Nanotechnologies

Lundi 9 novembre 2009 1 09 11 2009 03:23
LE MONDE
09.11.09


Source: www.techwall.org

es nanoparticules peuvent endommager les cellules humaines, notamment leur ADN, même à l'abri d'une barrière cellulaire. La démonstration de leur génotoxicité in vitro est rapportée par Gevdeep Bhabra (Southmead Hospital, Bristol) et ses collègues dans un article publié en ligne, jeudi 5 novembre, par la revue Nature Nanotechnology. Un effet indirect à double tranchant : un risque toxique inédit, mais de possibles actions thérapeutiques nouvelles.

Les nanoparticules ont une taille de l'ordre du nanomètre (nm), soit un milliardième de mètre (10-9 m). En médecine, elles servent dans les prothèses et au transport de médicaments, en particulier pour atteindre les organes protégés par une barrière cellulaire, comme le cerveau. Pour agir, elles doivent avoir une taille suffisante pour ne pas être trop vite éliminées par les reins. Celles utilisées en médecine ont donc une taille de 20 à 200 nm. Cela implique un accroissement de l'exposition de différents organes.

Les nanoparticules en alliage cobalt-chrome, présentes dans des prothèses en métal, ont une toxicité directe lorsqu'elles sont en concentration suffisamment importante au contact d'un organe : lésions de l'ADN, aberrations chromosomiques, mort cellulaire. Elles sont libérées du fait de l'usure des prothèses.


Barrière cellulaire


Gevdeep Bhabra et ses collègues ont placé pendant 24 heures l'alliage cobalt-chrome sur plusieurs couches de cellules classiquement utilisées comme modèle de barrière cellulaire, les séparant ainsi de cellules humaines, des fibroblastes (cellules du tissu conjonctif).


"Nous avons montré que les nanoparticules peuvent endommager l'ADN et les chromosomes à travers une barrière intacte. Les nanoparticules n'ont pas traversé la barrière ; en fait, les lésions sont dues à un nouveau mécanisme", indiquent les auteurs de l'étude. Ce mécanisme mettrait en jeu les canaux présents dans les membranes et les voies de communication entre cellules.


"Cette étude expérimentale montre à la fois des effets génotoxiques indirects inconnus et de possibles moyens d'action thérapeutique inédits pour les nanoparticules", commente le professeur Gérard Lasfargues, chef du département santé au travail de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail. Il en découle la "nécessité de proposer des tests adéquats et standardisés pour prendre en compte ces données dans l'évaluation de la génotoxicité des nanoparticules", estime-t-il.


L'évaluation en cours au niveau européen de la génotoxicité des nanoparticules devra donc intégrer ce nouvel élément. De même pour la mise en oeuvre du règlement européen Reach sur les substances chimiques, qui inclut les nanoparticules. Deux procédures dans lesquelles l'Afsset est investie. La découverte d'une génotoxicité indirecte constitue en tout cas un élément nouveau au moment où se déroule en France, jusqu'au 23 février 2010, une consultation publique sur les nanotechnologies.


Paul Benkimoun

Article paru dans l'édition du 10.11.09
http://www.lemonde.fr
http://www.internationalnews.fr/article-une-etude-alerte-sur-un-nouveau-risque-toxique-induit-par-les-nanoparticules-39091664.html

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Samedi 7 novembre 2009 6 07 11 2009 07:19
LE MONDE
06.11.09
(Internetactu.net)

Titre original: Nanotechnologies : s’informer, s’exprimer… et après ?


Source:geo

peine lancé, le débat public sur les nanotechnologies, intitulé Je m'informe, je m'exprime, censé éclairer l'Etat sur "l'organisation du contrôle et du suivi des nanomatériaux, la caractérisation de l'exposition et l'évaluation de la toxicité sur l'homme et les écosystèmes, l'information et la protection du travailleur et du consommateur, les modalités de soutien à la recherche et aux innovations dans ce domaine", fait déjà polémique.

Le collectif Pièces et Mains d'Oeuvre, connu pour ses enquêtes, analyses, ses actions d'éclat et son refus critiques des nanotechnologies, refuse ainsi de participer à ce qu'il qualifie de campagne nationale d'acceptabilité des nanotechnologies destinée à “vaincre la méfiance de citoyens- consommateurs échaudés par trop de scandales techno-industriels : amiante, vache folle, OGM” (voir aussi Aujourd'hui le nanomonde, site qu'ils consacrent à cette opération).

 

Rappelant avec ironie que pour Paul Valéry “La politique est un mécanisme qui sert à empêcher les gens de prendre part à ce qui les concerne directement“, Dorothée Benoit-Browayes, déléguée générale de l’association Vivagora et auteure de Le Meilleur des nanomondes, estime pour sa part qu’il s’agit là d’un "vaste chantier dans un paysage pourtant déjà bien construit", et d’ores et déjà financé, à concurrence de plusieurs centaines de millions d’euros, par le gouvernement français :


"Alors que les dés sont largement lancés en France comme dans le monde, un tel processus de discussions sera-t-il en mesure de faire changer d’opinion les sceptiques qui sont légions ?

De quoi sera-t-il question tout au long de ces débats ? De technique ou de politique ? On peut craindre que l’explication cache la forêt, la plupart des Français n’ayant jamais entendu parler de ces nanoobjets. Difficile de débattre sur un tsunami resté invisible. Les nanotechnologies – qui désignent les interventions sur la matière pour réarranger ses briques élémentaires ou atomes - déferlent en effet depuis dix ans sur le marché sans crier gare."


UN DÉBAT MORT-NÉ ?


Dimitri Granger, professionnel des relations publiques et blogueur sur Pr2Peer, blog consacré à “la communication corporate à l’âge de la mise en réseau des hommes et des idées” se demande quant à lui si, à peine lancé, le débat public ne serait pas mort-né :


"Si l’initiative semble louable et pleine de bonnes intentions, les objectifs paraissent un peu flous (et) on comprend assez rapidement que le débat est orienté dans un sens précis. Si l’internaute curieux souhaite s’informer et se faire un avis, le site du débat public propose une “base de connaissance” impressionnante de plusieurs centaines de pages entièrement consacrées à valoriser l’énorme potentiel des nanos et dans laquelle on trouve à peine … dix lignes sur les risques liés à ces technologies !


En réalité, et en dehors de toute considération sur le fond (risque/opportunité des nanos, principe de précaution/principe de réalité économique), il est clair que ce débat risque d’être mort-né, en tout cas sur le site officiel. Assez complexe pour freiner les ardeurs du grand public, ce "débat" sera trusté par deux blocs qui s’opposeront, souvent sans nuance, en copiant des argumentaires pré-existants."


On a ainsi vu, à Toulouse, des opposants au débat distribuer des tracts estampillés Pièces et mains d’oeuvre (tout en jurant ne pas connaître le collectif PMO), “simples citoyens” interrompant le débat et faisant évacuer la salle après y avoir jeter une bouteille d’ammoniac (voir le compte-rendu, désopilant, sur Nanostelia, et celui, en forme de dialogue de sourds, de deux opposants sur Nanomonde).


Le 15 octobre dernier, jour du lancement de la consultation, un "community manager" de la société I&E Consultants, spécialisée dans les stratégies d'opinion et chargée d’organiser le débat public, proposait aux lecteurs d’Agoravox d’y contribuer, afin de "couvrir les réunions publiques qui se dérouleront près de chez vous (et) faire connaître votre avis et vos arguments".


Quinze jours plus tard, le “média citoyen” ne répertorie qu’une seule contribution évoquant les nanotechnologies, et pas sûr qu’elle calme ou tempère le débat : il s’agit en effet d’un panorama des programmes et investissements militaires en faveur des nanotechnologies. Et l’on y apprend entre autres qu’aux Etats-Unis le ministère de la défense est le principal bénéficiaire du programme national de développement des nanotechnologies : près du quart de ses fonds étant orienté vers la recherche de défense…

 

Source: blog.bioethics.net


QUAND LE DÉBAT CRÉE... DU MANQUE


En attendant de savoir ce que cette consultation entraînera (ou pas) en terme de débats, de gouvernance, de pistes de réflexions et d’actions, il est intéressant de voir ce qui, dans un autre pays - en l’occurrence, le Royaume-Uni - s’est passé (ou pas) suite à ce type de débat public.

Le Responsible Nano Forum, qui prône "une utilisation responsable de la nanotechnologie pour le bénéfice de la société" et réunit plusieurs autres réseaux de recherche impliqués dans les enjeux sanitaires et sociaux des nanos (PEN, SafeNano, SnIRC…), a ainsi proposé à 28 experts anglo-saxons de faire le point sur les "opportunités et incertitudes liées à la nanoscience et aux nanotechnologies".


Le titre du rapport (.pdf), "5 years on - a beacon or just a landmark ? (5 ans après - un phare, ou juste une balise ?)" témoigne de ce que la plupart des questions posées à l’époque restent encore en suspens.


Les experts consultés se félicitent de la prise de conscience des questions et risques associés aux "nano"(matériaux & technologies), qui ne peut plus être contestés. A contrario, ils déplorent également, quasi unanimement, le manque de transparence des entreprises, le manque d’informations et de recherches sur les risques associés, mais aussi le manque de volonté des responsables politiques de les financer, en dépit, pourtant, d’une pléthore de consultations publiques et rapports qui, tous ou presque, relèvent précisément… ces mêmes manques.


Comme si le fait de parler des nanotechnologies se traduisait bien plus en discours, recommandations et propositions qu’en actes concrets et mesures d’(auto)régulations. Dans le même temps, plusieurs des auteurs constatent que les industriels n’ont toujours pas "tiré les leçons des OGM" : sans transparence, il est impossible d’avoir confiance !


OGM, GELÉE GRISE... LE SCÉNARIO CATASTROPHE


En 2004, la Royal Society (l’académie des sciences britannique) et la Royal Academy of Engineering (qui fédère, elle, les ingénieurs) publiaient un rapport conjoint, Nanoscience et nanotechnologies : opportunités et incertitudes, qui allait faire date.


