24h et le Colisposte livré en 48h) en témoigne :


  • 2004. 3,48 milliards d'euros
  • 2005. 3,68 milliards d'euros
  • 2006. 4,17 milliards d'euros
  • 2007. 4,5 milliards d'euros
  • 2008. 4,7 milliards d'euros

Le web est donc en train de sauver une activité qui est très européenne, car une grosse partie de la vente en ligne vient d'Allemagne ou d'Italie. Geopost, qui regroupe les filiales « express » de La Poste en Europe, est le deuxième opérateur du continent sur ce créneau. Les chiffres du trafic concernant les colis (livraison en 48h) :


  • 2004. 250 millions de colis
  • 2005. 260 millions de colis
  • 2006. 263 millions de colis
  • 2007. 274 millions de colis
  • 2008. 270 millions de colis

Ce dernier chiffre, en recul, est lié à la crise et à l'effondrement de la vente à distance par correspondance (Camif, La Redoute…).


La Poste est-elle victime de l'administration ?


En fait, le principal fossoyeur de La Poste pourrait bien être… l'Etat. A force de substituer la transaction électronique au classique courrier, plusieurs administrations font baisser le trafic courrier :


la carte vitale a supprimé autant d'envoi de feuille de soins (911 millions en 2005)
les déclarations de revenus pour les impôts
les déclarations de TVA pour les entreprises

Dans certaines prévisions, la direction de La Poste envisage une baisse de 35% du trafic courrier d'ici à 2015, à cause du web. De quoi justifier encore quelques mesures de dégraissage… et les démonstrations de Xavier Bertrand.


Photo : 


link http://eco.rue89.com/2009/09/30/non-xavier-bertrand-ce-nest-pas-internet-qui-tue-la-poste
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 09 2009 00:57
Titre original: Une majorité des Français contre la privatisation de La Poste
LEMONDE.FR
29.09.09


La "votation citoyenne" sur l'avenir de La Poste a démarré lundi dans toute la France.

Plus de six Français sur dix sont "défavorables" au changement de statut de La Poste
d'établissement public en société anonyme, alors que 75 % voteraient "non" à sa privatisation, selon un sondage CSA publié mardi 29 septembre par L'Humanité.


Soixante-trois pour cent des sondés se disent "pas du tout favorables" (41 %) ou "plutôt pas favorables" (22 %) au changement de statut, alors que 31 % y sont "plutôt favorables" (23 %) ou "tout à fait favorables" (8 %). Six pour cent ne se prononcent pas.


Les sondeurs reprennent ensuite la question posée aux participants à la "votation citoyenne" organisée par les opposants au projet gouvernemental dans toute la France à partir de lundi : "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ?" Confrontés à cette question, les sondés y répondent à 75 % par la négative, alors que 25 % répondent "oui". Par ailleurs, 83 % des sondés pensent que "La Poste sera privatisée dans quelques années" si le projet gouvernemental était adopté.


La "votation citoyenne" sur l'avenir de La Poste, consultation sans valeur juridique lancée par les opposants à une transformation en société par actions, a démarré lundi dans toute la France et pourrait se tenir dans 3 500 à 5 000 lieux de vote, selon ses organisateurs. Le scrutin est officiellement ouvert jusqu'au 3 octobre, après avoir été initialement programmé pour le seul 3 octobre.

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Samedi 19 septembre 2009 6 19 09 2009 00:09
Interview de Nicolas Bourgouin (TAC Presse), le réalisateur du reportage "Argent public : prends l'oseille et tire-toi !", diffusé en septembre dans l'émission Spécial Investigation sur Canal+.

Nicolas Bourgouin revient sur son reportage consacré aux subventions publiques offertes aux entreprises sans aucun contrôle.


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Mardi 15 septembre 2009 2 15 09 2009 21:07
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