Afghanistan

Lundi 9 novembre 2009
Mondialisation.ca
Le 8 novembre 2009
WSWS


Source: 3.bp.blogspot.com

Lundi, on a mis un terme au spectacle électoral qui durait depuis deux mois et demi en Afghanistan lorsque le président sortant du régime fantoche des Etats-Unis à Kaboul, Hamid Karzaï, fut déclaré vainqueur.


Le Comité électoral indépendant, un organe rempli de partisans de Karzaï, a rendu une décision accordant à ce dernier un autre mandat de cinq ans et annulant le deuxième tour qui était prévu pour le 7 novembre.


La décision fut prise un jour après que le principal rival et ancien ministre des Affaires étrangères de Hamid Karzaï, Abdoullah Abdoullah, s’est retiré de l’élection de second tour.


Abdoullah avait exigé que soient renvoyés les loyalistes de Karzaï sur le comité électoral, qui étaient profondément impliqués dans la fraude massive du premier vote tenu le 20 août, avant le deuxième tour. Karzaï a refusé.


Une commission électorale de surveillance formée par les Nations Unies avait découvert qu’un million de bulletins de vote supposément en faveur de Karzaï (un tiers du total de ses votes) avaient été truqués. On a aussi jugé que quelque 300.000 votes pour Abdoullah étaient faux. A l’issue du recomptage, l’avance de Karzaï était descendue tout juste sous la barre de la majorité absolue, ce qui, selon la constitution afghane, rendait nécessaire un deuxième tour électoral entre les deux meneurs.


Les Etats-Unis et leurs alliés ont aussitôt lancé une frénétique campagne pour forcer Karzaï à accepter un recomptage et se soumettre à un second tour avec Abdoullah. Le sénateur John Kerry, président du Comité des affaires étrangères du Sénat, a passé trois jours à harceler Karzaï pour qu’il accepte un deuxième tour électoral. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, était lui aussi présent à Kaboul.


Le premier ministre britannique Gordon Brown, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, l’envoyé spécial américain en Afghanistan et au Pakistan Richard Holbrooke ainsi que le secrétaire de l’ONU Ban Ki-moon ont tous contacté Karzaï pat téléphone, lui disant que le second tour était essentiel à la « légitimité » de l’élection et à son régime même.


Maintenant, à peine deux semaines plus tard, Washington et ses alliés insistent que l’annulation du deuxième tour est sans conséquence et que la sélection de Karzaï par son propre comité électoral trié sur le volet est tout à fait légitime.


Le président Barack Obama a appelé Karzaï pour le féliciter. Reconnaissant que l’élection avait été « compliquée », Obama a affirmé avoir dit à Karzaï qu’il « était temps d’entamer un nouveau chapitre ».

« Cela n’affecte pas, selon nous, la légitimité du processus », a déclaré un haut représentant de l’administration au Washington Post lundi. « Cela nous donne la chance de passer à une nouvelle étape en Afghanistan. »


On prépare le « nouveau chapitre » ou la « nouvelle étape » en Afghanistan à travers une importante escalade militaire où des dizaines de milliers de soldats américains supplémentaires seront déployés dans le but d’étouffer la résistance armée qui a crû jusqu’à occuper 80 pour cent du pays et qui lutte contre l’occupation menée par les Etats-Unis.


La seule utilité de l’élection était de donner une « légitimité » à cette escalade de la guerre de type coloniale de Washington.


Le caractère illégitime du vote, du point de vue du peuple afghan, était à prévoir. L’élection fut tenue dans des conditions d’occupation militaire par 100.000 troupes américaines et autres pour choisir un chef du gouvernement qui est totalement dépendant de l’appui de Washington pour sa survie. Il était interdit à tous les candidats qui s’opposaient à l’occupation de prendre part à l’élection.


La date pour le vote, le 20 août, fut imposée sur le régime de Karzaï en violation de la constitution afghane dans le but de donner du temps aux 21.000 troupes appelées en renfort par Obama en mars dernier pour qu’elles commencent à arriver. Il est venu trois mois après que le mandat de Karzaï ait expiré, remettant en question la légalité officielle du président à agir en tant que tel.


Pour ce qui est du vote lui-même, la signification des bulletins de vote frauduleux ne soutient pas la comparaison avec l’abstention de masse des électeurs afghans, 70 pour cent d’entre eux ne sont pas allés aux urnes.


L’administration américaine était très au courant qu’un deuxième tour attirerait encore moins d’électeurs, le tournant en une confirmation de l’illégitimité de tout le processus.


Le deuxième tour aurait requis le redéploiement des troupes d’occupations pour fournir la sécurité à un bassin plus petit d’électeurs, entraînant sans doute une autre hausse de morts et de blessés américains. Il y a toutes les raisons de croire que les Etats-Unis et leurs alliés n’ont jamais tenté de faire en sorte qu’un deuxième tour se tienne.


Plutôt, forcer Karzaï à accepter un deuxième tour servait de moyens pour enlever de l’importance au président fantoche et à le forcer à effectuer des négociations sur le partage du pouvoir avec Abdoullah. L’objectif était et demeure pour Washington d’assumer un contrôle encore plus direct du régime afghan pour paver la voie à une campagne de contre-insurrection intensifiée.


Ces négociations ont continué jusqu’à samedi soir, les représentants d’Abdoullah demandant une part des avantages de l’Etat dans la forme de ministères et de postes. Karzaï a cependant reculé, insistant qu’il irait de l’avant avec le deuxième tour.


Les manœuvres de partage du pouvoir étant à un point mort, il semble que les responsables américains sont intervenus, tentant de faire en sorte qu’Abdoullah se retire de la course et que le deuxième tour, lui-même, soit annulé.


Maintenant, les responsables américains insistent que Karzaï doit gagner de la « légitimité » en réformant son régime et en luttant contre la corruption. Obama a dit qu’il avait mis l’accent avec Karzaï que la preuve de son engagement envers de tels efforts « ne sera pas en mot, mais en action ».


La personnification de la corruption qui traverse le régime est le frère du président, Ahmed Wali Karzaï, le chef du gouvernement provincial à Kandahar, qui a été accusé de jouer un rôle central dans le commerce de la drogue qui est en pleine expansion au pays. Comme le New York Times l’a révélé la semaine dernière, il est aussi un atout clé des services de renseignements centraux américains (CIA), qui l’a placé sur sa liste de paie. Ses services à l’agence incluent l’organisation d’une « force de frappe » locale utilisée pour assassiner des terroristes soupçonnés et l’approvisionnement d’établissements dans la province pour les agents de la CIA.


L’occupation américaine a été la force qui a le plus corrompu l’Afghanistan. Depuis le début, l’occupation a reposé sur des gens comme Karzaï, renforçant le pouvoir des seigneurs de guerre corrompus impliqués dans le massacre qui a pris place dans le pays dans les années 1990.


Le trafic des narcotiques a augmenté de façon très importante depuis que les Etats-Unis ont envahi le pays en 2001. Le ministre afghan responsable de la lutte contre le trafic de la drogue, le général Khodaidad Khodaidad a indiqué récemment que le gros du trafic passait par deux provinces sous contrôle des Etats-Unis et de l’OTAN.


