Economie/Economy

Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 23:53

PCADTM

28 août 2010


http://www.generationsengagees.fr/wp-content/uploads/2009/07/dette-publique-276x300.jpg

 

Bien qu’il y ait une énorme différence dans les montants, il y a une première similitude au niveau de l’évolution dans le temps. La dette publique des PED et la dette publique au Nord ont explosé toutes deux au cours des années 1970. Au Nord, la récession généralisée des années 1973-1975 a obligé les pouvoirs publics à s’endetter pour relancer l’activité économique : création d’emplois publics, projets portés par l’État (par exemple, TGV, Ariane ou Airbus en France), politique de grands travaux industriels ou militaires. Les États et les collectivités locales ont donc été également pris au piège par la hausse des taux d’intérêt au tournant des années 1980. Leur dette publique a crû très vite puisqu’ils ont dû contracter de nouveaux emprunts pour rembourser, comme au Sud. C’était là aussi l’effet boule de neige.

 

A partir de la crise internationale qui a éclaté au Nord en 2007, la dette publique des pays les plus industrialisés, qui s’était maintenue jusque là à un niveau élevé notamment en raison des réformes fiscales favorables aux plus riches, a de nouveau explosé suite à l’effet conjugué des plans de sauvetage des banques et à la baisse des recettes fiscales due à la récession économique de 2008-2009. C’est ainsi que pour l’Union européenne, la dette publique est passée de 7 300 à 8 700 milliards d’euros entre 2007 et 2009. Un nouvel effet boule de neige risque bel et bien d’avoir lieu.

 

La deuxième similitude concerne les détenteurs de ces créances et les flux financiers qu’ils imposent. La part de la dette publique au Nord détenue par les citoyens à revenus modestes est très marginale. Lors de l’émission des emprunts au Nord via des obligations du Trésor, les grandes institutions financières privées (banques, compagnies d’assurances, mutual funds, fonds de pension, hedge funds) en raflent en quelques jours la quasi-totalité. Là aussi, ce sont elles et des particuliers très aisés qui détiennent les principales créances de la dette publique au Nord. La différence majeure avec les PED réside dans le fait que leur dette extérieure impose aux PED d’obtenir des devises fortes pour les remboursements, entraînant des exportations à tout va.

 

Du côté des débiteurs maintenant, l’État rembourse en prélevant les sommes nécessaires sur les recettes d’impôts. Or les revenus du travail sont taxés plus fortement que les revenus du capital. En outre, la part des impôts indirects tend à augmenter, comme la TVA, alors qu’en termes relatifs, elle est plus coûteuse pour les classes populaires et moyennes. Ainsi, l’État rembourse essentiellement les riches institutions privées avec l’argent prélevé lourdement sur les gens à revenus modestes : il s’agit là aussi d’un transfert des populations (dans ce cas, celles du Nord) vers les détenteurs de capitaux. Il existe donc une solidarité objective profonde entre les victimes de la dette publique des PED et celles de la dette publique du Nord.

 

« Les marchés des titres de la dette publique (les marchés obligataires publics), mis en place par les principaux pays bénéficiaires de la mondialisation financière et puis imposés aux autres pays (sans trop de difficultés le plus souvent) sont, au dire même du Fonds monétaire international (FMI), la ‘‘pierre angulaire’’ de la mondialisation financière. Traduit en langage clair, c’est très exactement le mécanisme le plus solide mis en place par la libéralisation financière de transfert de richesses de certaines classes et couches sociales et de certains pays vers d’autres. S’attaquer aux fondements de la puissance de la finance suppose le démantèlement de ces mécanismes et donc l’annulation de la dette publique, pas seulement celle des pays les plus pauvres, mais aussi de tout pays dont les forces sociales vivantes refusent de voir le gouvernement continuer à imposer l’austérité budgétaire aux citoyens au titre du paiement des intérêts de la dette publique.  »
François Chesnais, Tobin or not Tobin ? ATTAC, Mille et une nuits

 

La troisième similitude réside dans le fait qu’au Nord comme au Sud, l’important endettement est le prétexte idéal pour imposer des politiques d’austérité et modifier les rapports sociaux au profit des détenteurs de capitaux. Mises en place dès les années 1980 au Nord parallèlement aux plans d’ajustement structurel au Sud, ces politiques ont trouvé un cadre général dans l’Union européenne à travers le traité de Maastricht : sa priorité a été une forte réduction du déficit public, ce qui a impliqué la poursuite d’une politique de rigueur, notamment des privatisations, une remise en cause de la Sécurité sociale et du système de retraite par répartition, une réduction des dépenses de santé et d’éducation…

 

En France, symboliquement, les gouvernements nommés par Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy ont pris deux mesures phares : la réduction de l’impôt sur le revenu (qui ne bénéficie pas à la moitié des ménages qui ne sont pas imposables) et la privatisation partielle de plusieurs entreprises publiques, comme Air France, Aéroports de Paris, France Telecom, Electricité de France, Gaz de France, Crédit Lyonnais, Dassault Systèmes ou plusieurs sociétés d’autoroutes. La réforme sur les retraites déjà programmée à l’été 2010 constituerait, si elle était adoptée, un recul important pour les salariés français. Les conséquences économiques de la dette pour les populations – ajustement structurel au Sud, austérité au Nord – sont donc fortement semblables.

 

La quatrième similitude, c’est l’intervention du FMI tant au Sud de la planète (ce qui n’est pas nouveau) qu’au Nord. Les mesures imposées à la Grèce, à l’Espagne, à la Roumanie, à la Hongrie, à la Lituanie… tous membres de l’Union européenne, ont été concoctées avec la participation directe du FMI.

 

Par conséquent, dans l’origine, dans le mécanisme même, dans ses conséquences, la dette frappe au Nord et au Sud avec une vigueur impressionnante. Quel contour précis donner à la catégorie des PED ? Est-il logique d’y inclure la Chine ? la Russie ? et les pays d’Europe de l’Est qui ont fait leur entrée dans l’Union européenne ? On ne peut être cohérent en décidant d’une limite arbitraire, comme le font le FMI et la Banque mondiale, et en proposant des solutions différentes alors que les populations sont touchées par des mécanismes dont la logique sous-jacente est la même… Il est donc nécessaire de réclamer les mêmes solutions, à savoir l’annulation de la dette publique au Nord envers les grandes institutions financières privées.

 

Une idée originale pour la mettre en place pourrait être un impôt exceptionnel sur la fortune des créanciers des pays du Nord (c’est-à-dire les zinzins constitués par les banques, les assurances, les fonds de pensions…), d’un montant égal au montant des créances qu’ils possèdent… Cet impôt servirait à rembourser anticipativement la dette de l’État à leur égard. Ainsi le problème de la dette serait-il rapidement résolu ! Pour les citoyens du Nord, l’effet serait très important car les pouvoirs publics, libérés du fardeau de la dette, retrouveraient des marges pour financer des projets sociaux, pour générer des emplois, pour verser des réparations aux peuples du Sud et pour œuvrer de manière satisfaisante dans l’intérêt du plus grand nombre.

 

Une autre proposition fondamentale est la nécessité de décréter un moratoire sur le remboursement de la dette et de réaliser un audit de la dette. Le moratoire est mis à profit pour procéder à un examen des emprunts afin d’identifier les dettes illégitimes. La participation citoyenne est la condition impérative pour garantir l’objectivité et la transparence de l’audit. Il permettra de déterminer les différentes responsabilités dans le processus d’endettement et d’exiger que les responsables rendent des comptes à la collectivité. Les dettes identifiées comme odieuses ou illégitimes doivent être annulées.

 

Avec son expérience sur la question de la dette des pays du Sud, le CADTM met en garde contre une revendication insuffisante, comme une simple suspension du remboursement de la dette. Il faut un moratoire sans ajout d’intérêts de retard sur les sommes non remboursées.

