Tiers-Monde/Third World and NWO

Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /2010 01:17

Internationalnews

Le Grand Soir

 Le capitalisme et les hommes qui le font vivre n’en sont plus depuis longtemps à un paradoxe près. Quand la crise affame – et affamera plus encore demain – une multitude d’hommes, de femmes et d’enfants partout dans le monde l’économie des jeux prospère sans vergogne.

Du pain et des jeux proclamait Jules César pour calmer la plèbe. Il est probable que pour lui le pain comptait avant les jeux du cirque. Deux mille ans après JC, les jeux sont planétaires et la malnutrition – entre autres maux de la misère – frappe un milliard d’êtres humains. L’exutoire des jeux hyper médiatisés et archi mercantilisés est partout utilisé pour détourner l’attention et le désir des peuples. A l’heure de l’endormissement généralisé, la France ne saurait déroger à la règle vulgaire.

Dans le sport tout explose : la pub, le dopage, les paris, les temps d’antenne, les salaires des dieux du stade, etc. L’activité éditoriale aussi qui n’a jamais connu une parution de livres si florissante qu’à l’occasion de l’actuelle coupe du Monde de football.


Historiens, sociologues et philosophes s’en mêlent – et s’emmêlent parfois les concepts – pour parer la trivialité du sport business des atours les plus chatoyants. Et tant pis pour l’affaiblissement – quand il ne s’agit pas de sa disparition pure et simple – de l’analyse critique d’un objet monumental méritant mieux que son commentaire démagogique.

 

 

Il est peut-être temps de se poser les questions essentielles, celles qui à l’évidence gênent aux entournures les observateurs aveuglés par leur passion au point de ne pas même voir les ficelles les plus grossières ou de ne plus chercher ce qui se cache derrière les apparences trompeuses:

 

  • Comment expliquer que l’audience des supporters augmente proportionnellement à la gangrène du sport par l’argent et par les techniques de dopage les plus sophistiquées ?
  • Comment comprendre que les émoluments astronomiques des vedettes de l’exercice physique n’émeuvent pratiquement personne, à commencer par les pauvres, quand progresse partout la misère ?
  • Pourquoi nos sociétés acceptent-elles si facilement que leurs dirigeants engloutissent la fonction politique dans cet océan nauséabond qui malmène dramatiquement les valeurs éthiques prônées à la fin du dix-neuvième siècle par les promoteurs de l’olympisme modernes ?


C’est que tout cela est marqué du sceau de la fatalité. Toutes les scories générées par la méga machine du sport mondialisé seraient le prix à payer pour que la distraction attendue par les foules rassemblées en des lieux clos ou éparpillées devant la myriade des écrans domestiques – de la domestication ! – puisse continuer toujours. Marquons au passage que la distraction est utilisée en effet dans sa double fonction d’amusement et de détournement. Comme on ne peut rien contre les avatars de la mondialisation économique, on ne peut rien non plus contre les dérives des jeux globaux.

 

Du reste les premiers ont produit les secondes pour une bonne part. Dès lors, les violences faites à la moralité de chaque citoyen par les pratiques illégales des clubs de football, le financement par blanchiment d’argent sale comme dans la Formule 1 ou la conduite répréhensible des sportifs eux-mêmes sont aisément excusés par les fans – quand ils ne sont pas fanatiques – sur l’autel de la plus imposante des religions désormais.

 

Oui, on nous enjoint de communier tous avec la même ferveur. Ceci suppose de ne plus se poser les questions qui fâchent. Ainsi, les frasques routières ou nocturnes de Ribéri ne sont que broutilles pour le supporter déconscientisé au regard des dimensions de l’icône fabriquée par les médias avec bien sûr la complicité du public si prompt à l’enthousiasme. Le moindre petit caïd de banlieue est en préventive pour moins que ça !


Il était donc grand temps que la France légalise les paris en ligne sur l’Internet. Ça existe ailleurs, pourquoi pas chez nous ! Si la lutte contre la pauvreté ne va rien y gagner, l’État en retirera des fruits qui, en temps de marée basse des finances publiques, faute de prendre l’argent dans la poche des riches, seront bons à recueillir.

 

Plus de jeux, moins de pain : telle est la devise dissimulée du parieur pris au piège de son addiction. Les parieurs impénitents vont forcément proliférer puisqu’on les en prie en haut lieu. Ils seront légion et méchamment accrochés en 2016 pour miser gros sur la victoire de l’équipe de France disputant chez elle l’Euro de football. M. Sarkozy leur a fait un autre beau cadeau en allant lui-même récemment en Suisse disputer le bout de gras et revenir avec la décision définitive que l’Euro 2016 se tiendra en France. Il donne l’exemple, il mouille le maillot, il se bat pour la France.

 

Combien de supporters se sont étonnés qu’à l’heure des menaces d’implosion de la zone de l’autre Euro, le Président de la République n’ait pas mieux à faire que de s’occuper en personne d’un dossier aussi peu brûlant ? Demain les retraites fondront comme neige au soleil, notamment pour les plus modestes d’entre nous, mais nous aurons de nouveaux et superbes stades dans lesquels batifoleront nos idoles richissimes.


Yann Fiévet

 

Source de l'article: http://www.legrandsoir.info

Illustration: http://www.mirror.co.uk/news/columnists/mark-austin/2010/06/13/the-world-cup-can-t-kick-poverty-115875-22329475/, http://www.wearechangesa.co.za/node?page=5

Articles parents sur IN :

Coupe du monde de football: Panem et Circenses pour le Nord, misère et répression pour l'Afrique du sud

Mondial-2010: les expulsés vivent "dans un camp de concentration"

South africa's poor face up to broken dreams on mandela

URL de cet article:http://www.internationalnews.fr/article-coupe-du-monde-les-jeux-sans-le-pain-par-yann-fievet-52634505.html

 

 

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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /2010 05:50

Internationalnews

 

“Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations. »  Henry Kissinger


Pour contrôler les populations, les tenants du Nouvel Ordre Mondial doivent les maintenir dans la sous-alimentation, la pauvreté et l'ignorance. L'imposition des semences génétiquement modifiées des toutes-puissantes mulltinationales agroalimentaires -au prétexte fallacieux de "l'aide" - constitue l'une de leurs principales armes pour asservir les pays dévastés par les guerres d'agression, les troupes d'occupation, ou des catastrophes "naturelles". Après l'Iraq et l'Afghanistan, c'est au tour d'Haïti d'être victime de ces pratiques criminelles. Le but ultime est le contrôle total de la chaïne alimentaire. Internationalnews