Le New York Times a rapporté dans son édition du lundi 2 novembre que des hauts responsables de l’administration avaient été « dégoûtés » par la fraude électorale en Afghanistan. « Comment peut-on considérer envoyer des dizaines de milliers de soldats américains en renfort, ont-ils demandé dans des rencontres à la Maison-Blanche, dans le but de soutenir le gouvernement afghan considéré comme illégitime par une bonne part de la population ? »


C’est évidemment une question que se posent les travailleurs américains qui devront assumer le coût de cette escalade.


En réalité, toutefois, le régime Karzaï est une création de la politique américaine en Afghanistan. Karzaï lui-même a été choisi avec soin par Washington et a été nommé président seulement grâce à l’invasion américaine en 2001. Il a gagné la première élection de 2004, organisée par les Américains, qui a aussi été l’objet d’une fraude électorale de grande ampleur.


Des dizaines de milliers de soldats supplémentaires seront envoyés en Afghanistan, non pour soutenir le gouvernement marionnette de Kaboul ou pour faire la chasse à al-Qaïda. Le but de l’occupation est la défense des intérêts géostratégiques de l’impérialisme américain.


Le porte-parole pour la Maison-Blanche Robert Gibbs a dit lundi que la décision d’augmenter le nombre de soldats déployés en Afghanistan sera annoncée au cours « des prochaines semaines », ajoutant qu’il ne pouvait pas garantir que cela se fera avant le 11 novembre, date à laquelle Obama amorce une tournée de l’Asie de neuf jours.


Anthony Cordesman, spécialiste de la stratégie militaire du Center for Strategic and International Studies (CSIS) et conseiller du général Stanley McChrystal, le commandant américain en Afghanistan, a écrit sur le site web de CSIS qu’il fallait qu’Obama explique franchement au peuple américain qu’il y a escalade de la guerre en Afghanistan.


Obama, a-t-il écrit, doit expliquer que « dans le meilleur des cas, il est peu probable que l’insurrection et la menace terroriste pourront être entièrement défaites en Afghanistan et au Pakistan au cours de la prochaine décennie ».


Cordesman continue : « Il doit préparer les Etats-Unis et le monde à accepter le fait que le niveau présent des pertes des Etats-Unis, de ses alliés, de l’Afghanistan et du Pakistan va presque certainement doubler, et probablement plus que tripler, avant qu’une situation ressemblant à une victoire émerge. »


Il a ajouté qu’Obama « doit arrêter de prendre la voie de la facilité qui consiste à se concentrer sur le terrorisme international » et dire au peuple américain comment les guerres que mènent les troupes américaines « viennent toucher aux défis plus larges de l’instabilité régionale à l’Ouest, au Nord et à l’Est ».


En d’autres mots, la guerre en Afghanistan et son intensification ne vise pas l’éradication d’al-Qaïda. Plutôt, cette guerre vise à projeter la puissance militaire américaine dans la région stratégique et riche en ressources énergétiques de l’Asie centrale pour y contrecarrer l’influence de l’Iran, de la Russie et de la Chine.


Obama, a aussi écrit Cordesman, doit donner l’avertissement que « toute forme de victoire en Afghanistan et au Pakistan sera une partie d’une lutte plus large et plus longue » qui « continuera pour une durée indéterminée ».


Que signifie ces conseils du stratégiste et expert militaire ? Une année après l’élection d’Obama en tant que candidat du « changement », prenant le pouvoir en large mesure à cause du sentiment anti-guerre existant dans de larges couches de la population américaine, il se prépare une escalade importante du nombre de morts en Afghanistan et au Pakistan en tant que partie d’une guerre sans fin et gagnant continument en ampleur.


Article original en anglais, WSWS, paru le 3 novembre 2009.


Mondialisation.ca

http://www.internationalnews.fr/article--afghanistan-la-comedie-electorale-prend-fin-pour-faire-place-a-l-escalade-39099698.html


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Samedi 7 novembre 2009
Commondreams

Could there be a more accurate description of the Obama-Brown message of congratulations to the fraudulently elected Hamid Karzai of Afghanistan? First the Palestinians held fair elections in 2006, voted for Hamas and were brutally punished for it - they still are - and then the Iranians held fraudulent elections in June which put back the weird Mahmoud Ahmadinejad whom everyone outside Iran (and a lot inside) regard as a dictator. But now we have the venal, corrupt, sectarian Karzai in power after a poll far more ambitiously rigged than the Iranian version, and - yup, we love him dearly and accept his totally fraudulent election.


And now we are still trying to persuade his opponent to join a national unity government, an administration led by the man whose vote-stuffing was the very reason that same leader of the opposition - the good pseudo-Pashtun Abdullah Abdullah - refused to run in a second round of elections. And Karzai got his fawning congrats from the Obama-Brown twins. So that's OK then. Wagons Ho. For Westmoreland, read McChrystal. Send in the brave 40,000 to join the rest of the US cavalry as it fights its way west - or rather south-west - to the Khe Sanh of Afghanistan in Year Eight of the War on Terror.


The March of Folly was Barbara Tuchman's title for her book on governments - from Troy to Vietnam-era America - that followed policies contrary to their own interests. And well may we remember the Vietnam bit. As Patrick Bury, a veteran British soldier of our current Afghan adventure, pointed out yesterday, Vietnam is all too relevant.


Back in 1967, the Americans oversaw a "democratic" election in Vietnam which gave the presidency to the corrupt ex-General Nguyen Van Thieuman. In a fraudulent election which the Americans declared to be "generally fair" - he got 38 per cent of the vote - Thieu's opponents wouldn't run against him because the election was a farce.


In 1967, Washington needed the elections to give legitimacy to this revolting dictator - and thus provide credibility to its own military occupation of Vietnam in the war against Communism. As in Vietnam - where Saigon was a lonely kingdom of brutal power totally isolated from the rest of the country - Karzai is going to rule over an equally tiny island of corruption, protected by US mercenaries while the Americans perform their familiar role of propping up a dictator.


As ex-Lieutenant Bury sagely points out, the Afghan war is "campaigning on a par with the 19th-century British colonial army trying to manage the unwinnable... What was or is the strategy behind these long, bloody conflicts?" Well, in 1967, it was the possible communisation of Laos, Cambodia and Thailand. Now it is Pashtunistan, Baluchistan, Waziristan. For us, the vast ignorant "plebes", it's supposed to stop the Taliban/al-Qa'ida beasts from attacking our looming towers all over again, albeit that the 2001 murderers in question largely hailed from that friendly, moderate, brutal, oligarchical monarchical dictatorship called Saudi Arabia where - thank the good gods - they don't hold elections.


But it's part of a dreary pattern. US forces were participating in a civil war in Vietnam while claiming they were supporting democracy and the sovereignty of the country. In Lebanon in 1982, they claimed to be supporting the "democratically" elected President Amin Gemayel and took the Christian Maronite side in the civil war. And now, after Disneyworld elections, they are on the Karzai-government side against the Pashtun villagers of southern Afghanistan among whom the Taliban live. Where is the next My Lai? Journalists should avoid predictions. In this case I will not. Our Western mission in Afghanistan is going to end in utter disaster.