 

D’autres mesures complémentaires devraient être mises en œuvre |1| :

 

- 1. Exproprier les banques pour les transférer au secteur public sous contrôle citoyen.

Il n’y a pas de régulation durable possible avec des institutions financières privées. Les Etats doivent retrouver leur capacité de contrôle et d’orientation de l’activité économique et financière.

 

- 2. Instaurer une véritable justice fiscale européenne et une juste redistribution de la richesse. Interdire les paradis judiciaires et fiscaux. Taxer lourdement les transactions financières.
Avec une harmonisation européenne de la fiscalité permettant d’empêcher le dumping fiscal, il faut une réforme en profondeur de la fiscalité. Le but est une augmentation des recettes publiques, notamment via l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, et une baisse rapide du prix d’accès aux biens et services de première nécessité (aliments de base, eau, électricité, chauffage, transports publics…), notamment par une baisse forte et ciblée de la TVA sur ces biens et services vitaux.


Depuis 1980, les impôts directs n’ont cessé de baisser sur les revenus les plus élevés et sur les grandes entreprises. Ainsi, dans l’Union européenne, de 2000 à 2008, les taux supérieurs de l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés ont baissé respectivement de 7 et 8,5 points. Ces centaines de milliards d’euros de cadeaux fiscaux ont pour l’essentiel été orientés vers la spéculation et l’accumulation de richesses de la part des plus riches.


Il faut interdire toute transaction passant par des paradis fiscaux. Les différents G20 ont refusé, malgré leurs déclarations d’intention, de s’attaquer réellement aux paradis judiciaires et fiscaux. Il faut interdire ces gouffres noirs de la finance, de la corruption, de la délinquance de haut niveau et des trafics illicites. A la progressivité de l’impôt, il faudrait ajouter une taxation dissuasive des transactions spéculatives et des revenus des créanciers de la dette.

 

- 3. Lutter contre la fraude fiscale massive des grandes entreprises et des plus riches.
La fraude fiscale prive de moyens considérables la collectivité et joue contre l’emploi. Des moyens publics conséquents doivent être alloués aux services des finances pour lutter efficacement contre cette fraude. Les résultats doivent être rendus publics et les coupables lourdement sanctionnés.

 

- 4. Mettre au pas les marchés financiers, notamment par la création d’un registre des propriétaires de titres et par l’interdiction des ventes à découvert.
La spéculation à l’échelle mondiale représente plusieurs fois les richesses produites sur la planète. Les montages sophistiqués de la mécanique financière rendent celle-ci totalement incontrôlable. Les engrenages qu’elle suscite déstructurent l’économie réelle. L’opacité sur les transactions financières est la règle. Pour taxer les créanciers à la source, il faut les identifier. La dictature des marchés financiers doit cesser.

 

- 5. Réduire radicalement le temps de travail pour créer des emplois tout en augmentant les salaires et les retraites.
Répartir autrement les richesses est la meilleure réponse à la crise. La part destinée aux salariés dans les richesses produites a nettement baissé, tandis que les créanciers et les entreprises ont accru leurs profits pour les consacrer à la spéculation. En augmentant les salaires, non seulement, on favorise le pouvoir d’achat des populations, on renforce aussi les moyens de la protection sociale et des régimes de retraite. En diminuant le temps de travail sans réduction de salaire et en créant des emplois, on améliore la qualité de vie des populations.

 

- 6. Socialiser les nombreuses entreprises et services privatisés au cours des 30 dernières années.
Une caractéristique de ces 30 dernières années a été la privatisation de nombre d’entreprises et services publics. Des banques au secteur industriel en passant par la poste, les télécommunications, l’énergie et les transports, les gouvernements ont livré au privé des pans entiers de l’économie, perdant au passage toute capacité de régulation de l’économie. Ces biens publics, issus du travail collectif, doivent revenir dans le domaine public.

 

- 7. Pour une assemblée constituante des peuples pour une autre union européenne.
L’Union européenne issue des traités constitutionnels imposés aux populations est une véritable machine de guerre au service du capital et de la finance. Elle doit être totalement refondée par un processus constituant où la parole des populations est enfin prise en considération. Cette autre Europe démocratisée doit œuvrer à l’harmonisation par le haut de la justice fiscale et sociale, permettre une élévation du niveau et de la qualité de vie de ses habitants, retirer ses troupes d’Afghanistan et quitter l’OTAN, réduire radicalement ses dépenses militaires, bannir les armes nucléaires et s’engager résolument dans le désarmement, mettre fin à sa politique de forteresse assiégée envers les candidats à l’immigration, devenir un partenaire équitable et véritablement solidaire à l’égard des peuples du Sud de la planète.

 

notes articles:

|1| Ces propositions sont reprises du texte rédigé en août 2010 par le CADTM Europe et intitulé «  La dette, une manne pour les créanciers, un drame pour les peuples !  »

 
URL: http://www.cadtm.org

 

Ce texte est une version actualisée et augmentée de la Question/Réponse n°58 du livre de Damien Millet et Eric Toussaint 60 Questions/60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM-Syllepse, Liège-Paris, 2008, http://www.cadtm.org/60-Questions-6...

Damien Millet est porte-parole du CADTM France. Eric Toussaint est président du CADTM Belgique et membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Ils ont écrit ensemble : La Crise, quelles crises ?, CADTM-Aden-Cetim, Liège-Bruxelles-Genève, 2010, http://www.cadtm.org/La-crise-quell...

 

http://www.cadtm.org

 

Illustration: generationsengagees.fr

 

http://www.internationalnews.fr/article-peut-on-comparer-la-dette-publique-des-pays-dits-en-developpement-et-la-dette-publique-au-nord-par-damien-millet-eric-toussaint-56421178.html

 

 

 

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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /2010 13:14

Internationalnews

 
http://www.bastamag.net/IMG/arton990.jpg

Le président du conseil d'administration et ex-directeur général de L'Oréal Lindsay Owen-Jones touche quelque 3,3 millions d'euros de retraite par an, selon le magazine Capital.

 

Le président du conseil d'administration et ex-directeur général de L'Oréal Lindsay Owen-Jones touche quelque 3,3 millions d'euros de retraite par an, selon le magazine Capital, qui publie dans son dernier numéro un classement des «retraites en or des grands patrons».

 

A 64 ans, Lindsey Owen-Jones - PDG de 1988 à 2006 - qui a reçu l'an dernier 2 millions d'euros de salaire annuel comme président non-exécutif du leader mondial des cosmétiques, «touche déjà une retraite de 3,3 millions d'euros par an», écrit Capital.

 

Dans le classement du magazine, qui a évalué à partir des rapports annuels des groupes les retraites chapeaux déjà touchées ou à venir des grands patrons, Lindsay Owen-Jones devance le PDG de Danone Franck Riboud, qui devrait toucher à l'avenir 1,8 million d'euros de rente annuelle, et celui d'Axa Henri de Castries, dont la rente prévue, alors qu'il n'a que 55 ans, est de 1,1 million d'euros annuels.

 

Derrière eux se trouvent le PDG du réassureur Scor Denis Kessler (800.000 euros annuels), l'ancien président de Sanofi-Aventis Jean-François Dehecq (779.000 euros) et Henri Proglio, qui outre une pension de 769.000 euros versés par Veolia Environnement, touche 1,6 million d'euros annuels comme PDG d'EDF, rappelle Capital.

 

«Sous la pression de l'opinion publique et des actionnaires, les entreprises ont sensiblement raboté les retraites chapeaux qu'elles accordent à leurs dirigeants», note toutefois le magazine, qui évalue la pension annuelle moyenne des «30 plus gâtés» d'entre eux à 720.000 euros.

 

«La rente du PDG est en général calculée sur la base de ses trois derniers salaires (primes comprises), quand le commun des salariés doit produire ses 25 meilleures années», relève également Capital, qui rappelle que les groupes font des provisions pour pouvoir verser à l'avenir les rentes promises.