 Mondialisation.ca, Le 16 mai 2010

http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/600x450/0/16/72/01/Dessins-III/Monsanto.jpg

Titre original: Le séisme Monsanto : Un nouveau «tremblement de terre» se déchaîne en Haïti


par Jean-Yves Urfié


Monsanto va «offrir» aux agriculteurs haïtiens 475 tonnes de semences génétiquement modifiées: un cadeau mortifère


Le statut de «population assistée» n’est pas unanimement accepté ! Ainsi, le 10 mai 2010, d’importantes mobilisations se sont produites contre le président haïtien René Préval. A cette date, le sénat approuvait un projet de loi prolongeant pour trois le mandat présidentiel de Préval. De la sorte, son mandat ne prendra fin qu’en mai 2011. Selon Batay Ouvriye (Bataille ouvrière), les manifestants de diverses forces d’oppositions, se sont dirigés vers le Palais présidentiel – à Port-au-Prince – pour exiger le départ de Préval. La police a réprimé les manifestants et les a empêchés d’atteindre le Palais présidentiel. Des mobilisations sur le même thème ont eu lieu à l’intérieur. Selon Batay Ouvriye, non seulement la population est largement délaissée par le gouvernement, mais elle subit une présence renforcée des troupes des Etats-Unis (qui, entre autres, établissent un «cordon sanitaire» contre toute émigration). Elle prolonge la présence répressive de la Minustah (force de l’ONU placée sous le commandement du Brésil). Le 18 mai, fête nationale qui est censée célébrer l’indépendance nationale obtenue au XIXe siècle, sera, selon Batay Ouvriye, une occasion de manifester contre l’occupation d’Haïti et pour «un nouveau pays» répondant aux exigences des masses populaires. Un appel dans ce sens est relayé par les radios locales. (Réd. À l'Encontre)



Le tremblement de terre à Haïti, le 12 janvier 2010, a fait le bonheur de certains affairistes. La multinationale étatsunienne Monsanto est en train d’offrir aux agriculteurs du pays un cadeau mortel, à savoir 475 tonnes de semences [de céréales et légumes, dont 60 sont déjà livrées] génétiquement modifiées (OGM), en plus des engrais et pesticides qui leur sont associés.


 

Tout cela sera distribué gratuitement par le projet WINNER [1], avec le soutien de l’ambassade étasunienne en Haïti. Les Haïtiens savent-ils que c’est Monsanto qui fabriquait le défoliant dit «agent orange» [herbicide dispersé massivement de 1961 à 1971 pour liquider la forêt qui «servait de sanctuaire aux combattants vietnamiens engagés contre l’armée impérialiste des Etats-Unis] que les bombardiers américains ont utilisé pendant la guerre du Vietnam, empoisonnant ainsi les soldats américains autant que les civils vietnamiens ?

 

 


Les Haïtiens savent-ils que dans beaucoup de pays on a déclaré ces semences dangereuses ? Elles viennent souvent en kit accompagnées d’un herbicide de Monsanto du nom de Round Up qui contient du glyphosate. Dans ma Bretagne natale, cette substance a déjà contaminé l’eau potable. Mais Monsanto continue à prétendre que son produit est biodégradable. Ce qui lui a valu un procès intenté par le service de répression des fraudes de Lyon [2].


Aux Etats-Unis, une ancienne employée de Monsanto, Linda Fischer, vient d’être nommée présidente de l’Environmental Protection Agency, qui contrôle toutes les questions liées à l’environnement. C’est un peu comme si l’on chargeait le chat de s’occuper du bien-être des souris…


Monsanto a déjà commencé à distribuer ses semences de maïs OGM dans les régions de Gonaïves, Kenscoff, Pétionville, Cabaret, Arcahaie, Croix-des-Bouquets et Mirebalais. En Haïti, il n’y aura bientôt plus que des semences Monsanto. Ce sera alors la fin de l’indépendance des agriculteurs. Monsanto a investi récemment 550 millions de dollars au Brésil pour fabriquer son herbicide Round Up dans l’Etat de Bahia. Mais il semble que le pays soit en train de résister à la multinationale.

 

http://blogsimages.skynet.be/images_v2/002/617/294/20080102/dyn009_original_1063_1535_pjpeg_2617294_0df133c077a1a91301098c4589c37144.jpg


Monsanto fait toute une publicité autour de ce don de semences qui serait un cadeau généreux. Mais les agriculteurs haïtiens qui voudront disposer de droit de resemer pour leurs récoltes futures devront payer des royalties à Monsanto.


Le représentant de Monsanto en Haïti est Jean-Robert Estimé. Il fut ministre des Affaires étrangères sous la longue dictature de la famille Duvalier. Une alliance prometteuse !

 

 
Traduction A l’Encontre

Notes

[1] Le projet WINNER a été lancé le 8 octobre 2009 – avant le tremblement de terre, mais après les tempêtes tropicales – par l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Ce projet qui vise, entre autres «l'intensification agricole». Il est financé par l'USAID à plus de 126 millions de dollars. Une délégation de Monsanto a visité Haïti le 6 mai 2010. Un débat existe sur le caractère des semences (maïs hybride) et des pesticides et le ministère haïtien affirme qu’il ne s’agit pas de semences Round UP Ready. (Réd.)

[2] La cour d’appel de Lyon a confirmé en octobre 2008 la condamnation en première instance de la firme d’agrochimie Monsanto pour publicité mensongère à propos de son désherbant, le Round Up. (Réd.)


Le père Jean-Yves Urfié est un ancien professeur de chimie au Collège Saint Martial de Port-au-Prince.


http://www.mondialisation.ca


 

Illustration: accel6.mettre-put-idata

Les emphases sont d'IN


Url de cer article: http://www.internationalnews.fr/article-colonisation-de-la-planete-par-monsanto-apres-l-iraq-et-l-afghanistan-haiti-50619856.html


Tous les articles publiés sur Haïti sur IN: Dossier Haïti

 http://www.rnw.nl/data/files/imagecache/must_carry/images/lead/2184531708_da2f77e1e2_o.jpg



 


 


Journée Internationale des Semences dédiée aux Irakiens et aux Afghans

 

 

 


 

 



Dossier sur les semences:

http://www.publicdomainpictures.net/pictures/1000/nahled/seeds.jpg


 Articles/videos : OGM/GMO  









 

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /2010 00:58

Internationalnews

Monde Diplomatique 

10 mai 2010


http://chattahbox.com/images/2009/06/child_gold_mine_slave.jpg

Photo: http://chattahbox.com/


Titre original: Travail des enfants, les leçons des pays émergents


De nouvelles statistiques du Bureau international du Travail (BIT) (1) viennent de rappeler que la main-d’œuvre enfantine constitue un volant persistant de la population active mondiale. Depuis la fin des années 1990, le nombre d’enfants de moins de 14 ans « économiquement actifs » oscille entre 176 et 211 millions, auxquels s’ajoutent une centaine de millions d’enfants de 15 à 17 ans.