Robert Fisk is Middle East correspondent for The Independent newspaper.  He is the author of many books on the region, including The Great War for Civilisation: The Conquest of the Middle East.

http://www.commondreams.org/view/2009/11/07-4
afghanistan-america-is-performing-its-familiar-role-of-propping-up-a-dictator-by-robert-fisk

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Mercredi 4 novembre 2009
Counterpunch
November 4, 2009

Serial Tragedies and Boomerangs


Photo: Joëlle Pénochet

Matthew P. Hoh, a former U.S. combat marine captain and Department of Defense civilian in Iraq starting in 2004 and until September a political officer in the Foreign Service stationed in Afghanistan is giving some consternation to President Obama’s advisors as the Commander in Chief considers sending more soldiers to that war-torn country next to Pakistan.


Mr. Hoh wrote a letter of resignation to the State Department in September. His four page letter frames his doubts about what he said is the “why and to what end” behind “the strategic purposes of the United States’ presence in Afghanistan. He notes that like the Soviets’ nine year occupation, “we continue to secure and bolster a failing state, while encouraging an ideology and system of government unknown and unwanted by its people.”


Mr. Hoh focuses on the giant Pashtun society composed of 42 million people and moves to his conclusions. Read his words:


The Pashtun insurgency, which is composed of multiple, seemingly infinite, local groups, is fed by what is perceived by the Pashtun people as a continued and sustained assault, going back centuries, on Pashtun land, culture, traditions and religion by internal and external enemies. The U.S. and NATO presence and operations in Pashtun valleys and villages, as well as Afghan army and police units that are led and composed of non-Pashtun soldiers and police, provide an occupation force against which the insurgency is justified. In both RC East and South, I have observed that the bulk of the insurgency fights not for the white banner of the Taliban, but rather against the presence of foreign soldiers and taxes imposed by an unrepresentative government in Kabul.


The United States military presence in Afghanistan greatly contributes to the legitimacy and strategic message of the Pashtun insurgency. In a like manner our backing of the Afghan government in its current form continues to distance the government from the people. The Afghan government’s failings, particularly when weighed against the sacrifice of American lives and dollars, appear legion and metastatic:


• Glaring corruption and unabashed graft;

• A President whose confidants and chief advisers comprise drug lords and war crimes villains, who mock our own rule of law and counternarcotics efforts;

• A system of provincial and district leaders constituted of local power brokers, opportunists and strongmen allied to the United States solely for, and limited by, the value of our USAID and CERP contracts and whose own political and economic interests stand nothing to gain from any positive or genuine attempts at reconciliation; and

• The recent election process dominated by fraud and discredited by low voter turnout, which has created an enormous victory for our enemy who now claims a popular boycott and will call into question worldwide our government’s military, economic and diplomatic support for an invalid and illegitimate Afghan government.


Our support for this kind of government, coupled with a misunderstanding of the insurgency’s true nature, reminds me horribly of our involvement with South Vietnam; an unpopular and corrupt government we backed at the expense of our Nation’s own internal peace, against an insurgency whose nationalism we arrogantly and ignorantly mistook as a rival to our own Cold War ideology.


I find specious the reasons we ask for bloodshed and sacrifice from our young men and women in Afghanistan. If honest, our stated strategy of securing Afghanistan to prevent al-Qaeda resurgence or regrouping would require us to additionally invade and occupy western Pakistan, Somalia, Sudan, Yemen, etc. Our presence in Afghanistan has only increased destabilization and insurgency in Pakistan where we rightly fear a toppled or weakened Pakistani government may lose control of its nuclear weapons. However, again, to follow the logic of our stated goals we should garrison Pakistan, not Afghanistan. More so, the September 11th attacks, as well as the Madrid and London bombings, were primarily planned and organized in Western Europe; a point that highlights the threat is not one tied to traditional geographic or political boundaries. Finally, if our concern is for a failed state crippled by corruption and poverty and under assault from criminal and drug lords, then if we bear our military and financial contributions to Afghanistan, we must reevaluate and increase our commitment to and involvement in Mexico.


“Eight years into war, no nation has ever known a more dedicated, well trained, experienced and disciplined military as the U.S. Armed Forces. I do not believe any military force has ever been tasked with such a complex, opaque and Sisyphean mission as the U.S. military has received in Afghanistan.


“’We are spending ourselves into oblivion’ a very talented and intelligent commander, one of America’s best, briefs every visitor, staff delegation and senior officer. We are mortgaging our Nation’s economy on a war, which, even with increased commitment, will remain a draw for years to come. Success and victory, whatever they may be, will be realized not in years, after billions more spent, but in decades and generations. The United States does not enjoy a national treasury for such success and victory.


“Thousands of our men and women have returned home with physical and mental wounds, some that will never heal or will only worsen with time. The dead return only in bodily form to be received by families who must be reassured their dead have sacrificed for a purpose worthy of futures lost, love vanished, and promised dreams unkept. I have lost confidence such assurances can anymore be made. As such, I submit my resignation.”


Will Mr. Hoh’s highly regarded experience, sensitivity and judgment reach the attention of millions of Americans? That will depend on whether President Obama meets with him, whether Congressional committees will provide a hearing for him and others of similar persuasion, and whether the mass media will suspend their dittoheading and trivia long enough to report these views, so that we the people can deliberate better about avoiding a devastating, worsening quagmire replete with serial tragedies over there and boomerangs back here.


Ralph Nader is the author of Only the Super-Rich Can Save Us!, a novel.

 

http://www.counterpunch.org/nader11042009.html

http://www.internationalnews.fr/article-hoh-s-afghanistan-warning-by-ralph-nader-38982923.html
Ralph nader's novel "only the super-rich can save us!
Ralph nader's novel "only the super-rich can save us!

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Lundi 2 novembre 2009
Extrait de l'émission de FR3 Ce soir ou jamais 28 avril 2008


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Dimanche 18 octobre 2009
DemocracyNow !

October 07, 2009




Voices from Afghanistan: Afghan Women’s Activist Zoya Speaks Out on Eight Years of Occupation

The videos have been added by InternationalNews

Guest:: Zoya, activist with the radical underground organization RAWA, the Revolutionary Association of the Women of Afghanistan.


JUAN GONZALEZ: We turn now to a voice from Afghanistan. Zoya is a member of the radical underground organization called RAWA, the Revolutionary Association of the Women of Afghanistan. She was a child during the Soviet invasion of her country. As a teenager, the mujahideen or warlords killed her activist parents. She fled with her grandmother to a refugee camp in neighboring Pakistan but later returned to her country to document life under Taliban rule. She has been an outspoken critic of the US and NATO invasion of her country.


Zoya is on a national tour of the United States this month and is speaking at the CUNY Graduate Center in New York today. For her own security inside Afghanistan, she goes by the pseudonym Zoya and does not appear on camera.


Democracy Now!’s Anjali Kamat asked Zoya over the telephone Tuesday for her thoughts on this eighth anniversary of the US-led bombing of Afghanistan.


ZOYA: Unfortunately, in the past eight years, with thousands of troops, with billions of dollars poured in the country, and with the tens of countries present in Afghanistan, the foreign countries, we see that there’s no positive change in Afghanistan. Still our people are suffering from insecurity.


Our people are caught up from different sides by different enemies. From one side, our people are suffering from Taliban, who has almost 70, 80 percent of Afghanistan under their control. From the other side, the warlords and drug lords have a lot of power in different provinces. And from the third side, unfortunately, the US and NATO bombs are killing our civilians. So, the past few years, I think, taught the foreign countries a new lesson, that as long as they are not changing their policy of supporting and compromising with Northern Alliance fundamentalists, there would be no root change in the political situation.