Anthony Seaton, professeur de médecine du travail et de l’environnement à l’Université d’Aberdeen et qui en fut l’un des auteurs, rappelle la perception que s’en faisaient les gens : "à l’époque, le Prince Charles avait apposé son sceau royal sur les craintes d’une planète menacée par la gelée grise", du nom donné à ce scénario catastrophe popularisé dans le roman de science-fiction "La proie" de Michael Crichton, où l’on voyait des nanomachines autorépliquantes finir par absorber notre monde…

"Des groupes de pression environnementaux attisaient les peurs sur les risques qu’encouraient tant les humains que l’environnement. Certains signes laissaient penser que le combat pourrait sérieusement entrâver le développement des nanotechnologies, comme cela était arrivé pour les modifications génétiques; certains en appelaient à un moratorium.


Et puis le rapport a été publié, il a été bien accueilli tant par le gouvernement que par la société ; les principaux motifs d’anxiété du public et des chercheurs ont été calmés et le développement commercial a repris à un rythme soutenu."


On aurait tort, pourtant, de lire dans cette introduction une charge contre ceux qui s’inquiétaient, ou qui s’inquièteraient encore, des risques associés aux nanotechnologies : "je pense que l’effet le plus important et immédiat du rapport tenait au fait que nous reconnaissions des dangers potentiels, et que nous identifions les domaines nécessitant plus d’investigation".


Le rapport de 2004 contribua en effet à révéler les liens entre nanoparticules et pollution de l’air d’une part, d’autre part que les nanotubes de carbone avaient une configuration similaire à celle des fibres d’amiante, et qu’ils pourraient s’avérer aussi nocifs. De plus, une bonne partie de ses recommandations portaient sur les risques sanitaires, et les enjeux en terme de régulation, ce qui incita notamment l’Union Européenne à financer plusieurs programmes de recherche axés sur les risques et dangers posés par les nano.


Andrew Maynard, conseiller scientifique du Project on Emerging Nanotechnologies (PEN) et de nombreux autres organismes (dont le Responsible Nano Forum), rappelle ainsi à quel point ce rapport a pu faire autorité, parce qu’il était scientifiquement fondé, qu’il envisageait les aspects tant sociaux, économiques que politiques, et qu’il expliquait, avec “la voix de la raison“, qu’il était urgent de se pencher sur les problèmes susceptibles de se poser, notamment, en terme de santé et d’environnement.


ATTENTION : MATÉRIAUX SIMILAIRES À L'AMIANTE


Pourtant, note Maynard, depuis cinq ans, on ne compte plus les discussions, ateliers, rapports et autres consultations au sujet du développement responsable des nanotechnologies qui, pour la plupart, témoigne d’une vision semblant faire fi du rapport de 2004, “comme si le rapport avait servi de balise, et non de phare : tout le monde en a entendu parler mais personne ne prend le temps de le (re)lire.”


Maynard s’étonne ainsi de voir que les autorités britanniques décident de lancer une nouvelle consultation publique afin d’informer les citoyens sur sa stratégie, et de recueillir leurs avis, alors qu’il n’a toujours pas mis en oeuvre l’intégralité des propositions du rapport de 2004.

La conclusion du professeur Seaton est à ce titre plutôt inquiétante, lorsque l’on sait ce qui se vend, aujourd’hui, dans le commerce, et basés sur les nanotechnologies et qui, pour une bonne part, relève de compléments alimentaires, de produits cosmétiques, ou antibactériens.


Il explique en effet qu’il ne se risquera pas, en l’état, à ingérer des nanoparticules antibactériennes (qui pourraient endommager nos systèmes digestifs), pas plus qu’à utiliser d’aérosol contenant des nanoparticules (susceptibles d’endommager le coeur et les poumons), ou encore d’appliquer sur sa peau des produits cosmétiques ou crèmes solaires comportant des nanoparticules (à cause des risques d’allergies et de photosensibilisation) :


"En conclusion, j’exhorte les autorités en charge de la sécurité et de la santé à initier un audit et une analyse du cycle de vie de la fabrication et de l’utilisation des nanotubes afin de protéger ceux qui les fabriquent, et ceux qui en usent.

Si nécessaire, je mettrais un panneau d’indication : “Attention : utilisation de matériaux similaires à l’amiante".


Jean-Marc Manach


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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 10 2009 23:40

Le 15 octobre se tiendra à Strasbourg la première réunion d’un Débat public national sur les nanotechnologies. Unifiées à l’échelle de l’atome, la chimie, la biologie, la physique, l’informatique, la robotique, etc., s’entremêlent pour ouvrir des perspectives d’innovation vertigineuses. Certaines font miroiter des espoirs de traitements miraculeux contre le cancer, quand d’autres ont de quoi faire frémir : bombes miniatures, papillons transformés en drones vivants... (Source: Le Monde Diplomatique)


LE MONDE
09.10.09
Internetactu.net

Titre original:
Nanotechnologies : ce qui se vend



A l'approche du débat public national autour du développement et de la régulation des nanotechnologies, qui se déroulera du 15 octobre au 24 février, il nous a semblé intéressant de se pencher sur les produits qui, d'ores et déjà, incorporent des nanomatériaux, ou sont fabriqués au moyen de nanotechnologies.

Equipements sportifs, peintures, emballages, textiles… la base de données du Project on Emerging Nanotechnologies (PEN), une fondation américaine qui veut œuvrer à plus de transparence en matière de nanotechnologies, a franchi cet été le cap des mille produits vendus dans le commerce, soit une augmentation de 379 % depuis sa création en 2006 (voir le bilan que nous dressions à l'époque : 212 (nano)produits de consommation).


On y trouve 155 vêtements, 137 produits cosmétiques et 33 crèmes solaires, des shampoings, dentifrices, traitements capillaires, anti-douleurs ou contre l’acné… : 60 % d’entre eux relèvent des domaines de la santé et du bien-être.


Viennent ensuite les produits de ménage et d’entretien, ou pour le jardin : peintures, nettoyants, purificateurs d’air, dégraissants, anti-odeurs, oreillers et autres produits antibactériens, sacs à main et bagages imperméabilisés…


Les produits alimentaires arrivent en troisième position, avec un complément "bionique" (et aromatisé au café), un autre pour maigrir ou vivre plus longtemps, de la vitamine en spray, du chocolat light, ou encore cette "eau maternelle", filtrée au moyen de nanoparticules d'argent "sans traitements chimiques" et tout spécialement créée pour les mamans et leurs nouveaux-nés.

On y dénombre également 68 produits et accessoires utilisés dans le secteur automobile, essentiellement des revêtements extérieurs, destinés à lutter contre les effets de l'humidité, de l'érosion, ou des marques pouvant abîmer les carrosseries.


En cinquième position, les produits électroniques sont également assez bien représentés, et constituent une bonne partie du chiffre d'affaires des "nanos", avec la mémoire de l'iPod et la batterie de l'iPhone, toutes deux fabriquées par Samsung, les processeurs Intel Core 2 Duo, la puce IBM de la Xbox 360, les écrans OLED, et même un téléphone mobile antibactérien…

Au rayon enfants, on trouve une tétine, un biberon, une brosse à dents, et même des nounours antibactériens.


Nos amis les animaux ne sont pas en reste ; ils peuvent en effet se voir offrir un lit intelligent, imperméable, antibactérien et à la pointe de la technologie puisqu'il reste "naturellement propre" et sans odeur, un shampoing désodorisant, un spray pour restaurer le pH neutre de leur peau, ou encore un collier antiaboiement qui envoie une "correction" électrique à chaque fois que votre chien aboie…


En 2007, le marché des produits incorporant des nanomatériaux était estimé à 147 milliards de dollars, et pourrait, d'après le PEN, atteindre les 3 100 milliards en 2012. Si le marché est, pour l'instant, dominé par l'industrie chimique, cette dernière pourrait d'ici là être supplantée par les industries pharmaceutiques et cosmétiques.


540 de ces produits viennent des USA, 240 de l'Asie du Sud-Est, et 154 d'Europe, dont 17 de France (deux raquettes de tennis, quinze parfums et produits cosmétiques).


Le PEN a également publié, en juin 2009, une carte des 1200 entreprises, universités et laboratoires qui, aux Etats-Unis, travaillent au développement et à la commercialisation des nanotechnologies.


Malheureusement, note le bureau européen de l'environnement (EEB, qui se présente comme "la voix environnementale des Européens", et qui fédère plus de 140 ONG dans 31 pays) dans un rapport consacré à l'impact sanitaire et environnemental des nanomatériaux, on ne dispose pas, en Europe, d'information claire sur ce qui est produit ou testé par qui, où, ni en quelle quantité.


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Samedi 3 octobre 2009 6 03 10 2009 19:37
Univers-Nature
29 septembre 2009

par Cécile Cassier



Source:thereadingroom

Technologie capable de manipuler la matière à des échelles infinitésimales, équivalant au milliardième de mètre (1), la nanotechnologie ne cesse d’être plébiscitée comme la révolution technologique de ce siècle. Il est vrai que, grâce à ses techniques de miniaturisation, elle octroie aux nanostructures des propriétés remarquables, à l’image d’effets de superplasticité et de déformation, qui en font un allié de poids dans des domaines aussi variés que l’électronique, l’industrie pharmaceutique, la cosmétologie, l’agroalimentaire ou encore l’habillement. Toutefois, pour prometteuse que soit cette technologie révolutionnaire, elle soulève de plus en plus de questions quant à un potentiel impact sur la santé humaine.


Pour apaiser les craintes grandissantes du public face à la course contre la montre que le gouvernement entend mener en faveur du développement des nanotechnologies, la CNDP (2) a été commanditée afin d’organiser une « tournée participative » ouverte au public. Constitué de 17 réunions thématiques réparties sur l’ensemble de la France (3), ce débat public doit s’ouvrir le 15 octobre prochain à Strasbourg pour se clore le 23 février 2010 à Paris.

Toutefois, pour le collectif Pièces et Main d’œuvre (
http://www.piecesetmaindoeuvre.com
)
, composé de « citoyens grenoblois », cet espace de consultation publique n’est qu’un leurre destiné à mieux faire passer la « pilule ». Pour contrebalancer cette initiative visant à « épuiser les opposants dans de stériles échanges », le collectif a lancé un site intitulé « Aujourd’hui, le nanomonde » (4 link)

). Y sont disponibles des informations relatives à la nanotechnologie, notamment des publications et des rapports parus sur cette thématique, ainsi qu’un agenda des actions prévues.