 

Photo: Bastamag


Source: http://www.lefigaro.fr/

 

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-les-retraites-en-or-des-grands-patrons-54296285.html

 

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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 14:02

Internationalnews

Ecologist

19th July, 2010

 

http://cinemaelectronica.files.wordpress.com/2010/01/robber-barons.jpg

 

 

 

'Risky and secretive' gambling on the price of coffee, cocoa and wheat is leading to unstable food prices and exacerbating poverty and malnutrition but creating billions of pounds for the banking sector

 

Banks such Goldman Sachs are making huge profits by gambling on the prices of key commodity crops such as coffee, cocoa and wheat, according to the campaign group the World Development Movement (WDM).

By creating funds to allow investors to speculate on the price of food, in the same way they would invest in the shares of a company, banks are able to bet on the price of food.

However this is leading to higher and more volatile prices which make it more difficult for farmers to plan and invest and also lead to damaging price rises - such as those witnessed in 2007/8 - which hit the poorest families in less industrialised countries hardest.

Only last month, says WDM, the price of coffee jumped by 20 per cent in three days, after a trader called the bluff of hedge funds that had made millions by selling coffee contracts and betting on the price to fall. This left hedge funds scrambling to buy actual coffee beans, and the price shot up from the extra demand.

'Nobody benefits from this kind of reckless gambling except a few City wheeler-dealers,' said WDM director Deborah Doane. 'British consumers suffer because it pushes up inflation, British companies suffer because of unpredictable oil and raw material prices, and the world's poorest people suffer because basic foods become unaffordable.'

Main perpetrators

The biggest banks involved in the trading are Bank of America, Citibank, Deutsche Bank, HSBC, Morgan Stanley and JP Morgan. Goldman Sachs alone is estimated to have made more than $1 billion from commodities trading in 2009.

WDM's new report, 'The great hunger lottery', calls for limits to be set on the amount that bankers can bet on food prices and for an end to secretive trading. The US has recently passed tougher regulation for the financial sector but WDM says similar reforms in the EU may not be agreed because of opposition from the City of London and UK Treasury, which still denies speculation played a significant role in the 2007/8 price spikes.

'Perhaps not coincidentally, London is host to the highest amount of commodity trading outside the United States. Recent opposition to EU regulation of hedge funds by the UK treasury shows that the UK government still gives a disproportionate voice to the financial sector at the expense of other sectors of the economy, and against the interests of citizens,' says the WDM report.

Useful links

The great hunger lottery: how banking speculation causes food crisis

 

http://www.theecologist.org

 

Photo: cinemaelectronica.files.wordpress.com

 

Url de cet article:http://www.internationalnews.fr/article-goldman-sachs-makes-1-billion-profit-on-food-price-speculation-54298506.html

 

More on Goldman Sachs:

The real reason behind high oil prices (F.William Engdahl)

Goldman Sachs: Bien mal acquis profite toujours... Par Serge Halimi

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L’Argent par Serge HALIMI (Le Monde Diplomatique)

Perhaps 60% of today’s Oil price is pure Speculation

Short-selling:A major cause of market volatility by Martin Khor

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If Government Won’t Break Up the Giant Banks, Let’s Do It Ourselves

Crise systémique : la vérité sur la bourse par Gilles BONAFI

 

 

 

 

 

 

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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 10:37

Internationalnews

Related article and video in english: http://www.youtube.com/watch?v=FEFuoEGbTlc


Voltaire

 
par Thierry Meyssan*


Le géant de la cosmétique, L’Oréal, vient d’annoncer la restructuration de son capital. Ainsi disparaît le holding de contrôle créé par Eugène Schueller pendant la Seconde Guerre mondiale. Le fondateur du groupe était aussi l’un des grands financiers du complot de la Cagoule et du nazisme français. A la Libération, la société et ses filiales étrangères servirent de refuge aux criminels en fuite. Aujourd’hui, l’héritière du groupe, Liliane Bettencourt, est devenue la femme la plus riche de France. L’histoire du groupe éclaire la face cachée de la politique française contemporaine.

 

À la mémoire de Marx Dormoy, Victor Basch, Jean Zay, Georges Mandel et Jean Moulin


C’est par un bref communiqué, diffusé le 3 février 2004 dans la nuit, que le géant de la cosmétique L’Oréal a annoncé la restructuration de son capital [1]. La famille Bettencourt et le groupe Nestlé, qui détenaient ensemble la majorité de L’Oréal par l’intermédiaire du holding de contrôle Gasparal, la posséderont désormais directement. Ce tour de passe-passe étant accompagné d’un engagement de conservation de titres, les Bettencourt bénéficieront d’un abattement de 50 % de la valeur taxable à l’impôt sur la fortune (ISF). Ils ne seront pas tenus de payer de frais pour cette transaction grâce aux nouvelles dispositions introduites à leur intention dans la « loi pour l’initiative économique » du 1er août 2003 [2].


L’Oréal est aujourd’hui évalué à 43,6 milliards d’euros. Les Bettencourt détiennent 11,99 milliards ; Nestlé 11,5 milliards ; les 20,11 milliards restants flottants en Bourse. La fortune personnelle de Lilliane Bettencourt, héritière du fondateur de L’Oréal, était estimée en 2002 à 17,2 milliards d’euros. Ce qui en fait la personne la plus riche de France.

Une entreprise qui veut se payer la République

L’Oréal a été créé, en 1907, par un petit entrepreneur, Eugène Schueller. Il absorbe Monsavon, en 1928, puis les peintures Valentine, les shampoings Dop, le magazine Votre Beauté. Dérivant lentement à la droite la plus extrême, Schueller se fait connaître par ses théories économiques sur le « salaire proportionnel ». Dans une société libérée du capitalisme libéral et des syndicats, les ouvriers toucheraient un triple salaire : un salaire d’activité, un salaire familial calculé en fonction de leur nombre d’enfants, et un salaire de productivité.


Le 6 février 1934, en réaction à un retentissant scandale politico-financier, les ligues d’anciens combattants de la Grande guerre manifestent devant la Chambre des députés à Paris pour obtenir la démission du gouvernement Daladier. Sous l’impulsion des fascistes, le rassemblement tourne à l’insurrection et tente de renverser la République au profit du colonel de La Rocque qui refuse le rôle qu’on veut lui faire jouer.


Divers autres échauffourées surviennent dans les semaines suivantes, y compris une tentative de lynchage de Léon Blum en marge de l’enterrement d’un historien monarchiste, de sorte que, le 18 juin, le gouvernement prononce la dissolution des ligues. Immédiatement, un groupe de militants fascistes, pour la plupart issus de la XVIIe section des Camelots du roi, rompt avec le philosophe monarchiste Charles Maurras et décide de passer à la clandestinité. Ils constituent l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN). Il y a là autour d’Eugène Deloncle, Aristide Corre, Jean Filliol, Jacques Corrèze, bientôt rejoints par Gabriel Jeantet, François Méténier et le docteur Henri Martin.


Le colonel de La Rocque met en garde les anciens adhérents des ligues contre une infiltration de leur mouvement par des « groupes de trahison », c’est-à-dire par des fascistes agissant pour le compte de l’étranger, l’Italie et l’Allemagne en l’occurrence [3]. Quoi qu’il en soit, l’OSARN se structure rapidement en groupes locaux et en système hiérarchisé extrêmement cloisonné, de sorte qu’en dehors des chefs, les membres de l’organisation ignorent tout de son ampleur, de ses objectifs réels, des moyens et soutiens dont elle dispose. Certaines cellules du complot, dont les Chevaliers du glaive, dirigés à Nice par Joseph Darnant et François Durand de Grossouvre, adoptent un rituel et un costume inspirés du Klu Klux Klan états-unien, ce qui vaudra à l’OSARN d’être désigné par les monarchistes sous le sobriquet de « La Cagoule » [4].