Bala Baluk civilian massacre May 5 2009


Today we see that after eight years—or before, United States occupied Afghanistan under the three banners, under three justifications, which was bringing democracy, liberation of Afghan women, and war, so-called war, on terror. But today we see that terrorism is increasing day by day. The Taliban are much more powerful than before. They are increasing in number. They are getting more stronger.


And we cannot talk even about democracy, because—as election was the proof that we have no democracy. And also, there’s no freedom of speech. There’s no freedom of expression in the country. The journalists are suffering, and they have very—a tough life and very threatening life, as a single word against the warlords and drug lords can result to their murder.



We see the situation of women, as women liberation was used as a justification to occupy Afghanistan. But today we see that women are suffering from different sides, as I said, from one side from the Taliban and from their rules and laws and from their suicide bombs, and from the other side, the US-NATO bombs. And mostly, as we notice, that during the past eight years, they killed more civilians than Taliban and terrorists. Many children, many innocent women were killed. Many times our—they attacked the wedding ceremonies. They attacked the poor people’s houses.


So we see that for the reasons that they occupied Afghanistan, these reasons remain the same, and there’s no positive change. And even the situation is getting more worse.



ANJALI KAMAT: Speaking as an Afghan woman who’s lived under the Taliban, who’s now, you know, lived under the US occupation, the return of Northern Alliance forces, and during the period of rule by different warlords, what, in your opinion, has been the most difficult time for Afghan women?


ZOYA: Unfortunately, it’s very hard to compare, you know, the darkest history of Afghanistan during these thirty years. But I can, for sure, say that—I mean, we had, like, the Soviet invasion. We had the Northern Alliance fundamentalist invasion. And then we had Taliban. And now we have the occupation. One thing I can say, that compared to everything, the fundamentalist domination was the darkest period of our history, which has unfortunately—’til today, is continuing, because these fundamentalist commanders and gunmen and warlords and war criminals have a lot of power and have key position today in the government. So I can say that fundamentalist domination of Afghanistan is the darkest period of our history.


ANJALI KAMAT: And would you describe the Taliban as fundamentalist, as well?


ZOYA: Exactly. We have two kind of fundamentalist groups. One is Taliban, and the other side is Northern Alliance fundamentalist groups, which call themselves a so-called jihadi group.


ANJALI KAMAT: And do you think US and NATO troops should withdraw from Afghanistan, or is there another mission that they can accomplish besides trying to fight terrorism?


ZOYA: Yeah, RAWA is in favor of withdrawal of the troops. And we think that if the United States government really feels sorry for the people of Afghanistan and really want to help, they can help us in some other ways. For example, they—first of all, they should disempower fundamentalist war criminals from the three organs of the government. They should disarm them, disarm their private armies and private, you know, soldiers that they have. They should change their policy of supporting fundamentalist groups in the past, you know, thirty years in Afghanistan. And still, they are doing the same thing. They should start supporting democratic parties and organizations.


Bala Baluk civilian massacre May 5 2009


So I think they have other alternatives if they really want to help us. And the troops have proved—there’s eight years’ proof that it’s already failed, and they will be failed. Even if they throw thousands and millions of other troops, the situation will be the same, because we need a change, a radical change, in the system, which is so corrupted. And it cannot be, you know, healed by throwing more troops. So we are in favor of withdrawal of the troops immediately.


JUAN GONZALEZ: Zoya, a member of the Revolutionary Association of the Women of Afghanistan, speaking with Democracy Now!’s Anjali Kamat.

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Mardi 6 octobre 2009
Mondialisation
Le 5 octobre 2009



 La recrudescence des attaques de plus en plus meurtrières par les Talibans et les insurgés contre les forces de la coalition et la demande de renforts de l'ordre de 40 000 soldats exprimée par le général Stanley McChrystal laissent entrevoir une défaite cinglante des forces militaires occidentales en Afghanistan. Ce n'est pas encore la panique, mais on s'aperçoit de plus en plus que les stratégies d'occupation armée de ce pays ne permettent pas d'atteindre les objectifs de sa conquête et d'assurer son contrôle. Depuis quelques temps, les "penseurs" du Pentagone croient que la meilleure approche pour "triompher" en Afghanistan serait de se rapprocher de la population civile et lui démontrer que les forces étrangères sont venues pour elles, pour lui bâtir un avenir sécuritaire et pour lui permettre de se développer. Elles pourraient ainsi gagner les cœurs des Afghans et renverser la vague hostile qui se déferle sur elles depuis leur invasion.


L'intensification du conflit par l'ajout de forces supplémentaires massives préconisées par plusieurs représentants de la Chambre et du Sénat aux États-Unis ne fera que reporter à plus tard l'échéance de la défaite et du retrait des armées occidentales de cette région de l'Asie centrale. À plusieurs reprises les chefs des gouvernements des pays engagés dans cette guerre ont tour à tour exprimé des doutes sérieux quant à la possibilité de "gagner cette guerre".


Ce fut le cas, notamment, du Premier du Canada qui s'est exprimé en ce sens à quelques occasions : " La déclaration du premier ministre Stephen Harper est limpide : Oubliez ça, les boys, la guerre en Afghanistan est perdue d'avance". C'est à un journaliste de CNN que Stephen Harper a fait cette renversante déclaration. " Nous ne remporterons pas cette guerre seulement en restant là, a-t-il dit. (...) Jamais nous ne battrons les insurgés" ((Mourez pour rien chers soldats ).


Au Royaume-Uni, un mouvement de plus en plus fort, devant l'ampleur des pertes en vies humaines dans les guerres d'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak, a réussi à faire en sorte qu'une enquête soit réalisée concernant l'implication de la Grande Bretagne dans le conflit irakien.


Figure 1. Des Marines américains impliqués dans des combats en Afghanistan

Des Marines américains impliqués dans des combats en... (Photo AP)
Photo AFP. Source : Pires pertes de l'OTAN en Afghanistan depuis août 2008

I. Des raids meurtriers contre les populations civiles

Selon de nombreux reportages publiés récemment "les forces étrangères en Afghanistan tuent régulièrement des civils dans des combats et des bombardements contre les insurgés. Ces "bavures" provoquent la colère de la population et des autorités afghanes. En 2008, 2 118 civils ont été tués dans des violences, en majorité au cours des bombardements des forces internationales selon les Nations Unies. L'ONU estime que les forces pro-gouvernementales sont responsables de la mort de 39% d'entre eux. Jusqu'à 90 personnes ont été tuées au début de septembre dernier à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, dans le bombardement de citernes de carburant par les forces internationales, le nombre encore incertain de civils parmi les victimes poussant l'ONU, l'OTAN et Kaboul à promettre des enquêtes" (Les principales «bavures» en Afghanistan). Comme les résultats de ces enquêtes sont rarement divulgués il est facile de les initier et de conclure que la Loi des guerres et leur contexte global rendent ces événements inévitables et font en sorte qu'il soit difficile voire impossible de juger les responsables. Les conclusions sont sensiblement les mêmes : "Ces événements sont déplorables, mais il sont difficiles à éviter". "Ce bombardement de Kanduz est "inacceptable" selon plusieurs ministres des Affaires étrangères de l'UE". Ce sont les dommages collatéraux qui semblent appartenir de plus en plus aux normes acceptables et tolérables dans les conflits armés.