Notes
1- En comparaison, le milliardième de mètre est 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu.
2- Commission Particulière du Débat Public nanotechnologies.
3- Strasbourg - 15 octobre - Gouvernance européenne
Toulouse - 20 octobre - Cycle de vie des produits nanostructurés et protection de l'environnement
Orléans - 27 octobre - Nanotechnologies et protection des consommateurs
Bordeaux - 3 novembre - Process industriels/ Nanotechnologies et protection des travailleurs
Clermont-ferrand - 10 novembre - Nanoparticules et pollution atmosphérique
Lille - 17 novembre - Nanotechnologies et textile
Besançon - 24 novembre - Nanotechnologies et compétitivité
Grenoble - 1ER décembre - Informatique et libertés individuelles
Caen - 8 décembre - Matériaux de construction et applications multi-usages
Metz - 15 décembre - Habitat et énergie
Rennes - 5 janvier - Nanotechnologie et Sécurité alimentaire
Lyon - 12 janvier - Nanoparticules dans l'organisme. Etudes sur la toxicité
Marseille - 19 janvier - Sécurité intérieure et défense nationale
Orsay - 26 janvier - Recherche et développement industriel. Convergence nanotechnologies
Montpellier - 9 février - Protection de l'environnement.
Nantes - 16 février - Nouveaux matériaux pour les biens d'équipement
Paris - 23 février - Ethique et Gouvernance
4- Le site accessible à l’adresse suivante : www.nanomonde.org
Cf. pour plus d’informations se référer au dossier « Nanotechnologies : Un très petit monde pour de gros enjeux » disponible dans le n° 21 d’Echo Nature (septembre / octobre 2008).

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Vendredi 7 août 2009 5 07 08 2009 21:46

Planetenonviolence

Appréciée pour ses propriétés anti-bactériennes et anti-mauvaises odeurs, la nano particule d’argent devient une attraction célèbre dans une gamme de produits allant des soquettes aux bandages, jusqu’aux machines à laver. Mais, alors que les bienfaits de l’argent la propulsent sur le devant de la scène des nanomatériaux utilisés dans les biens de consommation, des scientifiques recommandent qu’on fasse un examen approfondi des conséquences sur la santé et l’environnement de la nano particule d’argent



« Le grand public a besoin de savoir qu’il y a des risques inconnus associés aux produits qu’ils achètent contenant des nano matériaux » ont dit les chercheurs Paul Westerhoff et Troy M. Benn dans un rapport prévu pour le 235 ème anniversaire de la American Chemical Society ( ACS – Société Américaine de Chimie)

Westerhoff et Benn rapportent qu’un lavage ordinaire peut diluer des quantités substantielles de nano particules d’argent des soquettes imprégnées de ce matériau. Les chercheurs de l’état d’Arizona ont émis l’hypothèse que les particules, prévues pour chasser les odeurs de pieds, pourraient se déplacer à l’intérieur d’un système d’évacuation d’eaux usées et pénétrer des sources naturelles d’eau où elles pourraient avoir des effets non désirés sur les organismes aquatiques vivant dans l’eau et éventuellement sur les humains aussi.

« C’est le premier rapport qui étudie la diffusion d’argent à partir de ce type de vêtement » selon les auteurs.

Derrières ces inquiétudes, une expérimentation très simple. Benn et Westerhoff ont acheté 6 paires de soquettes anti odeurs de marques connues imprégnées de nano particules d’argent. Ils les ont immergées dans une bassine contenant de l’eau distillée à température ambiante, ont secoué leur contenu pendant une heure et testé l’eau sur deux types d’argent- la forme dangereuse « ionique » et celle moins étudiée de nano particule.

« Nous avons constaté que différentes soquettes libéraient de l’argent à des taux variables, suggérant qu’il pourrait y avoir un processus de fabrication qui conserverait mieux l’argent dans les socquettes » a dit Benn. « Certains tissus de soquettes libèrent de l’argent dés les premiers lavages, d’autres le libèrent graduellement. Certains n’ont libéré aucun argent. » Les chercheurs présenteront les marques spécifiques qu’ils ont étudiées devant l’ACS.

Si une quantité suffisante de nano particules s’échappe de ces socquettes jusque dans les systèmes de traitement des eaux usées et s’infiltre dans les lacs, rivières et fleuves voisins, cela pourrait endommager les écosystèmes aquatiques, a dit Benn. La forme dissoute de l’argent ionique n’attaque pas seulement les bactéries à l’origine des mauvaises odeurs. Elle peut aussi détourner des processus chimiques essentiels pour la vie d’autres microbes et animaux aquatiques.

« Si vous commencez à libérer de l’argent ionique, c’est nuisible pour toute la biote aquatique. Une fois que les ions argent pénètrent dans les branchies du poisson, c’est un tueur particulièrement efficace » a dit Benn. L’argent ionique n’est toxique pour les humains qu’à des taux très élevés. « La toxicité des nano particules reste à déterminer » a dit Westerhoff.

Ils espèrent déclancher un examen plus large des conséquences sur la santé et l’environnement à cause de l’utilisation de nano matériaux, de même que développer la prise de conscience du rôle des nano particules dans le quotidien des consommateurs.

Historiquement, l’argent a été utilisé depuis l’époque romaine, tandis que sous sa forme de nano particule elle est seulement apparue récemment dans les produits de consommation. Mis à part dans les soquettes, on en trouve aussi dans certains bandages des vêtements de sport et des produits d’entretien. Benn pense que la plupart des consommateurs ne sont pas au courant de ces nano additifs.

« J’ai parlé avec beaucoup de personnes qui ne connaissent pas obligatoirement ce que sont les nano technologies mais ils achètent des produits contenant des nano particules. Si les consommateurs ne sont pas au courant des conséquences négatives sur l’environnement que peut avoir l’utilisation de ces nano matériaux , ils ne peuvent pas prendre une décision en connaissance de cause lorsqu’ils achètent un produit contenant des nano particules » a dit Benn.

C’est pour cela que les chercheurs suggèrent une amélioration de l’étiquetage. Westerhoff propose que les étiquettes de vêtements se présentent avec, comme au dos des paquets alimentaires, une liste complète des « ingrédients » tel que le nano argent.

Westerhoof et Benn projettent d’étendre leurs expérimentations à d’autres produits de consommation contenant des nano matériaux. Ils espèrent trouver le moment dans chaque cycle de vie du produit où peuvent être libérées les nano particules dans l’environnement, de même qu’ils espèrent développer une meilleure détection des méthodes d’authentification des nano particules dans des échantillons d’eau et d’air.

« De notre travail il ressort que les groupes de consommateurs ont besoin de commencer à réfléchir sur ces choses là »

« Devrait-il y avoir d’autres normes pour ces produits ? »

Sources

AzoNano 07/04/08

Publié sur Global Research Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org

http://www.planetenonviolence.org/Frayeur-des-Scientifiques-Face-a-l-Utilisation-Banalisee-des-Nano-Technologies-et-des-Nano-Particules-dans-les-Produits_a1545.html

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Samedi 5 juillet 2008 6 05 07 2008 05:20

Source: Jean Dornac dans Altermonde


Par Christian Berdot

 

Les nanotechnologies sont des techniques de modification de la matière au niveau des atomes et des molécules. Elles ont des applications dans TOUS les domaines industriels et technologiques, et touchent aussi bien la matière inerte que la matière vivante.

 

 

 


Source: www.notre-planete.info



Après leur rapport sur les nanotechnologies dans les produits cosmétiques, les Amis de la Terre / Friends of the Earthdans l’alimentation et l’agriculture. publient de nouveau un rapport, cette fois sur les produits nanotechnologiques


Avec ce nouveau rapport, nous souhaitons informer les citoyens et faire bouger les responsables politiques. Le laisser-faire actuel est inacceptable.


Vous trouverez dans cet article :


- notre communiqué de presse ;
- le résumé ;
- la liste des preuves expérimentales de la toxicité de certains nano-produits présents dans les aliments ;
- la traduction de certains chapitres du rapport.


Ensuite vous pouvez trouver le rapport complet en anglais sur le site des Amis de la Terre / Friends of the Earth Europe à l’adresse suivante : www.foeeurope.org


- Page 54, liste des nano-produits en agriculture ;
- Page 55, liste des nano-produits dans les emballages ;
- pages 56, 57, liste des nano-produits dans les équipements de cuisine ;
- page 58, listes des nano-produits dans les boissons et les additifs ;
- page 59, 60 liste des nano-produits dans les compléments alimentaires / alicaments


Le communiqué de presse



Les nanotechnologies ou la chronique d’une invasion programmée


Bruxelles – Montreuil le 11 mars 2008 - Les Amis de la Terre Europe publient aujourd’hui un rapport dans lequel on apprend que des produits nanométriques non testés et potentiellement dangereux peuvent être trouvés, partout en Europe, dans les aliments, les emballages alimentaires et d’autres produits des rayons de supermarchés.


« Nanotechnologies » est le nom donné aux techniques de manipulations de la matière au niveau de l’atome et des molécules. Elles sont utilisées pour la fabrication de compléments nutritifs, de films plastiques alimentaires, d’emballages, de récipients, d’outils de cuisine antibactériens, mais aussi pour la transformation de la viande. On en trouve également dans l’agriculture, dans des boissons chocolatées, et même dans des produits pour bébés. Malgré les craintes que soulèvent les nano-matériaux à cause de leurs risques de toxicité, les citoyens en consomment déjà, des ouvriers les manipulent sans aucune protection et les législateurs sont à la traîne d’une industrie en pleine expansion [1]. En effet, les Amis de la Terre-Europe révèlent dans leur rapport «  Du Labo, dans nos assiettes : les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture  » qu’il existe au moins 104 produits agricoles et alimentaires contenant des nanomatériaux - ou fabriqués par nanotechnologie - en vente actuellement dans l’Union européenne, plusieurs centaines de ces produits étant même en vente sur le marché mondial.