Ami intime d’Eugène Deloncle, Eugène Schueller met ses moyens personnels à disposition du complot. Plusieurs réunions de l’équipe dirigeante se tiennent dans son bureau au siège de L’Oréal.


Un groupe de jeunes gens, résidant à l’internat des pères maristes (104, rue de Vaugirard à Paris), fréquente les chefs du complot et se joint à certaines de leurs actions sans pour autant adhérer formellement à l’OSARN. Il s’agit de Pierre Guillain de Bénouville, Claude Roy, André Bettencourt et François Mitterrand.


Robert Mitterrand, frère de François, épouse la nièce d’Eugène Deloncle.

Échecs et divisions sur fond d’antisémitisme

En un an et demi, l’OSARN formalise ses relations avec le gouvernement de Benito Mussolini en Italie, puis avec celui d’Adolf Hitler en Allemagne. Pour leur compte, il achemine des armes à Francisco Franco en Espagne et élimine des réfugiés politiques en France. En échange, il obtient un appui financier et logistique considérable. L’organisation tente un coup d’État dans la nuit du 15 au 16 novembre 1937, qui échoue.

 

Au lendemain et dans les semaines qui suivent, le complot est mis à jour. Des perquisitions permettent de découvrir des caches d’armes réparties sur tout le territoire. Ce sont au total des centaines de fusils-mitrailleurs, des milliers de fusils et d’uniformes, des dizaines de milliers de grenades, des centaines de milliers de munitions, tous importés d’Italie et d’Allemagne, qui sont découverts.


Le président du Conseil, Édouard Daladier, freine l’enquête lorsqu’il apparaît que l’OSARN a développé ses réseaux parmi les officiers supérieurs et jusqu’à l’état-major. En effet, il ne paraît pas possible de décapiter l’armée française alors que la menace de guerre se précise. Il a tort, puisque la Guerre mondiale est effectivement déclarée et que la France capitule.

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« La communauté française »
Association secrète de spoliation des biens juifs et maçonniques. Parmi les responsables : Jacques Correze et Jean Filliol.

Si une partie des « cagoulards », hostiles à la domination étrangère, rejoint de Gaulle, la plupart d’entre eux se félicite de la victoire du fascisme et s’engage dans la Collaboration. En septembre 1940, Eugène Deloncle et Eugène Schueller créent le Mouvement social révolutionnaire (dont l’acronyme MSR se prononce « aime et sert ») avec le soutien de l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz, et l’approbation personnelle du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Les réunions de la direction du MSR se tiennent au siège de L’Oréal (14, rue Royale à Paris).


Le programme de l’organisation indique « Nous voulons construire la nouvelle Europe en coopération avec l’Allemagne nationale-socialiste et tous les autres nations européennes libérés comme elles du capitalisme libéral, du judaïsme, du bolchévisme et de la franc-maçonnerie (…) régénérer racialement la France et les Français (…) donner aux juifs qui seront conservés en France un statut sévère les empêchant de polluer notre race (…) créer une économie socialiste (…) qui assure une juste distribution des produits en faisant augmenter les salaires en même temps que la production ».


Première application de ce programme, Deloncle organise le plasticage de sept synagogues parisiennes, dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941.


Subsidiairement, une organisation dans l’organisation est créée avec l’aide du SS Theo Dannecker, représentant Adolf Eichmann : la Communauté française dont le but est de « libérer complètement (la France) de ces ferments de corruption que sont les juifs et les Francs-maçons ». C’est ce groupe secret qui organise la spoliation des juifs souvent au profit personnel de ses membres. Parmi eux, on relève Jacques Corrèze déjà cité et Jean Filliol, le tueur de la « Cagoule ».

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« Guillemot et Delamotte », éditeur à Paris
Adolf Hitler et Eugène Schueller figurent côte à côte dans son catalogue.

Quant au jeune André Bettencourt, il devient le patron français de la PropagandaStaffel. Il est placé sous la triple tutelle du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, de la Wehrmacht et de la Gestapo. Il a la haute main sur toutes les publications françaises, qu’elles soient collaborationnistes ou nazies. Il dirige lui-même La Terre française, une publication explicitement nazie destinée aux familles rurales, qui préconise la rééducation des intellectuels décadents par le retour forcé à « la terre qui ne ment pas ». Il y emploie l’agronome René Dumont. Par ailleurs, Bettencourt offre régulièrement les colonnes de ses journaux à Schueller.

La solution Bettencourt

Le 15 février 1941, à la demande de la SS, le MSR de Deloncle fusionne avec le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Le patron de L’Oréal, Eugène Schueller, devient la personnalité économique de référence. Son livre, La Révolution de l’économie, se classe dans les ouvrage de référence du fascisme français.


Le 15 juin 1941, dans son discours au congrès de l’organisation au Palais de la Mutualité, il appelle à « une révolution préliminaire à la fois d’épuration et de redressement » qui ne peut « être que sanglante. Elle consistera tout simplement à fusiller vite cinquante ou cent grands personnages ».


Le 22 juin 1941, le Reich attaque l’Union soviétique. Deloncle et Schueller décident de créer la Légion des volontaires français (LVF) pour combattre le bolchévisme sur le front de l’Est et de la placer sous l’autorité de Jacques Corrèze. Tous ses membres prêtent serment d’allégeance au führer.
Ils tentent de s’appuyer sur cette puissante formation armée pour éliminer leur adversaire politique Pierre Laval et leur allié et néanmoins rival Marcel Déat. Le 27 août 1941, à l’occasion d’une cérémonie de départ d’un contingent de la LVF sur le front russe, ils organisent un double attentat au cours duquel Laval et Déat sont blessés.

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« La Terre Française » Publication nazie française dirigée par André Bettencourt  

Le 20 décembre 1941, André Bettencourt, qui n’ignore rien des débats en cours à Berlin, écrit dans l’éditorial de Noël de La Terre française : « Un jour, trente ans plus tard, les juifs s’imagineront pourtant gagner la partie. Ils avaient réussi à mettre la main sur Jésus et l’avaient crucifié. En se frottant les mains, ils s’étaient écriés : « que son sang retombe sur nous et nos enfants ». Vous savez d’ailleurs de quelle manière il est retombé et retombe encore. Il faut que s’accomplissent les prescriptions du livre éternel ».


En effet, quelques jours plus tard la Conférence de Wansee décide la « solution finale » : des millions de personnes vont être exterminées dans le plus grand secret.


À l’issue des affrontements internes à la mouvance nazie française, c’est en définitive Deloncle qui tombe en disgrâce. Eugène Schueller se précipe alors, le 18 mars 1942, à l’ambassade du Reich pour se désolidariser de son ami. L’entretien est dûment consigné dans les archives allemandes.

L’OSS s’en mèle

La bataille de Stalingrad inverse le cours des événements. Désormais le Reich n’est plus invincible. André Bettencourt se rapproche de son ami François Mitterrand qui exerce diverses fonctions à Vichy où il partage son bureau avec Jean Ousset, le responsable du mouvement de jeunesse de la Légion française des combattants de Joseph Darnand. Ils seraient alors entrés en résistance au sein d’un Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD) dont l’activité a été officiellement reconnue quarante ans plus tard par l’administration Mitterrand, mais sur laquelle les historiens s’interrogent toujours.

 
Fin 1942, André Bettencourt est envoyé par Eugène Schueller « aryaniser » la société Nestlé en Suisse, dont le patron de L’Oréal est devenu l’un des actionnaires principaux. Il profite de ses déplacements pour rencontrer Allen Dulles et Max Schoop des services secrets états-uniens (OSS). En 1944, ils lui donnent 2,5 millions de francs de l’époque pour financer leur réseau. On ignore tout, encore aujourd’hui, de l’usage de cette somme.