II. Un retrait progressif de toutes les forces étrangères


Combien de massacres de la population civile et combien de vies de soldats faudra-t-il sacrifier avant de prendre la décision de quitter l'Afghanistan et de mettre fin à cette "mission" ?

Pour plusieurs observateurs et analystes la stratégie actuelle est une impasse. Selon Nicolas Gros-Verheyde, "dans les mois prochains sera l'épreuve de vérité. Tout le monde le reconnaît. Mais la stratégie actuelle, même revue et corrigée par le général McCrystal, ne semble pas offrir à portée de main un futur meilleur. Reconnaître que depuis 8 ans, cette guerre a mal été engagée, mal déployée, et que beaucoup d'erreurs ont été commises, ne suffit pas. Retrouver la confiance de la population afghane juste avec quelques bombardements en moins et deux trois actions civilo militaires en plus paraît difficile" (Bruxelles2., L'Europe de la défense).


Conclusion


Nous l'avons déjà esquissé. La seule façon pour l'Occident de ne pas perdre la face en Afghanistan est de se retirer et de rapatrier ainsi les troupes le plus rapidement possible. Il s'agit de la seule avenue qui va permettre de rétablir l'ordre et la sécurité dans le pays. Cette guerre d'occupation a assez fait de ravages, de destructions et de massacres dans l'ensemble du territoire. Avouer leur défaite est pour les forces de la coalition un geste impensable à poser après tant d'années à combattre un ennemi que l'on considère encore comme des terroristes dangereux et appartenant d'emblée à l'Axe du mal. Le mouvement anti-guerre ne cesse de le répéter partout dans le monde. La guerre d'invasion de l'Afghanistan a assez duré. Il faut y mettre fin et consacrer désormais les efforts de coopération internationale à la reconstruction du pays pour le bénéfice premier de ses habitants. Avec l'arrivée du président Obama il a été permis de penser un instant à l'émergence d'une nouvelle approche et à la fin de ce cauchemar. Que se passera-t-il dans les prochaines semaines? Quel concept triomphera-t-il? La poursuite de la guerre ou la coopération pour le développement?

 

Références

AFP. 2009. Les principales "bavures" en Afghanistan. Cyberpresse. Le 4 septembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200909/04/01-898882-les-principales-bavures-en-afghanistan.php
AFP. 2009. Afghanistan: l'armée place Obama en mauvaise posture. Cyberpresse. Le 4 octobre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200910/04/01-908337-afghanistan-larmee-place-obama-en-mauvaise-posture.php
DUFOUR, Jules. 2008. Les guerres d'occupation de l'Afghanistan et de l'Irak. Un bilan horrifiant de portée mondiale. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation. Le 22 juillet 2008. Adresse Internet: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=9645
DUFOUR, Jules. 2009. Un seul enjeu dans les négociations avec les talibans et les "insurgés": Le retrait immédiat du Canada et de la coalition. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 10 mars 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12645
GROS-VERHEYDE, Nicolas. 2009. Un calendrier de retrait: la seule façon de gagner la guerre en Afghanistan ? Bruxelles 2 (L'Europe de la Défense). Le 13 septembre 2009. En ligne : http://bruxelles2.over-blog.com/article-36039742.html
OUIMET, Odile. 2009. Mourez pour rien, chers soldats. Cyberpresse. Le 3 mars 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/michele-ouimet/200903/03/01-832670-mourez-pour-rien-chers-soldats.php
TALBI
, Karim. 2009. Pires pertes de l'OTAN en Afghanistan depuis août 2008. Cyberpresse. Le 4 octobre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200910/04/01-908284-pires-pertes-de-lotan-en-afghanistan-depuis-aout-2008.php 
WARREN, Jerry. 2002. Military Intervention in Afghanistan: Implications for British Foreign and Defence Policy. British American Security Information Council. Basic Paper. Occasional Papers on International Security Policy. September 2002. Number 40. En ligne : http://www.basicint.org/pubs/Papers/BP40.htm

 
Jules Dufour, Ph.D., est président de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l'Ordre national du Québec.


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Lundi 5 octobre 2009
Afghanistan - 8 Years Special

For more information, go to http://rethinkafghanistan.com

Trailer

Excerpt 1

Excerpt 2: Civilian Casualties
The Cost of War

Robert Greenwald talks about Rethink Afghanistan on The Ed Show.

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Mardi 29 septembre 2009
"Ils envoient uniquement des bombes, jamais de médicaments"

Le 7 septembre, l’ONG humanitaire suédoise Swedish Committee for Afghanistan a informé qu’une semaine auparavant des soldats US avaient mené un raid dans un de leurs hôpitaux. Selon le directeur de l’ONG, Anders Fange, des soldats ont frénétiquement traversé les salles à la recherche de combattants Taliban blessés.


Les soldats ont exigé que les responsables de l’hôpital les informent de tout patient qui arriverait et qui serait susceptible d’être un insurgé, après quoi les militaires décideraient si le patient pouvait être admis ou pas. Fange a qualifié l’incident de « non seulement une violation claire des principes humanitaires universellement admis sur l’inviolabilité des sites médicaux et du personnel soignant dans les zones de conflit, mais aussi une entorse aux accords entre civils et militaires » entre les ONG et les forces internationales.


Fange a dit que les soldats américains ont défoncé les portes et ligoté les visiteurs et le personnel hospitalier.


Mener des opérations dans des sites de soins en Afghanistan représente une violation directe de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit strictement toute attaque de véhicules de transport d’urgence et toute obstruction d’opérations médicales en temps de guerre.


La Lieut. Commandant Christine Sidenstricker, officier des relations publiques de la Marine US, a déclaré à l’agence de presse Associated Press « des telles plaintes sont rares ».


En fait, malgré les dires de Sidentricker, « de telles plaintes » sont courantes. Tout comme en Irak, là où se déroule une autre occupation. Une armée conventionnelle désespérée, lorsqu’elle commence à perdre contre une guérilla, a tendance à jeter le respect du droit international aux orties. C’est encore plus vraie lorsque l’occupation elle-même est une violation du droit international.


Marjorie Cohn, présidente de National Lawyers Guild et contributrice au site Truthout.org, est très claire sur le caractère illégal de l’invasion et de l’occupation de l’Afghanistan par les Etats-Unis (et bien sûr, par la France aussi – NdT).


« La charte de l’ONU a été ratifiée par les Etats-Unis et fait donc partie de la loi étatsunienne, » dit Cohn, qui enseigne à l’école de droit Thomas Jerfferson et a récemment coécrit le livre « Rules of Disengagement : The Politics and Honor of Military Dissent ». « Selon la charte, un pays ne peut recourir à la force armée contre un autre pays qu’en cas d’autodéfense ou lorsque le Conseil de Sécurité l’approuve. Aucune de ces conditions n’existaient lorsque les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan. Les Taliban ne nous ont pas attaqués le 11 septembre. Ce dont dix-neuf hommes, dont 15 de l’Arabie Saoudite, qui l’ont fait, et il n’y avait aucun risque d’attaque par l’Afghanistan contre les Etats-Unis ou tout autre pays membre de l’ONU. Le Conseil de Sécurité n’a pas autorisé les Etats-Unis ou tout autre pays à recourir à la force militaire contre l’Afghanistan. La guerre US en Afghanistan est illégale. »


Ainsi, l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan, de même que les massacres de civils afghans et les raids dans les hôpitaux constituent une violation du droit international et de la Constitution des Etats-Unis. Ceci est vrai aussi pour l’Irak.