En dépit d’une diminution progressive, le maintien d’une main-d’œuvre enfantine à cette échelle s’explique par les limites rencontrées par les politiques de scolarisation et surtout par la permanence de la pauvreté (2,7 milliards d’humains survivent avec moins de deux dollars par jour, et un milliard souffrent de la faim).


Les enfants contribuent à la subsistance de leurs familles, en travaillant aux champs ou en se déployant dans les petits métiers du secteur informel (vendeurs de rue, trieurs de déchets...), leur contribution pouvant atteindre 20 % ou 25 % du revenu familial. Dans les sociétés du Sud, dépourvues de protection sociale, leurs revenus viennent aussi partiellement amortir l’insécurité des familles : la perte d’activité ou le départ du chef de famille, une mauvaise récolte, un désastre naturel, l’arrivée d’une maladie ou tout autre aléa de la vie suffisent à mettre les enfants au travail.


A ce titre, la crise économique risque d’accroître encore le nombre d’enfants actifs, en aggravant la précarité du travail des adultes. Le BIT estime en effet qu’entre 2008 et 2009, 41 à 109 millions d’actifs sont allés rejoindre les rangs des travailleurs vulnérables, dont le nombre avoisine désormais 1,5 milliard de personnes, soit la moitié de la main-d’œuvre mondiale (2).


Déjà en 1998, la crise asiatique avait entraîné une hausse de l’abandon scolaire et du nombre d’enfants actifs aux Philippines, en Thaïlande et en Indonésie, et aujourd’hui, les mêmes effets pourraient se reproduire. « Depuis la faillite de Dubaï, observe par exemple Kailash Satyarthi, qui anime à New Delhi la Coalition d’Asie du Sud contre la servitude des enfants (SACCS), l’Inde et le Pakistan voient revenir des milliers de travailleurs émigrés qui faisaient vivre leurs familles depuis l’émirat. Sans travail, ils devront sûrement solliciter leurs enfants pour contribuer à la survie ».


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S’il augmente en temps de crise, le travail des enfants régresse-t-il avec le retour de la prospérité, comme on pourrait le penser ? Pas si simple : les fruits de la croissance restant inégalement distribués. Nulle part l’essor économique des années 2000 n’a pu venir à bout des poches de pauvreté profonde, véritables réservoirs d’enfants travailleurs. Il suffit d’observer les pays où l’économie n’a jamais été aussi prospère, comme en Asie, où plus de 96 millions d’enfants de moins de 14 ans travaillent encore.


En réalité, ce phénomène n’est pas tant lié au degré de développement économique qu’au niveau de revenu et de protection sociale de ses habitants : il est même un indicateur assez pertinent du degré de fragilité des individus dans des économies qui se portent bien. Les groupes sociaux contraints de faire travailler leurs enfants sont en effet les exclus permanents de la prospérité, qui cumulent pauvreté, endettement, illettrisme, et absence de protection sociale. C’est-à-dire des centaines de millions d’urbains sans travail, de paysans sans terres échoués dans les bidonvilles, de travailleurs pauvres, de migrants intérieurs aux enfants déscolarisés, de familles monoparentales et de membres de minorités ethniques ou de basses castes.


La vulnérabilité de ces populations ouvre la voie à toutes formes d’exploitation, dont certaines sont extrêmes (servitude des enfants pour dette, trafics). En Inde, par exemple, les planteurs de coton de la prospère région du Gujarat envoient des intermédiaires recruter des enfants dans les zones tribales pauvres du Rajasthan voisin. Au Nicaragua et au Honduras, ce sont aussi les enfants des minorités indigènes qui sont exploités dans les mines, rappelle le BIT, tandis qu’au Brésil, les routes du trafic de main-d’œuvre enfantine passent par la région pauvre du Nordeste.


http://riseupindia.files.wordpress.com/2008/07/child_labour12.jpg

Photo: riseupindia.files.wordpress.com


En fait, le travail des enfants se maintient surtout parce qu’il se montre utile dans un modèle économique fondé sur la compression des coûts du travail. Le très faible niveau de salaire des enfants – environ la moitié de celui des adultes, et toujours inférieur aux minima légaux – encourage les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre à les utiliser dans les fabrications manuelles peu qualifiées (artisanat, briqueteries, chantiers...).


L’emploi de cette main-d’œuvre flexible, docile et de faible coût, reflète d’ailleurs de manière significative le profil des économies nationales. Au XIXe siècle en Europe, il a accompagné la révolution industrielle dans le secteur minier et textile. C’est encore vrai aujourd’hui : dans les pays exportateurs, la main-d’œuvre enfantine est chroniquement présente dans la production de matières premières vitales, comme les cultures de rente (cacao, tabac, coton, café...) en Afrique, Amérique latine et Asie, ainsi que dans l’extraction de pierres et de minerais. Selon le BIT, plus d’un million d’enfants de 5 à 17 ans (fillettes comprises) travaillent dans des mines d’or, de sel, de charbon, de gypse ou de diamants.


Dans l’Asie émergente, ce type de travail épouse les récentes évolutions économiques, en opérant un glissement partiel de l’agriculture vers l’industrie, ainsi que de l’industrie vers le tertiaire. Les secteurs miniers et manufacturiers (textile, petite mécanique, verreries, briqueteries...) utilisent ainsi une part avérée d’ouvriers de moins de 14 ans, souvent venus des campagnes pauvres, en Inde et au Bangladesh, et de moins de 16 ans au Cambodge ou en Chine ; même le fabricant d’ordinateurs Apple a reconnu, en février 2010, la présence de quelques ouvriers de 15 ans dans ses unités d’assemblage asiatiques.