Eugène Deloncle est assassiné. Mais les crimes des cagoulards ne prennent pas fin pour autant, pas même avec le débarquement allié en Normandie. Le 10 juin 1944, Jean Filliol conduit la division SS Das Reich à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) où elle massacre 644 habitants dans des conditions particulièrement horribles.

Parce qu’ils le valaient bien...

À la Libération, les cagoulards de Londres sauvent les cagoulards de Vichy. Grâce au témoignage d’André Bettencourt et de François Mitterrand, Eugène Schueller est relaxé au motif qu’il aurait aussi été résistant. L’Oréal devient le refuge des vieux amis. François Mitterand est engagé comme directeur du magazine Votre Beauté. André Bettencourt rejoint la direction du groupe. Avec l’aide de l’Opus Dei, une confrérie catholique franquiste, Henri Deloncle (frère d’Eugène) développe L’Oréal-Espagne où il emploie Jean Filliol. Quant à Jacques Corrèze, il devient patron de l’Oréal-États-Unis. En 1950, André Bettencourt épouse Liliane, la fille unique d’Eugène Schueller.


JPEG - 3.9 ko
André Bettencourt

Rue Saint-Dominique, le bureau d’André Bettencourt lorsqu’il dirigait la PropagandaStaffel, devient une résidence de l’Opus Dei. Tandis que Robert Mitterrand s’installe rue Dufrenoy dans l’immeuble qui abritera le siège de l’Opus en France. Cette œuvre est politiquement dirigée par Jean Ousset.


André Bettencourt a poursuivi une brillante carrière. Journaliste, il a créé en 1945 le Journal agricole, pour les anciens lecteurs de La Terre française. Sa carrière politique l’a conduit plusieurs fois au Parlement et au Gouvernement. Il a ainsi pu renouer avec ses activités passées en devenant secrétaire d’État à l’Information (1954-55), poste créé par son ami François Mitterrand, en 1948, et où ils auront tous deux forgé la presse française contemporaine. Les deux hommes sont inséparables, au point qu’en 1986 lorsque Mitterrand devenu socialiste et président de la République doit cohabiter avec une Assemblée de droite, il hésite à choisir André Bettencourt comme Premier ministre. Mais craignant le retour des fantômes du passé, il s’abstient. Cependant, ce passé reste présent.


 

Documents joints

 

« La Terre Française » du 20 décembre 1941

Publication nazie française dirigée par André Bettencourt.


(JPEG - 323.2 ko)
 

Thierry Meyssan

http://www.voltairenet.org/ 3 mars 2004

 

http://www.internationalnews.fr/article-l-histoire-secrete-de-l-oreal-54475830.html


 

 

 

 

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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /2010 23:58

Internationalnews

6 juin 2010 par NewsOfTomorrow

(Source : broker-forex)

 

http://www.indymedia.org.uk/images/2009/02/421154.jpg


Un an après la chute de Lehman Brothers, la vie quotidienne de la City de Londres, où la crise n’a strictement rien changé.


Sur quelques kilomètres carrés au bord de la Tamise, la City de Londres représente la plus grande concentration de banques au monde, employant 300 000 personnes de toutes nationalités et brassant, chaque jour, des centaines de milliards de livres sterling. Bien que les excès des banques aient entraîné une crise économique majeure, et en dépit des pressions internationales, la City refuse d’être soumise à quelque régulation que ce soit.


Tout semble y avoir recommencé comme avant : banquiers surpayés, fonds spéculatifs, pratiques risquées… Plongée au cœur d’un univers aussi feutré que cynique, ce film cherche à comprendre pourquoi. Il raconte comment ce petit bout d’Angleterre est devenu, au fil des décennies, la capitale du système bancaire mondial et pourquoi il a fini par oublier sa mission première : financer l’économie.





http://newsoftomorrow.org

Photo: Indymedia.UK

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-qui-veut-gagner-des-milliards-reportage-d-arte-sur-les-banques-anglaises-52572095.html

Sur le même sujet:

Le krach parfait, le nouveau livre d'ignaciot ramonet

Les spéculateurs financiers tirent des profits de la famine

NB: L'ndigence du module "rechercher" ne nous permet pas de retrouver tous les articles publiés sur le sujet.
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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /2010 22:16

GEAB n° 45

 

http://news.sky.com/sky-news/content/StaticFile/jpg/2009/Jul/Week2/15335408.jpg 

 

La dislocation géopolitique mondiale accélère son rythme - le Printemps 2010 marque bien un point d'inflexion de la crise systémique globale, caractérisé par son aggravation brutale du fait de l'ampleur insoutenable des déficits publics et de l'inexistence de la reprise tant annoncée. Les dramatiques conséquences sociales et politiques de ces évolutions reflètent par ailleurs bien le début du processus de dislocation géopolitique mondiale...


Comme anticipé par LEAP/E2020 dans les GEAB N°40 (Décembre 2009) et N°42 (Février 2010), le Printemps 2010 marque bien un point d'inflexion de la crise systémique globale, caractérisé par son aggravation brutale du fait de l'ampleur insoutenable des déficits publics (voir GEAB N°39, Novembre 2009) et de l'inexistence de la reprise tant annoncée (voir GEAB N°37, Septembre 2009).


Les dramatiques conséquences sociales et politiques de ces évolutions reflètent par ailleurs bien le début du processus de dislocation géopolitique mondiale, comme anticipé dans le GEAB N°32 (Février 2009). Enfin, les récentes décisions prises par les dirigeants de la zone Euro confirment les anticipations de LEAP/E2020, inverses du discours dominant de ces derniers mois, sur le fait que non seulement l'Euro n' « exploserait pas » à cause du problème grec, mais qu'au contraire la zone Euro sortirait renforcée de cette étape de la crise (1).


On peut même estimer que depuis la décision de la zone Euro, sorte de « coup d'Etat de l'Eurozone » soutenu par la Suède et la Pologne, de créer ce vaste dispositif de protection des intérêts de 26 Etats membres de l'UE (2), la donne géopolitique en Europe a radicalement changé. Parce qu'elle va à l'encontre des préjugés qui façonnent leur vision du monde, il va bien entendu falloir quelques mois à la plupart des médias et opérateurs pour se rendre compte que derrière l'apparence d'une décision budgétaro-financière purement européenne, il s'agit d'une rupture géopolitique à l'impact mondial.


Accroissement actuel des dettes nationales pour les USA, le Royaume-Uni, l'Euroland et le Japon (en vert : % de la dette par rapport au PIB / en rouge : augmentation prévue de la dette pour 2009 et 2010 / en jaune : données pour l'Allemagne) - Source :


Accroissement actuel des dettes nationales pour les USA, le Royaume-Uni, l'Euroland et le Japon (en vert : % de la dette par rapport au PIB / en rouge : augmentation prévue de la dette pour 2009 et 2010 / en jaune : données pour l'Allemagne) - Source :
Coup d'Etat de l'Eurozone à Bruxelles : Les Etats fondateurs de l'UE en reprennent le contrôle


Le « coup d'Etat » de l'Eurozone au sein de l'UE
 
Face à l'aggravation de la crise, les Seize ont effet pris le contrôle des leviers de l'UE, construisant de nouveaux outils qui ne laissent plus d'autre choix aux autres membres que de suivre ou de s'isoler dangereusement. Dix des onze autres Etats membres ont décidé de suivre, à l'image des deux plus importants d'entre eux, la Suède et la Pologne qui ont choisi de participer activement au dispositif mis en place par l'Eurozone (les huit autres sont actuellement, soit en train de négocier leur entrée dans la zone Euro comme l'Estonie dès 2011 (3), soit assistés directement par la zone Euro comme la Lettonie, la Hongrie, la Roumanie, …).
 