Dans l’Union européenne, comme ailleurs, les règlements et les lois sont totalement inadaptés aux propriétés particulières des nano-matériaux. Les Amis de la Terre-France s’associent à la demande de leurs collègues européens pour que les responsables politiques de l’Union européenne mettent enfin en place une législation complète et réellement basée sur le principe de précaution, pour protéger les citoyens et l’environnement. Nous demandons aussi que l’Union Européenne favorise les agricultures biologiques et paysannes, seules garantes de la protection des citoyens et de l’environnement.


Pour Helen Holder, coordinatrice de la campagne « Alimentation et Agriculture » des Amis de la Terre-Europe : « Il est choquant que les citoyens européens puissent être exposés à des produits potentiellement toxiques, présents dans les aliments ou les emballages alimentaires sans qu’aucune règlementation n’assure leur sécurité. Les responsables politiques doivent arrêter de nous dire que les règlements actuels suffisent et doivent combler de toute urgence les lacunes règlementaires. »


Pour Christian Berdot des Amis de la Terre-France : « D’un côté, on étouffe les petits producteurs avec des règlements sanitaires toujours plus tatillons et coûteux, de l’autre les industriels ont toute latitude pour mettre en danger la santé des citoyens avec des produits potentiellement toxiques sans que le moindre étiquetage, la moindre règlementation ne soient mise en place. Comme pour les OGM, on commercialise d’abord et on fera les études après, l’intérêt des industriels passe avant la protection des citoyens et de l’environnement. »


Résumé, en français, du rapport



« Du Labo, dans nos assiettes : les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture »


Rapport préparé par les Amis de la Terre-Australie, Europe et Etats-Unis avec le soutien des Amis de la Terre-Allemagne (Mars 2008)


Des produits créés à l’aide des nanotechnologies sont en train de contaminer la chaîne alimentaire et ce, en l’absence de tout étiquetage obligatoire, de tout débat public ou de la moindre règlementation. Les nano-particules fabriquées, les nano-émulsions et les nano-capsules se retrouvent dans les pesticides agricoles, les aliments confectionnés industriellement, les emballages alimentaires et les matériaux en contact avec les aliments y compris les récipients de stockage, la coutellerie et les planches à couper. Les Amis de la Terre ont repéré 106 de ces produits actuellement en vente, mais nous pensons qu’il ne s’agit que d’une petite fraction des produits déjà commercialisés.


On définit provisoirement les nanotechnologies comme le domaine relatif aux matériaux, systèmes et process qui opèrent à une échelle de 100 nanomètres (nm) ou moins. Cela inclut la manipulation de matériaux et la création de structures et systèmes à l’échelle de l’atome et des molécules, l’échelle nano. Les propriétés et les effets des particules à l’échelle nano sont très différents de celles de particules de même composition chimique mais de taille plus grande. Les nano-particules peuvent être plus réactives chimiquement et plus bioactives que de grandes particules. Du fait de leur très petite taille, elles peuvent aussi pénétrer beaucoup plus facilement dans nos corps que des particules plus grandes et dans les cellules, les tissus et nos organes. Ces nouvelles propriétés offrent de nombreuses possibilités nouvelles pour des applications dans l’industrie alimentaire comme, des additifs nutritifs puissants, des colorants et des agents de saveur plus forts ou des composants antibactériens pour les emballages alimentaires.


Le nombre d’études scientifiques qui démontrent que certains des nano-matériaux actuellement utilisés dans les aliments et les produits agricoles entraînent de nouveaux risques pour la santé et l’environnement est en forte augmentation. Il a été prouvé par exemple, que les nano-particules d’argent, de dioxyde de titane, de zinc ou d’oxyde de zinc - matériaux actuellement utilisés dans des compléments alimentaires, des emballages alimentaires et des matériaux en contact avec les aliments – sont hautement toxiques pour les cellules dans des tests in vitro. Des études environnementales récentes laissent penser aussi que ces substances peuvent être toxiques pour des espèces écologiquement importantes comme les puces d’eau. Malgré tout cela, il n’y a pour l’instant aucune réglementation particulière pour les nanotechnologies, ni aucun test exigé avant que des nano-matériaux soient utilisés dans les aliments, les emballages ou les produits agricoles.


Des études d’opinion montrent que face à l’ignorance scientifique quant aux risques que représentent les nano-matériaux dans les additifs alimentaires, les ingrédients et les emballages, les gens ne veulent pas manger de nano-aliments. Mais comme aucun règlement n’exige que les nano-produits présents dans l’alimentation ne soient étiquetés nous n’avons strictement aucun moyen pour choisir une alimentation sans nano-produit.


D’une manière plus générale, les nanotechnologies menacent aussi le développement d’une agriculture et de modes d’alimentation durables. Bien que les ventes globales de produits bio et la production de ces mêmes produits connaissent une croissance continue, les nanotechnologies risquent de renforcer la dépendance de l’agriculture à des techniques basées sur la chimie et une forte consommation d’énergie. Alors que sur fond de changements climatiques, il y va de l’intérêt général de réduire les distances entre consommateurs et producteurs, les nanotechnologies vont servir à promouvoir les transports de produits frais ou transformés sur des distances encore plus grandes. Il est à craindre que les nanotechnologies n’accentuent encore le contrôle des grandes entreprises multinationales sur l’agriculture mondiale et les systèmes alimentaires et réduisent encore le pouvoir des paysans à contrôler eux-mêmes, localement, la production alimentaire.


Les risques environnementaux et sanitaires graves et les conséquences sociales liés aux nanotechnologies dans l’agriculture amènent les Amis de la Terre / Friends of the Earth d’Australie, d’Europe, et des Etats-Unis à exiger :


Qu’un moratoire soit mis en place sur toute commercialisation de produits alimentaires, d’emballages alimentaires, de matériaux en contact avec les aliments ou d’agrotoxiques (produits phytosanitaires) contenant des nanomatériaux fabriqués, tant que des réglementations encadrant spécifiquement les nanotechnologies n’auront pas été mises en place et que les citoyens n’auront pas été activement impliqués dans les prises de décision.


Des réglementations spécifiques aux nanotechnologies doivent garantir que :


- Les nanomatériaux sont réglementés en tant que nouvelles substances


- Tout nanomatériau fabriqué à dessein doit être l’objet de nouvelles études de risque en tant que substance nouvelle, même si les propriétés de ses homologues à grandes particules sont connues.


- Tout nanomatériau fabriqué à dessein doit être l’objet d’études spécifiquement conçues pour les nanotechnologies et visant à évaluer les conséquences sur la santé et l’environnement ; avant toute autorisation de commercialisation pour des usages dans l’alimentation, l’emballage alimentaire, les produits en contacts avec les aliments ou les applications agricoles, il doit être démontré aussi que ce matériau ne pose aucun problème.


La définition basée sur la taille est revue à la hausse


- Toutes les particules mesurant jusqu’à 300 nm doivent être considérées comme des « nanomatériaux » dans les études de risques pour la santé et l’environnement, étant donné qu’il est prouvé qu’elles posent des problèmes sanitaires semblables à ceux que posent des particules de moins de 100 nm, définies comme nano-particules.


Transparence dans les études de risque et étiquetage des produits


- Toutes les données importantes en lien avec les études de risques et les méthodes utilisées sont du domaine public.


- Tout nano-ingrédient fabriqué est indiqué clairement sur l’étiquette du produit pour permettre à tout citoyen d’être informé lors de son choix.


Nous demandons aussi que :


- Les citoyens sont impliqués dans les prises de décision

- Les citoyens, y compris tout groupe, partie prenante concernée, doit être impliqué dans tous les aspects de la prise de décision concernant les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture. Cela inclut le développement de cadres réglementaires, de règles d’étiquetage et la priorité donnée à ce que des fonds publics financent la recherche en alimentation et agriculture. Le droit des citoyens à refuser les nano-aliments doit être explicitement reconnu.

- L’agriculture et l’alimentation bio et paysannes sont soutenues

- La demande de la société pour une agriculture et une alimentation durables doit être un élément important dans l’évaluation des nanotechnologies dans l’agriculture et l’alimentation, et dans le processus de décision.


Pour tout renseignement Amis de la Terre-France - france@amisdelaterre.org
Tél : 01 48 51 32 22


11 mars 2008


Suite: http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article6120#forum1762   

Articles sur les nanotechnologies sur internationalnews:

Nanotechnologies

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Mercredi 12 mars 2008 3 12 03 2008 08:05
HORIZONS ET DEBATS

11 mars 2008

par Yvonne Rappo1

  

Envie de «nano»?

LAB-imrcp-gmicel.jpg Photo: edchimie.ups-tlse.fr

La nanotechnologie est une technique duale classique. Ses applications militaires et civiles ne sont guère distinctes. Dans le domaine alimentaire, elle rend possible des choses qui font penser au monde de la science-fiction. Ainsi, on pourra sans doute dans un proche avenir, en appuyant sur un bouton, transformer une «nanopizza multisaveurs» en margherita, prosciutto e funghi ou quattro stagioni selon que le four à micro-ondes sera réglé sur 400, 800 ou 1600 watt. Les nanocapsules qui contiennent les saveurs et les colorants sont libérées à des températures différentes, si bien que les pizzas auront des couleurs et des goûts différents.


Qu’est-ce que la nanotechnologie?

 Une partie de la nanotechnologie s’intéresse aux nanoparticules. Le diamètre de ces particules est inférieur à 100 nanomètres (1 nano­mètre = 1 milliardième de mètre). Les particules de cet ordre de grandeur ont des propriétés chimiques et physiques différentes de celles des particules plus grosses de même composition chimique. Voici quelques exemples de propriétés physiques différentes: apparition de magnétisme, de conductibilité électrique, modifications de couleur (p. ex. les nanoparticules d’or sont rouges). Plus les particules d’une matière sont petites, plus grand est le rapport entre la surface et le volume. Cette surface gigantesque entraîne une plus grande réactivité. La création de ces nanoparticules donne aux matières des propriétés toutes nouvelles qu’on ne rencontre pas dans la nature et dont les effets sur les hommes, les animaux et l’environnement sont encore problématiques.