Rappelons-nous le 8 novembre 2004, lorsque l’armée US a lancé l’assaut contre la ville Irakienne de Fallujah. Le premier endroit que les soldats US ont envahi et occupé fut l’hôpital de la ville. Là aussi, comme pour le cas récent en Afghanistan, les médecins, patients et visiteurs ont été ligotés et couchés au sol, généralement sur le ventre, avec des armes braquées sur eux.


Au cours de mes quatre premiers voyages en Irak, j’ai régulièrement rencontré du personnel hospitalier qui signalait des raids militaires US dans leurs établissements. Des soldats américains entraient régulièrement dans les hôpitaux à la recherche de résistants combattants blessés.


Des médecins de l’Hôpital General de Fallujah, et d’autres qui travaillaient dans différentes cliniques de la ville pendant les deux sièges de Fallujah par l’armée américaine en 2004, ont raconté comment les marines US ont bloqué l’accès à leurs services et comment les snipers US ont volontairement tiré sur leurs cliniques et ambulances.


« Les Marines ont dit qu’ils n’avaient pas fermé l’hôpital, mais en fait ils l’ont fait, » nous a raconté en mai 2004 le Dr Abdullah, chirurgien orthopédique à l’Hôpital General de Fallujah qui a accepté de nous parler à condition de changer son nom. « Ils ont fermé le pont qui nous relie à la ville et bloqué la route… la zone devant l’hôpital était remplie de soldats et de véhicules. »


Il a ajouté que ce fût ainsi que d’innombrables patients qui avaient désespérément besoins de soins ont été empêchés d’accéder à l’établissement. « Qui sait combien sont morts et que nous aurions pu sauver, » a-t-il dit. Il a aussi accusé les soldats de tirer sur les ambulances civiles, et de tirer aussi à proximité de la clinique où il travaillait. « Certains jours, nous ne pouvions pas sortir, ni même nous approcher des portes à cause des snipers, » a-t-il dit. « Ils tiraient sur l’entrée principale de la clinique ! »


Le Dr Abdullah a dit aussi que les snipers US ont visé et tué un des ambulanciers de la clinique qui travaillait pendant les combats.


Le Dr Ahmed, qui a aussi demandé que nous ne mentionnions que son prénom par peur de représailles de la part des militaires américains, a dit « les Américains ont tiré sur les lumières devant l’hôpital. Ils ont empêché les médecins d’accéder aux unités d’urgence, et nous nous sommes rapidement retrouvés à court de médicaments indispensables. » Il a aussi déclaré qu’à plusieurs reprises, les Marines ont volontairement empêché les médecins de quitter le bâtiment résidentiel, les empêchant ainsi de se rendre à l’hôpital pour traiter les patients.


« Ils entraient tout le temps, fouillaient les salles et se baladaient, » a dit le Dr Ahmed, tout en expliquant comment les troupes US entraient souvent dans l’hôpital à la recherche de résistants. Lui et le Dr Abdulla ont dit que les troupes US n’ont jamais offert de médicaments ou des fournitures à l’hôpital lorsqu’ils faisaient leurs incursions. Décrivant la situation dans d’autres hôpitaux, il a ajouté « la plupart des patients ont quitté l’hôpital parce qu’ils avaient peur. »


Le Dr Abdulla a fit qu’un de leurs ambulanciers à été tué par des snipers US alors qu’il tentait de ramasser les blessés autour d’une autre clinique à l’intérieur de la ville.


« Le problème majeur que nous avons rencontré a été les snipers américains, » a dit le Dr Rachid, qui travaillait dans une autre clinique du quartier Jumaria de Fallujah. « Nous les voyions sur le toit des immeubles prés du bureau du maire. »


Le Dr Rachid a raconté un autre incident où un sniper US a blessé un ambulancier à la jambe. L’ambulancier a survécu, mais un homme qui s’était porté à son secours fut abattu par un sniper et est mort sur la table d’opération après avoir été secouru à son tour par le Dr Rachid et d’autres. « C’était un volontaire qui aidait les ambulances à ramasser les blessés, » a dit le Dr Rachid avec tristesse.


Pendant notre visite à l’hôpital en mai 2004, deux ambulances garées sur le parking montraient des impacts de balles sur leurs pare-brises, tandis que d’autres présentaient des impacts sur les portières arrières et sur les côtés.


« Je me souviens une fois, nous avions envoyé une ambulance pour évacuer une famille bombardée par un avion, » a dit le Dr Abdulla qui continuait à évoquer les snipers US. « Ils ont tiré sur l’ambulance – un des membres de la famille a été tué, et trois autres ont été blessés par les tirs. »


Ni le Dr Abdulla ni le Dr Rachid ne connaissaient un exemple d’aide médicale apportée par les soldats américains à un hôpital ou une clinique. A ce sujet, le Dr Rachid a dit « ils envoient uniquement des bombes, jamais de médicaments. »

L’hôpital General de Chuwader à Sadr City nous a raconté des histoires similaires, comme d’autres hôpitaux à travers Bagdad.


Le Dr Abdul Ali, ancien chirurgien-chef à l’hôpital Al-Noman, a reconnu que les soldats US étaient entrés dans l’hôpital et avaient demandé des renseignements sur les résistants combattants. Il a dit « ma politique est de ne pas donner mes patients aux Américains. Je refuse de communiquer des informations sur mes patients. »


Lors de l’interview d’avril 2004, il a reconnu que ces incursions se produisaient régulièrement et interféraient avec les soins dispensés aux malades. Il a dit « Ca s’est passé il y a dix jours – ça s’est passé après que des gens ont commencé à arriver de Fallujah, même si la plupart étaient des enfants, des femmes et des vieux. »


Un médecin à l’hôpital Al-Kerkh, s’exprimant sous condition d’anonymat, a raconté l’expérience similaire d’un phénomène qui semble être répandu à travers tout le pays. « Nous entendons parler d’Américains qui enlèvent des Irakiens blessés dans les hôpitaux. Ils n’arrêtent pas de venir ici en demandant si nous avons des combattants blessés. »


Parlant du raid américain sur un hôpital en Afghanistan, le porte-parole des Nations Unies, Aleem Siddique, a dit qu’il ne connaissait pas les détails de cet incident en particulier, mais que le droit international exigeait que les militaires s’abstiennent de mener des opérations sur les sites médicaux.