C'est une (r)évolution que notre équipe avait bien anticipée depuis plus de trois ans. Récemment nous avions même précisé qu'il fallait s'attendre à une évolution rapide de la position de la zone Euro une fois les élections régionales allemandes et l'élection législative britannique passées. Cependant, nous n'avions pas imaginé qu'elle se ferait en quelques heures, ni avec une telle audace quantitative (son montant de 750 Milliards €, soit 1.000 milliards USD) et qualitative (prise de contrôle de l'UE par l'Eurozone (4) et bond en avant en terme d'intégration économique et financière).

Toujours est-il que, sans le savoir et sans qu'on leur ait demandé leur avis, 440 millions d'Européens environ viennent d'entrer dans un nouveau pays, l'Euroland, dont certains partagent déjà la monnaie, l'Euro, et dont tous partagent désormais l'endettement et les moyens communs de surmonter les problèmes importants qu'il pose dans le contexte de la crise systémique globale. Les choix budgétaires et financiers effectués lors du Sommet du week-end du 8 Mai en termes de réponse à la crise de l'endettement public européen peuvent être appréciés différemment selon l'analyse que l'on fait de la crise et de ses causes. Et LEAP/E2020 développe ses propres analyses en la matière dans ce GEAB N°45.


Mais, il n'est plus discutable qu'une rupture radicale de la gouvernance de l'Europe vient de prendre place : une gouvernance collective continentale vient d'émerger brutalement, ironiquement, 65 ans exactement après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, célébrée d'ailleurs en grande pompe à Moscou le même jour (5) et au moment de la célébration de la fête de la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, l'ancêtre commun de l'UE et de l'Euroland. Cette simultanéité n'est pas une coïncidence (6) et marque une étape importante dans la dislocation géopolitique mondiale et la reconstitution de nouveaux équilibres globaux. Sous la pression des évènements déclenchés par la crise, l'Eurozone a ainsi entrepris de prendre son indépendance par rapport au monde anglo-saxon dont les marchés financiers restent encore l'expression. Ces 750 Milliards € et cette nouvelle gouvernance européenne (des 26) constituent la mise en place d'un rempart contre les prochaines tempêtes générées par l'endettement insupportable de l'Occident, et qui vont affecter le Royaume-Uni puis les Etats-Unis (cf. GEAB N°44, créant des désordres dont la « crise grecque » n'aura donné qu'un faible aperçu.


Le FME privera à terme le FMI de 50% de sa principale contribution, celle des Européens

A ce propos, LEAP/E2020 souhaite rappeler une vérité que la plupart des médias ignorent depuis plusieurs semaines : contrairement au discours dominant, le FMI c'est d'abord et avant tout de l'argent européen. En effet, un Dollar sur trois du FMI est apporté par les Européens, contre seulement un sur six pour les USA (leur part a été divisée par deux en 50 ans). Et l'une des conséquences des décisions européennes de ces derniers jours, c'est que cela ne sera plus le cas très longtemps. Notre équipe est convaincue que d'ici trois ans au plus tard, quand il sera temps de pérenniser en Fonds Monétaire Européen le fonds d'intervention créé les 8 et 9 Mai 2010, l'UE réduira d'autant sa contribution au FMI.

On peut estimer dès maintenant que cette réduction de la contribution européenne (hors UK) sera d'au moins 50% : cela permettra au FMI de devenir plus global en rééquilibrant automatiquement les parts des BRIC, et en obligeant dans la foulée les USA à abandonner leur droit de veto (7) ; mais cela contribuera également à le marginaliser fortement puisque l'Asie a déjà créé son propre fonds d'intervention d'urgence. C’est un exemple qui illustre combien les décisions européennes du début mai 2010 sont grosses de changements géopolitiques d'envergure à l'échelle des toutes prochaines années. Il est d'ailleurs peu probable que la plupart des décideurs impliqués dans le « coup d'Etat de l'Eurozone » aient bien compris les implications de leurs décisions. Mais personne n'a jamais dit que l'Histoire était principalement écrite par des gens qui comprenaient ce qu'ils faisaient.



Evolution des contributions au FMI par pays/zone (1948-2001) - Source : FMI / Danmarks National Bank - 2001


Evolution des contributions au FMI par pays/zone (1948-2001) - Source : FMI / Danmarks National Bank - 2001
Le Royaume-Uni : isolé désormais face à une crise historique


L'une des causes et des conséquences à la fois de cette évolution, c'est la complète marginalisation du Royaume-Uni. Son affaiblissement accéléré depuis le début de la crise, concomitant à celui de son parrain américain, a créé la possibilité d'une reprise en main complète et sans concessions de l'évolution du projet européen par les Continentaux. E

 

t cette perte d'influence renforce en retour la marginalisation de la Grande-Bretagne puisque les élites britanniques sont piégées dans le déni de réalité qu'elles ont également fait partager à leur peuple. Aucun des partis britanniques, pas même à ce stade les Libéraux-Démocrates pourtant plus lucides que les autres forces politiques du royaume, ne peut envisager revenir sur des décennies de discours accusant l'Europe de tous les maux et affublant l'Euro de toutes les tares. En effet, même si leurs dirigeants se rendaient compte de la folie d'une stratégie consistant à isoler chaque jour un peu plus la Grande-Bretagne alors même que la crise mondiale passe à la vitesse supérieure, ils se heurteraient à cet euroscepticisme public qu'ils ont entretenu au cours des années passées.


L'ironie de l'Histoire a encore été bien présente au cours de ce week-end historique des 8/9 Mai 2010 : en refusant de se joindre aux mesures défensives et protectrices communes de l'Eurozone, les élites britanniques ont de facto refusé d'attraper la dernière bouée de sauvetage qui passait à leur portée (8). Le continent européen va maintenant se contenter de les regarder essayer de trouver les 200 Milliards € dont leur pays a besoin pour boucler le budget de cette année (9). Et si les dirigeants londoniens pensent que les spéculateurs de la City auront des états d'âmes pour briser la Livre sterling et vendre les Gilts, c'est qu'ils n'ont pas bien compris l'essence même de la globalisation financière (10), ni consulté les nationalités de ces mêmes opérateurs (11).


ntre Wall Street qui est prêt à tout pour attirer les capitaux mondiaux (il suffit de demander à la place suisse ce qu'elle pense de la guerre que se livrent les places financières mondiales), Washington qui se démène pour aspirer toute l'épargne mondiale disponible et un continent européen qui s'est dorénavant placé sous la protection d'une monnaie et d'un endettement communs, les jeux sont déjà faits. Nous n'en sommes toujours qu'à l'étape du drame, car les principaux acteurs anglais n'ont pas encore compris le piège dans lequel ils se sont enfermés ; d'ici quelques semaines, nous passerons à la tragédie britannique car, à l'été, tout le Royaume-Uni aura identifié le piège historique dans lequel le pays s'est placé tout seul.


Ainsi, au moment où l'Euroland émerge à Bruxelles, le Royaume-Uni se débat avec un Parlement indécis, l'obligeant à passer par un gouvernement de coalition qu'il n'a pas connu depuis 1945 et qui conduira le pays à de nouvelles élections d'ici la fin 2010.

 

Des élites et un peuple britannique dans la difficulté qui vont devoir « penser l'impensable »


Quoiqu'en disent les protagonistes de la coalition qui s'installe à la tête du Royaume-Uni, LEAP/E2020 estime en effet très improbable que cette alliance puisse durer plus de quelques mois. La structure très disparate des deux partis concernés (les Conservateurs comme les Libéraux sont très divisés sur nombre de sujets), conjuguée aux décisions impopulaires, conduit cet attelage tout droit vers des crises internes à chaque parti et donc à une chute du gouvernement. Les Conservateurs vont d'ailleurs jouer cette carte car, à la différence des Libéraux-Démocrates, ils ont les moyens financiers de « se payer » une nouvelle campagne électorale d'ici fin 2010 (12).