 

Le petit domestique,
un signe affiché d’accès à la prospérité

http://beta.thehindu.com/multimedia/archive/00003/CHILD_LABOUR2_JPG_3732a.jpg
Inde - Photo: http://beta.thehindu.com

La migration vers le tertiaire, elle, s’observe notamment dans les sociétés dotées d’une forte tradition de domesticité (Brésil, Costa Rica, Indonésie, Sri Lanka, Philippines, Thaïlande, Inde...). Le recrutement d’enfants domestiques a en effet été dopé par l’expansion des classes moyennes et leur demande accrue en services. En Inde, par exemple, engager un petit domestique est un status symbol, un signe affiché d’accès à la prospérité. E


n mars 2010, le ministre indien du travail, Mallikarjun Kharge, a d’ailleurs indiqué, sur la base de chiffres partiels, que le pays comptait désormais moins d’enfants actifs dans les ateliers de tapis que dans les cuisines, récurant les casseroles des nouveaux consommateurs indiens. Chez les particuliers comme dans la restauration. Le développement des zones industrielles et commerciales urbaines a entraîné la multiplication des snacks-bars de bord de rue (dhabas) qui assurent la restauration rapide des employés. Et la plupart de ces dhabas emploient des enfants, pour certains très jeunes, qui préparent le thé et lavent la vaisselle.


Loin de disparaître avec la prospérité, l’emploi d’enfants se redéploie en périphérie des nouveaux secteurs de croissance. Dopé par leur activité, il les accompagne en amont (production de matières premières) et en aval (services aux particuliers, réparation automobile, tri des déchets industriels (3), tout en restant présent dans les tâches de sous-traitance (broderie à domicile, assemblage de petites pièces artisanales et industrielles...).


 

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Pakistan: Poor children collect reusable items from the garbage. Photo by Sultan Dogar


Il ne s’agit donc pas d’un phénomène archaïque, isolé du reste du marché du travail : avec 60 % des enfants actifs présents dans l’agriculture, 25,6 % dans les services et 7 % dans l’industrie, il constitue bien un rouage de l’économie et contribue à la richesse des pays concernés, même si c’est de manière marginale et si aucun indicateur n’est actuellement susceptible de le mesurer.


Ce qui revient aussi à dire qu’en dépit des chartes éthiques et autres engagements des fabricants et des distributeurs, le consommateur mondial achète tous les jours des produits où des mains d’enfants sont intervenues à un stade ou un autre de la fabrication (cacao, thé, sucre, fruits, tabac, coton…).

Les leçons de l’expérience brésilienne

Si, jusqu’alors, la pléthore de lois prohibant le travail des enfants n’a pas réussi à le faire disparaître, c’est qu’il ne suffit pas de l’interdire : encore faut-il briser les mécanismes qui le sous-tendent. Et dans ce domaine, les leçons venues des pays émergents se révèlent instructives.


Dans ces pays (Brésil, Inde, Mexique, Chine...), ni la croissance élevée ni le recul relatif de la pauvreté n’ont mécaniquement fait décroître le travail des enfants. Seul un élément a fait la différence : la mise en place de politiques ciblant la vulnérabilité des plus pauvres.


nike_child_labor_big.jpg Nike child labor image by q_this_p

Petit travailleur de Nike... http://media.photobucket.com/image/child%20labor%20sweatshops/q_this_p/sweat%20shops/nike_child_labor_big.jpg


Le gouvernement brésilien a lancé en 2003 des bourses aux familles démunies, les Bolsa Familia, qui bénéficient aujourd’hui à 46 millions de Brésiliens pauvres (près d’un quart de la population). De 2003 à 2006, le nombre d’habitants vivant avec moins d’un dollar par jour a baissé d’environ 20 %, et l’indice des inégalités de revenus a diminué de 4,7 % entre 1995 et 2004, selon le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) (4). En parallèle, le Brésil, qui avait déjà lancé au milieu des années 1990 des programmes ciblés de retrait des enfants du travail et rehaussé l’âge minimal au travail à 16 ans, a fortement investi dans l’éducation de base, permettant aux inscriptions dans le secondaire d’augmenter de 10 % par an depuis 1995 – un niveau inégalé ailleurs (5). Au final, le nombre de petits travailleurs de 5 à 17 ans est passé de 8,2 millions à 5 millions entre 1992 et 2004, selon le BIT.


Au Mexique, un programme comparable, Oportunidades, bénéficie à 25 millions de personnes à faible revenu (un quart de la population) qui, en contrepartie d’allocations, doivent garantir la scolarisation et le suivi sanitaire de leurs enfants. Comme au Brésil, Oportunidades a contribué à réduire de 5 % les inégalités sociales et à faire reculer le travail infantile. En réalité, ces programmes ne sont que les habits neufs d’un système qui, au siècle dernier, avait signé la fin du travail infantile en Europe : des allocations liées à l’assiduité scolaire et qui améliorent les très bas revenus, rendant inutile l’apport financier de leurs enfants.

Dans la région, des expériences similaires ont été lancées au Chili (Chile Solidario), au Nicaragua (Red de Protección Social) ou en Colombie (Familias en acción), avec là encore, selon la Banque Mondiale, une hausse de la fréquentation scolaire de plus de 30 %.


De son côté, l’Inde a mis sur pied en 2006 un programme de lutte contre la pauvreté rurale. Le National Rural Employment Guarantee Act (NREGA) garantit aux familles démunies une activité rémunérée allant jusqu’à 100 jours par an dans des travaux d’intérêt public et un salaire minimum. En dépit d’une mise en route inégale, ce programme a, en quatre ans, amélioré les revenus de 52 millions de familles rurales, selon le ministère indien du développement rural. Son impact sur le travail des enfants et leur scolarisation n’est toutefois pas encore mesurable, car à la différence du Brésil, ce supplément de revenu n’est pas conditionné à l’assiduité scolaire. Par ailleurs, l’Inde n’a pas montré le même investissement que le Brésil envers le réseau d’écoles publiques.


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Bengladesh http://shiblysadik.wordpress.com/


Mais le NREGA affiche des effets prometteurs : il a touché plus de femmes que prévu (elles sont 48 % des bénéficiaires, notamment des mères seules) et il bénéficie aux basses castes (scheduled castes, 30 %) et aux populations tribales (scheduled tribes, 20 %), catégories fournissant de forts effectifs d’enfants travailleurs. Ce programme semble également avoir limité l’exode saisonnier des sans-terre, qui abonde les flux de main d’œuvre enfantine exploitable. New Delhi a aussi créé diverses assurances pour faire face à la vieillesse (Indira Gandhi National Old Age Pension Scheme), au handicap et au décès du chef de famille (Sanjay Gandhi Niradhar Yojna, Aam Admi Beema Yojna, National Family Benefit Scheme...). La mise en œuvre de ces allocations, très variable selon les régions, témoigne de la volonté de l’Etat de prendre en compte une vulnérabilité qui fait jouer aux enfants le rôle d’assurance sociale.