« La règle est qu’un bâtiment médical n’est pas une zone de combat. Il est inacceptable qu’un site médical devienne une zone de combats. » a-t-il dit. « Le seule exception reconnue par les Conventions de Genève est lorsque des personnes sotn en danger. »


« Il y a le serment d’Hippocrate, » a ajouté Fange, « si quelqu’un est blessé, malade ou nécessite des soins… si c’est un être humain, alors, selon le droit international, il doit être accueilli et traité convenablement. »


Ce sont là toutes des indications du déclin de l’Empire US. Un autre signe du désespoir américain en Afghanistan a été le bombardement de deux camions-citernes que les Taliban avaient capturé à l’OTAN. Des avions US ont bombardé les véhicules alors que des villageois récupéraient le carburant, et ont incinéré prés de 150 civils, selon les témoignages de villageois. (voir traduction par le Grand Soir d’un article du Guardian - NdT)


L’Empire des Etats-Unis suit le chemin de nombreux autres empires et conquérants qui ont trouvé la mort en Afghanistan. L’empire du milieu, l’empire Perse, Alexandre le Grand, les Séleucides, les Indo-grecs, les Turcs, Mongols, Britanniques et Soviétiques ont tous vu leurs ambitions se fracasser en Afghanistan.


A présent, l’Empire US avance à grande vitesse sur la même voie. Un article récent de Tom Englehardt nous fournit quelques indications :


- En 2002, il y avait 5200 soldats américains en Afghanistan. D’ici décembre 2009, ils seront 68000.

- Comparé à la même période de 2008, les attaques Taliban contre les forces de coalition par des Engins explosifs improvisés ont augmenté de 114 pour cent.

- Comparé à la même période de 2008, les morts parmi les forces de coalition dus aux engins explosifs improvisés ont été multipliés par 6.

- Les attaques taliban contre les forces de coalition au cours des cinq premiers mois de 2009, comparé à la même période l’année dernière, ont augmenté de 59 pour cent.


Gengis Kahn n’a pas réussi à occuper l’Afghanistan. Les Etats-Unis n’y arriveront pas non plus, surtout lorsque dans le désespoir d’une occupation illégale, ils persistent à ignorer le droit international, ainsi que leur propre Constitution.


Dahr Jamail

Traduction VD pour Le Grand Soir

Dahr Jamail, an independent journalist, is the author of "The Will to Resist : Soldiers Who Refuse to Fight in Iraq and Afghanistan," (Haymarket Books, 2009), and "Beyond the Green Zone : Dispatches From an Unembedded Journalist in Occupied Iraq," (Haymarket Books, 2007). Jamail reported from occupied Iraq for nine months as well as from Lebanon, Syria, Jordan and Turkey over the last five years.


http://www.legrandsoir.info/Afghanistan-cimetiere-des-Empires-Truth-Out.html

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Vendredi 4 septembre 2009

Occupation, BBC1 Dispatches:

Children of Azizabad: we lost 15 friends
Children from the village of Aziz Abad talk about the friends and family they have lost.

Some still think of the ongoing conflict in Afghanistan as a "good" war. They may change their minds after watching the latest Dispatches, Afghanistan's Dirty War. Last August, US troops went looking for Taliban insurgents in Aziz Abad, a small village 400 miles west of Kabul. After a brief firefight, they called in an air strike, whereupon an AC-130 gunship tore the village apart.


Immediately following the attack, the Americans claimed to have engaged the Taliban with no civilian casualties. Dispatches's investigation told a different story: about 90 civilians died in the raid, with the local police chief estimating that at least 50 of them were children. Subsequent American inquiries dismissed the casualty estimates of the UN and the Red Cross, exonerating US troops and insisting that Taliban fighters were among the dead.


It later emerged, however, that their intelligence had been murky at best, and probably provided by the leader of a rival clan from another village, who was keen to see his own cohorts employed at the local US airbase – and willing to eliminate the competition by any means necessary. Even more troubling was the tale of another local man, arrested by US personnel and taken to the base, only to turn up four hours later, having been tortured to death.


The documentary, unlike US investigators, gave credence to the compelling first-hand testimony of villagers. President Obama's imminent troop surge, it suggested, will count for nothing if civilians continue to die and the coalition forces lose the support of the Afghan people. The most moving interview was with six-year-old Karzai, whose parents named him after the Afghan president as a mark of their hopes for their country. That was before Karzai lost his father and brother – in an American air strike.

 


http://www.rawa.org/temp/runews/2009/06/22/occupation-bbc1-dispatches-afghanistans-dirty-war.html










Afghanistan: from "war on terror" to "war of terror"


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Vendredi 28 août 2009
Mondialisation
27 août 2009
WSWS

Par Barry Grey

La Commission électorale indépendante d'Afghanistan a rapporté mardi que le décompte préliminaire des voix dans 10 pour cent des bureaux de vote donnait au président sortant  Hamid Karzaï une légère avance sur son principal rival, l'ancien ministre des Affaires étrangères  Abdoullah Abdoullah dans l'élection qui s'est tenue le 20 août.


La commission a dit que Karzaï avait obtenu 40,6 pour cent des voix, contre 38,7 pour cent pour Abdoullah. Si aucun des candidats n'obtient plus de 50 pour cent du total des votes exprimés, un deuxième tour est prévu pour le mois d'octobre.


Le résultat du décompte partiel a été éclipsé par une recrudescence de reportages faisant état de fraudes électorales, de bourrages des urnes et d'intimidations des électeurs de grande envergure par divers candidats et leurs partisans respectifs parmi les seigneurs de guerre ethniques.


Les preuves de fraude et de violence, accompagnées d'une participation très faible qui pourrait s'élever à 30 pour cent, 10 pour cent voire moins dans le sud et l'est pachtoune du pays, provoquent la crainte à Washington et dans d'autres capitales occidentales qu'une élection mise en place pour fournir un vernis de légitimité à une guerre contre-insurrectionnelle impérialiste et à un gouvernement fantoche ne fera qu'exacerber l'opposition populaire à l'occupation étrangère et attiser les divisions régionales et ethniques en Afghanistan.


Le gouvernement Obama s'inquiète aussi que le fiasco électoral ne mine davantage encore aux Etats-Unis le soutien à la guerre. Le soutien public à la guerre a décliné de façon spectaculaire selon de récents sondages. Washington avait espéré que l'élection faciliterait ses préparatifs visant à augmenter fortement la présence armée américaine en Afghanistan et fournirait une couverture à une escalade de violence militaire contre les millions d'Afghans opposés à l'occupation américaine.


Cette élection ne pouvait qu'être une parodie du fait qu'elle se déroule dans un pays occupé par près de 100 000 soldats américains et de l'OTAN, qu'elle a exclu du rang des candidats toute personne opposée à l'occupation conduite par les Etats-Unis et qu'elle était dominée par des seigneurs de guerre et des hommes forts ethniques pro-américains qui, selon des organisations des droits de l'homme, sont coupables de crimes de masse à la fois avant et depuis l'invasion américaine qui a renversé le régime taliban, il y a de cela  près de huit ans.


Un jour après l'élection, le président Barack Obama a salué l'élection comme étant « un pas en avant » pour le peuple afghan et l'a qualifiée de « succès. » Dans les jours qui ont suivi, les officiels américains et européens ont fait marche arrière par rapport à cette adhésion totale, du fait de la prolifération de plaintes de fraudes électorales par de nombreux candidats afghans et de reportages d'observateurs électoraux afghans et occidentaux.


La Commission des plaintes électorales soutenue par les Nations unies a rapporté mardi qu'elle avait reçu au moins 1 087 plaintes officielles d'irrégularité le jour de l'élection ou dans les jours qui ont suivi. Les journaux occidentaux ont fait état de rapports de témoins des bureaux de vote du sud et de l'est pachtoune où quasiment aucun électeur ne s'est rendu aux urnes mais d'où des représentants électoraux nommés par Karzaï ont envoyé des urnes bourrées de centaines de bulletins pour le décompte à Kaboul.