Mais, l'écueil sous-jacent le plus dangereux est d'ordre intellectuel : pour éviter la tragédie qui s'annonce, le Royaume-Uni va devoir « penser l'impensable », reconsidérer ses convictions profondes sur son identité insulaire, sa « nature » trans-atlantique, son rapport à un continent désormais en voie d'intégration complète, lui qui depuis des siècles pense le continent en terme de division. Pourtant la problématique est simple : si le Royaume-Uni a toujours estimé que sa puissance dépendait de la division du continent européen, alors en toute logique, au vu des évènements en cours, il doit désormais reconnaître qu'il s'achemine vers l'impuissance … et en tirer les conclusions pour lui aussi effectuer un « saut quantique ». Si Nick Clegg semble équipé intellectuellement pour faire ce saut, ni les Conservateurs de David Cameron, ni les élites britanniques dans leur ensemble ne paraissent encore mûres. Dans ce cas, la Grand-Bretagne devra hélas en passer par la case « tragédie » (13).


En tout état de cause, ce week-end des 8/9 mai 2010 en Europe plonge nombre de ses racines directement dans la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences (14). C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques de la crise systémique globale telle qu'annoncée par LEAP/E2020 en Février 2006 dans le GEAB N°2 : elle met « fin à l'Occident tel qu'on le connaît depuis 1945 ».


Une autre de ces caractéristiques est l'envolée du cours de l'or (en particulier par rapport au Dollar US), face à la crainte croissante concernant l'ensemble des monnaies fiduciaires (voir GEAB N°41, Janvier 2010) (15) ; car, pendant que tout le monde parle de l'évolution de l'Euro par rapport au Dollar US, le Dollar reste à ses niveaux historiques les plus bas quand il est mesuré par rapport à ses principaux partenaires commerciaux (voir graphique ci-dessous), signe de la faiblesse structurelle de la devise américaine. Dans les mois à venir, comme anticipé par GEAB, l'Euro va retrouver son niveau d'équilibre de moyen terme, au-dessus de 1,45$/€.


Evolution du Dollar Index rapporté aux principaux partenaires commerciaux, et de l'index des hausses et baisses cumulées du Dollar par rapport aux huit devises principales - Source : BCA Research, Bloomberg, JP Morgan Chase, 04/2010


Evolution du Dollar Index rapporté aux principaux partenaires commerciaux, et de l'index des hausses et baisses cumulées du Dollar par rapport aux huit devises principales - Source : BCA Research, Bloomberg, JP Morgan Chase, 04/2010


LEAP/E2020
Laboratoire Européen d’Anticipation Politique
Extraits GEAB N°45 (Mai 2010)


Dans ce numéro, avant de présenter ses recommandations concernant les devises, la bourse et l'or, LEAP/E2020 analyse ainsi plus en détail la pseudo-reprise américaine  qui est essentiellement une vaste opération de communication destinée en interne à faire repartir la consommation des ménages (tâche impossible désormais) et en externe à éviter l'affolement des créditeurs étrangers (au mieux ce seront quelques trimestres de gagnés). Les Etats-Unis prétendent ainsi pouvoir échapper à une brutale cure d'austérité, comme les autres pays occidentaux ; alors qu'en fait de reprise, c'est une « déprise » ou une « unrecovery » comme le titre avec humour Michael Panzner dans un article exemplaire publié le 27/04/2010 dans Seeking Alpha.



Notes:

(1) La faiblesse très relative de l'Euro par rapport au Dollar US constitue un énorme avantage compétitif pour les exportations de l'Eurozone et handicape au contraire les tentatives américaines de réduire le déficit commercial du pays (d'ailleurs le déficit commercial US s'est accru en Mars 2010). Les prochains mois vont voir cette détérioration s'accentuer. Source : AP/NDTV, 12/05/2010

(2) Le Royaume-Uni s'est en effet de facto placé hors de cette protection. Pour notre équipe, c'est une étape de plus franchie par le Royaume-Uni en direction de la crise historique dans laquelle il va se débattre, tout seul, à partir de l'été 2010. Même le Financial Times s'est fait l'écho de ce risque croissant. S'il faut faire une comparaison avec la crise du système bancaire de 2008, le Royaume-Uni ressemble de plus en plus à Lehman Brothers, pilier d'un système qui refuse de s'avouer qu'un opérateur si central puisse être aussi dangereusement affaibli et qui finit par provoquer un effondrement du système lui-même. Pour pousser l'analogie une étape plus loin, demandez vous qui va jouer le rôle d'AIG dans les semaines et mois qui suivront ? Source : CNBC, 11/05/2010

(3) C'est en Juillet 2010 que la décision finale sera prise. Source : France24, 12/05/2010

(4) Le 9 Mai 2010, les 27 ministres des finances de l'UE ont en effet été sommés d'endosser les décisions du sommet de l'Eurozone qui avait réuni la veille les seize chefs d'Etat et de gouvernement de la zone Euro, faute de quoi l'Eurozone agirait seule et laisserait donc les onze autres pays dépourvus de protection face à la crise financière. Seul le Royaume-Uni, par réflexe et du fait de sa crise politique, a refusé le « diktat » mais sans être en mesure de s'y opposer comme il aurait pu le faire il y a encore un an, avant que son influence ne commence à s'effondrer.

(5) Source : RFI, 09/05/2010

(6) Non pas que Moscou ait quoique ce soit à voir avec les décisions prises à Bruxelles les 8 et 9 Mai

(7) Source : Bretton Woods Project, 19/03/2008

(8) A ce sujet, LEAP/E2020 voudrait tordre le cou à la fable monétaire qui circule à longueur de médias économiques et reprise en cœur par la plupart des économistes : le fait de pouvoir dévaluer sa monnaie à « volonté » n'est pas du tout un facteur d'indépendance, ni un instrument constructif de sortie de crise ; bien au contraire. D'une part, ces dévaluations sont imposées par les « marchés », c'est-à-dire par des forces extérieures au pays dont la dernière préoccupation est l'intérêt du peuple concerné par la dévaluation ; d'autre part, ces dévaluations conduisent inévitablement à un appauvrissement du pays et à sa dépendance croissante vis-à-vis de ses partenaires aux devises plus fortes qui, dans un système de libre circulation des capitaux, peuvent acheter les « bijoux de famille » du pays à peu de frais. Le processus en cours dans l'Eurozone, qui impose en effet de difficiles cures d'austérité, est entrepris dans un cadre collectif avec pour objectif de permettre aux Etats concernés de rétablir des finances publiques saines tout en préservant les grands équilibres du modèle socio-économique européen. Face à l'Eurozone, le FMI n'est qu'un acteur secondaire, qui n'est là que pour apporter un peu d'expertise technique et quelques dizaines de milliards d'Euros d'appoint, dizaines de milliards qui sont une part bien modeste de la grosse contribution des Européens au FMI en 2010 : plus de 30% du total, contre à peine plus de 15% pour les Etats-Unis.

(9) Et ce n'est pas parce que c'est un Français qui le dit publiquement, à savoir Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité française des Marchés Financiers et ancien ministre des Affaires européennes, que c'est nécessairement faux. Source : Le Figaro, 11/05/2010

(10) Comme le souligne fort justement Paul Mason dans son article publié sur la BBC le 11/05/2010, les réactions des marchés vont affecter le Royaume-Uni et, en matière d'obligations, à la différence des actions, la taille des opérateurs peut faire toute la différence.

11) Il va être très intéressant de suivre le conflit avec la City que la coalition au pouvoir à Londres déclare vouloir ouvrir en annonçant qu'elle va morceler les grandes banques britanniques d'ici un an. Source : Telegraph, 12/05/2010

(12) Source : DailyMail, 04/05/2010

(13) Et nous ne nous attardons même pas sur l'émergence croissante de la « question anglaise » au sein d'un Royaume de plus en plus désuni suite aux « dévolutions » successives qui autonomisent de plus en plus l'Ecosse, le pays de Galles et l'Ulster. Il faut lire à ce sujet le très intéressant article de Tim Luckhurst, publié le 09/05/2010 dans The Independent.