Ainsi une étude de l’université de Rochester sur des souris a montré que l’exposition à des grosses particules de téflon provoquait certes chez ces animaux des réactions morbides mais qu’ils s’en remettaient assez bien après un certain temps. Mais exposées pendant 15 minutes seulement à des nanoparticules de téflon de 20 nanomètres, toutes les souris mouraient au bout de 4 heures. La toxicité des nanoparticules réside probablement dans leur petite taille.2

On peut comparer à différents égards la nanotechnologie au génie génétique: ils interviennent tous les deux dans des processus vitaux. On présente la nanotechnologie comme la technologie-clé du XXIe siècle et on prétend qu’elle révolutionnera notre alimentation. L’idée d’une alimentation réduite à des pilules d’astronautes qui nous faisait sourire dans notre jeunesse menace de devenir réalité.

 

Frites au ketchup au dioxyde de silicium ou mousse au chocolat au dioxyde de titane?


Il existe déjà des aliments et des emballages de la nanogénération bien qu’il n’y ait jamais eu de débat sur la question. On enferme déjà des colorants, des arômes et des vitamines naturels dans des nanocapsules que l’on mélange à des boissons. On ajoute artificiellement des nanoparticules à des aliments: ainsi certaines variétés de ketchup contiennent du dioxyde de silicium, ce qui les rend plus épaísses. On ajoute aux vinaigrettes du dioxyde de titane comme agent blanchissant et les silicates d’aluminium sont censés empêcher l’agglutination des aliments en poudre.3


Les nanoparticules peuvent notamment influencer la consistance, la couleur, le goût ou l’apparence des aliments ou prolonger leur durée de conservation. Ainsi le blanchiment gras à la surface du chocolat pose un problème. Les fabricants de confiseries doivent souvent stocker leurs produits assez longtemps. Or le chocolat (bonbons, tablettes, etc.) est très sensible aux variations de température, si bien que les fabricants sont contraints de veiller à des conditions de stockage bien précises pour pouvoir offrir aux consommateurs un chocolat d’excellente qualité. Comme tout est plus cher dans l’économie néolibérale, on dépose sur la surface du chocolat des particules de dioxyde de titane qui ne sont visibles qu’au microscope. On évite ainsi l’apparition du blanchiment gras. Le groupe alimentaire américain Mars a fait breveter son invention nanotechnologique en 2003. Jusqu’ici, on connaissait l’utilisation des nanoparticules de dioxyde de titane dans les crèmes solaires. Que les aliments, par exemple le chocolat, doivent garder une éternelle jeunesse est un fait nouveau.4

Proche avenir

 

La date de péremption des aliments pourra bientôt être facilement reconnue même sans lunettes grâce à d’inquiétants changements de couleurs. Grâce à un «nanoindicateur», l’emballage deviendra subitement rouge si le lait est tourné, la viande de poulet deviendra bleue si la date de consommation est dépassée ou si l’emballage n’est plus imperméable.

 

Des risques inconnus?

 

Lorsque des fabricants introduisent de manière ciblée des nanoparticules dans des aliments, des produits de beauté ou des médicaments, ces particules entrent en contact avec la peau ou le système digestif. Dans l’état actuel de la recherche, les risques sont considérables. Les nanoparticules exogènes peuvent pénétrer dans des couches de tissus inaccessibles aux plus grosses particules. Combien de temps y restent-elles et quels sont leurs effets? On ne connaît pas non plus l’effet des nanoparticules sur le cerveau. Comme elles sont minuscules, elles peuvent passer la barrière hémato-encéphalique qui n’est en principe pas facile à franchir. On sait encore peu de choses sur les effets des substances étrangères non solubles. On a des raisons de penser qu’elles peuvent provoquer des modifications inflammatoires.

Il existe également quelques études scientifiques animales sur ces effets. Il y a deux ans, des essais ont fait grand bruit: on a constaté que des nanoparticules de carbone appelées «buckyballs» (euphémisme pour Buckminsterfullarènes) endommageaient le cerveau de certains poissons. Des dommages aux poumons ont également été observés dans des études animales. De petits tubes de carbone, les nanotubes, peuvent, après avoir été inhalés, rester dans les poumons et s’y agglutiner. Des expériences sur des rats ont montré que ces agrégats était suffisamment gros pour boucher les bronches. On connaît depuis longtemps des effets semblables provoqués par l’amiante. Certes, les nanotubes sont 1000 fois plus petits que les fibres d’amiante, mais dans des expériences de l’EMPA (institut suisse de recherches en sciences des matériaux et en technologie), ils s’agglutinaient pour former de grosses aiguilles et ressemblaient par leur aspect et leur toxicité aux fibres d’amiante. Ils se sont révélés particulièrement dommageables pour les cellules. Aussi les nanotubes s’avèrent-ils extrêmement problématiques d’un point de vue toxicologique. 5

 

Pas de quoi fouetter un chat?  Qu’en pensent les assurances?

 

Connaissant les risques, comme pour l’énergie nucléaire ou le génie génétique, les assurances craignent des dommages imprévisibles de grande ampleur qu’elles ne sont pas prêtes à couvrir sans restrictions. Contrairement aux déclarations euphoriques de l’économie, la compagnie de réassurance Swiss Re évalue sans doute les risques de manière réaliste. En 2004 a paru son rapport sceptique très remarqué intitulé Nanotechnology: small matter, many unknowns (Zurich, 2004). L’un des plus gros réassureurs du monde y parvient à la conclusion que les nanotubes pourraient avoir les mêmes effets que l’amiante sur la santé humaine. Il recommande aux assurances de limiter la responsabilité en matière de risques dus à la nanotechnologie. Cette recommandation, qui rappelle celle faite en matière d’énergie nucléaire et de génie génétique, laisse fortement penser qu’il y a là pas mal de choses qui clochent.

 

Enormes profits en perspective!

 

Malgré ces mises en garde contre une technologie dangereuse, les grands groupes investissent des sommes énormes, et justement dans l’alimentaire. Des pronostics audacieux prévoient pour les nanoaliments un marché de 20 milliards de dollars d’ici à 2010 (alors qu’il n’était «que» de 2,6 milliards en 2003 et de plus de 7 milliards en 2006).

Le marché de l’ensemble de la nanotechnologie, qui concerne quelque 4000 firmes et instituts de recherches, devrait être de 1,13 billion d’euros.

Dans le monde entier, plus de ­200 sociétés s’occupent actuellement du développement de nanoaliments, avant tout aux USA, au Japon et en Chine et de plus en plus également en Europe. Les pionniers du secteur sont Heinz, Nestlé, Hershey Food, Unilever et Keystone. Des firmes chimiques comme Henkel, Degussa et Bayer se sont proposées comme partenaires. Kraft a été le premier groupe industriel à mettre sur pied un laboratoire. Maintenant, le consortium Nanotek, créé également par Kraft et auquel participent 15 universités et instituts de recherches américains, s’occupent du développement de procédés nanotechnologiques pour le secteur alimentaire. (cf. Die Joghurtlüge, p. 169)

«D’ici à 2015 au plus tard, la nanotechnologie aura transformé profondément la fabrication d’aliments, de confiseries, de boissons, etc. On estime que le processus concernera 40% ou plus de la production. L’agriculture, premier fournisseur de matières premières, qui est très étroitement liée à l’industrie alimentaire, n’est pas épargnée par cette tendance. Syngenta, BASF, Bayer Cropscience et Monsanto ont depuis longtemps jeté leur dévolu sur cette technologie prometteuse. Certains tiennent l’influence de la nanotechnologie pour plus importante que la mécanisation ou la révolution verte avec ses substances agrochimiques et ses variétés à haut rendement.» (cf. Die Joghurtlüge, p. 170)

Les parallèles entre le génie génétique et la nanotechnologie sautent aux yeux. Leurs applications sont nombreuses, leurs risques prouvés. Ce qui manque encore, ce sont des recherches systématiques et il faut les exiger. Dans le domaine des nanoaliments, il n’existe même pas de directives de déclaration et de régulation. Aucun emballage ne doit signaler que l’aliment a subi une transformation nanotechnologique. On ne trouvera nulle part de termes comme «nanotechnologiquement modifié», «produit nano», etc.

On nous «vend» la nanotechnologie et le génie génétique comme des technologies-clés du XXIe siècle. Ces deux domaines ont en commun qu’ils suscitent un grand intérêt scientifique et commercial qui s’étend jusqu’au domaine militaire.

 

Et les consommateurs?

 

On ne cesse d’approvisionner les supermarchés en nanoproduits (aliments, produits d’entretien, cosmétiques, etc.) et malgré d’importantes réticences, le secteur se mure dans le silence. Pour ne pas entraver le développement du marché, on a jusqu’ici évité d’aborder publiquement le sujet ou on l’a présenté surtout positivement. On attend encore un large débat. Dans le domaine alimentaire tout particulièrement, les consommateurs réagissent de manière très sensible. Le refus catégorique des aliments génétiquement modifiés en est un exemple.

Les départements de relations publiques des grands groupes veulent empêcher les réactions négatives des consommateurs grâce à une meilleure communication et un meilleur marketing qui se focalisent sur les avantages de la nanotechnologie. On veut absolument éviter que la population ne refuse cette technologie comme elle le fait pour les OGM.

Mais cette stratégie ne réussit pas partout. Des scientifiques mettent en garde contre ces substances. Le groupe canadien ETC6 a demandé, en 2003, un moratoire sur les nanoproduits en raison des risques imprévisibles qui sont à craindre. Le 6 avril 2006, l’organisation a réaffirmé sa demande de moratoire aussi bien pour les nanoproduits que pour les recherches de laboratoire. Dans son rapport intitulé «Down on the Farm», elle a mis en garde contre le fait que l’éventuelle toxicité de nombreux nanoingrédients n’ait pas été étudiée. Le dioxyde de titane sous forme de micrograins est autorisé depuis les années 1960 en tant que colorant alimentaire. Or des études toxicologiques ont montré que les nanoparticules de dioxyde de titane peuvent provoquer des inflammations des tissus. «C’est ce qui rend l’utilisation des nanoparticules dans l’alimentation si inquiétante.»7

Greenpeace a également publié en 2003 une étude critique sur la nanotechnologie. Selon cette organisation, ce n’est que lorsqu’on sera fixé sur les risques actuellement difficiles à évaluer et que les craintes auront été écartées que les nanoproduits pourront être commercialisés.8

Comme pour le moment la présence de nanoparticules dans les produits n’est pas signalée, on ne peut pas savoir lesquels en contiennent. Peut-être sont-ils plus nombreux sur le marché qu’on ne le pense. Est-ce que nous le voulons?