De son coté, l’Afrique du Sud réfléchit à un programme analogue, tandis que la Chine a l’intention d’améliorer le revenu des familles rurales et de compléter le système de sécurité sociale et de retraite.

Changement de perspectives
pour les pays du Sud

Bien sûr, ces suppléments de revenus ne changent pas radicalement la vie des plus pauvres et encore moins les structures sociales des pays concernés. Mais ils jettent indéniablement les bases d’un système de protection sociale. Ils montrent aussi que dans les pays émergents, l’enrichissement visible de la classe moyenne n’est socialement – et politiquement – pas tenable si rien n’est fait en faveur de ceux qui regardent passer le train de la prospérité sans pouvoir y monter. L’expérience du Brésil montre qu’un pays du Sud peut développer avec pertinence ses propres stratégies ; ce dernier a d’ailleurs lancé une coopération Sud-Sud pour le travail des enfants, en partenariat avec le BIT. Dans les instances internationales, cette expérience a fait évoluer le regard porté sur les services publics, en rappelant les bénéfices de bons équipements éducatifs. Au final, son mérite est d’avoir mis en évidence la nocivité du laissez-faire économique et d’avoir réhabilité le rôle de l’Etat social.


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Brésil Photo: http://www.pbs.org/


Pour autant, tout n’est pas réglé, ni au Brésil ni dans les très inégalitaires sociétés d’Amérique latine et d’Asie, qui continuent d’abriter des millions d’enfants actifs. Et l’on objectera, avec raison, que si les pays émergents ont les moyens de prendre des mesures en faveur de plusieurs dizaines de millions d’habitants, tel n’est pas le cas des pays moins avancés, comme ceux d’Afrique subsaharienne – seule région au monde où la main-d’œuvre enfantine continue d’augmenter (58,2 millions de moins de 14 ans en 2008, contre 49,3 millions en 2004, selon le BIT) ; plus d’un d’enfant sur quatre (28,4 %) travaille. Des micro-expériences de revenu minimum menées en Namibie et au Malawi ont montré, elles aussi, une amélioration des taux de scolarité. Les pays pauvres, qui dépendent de l’aide au développement et des transferts de fonds des migrants, ne disposent pas des budgets nécessaires pour lancer de telles politiques à grande échelle.


Mais tel n’est pas le cas de leurs bailleurs de fonds. Et ces institutions internationales, qui leur ont si longtemps imposé une amputation des dépenses sociales, avec de lourdes conséquences sur le niveau de pauvreté et le délabrement de l’école publique, seraient aujourd’hui bien inspirées de se raviser et d’aider massivement ces pays à emprunter la voie brésilienne. Ce n’est qu’à ce prix que la fin du travail des enfants cessera d’être une utopie hors de portée des pays du Sud, pour devenir, à terme, un objectif raisonnablement envisageable.


Bénédicte Manier

(1) Accélérer l’action contre le travail des enfants, BIT, Genève, 8 mai 2010.

(2) « Hausse de l’emploi vulnérable et de la pauvreté en 2009. Interview avec le chef de l’unité des tendances de l’emploi du BIT », BIT, Genève, 26 janvier 2010.

(3) L’essor des nouvelles technologies et de l’automobile en Asie a élargi les activités des petits travailleurs des décharges : en plus des métaux et des chiffons, il trient désormais les déchets informatiques et les pièces de voitures.

(4) Source : « Evaluating the impact of Brazil’s Bolsa familia : cash transfer programmes in comparative perspectives » (PDF), IPC - UNDP, Brasilia, 2007.

(5) « La fin du travail des enfants : un objectif à notre portée » (PDF), BIT, Genève, 2006.


Source: http://www.monde-diplomatique.fr


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Stolen Childhoods: The Haunting Faces of Human Trafficking: http://chattahbox.com/us/2009/06/17/stolen-childhoods-the-haunting-faces-of-human-trafficking/

Child Smuggling – Selling Children for a Buck

Url de cet article:http://www.internationalnews.fr/article-la-main-d-oeuvre-enfantine-volant-persistant-de-la-population-active-mondiale-selon-la-derniere-etude-du-bit-50245227.html

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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /2010 13:37

Internationalnews



Documentaire de Yann Le Gléau et Sébastien Mesquida – ARTE GEIE / What’s Up Productions – France 2010

C’est une anomalie dans le paysage, presqu’une hallucination au cœur d’un archipel paradisiaque. A quelques kilomètres de Malé, la capitale des Maldives, une seule île avale les déchets de centaines de milliers d’habitants mais aussi de touristes. Aujourd’hui, elle déborde et les ordures qui se déversent chaque jour dans l’océan indien menacent l’environnement.


Pourtant, il y a encore une trentaine d’années, Thilafushi était un lagon comme les autres, baigné par les eaux turquoises.
Mais en 1992, le gouvernement décide de le sacrifier : la démographie croissante de l’île principale conjuguée au développement de l’industrie touristique ne permet plus de traiter les déchets sur une terre habitée.

L’île poubelle est née. Camions et bulldozers débarquent, ils comblent le lagon… avec des ordures. Sept kilomètres de long pour deux cents mètres de large, Thilafushi continue de gagner du terrain sur l’océan, à raison de près d'un mètre carré par jour.

Habitée par près d’un tiers des habitants de l’archipel, soit plus de 100 000 habitants, Malé fournit une bonne partie des déchets.

Mais avec près de 600 000 visiteurs étrangers par an, le tourisme est évidemment pointé du doigt. Le secteur importe presque tout pour assurer l’accueil et rénover les prestigieux hôtels de l’archipel. Résultat, chaque touriste génère 3,5 kg de déchets par jour...

Téléphones portables, piles usagées et autres déchets électroniques se trouvent ainsi mêlés aux bouteilles plastiques, cartons, déchets métalliques et toxiques, sans aucun système de traitement spécifique. Des éléments toxiques, tels le plomb, le cadmium, le mercure ou encore l'amiante, contaminent la faune et la flore de l'océan.

Pour gérer le site, l’Etat a fait appel aux travailleurs étrangers. Des dizaines de Bangladais errent ainsi comme des fantômes dans les fumées toxiques de Thilafushi. Une partie d’entre eux fouille dans les déchets brûlants à la recherche de métal qu’ils revendront pour quelques centimes d’euros.