Les talibans et groupes d'insurgés alliés qui contrôlent de larges régions de l'Afghanistan, dont la plus grande partie du sud et de l'est du pays, ont appelé à un boycott et l'ont renforcé au moyen de menaces et de violences éparses. Mais la participation minime du sud et de l'est résulte aussi de l'hostilité populaire à l'occupation et au régime fantoche de Karzaï qui est bien connu pour sa corruption et son népotisme et qui a présidé aux attaques aveugles américaines et de l'OTAN sur les civils ainsi qu'à la pauvreté grandissante.


Karzaï cherche à garantir sa réélection en procédant à des fraudes électorales et en concluant des marchés avec les dirigeants militaires liés à l'Alliance du Nord, le front qui a rejoint les Etats-Unis pour chasser les talibans en 2001. Les représentants de Karzaï estiment par exemple que l'alliance du président sortant avec le seigneur de guerre ouzbek  Abdul Rashid Dostum, célèbre pour les massacres de masse dans les années 1990 et le massacre de milliers de prisonniers talibans durant l'invasion américaine, accordera à Karzaï 10 pour cent des voix.

Dans le nord qui est dominé par les Tadjiks, Ouzbeks et Hazaras, les reportages font état de seigneurs de guerre locaux forçant les habitants à voter pour leurs candidats, principalement  Abdoullah Abdoullah, sous la menace du fusil. L'un des candidats, l'ancien ministre des Finances Ashraf Ghani a allégué que des bandits armés associés à Abdoullah ont forcé les gens à voter dans la province nord de Balkh. Le gouverneur de la province est un ancien seigneur de guerre, partisan d'Abdoullah.


Abdoullah et Karzaï ont chacun déclaré juste après l'élection qu'ils avaient obtenu plus de 50 pour cent des voix, et chacun accuse l'autre de fraude électorale ce qui prépare une lutte prolongée sur le résultat final, qui sera annoncé le mois prochain, et l'éruption possible d'une guerre de factions. En même temps, Karzaï a proposé de nommer Abdoullah ministre des Affaires étrangères dans son second mandat présidentiel.


Pour donner un exemple du bourrage d'urnes qui a sévi, le Wall Street Journal rapportait lundi :  « Selon un rapport confidentiel fait par des membres d'une mission d'observation américaine, les urnes des régions de Kandahar et de Spin Boldak dans le sud, théâtre des insurrections des plus violentes, arrivent dans les bureaux de la commission électorale remplies de 500 à 600 bulletins de vote chacune, indication d'une participation exceptionnelle qui ne concorde pas avec les rapports des témoins décrivant des bureaux de vote désertés. »


Le Washington Post de mardi citait Faizullah Mojadedi, législateur de la province de Logar dominée par les talibans, disant : « Dans le district de Barkai Barak, seuls 500 personnes ont pu voter sur les 43 000 inscrits. Dans le district de Harwar personne n'a pu voter sur les 15 000 inscrits. Et pourtant, les urnes en provenance de ces endroits sont arrivées pleines à Kaboul. »

De nombreux commentateurs ont remarqué que le quasi-boycott de l'élection dans le sud a en fait facilité le bourrage des urnes dans ces régions par des représentants électoraux nommés par Karzaï. Le Los Angeles Times a publié mardi la chronique d'un ancien humanitaire vivant à Kandahar. L'article intitulé « Fraude lors de l'élection afghane » déclare : « D'après un bon nombre de mes amis qui n'ont pas voté et des conversations entendues en ville et au moment de la prière, j'évaluerai la participation à Kandahar City à 20 pour cent au maximum. Dans l'ensemble de la province, dans toutes les régions mis à part trois, 5 pour cent serait une estimation généreuse. Au total pour la province ? Je dirais de 10 à 15 pour cent. »


« La faible participation dans les régions censées soutenir Karzaï est en fait la porte ouverte à la fraude électorale. Il suffit de déclarer une participation qui semble crédible aux oreilles internationales, disons 50 pour cent, puis de remplir les urnes pour atteindre ce chiffre avec des bulletins pour Karzaï. »


Mardi, Abdoullah a montré à des journalistes des vidéos montrant des gens travaillant à la commission électorale en train de falsifier à la faveur de Karzaï des bulletins de vote, selon le Christian Science Monitor.


Le Wall Street Journal a résumé ainsi l'inquiétude grandissante de Washington face au caractère ouvertement frauduleux et corrompu de l'élection : « Certains officiels occidentaux craignent que la participation soit bien en dessous des 70 pour cent de la précédente élection afghane. Une faible participation accompagnée d'allégations de fraude de grande envergure pourrait encore plus mettre à mal la légitimité de l'élection et promouvoir les talibans. »


L'attitude du gouvernement américain face à la fraude électorale répandue a été résumée par Richard Holbrooke, envoyé spécial d'Obama en Afghanistan, qui a dit qu'il était trop tôt pour remettre en question la légitimité de l'élection. « Nous avons des élections contestées aux Etats-Unis. Il se peut qu'il y ait quelques questions ici... Mais n'anticipons pas sur la situation. » Les Etats-Unis, a-t-il ajouté « respecteront le processus mis en place par l'Afghanistan lui-même ».


En fait, Washington est intervenu massivement dans ces élections, cherchant à manipuler le résultat de façon à ce qu'il y ait un face à face entre Karzaï et Abdoullah. Bien que Karzaï ait servi d'homme de paille des Etats-Unis, Washington est de plus en plus critique de son régime qu'il considère comme désespérément corrompu, inefficace et impopulaire. L'armée américaine s'est aussi plainte des critiques occasionnelles de Karzaï face aux bombardements américains de civils afghans.


Le gouvernement Obama débat ouvertement de l'installation d'un « haut représentant » non élu qui serait chargé de surveiller le fonctionnement quotidien du gouvernement, quel que soit le résultat final de l'élection.


La différence de réaction des Etats-Unis face à l'élection afghane et à l'élection iranienne d'il y a deux mois est très importante. En Afghanistan, Washington a minimisé l'importance des preuves répandues de fraude et les accusations par de nombreux candidats de bourrage massif des urnes. En Iran, le gouvernement américain et les médias ont aussitôt adopté les accusations d’« élection volée » proférées par l'opposition pro-occidentale à l'égard du président sortant Mahmoud Ahmadinejad sans présenter aucune preuve substantielle de fraude.


La différence s'explique par les intérêts de politique étrangère des Etats-Unis. Dans les deux cas, l'objectif principal est d'asseoir la domination impérialiste américaine en Asie centrale, région riche en ressources énergétiques et occupant une position stratégiquement cruciale à la croisée de l'Europe, du Proche-Orient et de l'Asie du Sud et de l'Est. Mais les Etats-Unis considèrent le régime d’Ahmadinejad comme un obstacle à son objectif et a cherché à utiliser l'élection iranienne contestée pour déstabiliser et destituer le président sortant, alors qu'il a un intérêt direct à consolider un gouvernement « démocratique » fantoche à Kaboul

 

Article original en anglais, WSWS, paru le 26 août 2009.

 

www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14924


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