Soit dit en passant: la nanotechnologie doit avant tout être développée de toute urgence pour permettre la construction de bombes nucléaires de quatrième génération. Historiquement, la nanotechnologie est une enfant des laboratoires d’armes nucléaires.9    •

1    L’auteure est spécialiste du commerce de détail et enseigne la connaissance des produits alimentaires
2    Günter Oberdörster, Toxicology of ultrafine particles: in vivo studies, Royal Society of London, 10/2000
3    Andrea Borowski, Süddeutsche Zeitung, 2/11/06
4    cf. Marita Vollborn, Vlad D. Georgescu, Die Joghurtlüge, (p. 169), Campus Verlag, 2006, ISBN 3-593-37958-9
5    TA Swiss, Informationsbroschüre Nano !Nanu ?, www.ta-swiss.ch
6    ETC = Experimental Technology Council
7    www.etcgroup.org/en/issues/nanotechnology.html
8    www.greenpeace.org.uk/f/MultimediaFiles/FullReport/5886.pdf
9    André Gsponer, From the Lab to the Battlefield? Nanotechnology and Fourth-Generation Nuclear Weapons, 2005


http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=779


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Dimanche 2 mars 2008 7 02 03 2008 15:43
Arthur Bruzzone/Comcast
14 mn 17 s - 23 nov. 2006
www.SFunscripted.com

Dr. Goldstein caused much stirring with his article in Salon.com on nanotechnology. A professor and practioner, he outlines his view of the potentials and dangers of the new technology. Including the possibility of 'animated robots', hybrid life forms created by man, but with possible self-direction. Brilliant and articulate, Dr. Goldstein rattles our views nanotechnology. 

Part I
Part II



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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 01 2008 10:41

GlobalResearch

nanotransistor1-f.jpg
Alert Over The March
of The ‘Grey Goo’
in Nanotechnology
Frankenfoods


A breed of Frankenfood is being introduced into human diet and cosmetics with potentially disastrous consequences, experts said last night.Academics, consumer groups and Government officials are warning that the arrival of nanotechnology threatens dangerous changes to the body and the environment.

 




The particles it uses are so small - 80,000 times thinner than a human hair - that they can pass through membranes protecting the brain or babies in the womb.

 

Nano health supplements, such as antioxidants, are already on the market while the first of hundreds of new foods are expected to arrive in the next 12 months.

 

However, the products are being introduced without any regulation or independent assessment to ensure they are safe - mirroring the controversy over the launch of GM foods ten years ago.

 

Some critics have talked of the threat of the creation of a “grey goo” of tiny particles with hidden harmful properties.

 

Prince Charles has said it would be “surprising” if the technology did not “offer similar upsets” to thalidomide - the morning sickness drug that caused children to be born with deformed limbs.

 

Professor Vicki Stone, Professor of Toxicology at Napier University in Edinburgh, is concerned about unforeseen side effects.

 

“We know very little about the ability of nanoparticles to move around the body, to accumulate or to be excreted, or their potential to cause toxic effects in organs,” she said.

 

However, nanotech advocates have remarkable claims for the technology. For example, foods are in development that are said to stave off the aging process.

 

On a more trivial level, they suggest it would be possible to create a fizzy drink that changes flavour according to the number of times the can is shaken.

 

Scroll down for more…

 

The consumer group Which? is about to launch a nanotech campaign arguing that consumers need to be consulted on the risks and benefits before it is too late.

 

The food and farming department Defra has published an independent report which admits there are serious gaps in safety data.

 

It warns: “There could be very significant implications for business and the wider community if potential risks are not identified and managed before any harm to the environment or human health may be done.”

0102 01

 

The report - Characterising the Risks Posed by Engineered Nanoparticles - states there is a shortage of research money.

 

It says the resulting absence of basic information about the particles means “it will be difficult or impossible to develop any general understanding of nanoparticle toxicology”.

 

The report adds: “Transfer across biological barriers - e.g. to the brain or foetus - should be studied. Research into how long these tiny particles persist in the body is urgently needed.”

 

It warns that work assessing human toxicology is being hamstrung by “profound difficulties in accessing relevant funding for these longer term projects”.

 

Research by Which? found six out of ten people (61 per cent) have never heard of nanotechnology.

 

Sue Davies of Which? said: “The benefits that nanotechnologies can offer consumers are really exciting.

 

‘But before the market is flooded with products, it’s crucial the Government addresses the lack of scientific understanding about how some nanoparticles behave.”

 

The European Food Safety Authority last year held a conference on the future of food.

 

Dr Donald Bruce, an expert on food and ethics, told delegates that the arrival of nanotech foods has many similarities with GM products.

 

US corporations attempted to introduce GM before an effective safety regime could be established.

 

“One of the things to ask is do we need the benefits claimed by the producers?’ he said. ‘Also there is the underlying notion that we are tampering with nature.”

 

Environment minister Phil Woolas admitted there were gaps in knowledge, but denied the Government was failing to provide enough research cash.

 

Tiny particles that have generated great hopes and growing concerns.

 

Nanotechnology involves using a substance in particles that are so small that the substance takes on new properties.

 

The name of the technology comes from the size of the particles - one nanometre in diameter - a millionth of a millimetre. Reduced to this size, materials can suddenly show very different and unexpected properties.

 

For example, an opaque substance such as copper becomes transparent, or an inert metal such as platinum becomes a catalyst and triggers chemical reactions.

 

Advocates argue that such particles can be organised to work together to deliver specific effects in a piece of equipment or in the human body.

 

They can be used to build miniature hard drives that have an immense memory, so allowing further miniaturisation and sophistication of products such as computers and mobile phones.

 

Washing machines have been developed that release silver nanoparticles that will kill bacteria in dirty washing.

 

Sun creams have been created so they become transparent rather than chalky white.

 

In medicine, it is claimed that nanotechnology will allow the creation of drugs that reach and treat a problem quickly.

 

Manufacturers are working on nanotech foods and supplements that are also designed to deliver specific health benefits.

 

Similarly, firms are working on developing anti-ageing foods, where nanotech particles associated with renewing the skin from the inside could be included in everyday products such as yoghurt, spreads or breakfast cereals.

 

The technology promises huge riches for firms which develop winning applications.

 

One of the first group of nanoparticles being utilised are fullerenes - tiny hollow carbon balls and tubes. They are very heat resistant, strong and conduct electricity.

 

The football-shaped C60 fullerene is being used in some anti-ageing products. The creams are said to reduce fine lines and firm the skin.

 

C60 has some antioxidant properties in that it kills the rogue chemicals which damage cells. However, a high dose can itself damage cells.

 

Some nano particles are known to mimic the harmful effects of asbestos on the lungs. Consequently, they have the potential to trigger lung cancer if inhaled.


Global Research Articles by Sean Poulter

www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=7723

 

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Lundi 5 novembre 2007 1 05 11 2007 20:23


Archives
Le monde Diplomatique
mars 2006

Par D. Benoit-Browaeys

Journaliste et présidente de VivAgora.



Photos:terresacree.org


Le mot « nano » est un sésame puissant et nébuleux. Quasi magique. Pourtant il est difficile de savoir exactement ce qu’il délimite. Désigne-t-il toute recherche et manipulation à l’échelle du nanomètre (un milliardième de mètre) ? Une vaste opération de marketing pour rebaptiser, sous la bannière attrayante des « frontières de l’infiniment petit », la physico-chimie des matériaux ? Ou encore un projet fédérateur alliant technosciences de la matière, de la vie, de l’information ? Toujours est-il que les nanomatériaux sont là, parmi nous, déjà commercialisés, sous forme de nanotubes de carbone, de nanolasers dans les lecteurs de DVD, de nanopuces pour le diagnostic biologique... On envisage des « usines moléculaires » avec convoyeurs, bras articulés, tapis roulants d’une taille cent mille fois plus petite que le diamètre d’un cheveu. Observer la matière et la travailler à l’échelle atomique constitue un horizon fascinant d’innovations prometteuses. Le rêve est bien de « refaire ce que la vie a fait, mais à notre façon », selon les termes du Prix Nobel de chimie 1987 Jean-Marie Lehn. Certains affirment même que la technique doit relayer l’évolution darwinienne pour prendre en main le destin de l’humanité... Mais l’enthousiasme se teinte d’angoisse quand certains visionnaires scientifiques, tel Eric Drexler, en viennent à craindre le pire : la perte de maîtrise des humains sur des nanorobots capables de se reproduire et de dévorer l’espace.

En fait, l’idée de manipuler les atomes, éléments constitutifs de la matière, est devenue réalité. Le microscope à effet tunnel (1), mis au point en 1982, a permis à la fois ce « zoom dans l’univers de l’atome » et l’« ingénierie lilliputienne », qui déplace les atomes à volonté. Les perspectives de « manufacture moléculaire » brossées par Eric Drexler dans Engines of creation (2) se sont ouvertes. On commence à fabriquer brouettes, aspirateurs, voitures moléculaires, transistors à un seul atome, ordinateurs quantiques (3), etc.

Autour de ce « cœur de métier » gravitent toutes sortes d’autres technologies, qui procèdent soit de la miniaturisation, soit, en partant cette fois « d’en bas », d’une réorganisation moléculaire à l’origine de propriétés physico-chimiques inédites. Alors qu’à l’échelle macroscopique l’effet collectif de millions d’atomes prédomine, en isolant des nano-objets, faits de seulement quelques atomes, des comportements particuliers peuvent se manifester : augmentation des surfaces d’échange (réactivité accrue), résistance mécanique, fonctions optiques, électromagnétiques ou thermiques... Plus que la nature chimique du matériau, c’est l’organisation spatiale des atomes qui devient déterminante.