Le ministère de l’environnement des Maldives tente de trouver une alternative. De grands incinérateurs pourraient être installés sur l’île mais aucune date précise n’a été arrêtée et l’archipel fait face à un problème plus inquiétant encore : celui de la montée des océans.

Ironie de l’histoire : en cas d’inondation, l’île poubelle resterait l’une des dernières terres émergées des Maldives, seul témoin d’un paradis condamné par les océans.(http://www.arte.tv/fr)
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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /2010 03:01

Internationalnews


http://jpboris.files.wordpress.com/2010/03/couv-main-basse-sur-le-riz-def.jpg


film documentaire de Jean Crépu (réalisateur et coauteur) et Jean-Pierre Boris (coauteur), diffusé sur ARTE le 13 avril 2010. FiPA d'or 2010 du Grand Reportage.


Ce documentaire d’investigation nous fait pénétrer dans la très discrète filière mondiale du riz. Et permet de mieux comprendre la complexité d’un marché dont les enjeux sont considérables pour la sécurité alimentaire mondiale de demain.


REPÈRES


Production mondiale de riz : 700 millions de tonnes
Exportations/Importations : 30 millions de tonnes
Premier exportateur mondial : la Thaïlande avec 10 millions de tonnes, soit le tiers du total
Première zone d’importation : l’Afrique avec 10 millions de tonnes
Principaux pays importateurs : les Philippines, le Nigéria et le Sénégal

DVD Main basse sur le riz en vente sur arte-boutique.fr

 


Aucune activité économique ne nourrit autant de personnes et ne se révèle aussi cruciale pour l’équilibre social de nombreux pays que la culture du riz. Le riz nourrit près de la moitié de la population de la planète, il conditionne la sécurité alimentaire mondiale. Cette céréale, qui occupe 15 % des surfaces cultivables de la planète, a le pouvoir de garantir la stabilité politique ou de renverser des gouvernements.

Au printemps 2008, le prix du riz est multiplié par six en quelques mois. Du jamais vu. Ce sont les plus pauvres qui souffrent de cette explosion des prix. Des manifestations éclatent dans une quarantaine de pays. On parle d’émeutes de la faim. « Pénurie » et « famine » sont martelés à l’infini par les radios et les télévisions du monde entier. Ces mots créent une véritable psychose. Tout le monde craint que l’approvisionnement en riz ne soit plus garanti.

En écho à la flambée des prix de 2008, ce documentaire aborde l’enjeu alimentaire mondial en enquêtant auprès des grands acteurs de la filière mondiale du riz. En reconstituant le puzzle du marché international – entre la Thaïlande premier exportateur de riz, Genève d’où opère le négoce et l’Afrique devenue le plus grand pôle d’importation de riz pour nourrir sa population – le film décrypte les rouages de ce marché et met en lumière ses dérives et ceux qui font main basse sur le riz – spéculateurs irresponsables et États corrompus. Enfin, il s’interroge sur l’efficacité des tentatives de politiques d’autosuffisance et l’accaparement des terres agricoles (dit « landgrabbing ») par les pays riches.

Alors, que s’est-il réellement passé au printemps 2008 ? Qui a provoqué cette panique ? Qui en a bénéficié ? Quelles leçons ont été tirées et quelles décisions ont été prises ? Ce documentaire d’investigation nous fait pénétrer dans la très discrète filière mondiale du riz. Et permet de mieux comprendre la complexité d’un marché dont les enjeux sont considérables pour la sécurité alimentaire mondiale de demain.(http://www.arte.tv/)



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Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-main-basse-sur-le-riz-49786640.html

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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /2010 22:15
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Cela fait maintenant deux ans que les habitants du bidonville de Symphony Way, dans la banlieue du Cap, ont été expulsés de leur logement et parqués de force dans des baraquements en tôle ondulé. Le motif : le gouvernement ne veut pas que les touristes attendus pour la prochaine Coupe du monde voient des habitations de fortune à proximité du stade flambant neuf de Green Point.


Ces logements "temporaires", regroupés dans un camp connu sous le nom de "Blikkiesdorp", sont si insalubres que les autorités elles-mêmes n’osent pas les appeler des maisons. Ce sont des "structures".


Les règles dans le camp son strictes : interdiction de cuisiner à l’extérieur, de sortir du camp sans permission, couvre-feu à 22 heures. Interdiction aussi de bricoler quoi que ce soit pour améliorer les logements. Le camp rappelle étrangement le décor et les conditions de vie du film "District 9", qui se déroule en Afrique du Sud… A ceci près que ses occupants étaient des extraterrestres, et non des hommes.


Le gouvernement affirme que les résidents de Symphony Way ont été déplacés parce que leur logement étaient trop précaires, mais selon l’un de nos Observateurs, les conditions à Blikkiestorp sont, par certains aspects, bien pires que la vie dans les bidonvilles.

"C'est comme les 'dépotoirs de l'apartheid'. Les déplacés l'appellent le 'camp de concentration'"

Gareth Kingdon est un photographe anglais originaire de Cardiff (Pays de Galles). Il travaille sur les sujets liés aux expulsions sociales. Il a passé deux semaines dans le camp de Blikkiesdorp. Toutes les photos sont de lui, sauf indication contraire.


Environ 15 000 personnes vivent à Blikkiesdorp. Elles sont identifiées par des numéros et non par leur patronyme. L'individualité n'existe pas dans ces camps : les autorités détruisent systématiquement les ajouts ou changements que les habitants pourraient apporter à leur structure.

Les autorités ont refusé d'attribuer un code postal au camp – or un code postal est obligatoire pour obtenir un emploi en Afrique du Sud. Plus de 80 % des habitants du camp sont au chômage. Les autres font du stop chaque jour pour se rendre sur leur lieu de travail – souvent des marchés de rue près de leur ancien bidonville.


Il n'y a ni école ni clinique dans le camp. Entre cinq et sept personnes en moyenne habitent dans une baraque de 27m². Les sanitaires sont partagés : environ un pour quatre familles [dans certains blocs, il y a trois sanitaires pour 112 structures, ndlr].


Les conditions insalubres sont à l'origine de graves problèmes sanitaires : on respire la poussière du sol en terre à chaque inspiration, et les crises d'asthme sont monnaie courante. Le sida et la tuberculose se répandent. Les malaises liés à la chaleur sont le problème le plus fréquent. Durant l'été, les parois des structures sont si brûlantes qu'on ne peut pas les toucher à main nue. Il y a un seul infirmier dans tout le camp, et la pharmacie la plus proche est à 3 km de marche.