Face à l’inconnu des propriétés émergentes possibles, certains prédisent la révolution, d’autres la continuité. D’ores et déjà, tous les grands secteurs de production – électronique, textile, médical, agroalimentaire ou énergétique – sont touchés par cette tempête technologique. Le groupe automobile Daimler-Benz vend des véhicules dotés de renforts de freins ou de pièces de moteur en nanotubes de carbone, cent fois plus résistants que l’acier et six fois plus légers ; IBM produit des transistors cent mille fois plus fins qu’un cheveu ; les chercheurs de l’université de Cornell, au Etats-Unis, ou de l’Institut Curie, en France, réalisent des moteurs moléculaires. L’industrie cosmétique fabrique aussi depuis quelques années des nanoparticules en oxyde de zinc pour améliorer la tenue des rouges à lèvres, en oxyde de titane pour filtrer les rayons ultraviolets, ou en poudre de zircone (oxyde de zirconium) pour les vernis à ongles.

Pour plusieurs géants industriels, la production à l’échelle submicronique (sous le millionième de mètre) est la condition de leur survie. Sony comme STMicroelectronics (associé à Motorola et à Philips semiconductors international BV) viennent d’investir 1,5milliard d’euros pour la fabrication de semi-conducteurs usinés à moins de 90 nanomètres. Dans le secteur textile, les projets concernent des fibres métallisées capables de contenir de l’énergie ou d’intégrer des capteurs. Les nanomatériaux peuvent aussi améliorer les rendements des systèmes énergétiques, permettre de stocker l’hydrogène, ou fournir des barrières thermiques efficaces. Côté santé, les nanobilles peuvent constituer de nouveaux « transporteurs » de matière active, libérable in situ par chauffage infrarouge ou champ magnétique. Les applications dans le domaine de la biométrie ou des systèmes nomades miniaturisés d’information se multiplient, même s’ils sont encore à une échelle micrométrique. La firme Applied Digital a reçu l’an dernier l’approbation de la Food and Drug Administration (l’autorité américaine en matière de médicaments) pour sa « puce médicale incorporée », qui s’implante sous la peau et émet, par la technologie RFID (Radio Frequency Identification, identification par radiofréquence), l’histoire médicale complète du patient.

« La nano-industrie n’est pas une industrie émergente mais un éventail de moyens pour manipuler la matière et rendre des matériaux existants adaptatifs (“intelligents”) et hybrides (électronique mi-silice, mi-organique) », soulignent les économistes Stephen Baker et Adam Aston (4). Cela devrait induire des changements dans les modes d’innovation, une restructuration de nombreux secteurs industriels, comme ce fut le cas avec l’informatique, l’électronique et les biotechnologies. Les premières percées concerneront les biomatériaux, les catalyseurs, les diagnostics et l’électronique. Diverses disciplines devraient fusionner, pour mieux agir à l’interface entre vivant et matière inanimée, au croisement de la chimie, de l’électronique, de la génétique et même des sciences du cerveau.

Les investissements ne se font pas attendre. En 2005, l’effort mondial (académique et industriel) pour les nanotechnologies a été estimé à 9milliards de dollars par la National Nanotechnology Initiative(NNI) américaine, selon une répartition à peu près uniforme entre les pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord. Entre1998 et 2003, les investissements publics ont été multipliés par six en Europe, par huit aux Etats-Unis et au Japon. Le marché mondial de ces technologies, qui représentait déjà 40 milliards de dollars en 2001, devrait atteindre 1000 milliards de dollars par an en 2010 selon la National Science Foundation (NSF) américaine (5).

Le train des nanos est donc lancé. Cependant, on ignore encore tout de l’impact de ces technologies sur la santé (6). Que se passe-t-il quand des nanotubes de carbone dispersés dans l’air sont inhalés, ou quand des particules d’oxyde de titane sont appliquées sur la peau comme écran solaire ? Les nanomatériaux ne constituent pas un groupe homogène de substances. Leurs particules peuvent varier en taille, forme, surface, composition chimique, persistance biologique. Toutefois, elles sont toujours très réactives. Dans un article intitulé « Nanotechnologie : regarder où nous plongeons ? », qui recense les travaux toxicologiques réalisés sur les nano-objets, le toxicologue américain Ernie Hood révèle des résultats préoccupants (7), notamment des réactions inflammatoires dans les tissus pulmonaires exposés à des nanoparticules de carbone mises en évidence par le chercheur Günter Oberdörster à l’université de Rochester(New York).

Améliorer les performances humaines

D’ores et déjà, deux craintes font surface : premièrement, les nanopoudres – du fait de leur finesse – peuvent se diffuser dans tous les espaces corporels, alvéoles pulmonaires, sang et même à travers la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau. Le toxicologue britannique Vyvyan Howard a mis en évidence le problème, en démontrant que des nanoparticules d’or peuvent franchir la barrière placentaire et donc transporter des composés de la mère au fœtus. Deuxièmement, la forme des nanoproduits peut être à l’origine d’effets toxiques. Ainsi, à l’instar des fibres d’amiante, les nanotubes de carbone pourraient se ficher dans les alvéoles pulmonaires et provoquer des cancers. Ce qui complique la caractérisation des éventuels impacts sanitaires, c’est qu’on ne connaît pas bien les nanoproduits que l’on fabrique. Constitués souvent d’un mélange de nanofibres, nanoparticules et de divers catalyseurs (aluminium ou fer), les nanotubes déjà commercialisés semblent avoir des effets d’autant plus inflammatoires qu’ils sont peu purifiés.

La physicienne anglaise Ann Dowling, qui a présidé le rapport consacré aux nanotechnologies de la Royal Society et de la Royal Academy of Engineering, publié en juillet2004, demande aux industriels de « restreindre les expositions aux nanotubes, de divulguer leurs tests toxicologiques, et que des recherches approfondies soient menées pour cerner les impacts biologiques (8) ». Pour l’heure, une vingtaine de sociétés dans le monde développent déjà des pilotes de production de nanotubes de carbone, en prenant des précautions diverses... « Nous travaillons en combinaison ou cagoule, sous atmosphère dépressurisée et sous hotte », précise M.Pascal Pierron, dirigeant de la société Nanoledge, basée à Montpellier. A la direction de la recherche de Saint-Gobain, on envisage de stopper des travaux jugés trop risqués. De son côté, M.Patrice Gaillard, responsable chez Arkema du projet nanotubes et qui développe un projet-pilote à Pau, annonçait en janvier2005 « le démarrage en 2007 d’une production de plusieurs centaines de tonnes par an (9) ».

Les Académies britanniques ont pris le problème à bras-le-corps, en émettant vingt et une recommandations. Les auteurs du rapport demandent d’éviter la dissémination des nanoparticules et nanotubes, mais se prononcent aussi pour la mise en place d’une base de données des effets toxiques, des bioaccumulations et de l’exposition spécifique des populations à divers environnements. Ils préconisent de sensibiliser les chercheurs et le personnel de laboratoire aux enjeux éthiques et sociaux, et d’impliquer les citoyens. Sur le plan de la législation, ils estiment qu’il faut s’assurer que la maîtrise de ces nanotechnologies soit complètement encadrée par les textes de loi existants ou à venir. Cela s’annonce délicat, tant il est difficile déjà, dans le secteur de la chimie, de faire répertorier les effets toxiques. On constate en effet combien les ambitions du règlement européen Reach (Registration, Evaluation and Authorization of Chemicals), qui prévoyait d’évaluer l’incidence sur la santé ou l’environnement de trente mille substances chimiques (soit 30% de l’ensemble des produits industriels), sont revues à la baisse sous l’influence des lobbies.

Les systèmes d’autorisation des substances devront être profondément revus : en effet, ils reposent uniquement sur la description de la composition chimique des produits (inventaire européen Einecs ou inventaire mondial CAS). Or, avec les nanomatériaux cela ne suffit plus, puisque c’est l’organisation spatiale de leurs éléments atomiques qui peut déclencher des effets biologiques (notamment cancérigènes).

La position des assureurs révèle d’ailleurs crûment l’étendue des incertitudes. En 2004, la firme Swiss Re a mis en garde contre la ruée vers les nanotechnologies, rappelant la « nature imprévisible des risques qu’elles peuvent occasionner et les pertes récurrentes et cumulatives qu’elle peuvent engendrer (10) ». Même les lobbyistes pointent le risque qu’un « accident impliquant des nanoparticules déclenche un réflexe défensif non seulement à l’égard du matériau en question mais aussi peut-être vis-à-vis des nanotechnologies dans leur ensemble (11) ».

Comme des investissements colossaux sont déjà engagés, tout le monde veut croire à des risques mineurs et surtout maîtrisables. A l’université Rice (Houston, Etats-Unis), haut lieu de la réflexion sur l’impact des nanotechnologies, la chercheuse Kristen Kulinowski est optimiste : « Si nous pouvons contrôler les propriétés de surface, nous pourrons éviter les effets toxiques », espère-t-elle. Tout comme M. Sean Murdock, directeur de l’organisation industrielle américaine NanoBusiness Alliance, qui convient que « les risques sont là, ils sont réels mais ils sont gérables ». Aux plans européen et américain, même si de très nombreux programmes sur les enjeux sanitaires sont lancés, ils ne dépasseront guère 3% à 6% des budgets « nano ».

Certains, comme le sociologue Francis Chateauraynaud (EHESS), s’interrogent sur les convergences possibles entre les biotechnologies, la physico-chimie, l’informatique et les sciences cognitives. « Il reste à savoir si toutes ces opérations ne cohabitent pas essentiellement par la seule magie du verbe et par la caution que leur confèrent les discours officiels », indique-t-il dans son rapport « Nanosciences et technoprophéties » (12). D’autres, au contraire, parlent de BANG (acronyme de « bits, atomes, neurones et gènes ») pour désigner ce rapprochement interdisciplinaire susceptible de permettre des phénomènes d’auto-organisation ou de réplication. Pour eux, on ouvre grand la porte à l’inconnu, à l’imprévisible... C’est la terra incognita.

A cette perspective fascinante, les Américains assignent un horizon : « améliorer les performances humaines ». Dans son rapport sur les nano-bio-info-cognosciences (NBIC) paru en juin2002, la NSF décrit les technologies convergentes comme un moyen de « permettre le bien-être matériel et spirituel universel, l’interaction pacifique et mutuellement avantageuse entre les humains et les machines intelligentes, la disparition complète des obstacles à la communication généralisée, en particulier ceux qui résultent de la diversité des langues, l’accès à des sources d’énergie inépuisables, la fin des soucis liés à la dégradation de l’environnement (13) ». Ce cap nourrit une puissante « économie de la promesse » et s’inscrit idéologiquement dans le courant transhumaniste que soutient l’un des auteurs, William Sims Bainbridge, sociologue des religions et directeur de l’information et des systèmes intelligents de la NSF. Cette mouvance défend la liberté d’usage des drogues et médicaments, la cryoconservation des corps et le dopage génétique ou cérébral. Elle brandit la technique comme panacée pour résoudre les problèmes sociaux et humains, de plus en plus insidieusement médicalisés.

Face à ce problématique positionnement officiel américain, la Communauté européenne a publié une « réponse » en septembre 2004, dans le rapport intitulé « Technologies convergentes pour une société européenne de la connaissance » (14). Les auteurs considèrent que les nanotechnologies doivent être tournées vers des finalités humaines, et non économiques, contribuer à bâtir la « société de la connaissance, faciliter les transports et créer des “assistants” pour servir l’intérêt général ».

« Cette divergence est apparue très clairement lors de la conférence NanoEthics, qui s’est déroulée en mars 2005 à l’université de Caroline du Sud », observe Bernadette Bensaude-Vincent, professeure de philosophie des sciences à Paris-X et auteure d’une réflexion sur les fantasmes autour des nouvelles technologies (15). « C’est vrai qu’il y a d’un côté l’euphorie de Drexler et les apôtres comme Ray Kurzweil, avec leur comportement extrêmement messianique qui reprend toute une rhétorique un peu religieuse ; et de l’autre côté un catastrophisme apocalyptique. Je dirais qu’à la limite ces attitudes antagonistes se renforcent l’une l’autre et se rejoignent (...). Au-delà, les nanotechnologies sont une opportunité, une formidable occasion de s’interroger enfin sur les techniques, sur leur sens, leur évolution, leurs implications, et si possible de les remettre en débat public. » L’auteure insiste sur l’ambivalence des scientifiques, qui estiment contrôler leurs produits alors même qu’ils cherchent à faire émerger des propriétés inédites, non maîtrisées.

Il est urgent de raisonner sur des possibles, d’évaluer les effets de nanoproduits qui sont encore virtuels. De ce point de vue, la fiction qui crée des scénarios en perfusion directe avec les discours de scientifiques visionnaires est une clé du débat. Elle a anticipé depuis longtemps la menace de nanorobots, implants ou machines auto-organisées et autoréplicantes que l’on voit jouer les assembleurs et se reproduire dans Engines of Creation, d’Eric Drexler, prendre la maîtrise du cerveau de l’ennemi pour une destruction télécommandée dans le roman de Neal Stephenson, L’Age de diamant, ou se transformer en « gelée grise » qui dévore tout, avec La Proie, de Michael Crichton (16).

Face aux risques éthiques et sanitaires, l’association canadienne Erosion, technologie et concentration (ETC Group), dont la vigilance en matière de biotechnologies et d’équilibre nord-sud s’étend désormais aux nanotechnologies, demande la mise en place d’une Convention internationale pour l’évaluation des nouvelles technologies (Icent), sous l’égide des Nations unies. Dans un rapport sur la « Nanogéopolitique », paru le 28juillet 2005, M.Pat Mooney, directeur du groupe, considère qu’il faut mettre fin au « cycle de crises » et concevoir avec le traité Icent « un système d’alerte ou d’écoute précoce capable de contrôler n’importe quelle nouvelle technologie d’importance ». Il avait déjà donné l’alerte sur les brevets qui, dans le champ des nanotechnologies, peuvent inéluctablement glisser vers « l’accaparement par quelques firmes privées des éléments constitutifs de la matière ».

Se développant sans débat (à part quelques interactions avec la société civile, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis, à Madison), les nanotechnologies risquent fort d’être contrées par des mouvements de contestation, comme à Grenoble où l’ancien journaliste d’Actuel Yannick Blanc, instigateur du groupe Pièces et main-d’œuvre (PMO) fait feu de tout bois pour dénoncer l’« emprise technicienne » (17). A l’instar de la stratégie de séduction du public que l’on a connue avec les organismes génétiquement modifiés (OGM), on observe d’ailleurs le développement d’une « sérénade » louant les nanosolutions au service des pays pauvres (18).

Ces points critiques sont pris au sérieux au sein de la plate-forme intergouvernementale qui s’est constituée, en juin2004, à Alexandria (Virginie) à l’initiative de la NSF et du Meridian Institute. Une soixantaine de représentants de vingt-cinq pays – dont la Chine, le Japon, la Russie, l’Australie, Israël, l’Inde et l’Afrique du Sud – se sont réunis pour instaurer un « Bureau consultatif international pour une nanoscience responsable ». Représentante de la France, Mme Françoise Roure a remis en février 2005 aux ministres de l’industrie et de la recherche un rapport rédigé avec le philosophe Jean-Pierre Dupuy, intitulé « Ethique et prospective industrielle », qui pointe treize recommandations, dont la nécessité d’un Observatoire sociétal européen des nanotechnologies. « Les modèles de société, avec leurs valeurs, le sens des objectifs qu’elles se donnent et les priorités et limites qu’elles se fixent, sont vulnérables à la méta-convergence industrielle, considèrent les auteurs. L’artificialisation de la nature a montré les limites de son acceptabilité avec les réactions parfois violentes contre les OGM (...). Que dire du processus de la naturalisation de l’homme (...) si nous pouvons devenir des artifices, des produits scientifiques, que nous pouvons être transformés, améliorés, économisés, exploités en utilisant les lois de la nature ? »

Le plus préoccupant demeure les infiltrations des « fascinés par la technique » – comme le physicien Ray Kurtzweil ou le philosophe transhumaniste Nick Bostrom – dans les think tanks censés piloter l’avenir, comme le Centre pour une nanotechnologie responsable (19).

Sur le plan militaire, la puissance des nano-outils ou des systèmes autonomes tueurs constitue un enjeu réel de domination : près de la moitié des investissements publics américains (soit 445millions de dollars en 2004) ont été dédiés aux usages militaires. Revêtements protecteurs ou allégeants, nano-armes, intelligence embarquée mobilisent aussi la Chine, qui dispose d’un Centre de nanorecherches réunissant deux mille scientifiques à Shanghaï. Selon le physicien allemand Jürgen Altmann (20), les risques majeurs viennent de la rupture dans les procédures de dissuasion mutuelle (impossibilité de contrôler des armes indétectables) et des capacités autoréplicantes des nanodispositifs.


(1) Qui valut le prix Nobel 1986 à ses inventeurs Gerd Binnig et Heinrich Rohrer.

(2) Publié en anglais en 1986, et traduit récemment en français : Engins de création. L’avènement des nanotechnologies, Vuibert, Paris, 2005.

(3) Ordinateur capable d’effectuer un milliard de calculs en parallèle ; ce qui peut lui permettre de casser n’importe quel code secret, par exemple.

(4) « The business of nanotech », Business Week online, 14 février 2005.

(5) Gilles Le Marois et Dominique Carlac’h, « Les nanomatériaux au cœur de la galaxie nano », dans Les Nanotechnologies, Les Annales des Mines, « Réalités industrielles », février 2004.

(6) « Nanomonde : et si l’on parlait de sécurité sanitaire », dans André Cicolella et Dorothée Benoit-Browaeys, Alertes santé. Experts et citoyens face aux intérêts privés, Fayard, Paris, mai2005. Lire aussi « Nanotechnologies : une analyse préliminaire des risques » (en anglais).

(7) Environmental Health Perspectives, vol. 112, no13, National Institute of Environmental Health Sciences, Arley (Caroline du Sud), septembre 2004.

(8) Conférence du 26 mai 2005 sur « Le développement responsable des nanotechnologies » à l’ambassade de Grande-Bretagne, à Paris.

(9) Lors du séminaire de l’Observatoire des micro et nanotechnologies, le 27 janvier 2005, à Paris.

(10) « Nanotechnology : Small matter, many unknowns », Swiss Reinsurance Company, Zurich, 2004.

(11) Nouvelle Cordis, 8 juillet 2005.

(12) Francis Chateauraynaud, « Nanosciences et technoprophéties. Le nanomonde dans la matrice des futurs », GSPR-EHESS, Paris, avril 2005.

(13) Mihail C. Roco et William Sims Bainbridge (sous la dir. de), Converging Technologies for Improving Human Performance : Nanotechnology, Biotechnology, Information technology and cognitive science, juin2002, National Science Foundation, Arlington (Virginie).

(14) Alfred Nordmann, « Converging technologies : Shaping the future of european societies », Commission européenne, 26juillet 2004. Voir aussi Wolfgang Bibel, Daniel Andler, Olivier da Costa, Günter Küppers, Ian Pearson, « Converging technologies and the natural, social and cultural world », Commission européenne, 26 juillet 2004.

(15) Bernadette Bensaude-Vincent, Se libérer de la matière ? Fantasmes autour des nouvelles technologies, INRA, coll. « Sciences en questions », Paris, 2004.

(16) Neal Stephenson, L’âge de diamant, Rivages-Futur, Paris, 1996 ; Michael Crichton, La proie, Robert Laffont, Paris, 2003.

(17) http://pmo.erreur404.org

(18) Peter A. Singer, « Nanotechnology and the developing world », Public Library of Science, vol.2, no5, San Francisco, 2005.

(19) Ce centre, créé en décembre 2002, se situe à New York. Il est piloté par MM. Mike Treder et Chris Phoenix, ingénieurs et hommes d’affaires. Cf. www.crnano.org.

(20) Jürgen Altman et Mark Gubrud, « Risks from military uses of nanotechnologies », 2002.
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/03/BENOIT_BROWAEYS/13299


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