Le manque de nourriture est chronique, et les habitants ne disposent que d'un petit réchaud à gaz dans un coin de leur structure. Il est interdit de faire la cuisine à l’extérieur. La plupart des gens dépendent de l'aide alimentaire. Du pain est distribué gratuitement chaque jour, et le mercredi, des milliers de personnes font la queue pendant des heures pour un repas complet.


Cela rappelle les quartiers pauvres qu’on appelait les 'dépotoirs de l’apartheid'. Les occupants de Blikkiesdorp l'appellent 'camp de concentration'. Il n'y a aucune infrastructure moderne, et les équipements dégradés ne sont jamais réparés. Si jamais une personne est surprise hors de sa structure après 22 heures, elle est interrogée puis battue par la police.



Les résidents subissent ces conditions indignes à 20 km à peine du stade le plus cher du continent africain [444 millions d'euros]. Les enfants parlent toujours de 'l'après-Coupe du monde', mais je pense qu’ils seront encore ici dans 10, 20 ou 30 ans. Il y a 400 000 personnes en attente de logements sociaux dans la province du Cap Ouest, mais leur dossier sont en attente parce que tout l’argent de l'Etat est consacré à l'organisation de la Coupe du Monde.


A première vue, Blikkiesdorp peut sembler plus propre, plus ordonné qu'un bidonville. Mais quand on y vit et que l'on y subit l'oppression, l'anonymat forcé et la privation de liberté, on se dit qu'on préfère encore pouvoir faire sa propre cuisine à l'extérieur, sortir le soir, avoir un code postal, vivre quoi...


Les structures sont vraiment peu solides. Ici, cet homme me montrait qu'on peut découper la tôle avec de simples ciseaux d’enfant.


Image postée sur Abahlali baseMjondolo, 6 mai 2009.

La police patrouille nuit et jour en véhicules anti-émeutes.


Image postée sur Anti Eviction Campaign - Cap Ouest, 18 janvier 2009.

Certains habitants parviennent tout de même à rendre leur structure un tant soit peu accueillante.

 

Contributeurs

Portrait de garethkingdon

garethkingdon


Source de l'article::http://observers.france24.com

 

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-les-expulses-du-mondial-2010-m-ont-dit-qu-ils-vivaient-dans-un-camp-de-concentration-48859166.html

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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 15:50
  Les femmes Iraniennes seront-elles "libérées" à leur tour par un envahisseur???
Voyez ici les résultats
Soon Iranian's women turn ???


Deterioration of iraqi women's rights and living conditions

Deterioration of iraqi women's rights and living conditions

8 mars 2008: les femmes toujours sous-payées

Rethink Afghanistan (Trailer, Excerpts and comments) (See excerpt 2)

Afghanistan, colonie us: loi liberticide pour les femmes

Afghanistan, colonie us: loi liberticide pour les femmes

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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 01:46
Mondialisation.ca
Le 22 février 2010


http://filipspagnoli.files.wordpress.com/2008/07/poverty_haiti.jpg

Entretien réalisé par Ramine Abadie


L’intervention massive des États-Unis en Haïti a-t-elle une signification simplement humanitaire ou plutôt politique et géostratégique  ?


Jean Ziegler. L’aide humanitaire massive des États-Unis est évidemment la bienvenue dans une situation aussi apocalyptique. Mais, en même temps, les impératifs géostratégiques américains jouent leur rôle  : Haïti est à 160 km des côtes orientales de Cuba. S’implanter durablement en Haïti permet aux États-Unis de renforcer leur surveillance. Leur politique de blocus et de sabotage contre Cuba continue sous Obama.

 

La situation désastreuse en Haïti a lancé le débat sur une « mise sous tutelle » internationale de certains États. Que pensez-vous d’une telle approche  ?


Jean Ziegler. Les mêmes États-Unis ont fortement poussé le FMI à imposer à Haïti les trois derniers plans d’ajustement structurel qui se sont révélés meurtriers pour le peuple haïtien. Ces programmes successifs ont réduit les droits de douane d’Haïti de 50 % à 3 %, en privant l’État d’une des rares ressources à sa disposition. Au début des années 1980, le pays était autosuffisant en riz. Aujourd’hui, il importe 75 % de ses besoins. Le riz subventionné en provenance de l’étranger a inondé le pays, ruinant des dizaines de milliers de familles paysannes, les chassant de leurs terres vers les bidonvilles. En un peu plus de deux générations, Port-au-Prince, par exemple, est passé de 50 000 à plus de 2 millions d’habitants. Mais en 2007, brusquement, les prix ont flambé  : 65 % d’augmentation pour le riz, 83 % pour la farine. Ce sont les spéculateurs des Bourses de matières premières agricoles qui fixent les prix. Les Haïtiens paient ou meurent. De plus, la privatisation de pratiquement tous les secteurs publics et la presque totale libéralisation des mouvements de capitaux, de marchandises et de services ont aussi ouvert grand la porte aux sociétés transnationales privées américaines.

 

Haïti était ainsi déjà en état de catastrophe « non naturelle »  ?


Jean Ziegler. Il faut avoir l’histoire en tête. Jusqu’en 1883, la France s’est fait rembourser une dette énorme négociée contre le « préjudice » causé par… la libération des esclaves (lire page 10). L’extorsion pratiquée explique — en grande partie — l’abyssale misère actuelle du peuple haïtien. À la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme à Durban, en 2001, le président haïtien, Jean-Bertrand Aristide, demanda à la France le remboursement de cette somme. La délégation française refusa toute entrée en matière. En 2004, Aristide fut renversé par un coup d’État… Je signale aussi que les banques suisses détiennent toujours une part du butin que Jean-Claude Duvalier, résidant en France, a volé au Trésor haïtien.

 

Après une première rencontre à Montréal, les pays donateurs se retrouveront à l’ONU en mars. Comment faire pour réellement améliorer le sort du peuple haïtien  ?


Jean Ziegler. Concrètement, il faudrait abolir l’accord de partenariat économique (APE) imposé en 2008 par l’Union européenne à Haïti, qui instaure la libéralisation totale des mouvements de capitaux, de marchandises, de services et des brevets en privant Haïti de ses recettes douanières. Il faudrait aussi annuler la dette extérieure d’Haïti. La majorité des 9 millions d’Haïtiens survivent de l’agriculture sur une terre de 28 000 km2, aride, frappée de surexploitation, de déforestation et d’érosion. C’est dans ce secteur que les investissements prioritaires devraient être faits. Le pays a aussi besoin d’une législation du travail et d’un salaire minimum applicable, notamment, dans les zones de production extraterritoriales, où des travailleuses et des travailleurs, sans aucune protection sociale et pour un salaire de misère, cousent des blue-jeans pour les trusts étrangers. Haïti devrait aussi rejoindre l’Alba (Alliance bolivarienne pour les Amériques) au sein de laquelle des pays comme le Venezuela, Cuba et le Nicaragua établissent entre eux des rapports commerciaux équitables. Reste que sans une formidable mobilisation de l’opinion publique et de la société civile internationale, ce seront encore les intérêts immédiats du capital financier globalisé qui détermineront la stratégie de reconstruction d’Haïti.

 

Source de la photo: filipspagnoli.files.wordpress.com
L'Humanité - 2010-02-04

http://mondialisation.ca

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-haiti-les-plans-du-fmi-ont-ete-meurtriers-par-jean-ziegler-45851339.html
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 04:41
“Haiti: Killing the Dream”: Excerpt of Documentary on Centuries of Western Subversion of Haitian Sovereignty Doc-haiti

To put the history of Haiti in context, we turn to the 1992 documentary Haiti: Killing the Dream produced by Hart and Dana Perry of Crowing Rooster Productions and narrated by Ossie Davis. In this excerpt, the film looks at the nearly twenty-year occupation of Haiti by US Marines beginning in 1915. [includes rushtranscript]  http://www.democracynow.org



http://www.internationalnews.fr/article-haiti-killing-the-dream-excerpt--45687309.html
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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 19:47
CounterPunch

The United Nations reported there are 1.2 million people living in “spontaneous settlements” or homeless camps around Port au Prince.  Three people living in the camps spoke with this author this week, before the hard rains hit.


http://multimedia.heraldinteractive.com/images/20100125/56359e_tents.jpg

Source: multimedia.heraldinteractive.co


Jean Dora, 71


My name is Jean Dora.  I was born in 1939.  I live in a plaza in front of St. Pierre’s church in Petionville [outside of Port au Prince].  I am here with twelve members of my family.  We all lost our home.

We have a sheet of green plastic to shade us from the sun.  We put up some bed sheets around our space.  

I have many small grandchildren living here with me.  My son and daughters live with here too.

My daughter will soon have a child.  She will go to the Red Cross tent when it is time for the baby to come.

I worked for the Chinese Embassy for 36 years.  I cleaned their offices.  I retired in 2007.   Until the earthquake I lived in an apartment with my family.  The building was destroyed.

At night we put a piece of carpet down on the ground.  Then we lay covers down and try to sleep.  When it rains, the water comes in.

We bring bottles to fill up with water.  But we have very little food. 

There is no toilet in the park.  We must go behind the church.

My son used to work to support us.  He is a good chef.  He worked at a restaurant by the Hotel Montana.  The restaurant was destroyed.  He lost his job.  There is no work.

During all my days, I have never seen anything like this.   I am not in a good position to say what will happen next.  I think things are not going to change.  I hope things will get better.  But I don’t think so.

My son has no job and he cannot help our family.  If my son is working, we can all stand up.  If he is not working, we are down.

The future is not clear.  It looks dark for us.


Nadege Dora, 28

My name is Nadege Dora.  I am 28.  I have three boys and one girl.  I am supposed to deliver my baby this month.

I now live in the plaza in Petionville with the rest of my family.  Our house was destroyed.   I used to sell bread on the street to make a little money. The father of the children does not help us.  It is as if we are not alive to him.

We are just trying to survive.  No one in our family is working.  There is no work.

If you get a ticket you can go get a bag of rice.  But I am a pregnant woman.  I cannot fight the crowds for a ticket.  I tried.  But people were squashing me and I was afraid I would get knocked down and crushed. 

My niece helped a woman bring rice back from Delmas [another neighborhood outside of Port au Prince].  She shared her rice with us.  Right now we still have some rice.  But we have no oil.  No meat, no milk, nothing but rice.  We have no money to buy other ingredients.

Since the earthquake I have never eaten a full meal.

When my baby comes, I will go to the Red Cross tent to have the baby.  I went there to see a Doctor.  They gave me some pills.  Those pills made me sick.

The mayor came here and asked people if we had relatives in the countryside.  They would help us go there.  But we do not want to go to the countryside.  We don’t know anybody in the countryside.  We need to have a better life than this.


Garry Philippe, 47

My name is Garry Philippe.  I am 47.  I live by the airport entrance.  I built my own tent.  I tied a sheet to a tree and I put up poles to hold up other sheets.


I live here with my five children.  My wife was killed in our house in the incident.  We lived in Village Solidarity.  I owned our house.  I built our house over 4 years, step by step, as I got the money.  I was outside when it happened.  My girls were by the front door and ran out.  My wife ran back to help the boys and she died.


We had no funeral for my wife because we have no money for a funeral.  I buried her myself in a cemetery by Cite Soleil.

The children cannot imagine that their mother is gone just like that.  They are always thinking about their mother. 

We do not have beds.  When it is time to sleep we put bags on the ground.  Then we put our covers on the bags and sleep. 

We wash ourselves by putting water in a bottle.  Then we stand in a pot and pour the water on our selves.

When it rained we went to a place where they had a plastic tent.  We stayed there till the rain stopped.  More than 20 people were inside that tent.

Before, I was a mechanic in a garage.  Where I worked was destroyed.  There is no work since the quake. 

We heard other camps got bags of rice.  In our camp, nothing.  I ask friends for food.  Sometimes someone will give us something to eat.

We have no toilet in this camp.  When we have to make a toilet, we do it in a bag.  Then we bring the bag to the edge of the camp.  It is about a one minute walk away.

We see the trucks going in and out of the airport.  Many trucks.  But the trucks never stop for us.

It is not safe here.  But what can I do?  I accept it, it is God’s work.  We pray in the camp together.

No one has come to talk to us to tell us what is going on.  We know nothing about tents or tarps.  There is no school for the children.

I cannot tell you exactly what is going to happen next.  I am not the Lord.  I think it is going to get worse for us in the camps.   We need tents and food.  We need water and school and jobs.  We need help to find a place to stay.  The rain is coming soon.  Water is going to come and our babies will lose their lives.

Bill Quigley is legal director at the Center for Constitutional rights and a long time human rights advocate. This article was written with the assistance of Vladimir Laguerre in Port au Prince. You can contact Bill at: quigley77@gmail.com.

http://www.counterpunch.org
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