(14) Et même au-delà puisque David Cameron (43 ans) est le plus jeune premier ministre britannique depuis 200 ans et George Osborne (38 ans) le plus jeune Chancelier de l'Echiquier depuis 125 ans. Cela suffira-t-il ? Rien n'est moins certain puisque les lecteurs du GEAB savent que nous estimons que la crise remet en cause un ordre du monde établi il y a près de quatre cents ans, instituant la City de Londres comme place financière mondiale. Peut-être faudra-t-il aller chercher des dirigeants britanniques aux qualités inconnues depuis plus de quatre cents ans ? Source : Telegraph, 12/05/2010

(15) Signe des temps, l'Emirates Palace, l'hôtel le plus luxueux d'Abou Dhabi, vient de mettre en place le premier distributeur automatique de mini-lingots d'or, en lieu et place des traditionnels distributeurs de billets. Source : CNBC, 13/05/2010


 

Source: http://www.leap2020.eu


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Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /2010 22:26

Internationalnews

http://blog.lege.net/content/PatriotsQuestion9_11_files/Michel_Chossudovsky_220_JPG80.jpg


Understanding NWO Economics Series video


Economist Michel Chossudovsky gives his assessment of what’s going on in the world of finances. He believes the worst of the global crisis is yet to come and all the measures taken to stop it are actually hurting the economy..


"We are living the most serious crisis in modern history, with is in effect coupled with military adventures (referring to the war in Central Asia and in the Midlle East). US foreign policy has also adopted the "low war", wich is a war of conquest, a war without borders. And we have to understand that this war is there ultimatly tthis war is there to support and sustain dominant economic interest, and primarily the western interests of predominant oil conglomarates."

(26 May 2010 Interview)


 

Url of this article: http://www.internationalnews.fr/article-michel-chossudovsky-their-cure-will-kill-us-video-51782930.html

 

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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /2010 18:45

Internationalnews

Michel Collon Info

Titre original: Jean Ziegler: «Des enfants meurent à cause des gangsters de la Bourse »


http://www.g26.ch/pics/abb_biographie_jean_ziegler_01.jpg


Dans ses livres qui ont marqué l’opinion, Jean Ziegler n’a cessé de dénoncer le caractère absurde et criminel des politiques du capitalisme envers les peuples du tiers monde. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme aux Nations unies de 2000 à 2008. Michel Collon l'a interrogé à Genève sur la crise, la Bourse, la faim, Obama, Israël…


La crise t’a surpris ?


Dans sa violence, oui. Je ne pensais pas que les truands de la finance allaient ruiner l’économie mondiale à une telle vitesse : 1.800 milliards de valeurs patrimoniales ont été détruites. Pour les pays du tiers-monde, c’est une catastrophe totale. Mais aussi pour les pays industrialisés.

Ce sont encore les pauvres qui paient ?


Oui. Le 22 octobre 2008, les quinze pays de l’euro se sont réunis à Paris. Sur le perron de l’Elysée, Merkel et Sarkozy ont dit : « Nous avons libéré 1.500 milliards d’euro  pour le crédit et pour  augmenter le  plafond d’autofinancement de 3 à 5% ». La même année, les mêmes pays européens ont réduit leurs subventions pour le programme alimentaire mondial (qui ne vit que de ces subventions) de 40 %. De six milliards de dollars à moins de quatre milliards.


Ce qui fait qu’au Bangladesh, on a supprimé les repas scolaires. Un million d’enfants  sont gravement et en permanence sous-alimentés. Ces enfants meurent donc à cause des gangsters de la Bourse. Il y a là des morts véridiques. Les spéculateurs, aujourd’hui, devraient être jugés au tribunal de Nuremberg.

Quelle leçon les puissants ont-ils tiré de la crise ?


Aucune. Prenons l’exemple de la Suisse. Le contribuable suisse y a payé 61 milliards de dollars pour le sauvetage de la plus grande banque : UBS. L’an dernier, en 2009, les dirigeants d’UBS, toujours proche de la  faillite, se sont distribués entre eux des bonus pour quatre milliards de francs suisses ! Le pillage est total et l’impuissance des gouvernements qui se comportent comme des mercenaires est totale aussi. En tous les cas, en Suisse, en France, en Allemagne où j’ai quelques renseignements. C’est un scandale permanent.


Le masque néolibéral est tombé évidemment, avec sa prétendue légitimité. Mais le cynisme et  l’arrogance des banquiers triomphent totalement.


Et du côté du public, sens-tu une évolution ?

Non, si tu regardes les chiffres, ils sont catastrophiques. Toutes les cinq secondes, un enfant meurt de faim. 47.000 personnes meurent de faim tous les jours. Un milliards de personnes (c’est-à-dire un homme sur six) sont gravement et en permanence  sous-alimentés. Alors que l’agriculture mondiale dans l’état actuel de son développement pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains avec 2.700 calories par individu par jour ! Donc, au début de ce siècle, il n’y a plus aucune fatalité. Un enfant qui meurt de faim, au moment où nous parlons, est assassiné. C’est catastrophique.


L’ordre mondial du capital financier globalisé est meurtrier - épidémie, décès par la pollution de l'eau , etc… - et en même temps absurde : il tue sans nécessité. C’est l’ordre des oligarchies et du capital financier mondialisé. Sur le plan de la lutte contre la faim, l’échec est total.

Tu as été, de 2000 à 2008, le rapporteur des Nations-Unies sur le problème de la faim dans le monde. Quel bilan tires-tu ? As-tu servi à quelque chose ?


Oui. La conscience a augmenté. Plus personne aujourd’hui, ne considère ce massacre quotidien comme un fait de la nature. On va en Europe, je crois, et en tout cas dans les pays de la périphérie vers une insurrection des consciences. Il faut une rupture radicale avec ce monde cannibale.

Alors que le problème de la faim n’est pas résolu, on dépense de plus en plus pour faire la guerre


En 2005, pour la première fois, les dépenses mondiales d’armement (pas les budgets militaires, juste les dépenses  d’armement) ont dépassé mille milliards de dollar par an. Nous vivons dans un monde d’une absurdité totale.

Obama avait pourtant fait de belles promesses…


Il est vrai qu’Obama suit totalement la surdétermination de l’Empire. Je ne l’ai jamais rencontré, c’est sûrement quelqu’un de bien, (sic - ajoût d'in) mais la réalité qu’il affronte est effrayante. Les Etats-Unis restent la plus grande puissance industrielle au monde : 25 % des marchandises industrielles sont produites  par eux, avec pour matière première le pétrole : 20 millions de baril par jour dont 61% sont importés. On peut l’importer de régions comme le Moyen-Orient ou l’Asie centrale, ce qui les force à maintenir une force armée totalement hypertrophiée, et le budget fédéral est donc complètement parasité par les crédits militaires… Mais telle est la logique de l’Empire.

Quel est ton sentiment sur ce qui se passe maintenant en Israël et comment cela peut-il évoluer ?


Je pense que Tel-Aviv dicte la politique étrangère des Etats-Unis avec le lobby de l’AIPAC, comme puissance déterminante.

Avant les politiciens, ce sont quand même d’abord les multinationales pétrolières qui décident d’armer Israël


Oui, la logique fondamentale est que pour les intérêts pétroliers, il faut un porte-avion stable. Et l’Etat d’Israël mène - ce n’est pas moi qui le dit, c’est un rapporteur spécial des territoires occupés - une politique permanente de terrorisme d’Etat. Tant que ce terrorisme continue, il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient, il n’y aura pas de fin au conflit Iran - Irak, ni rien du tout. Tout est sans issue sauf si enfin l’Union européenne se réveillait, tu comprends ?

Que pouvons-nous faire, nous Européens, pour la réveiller ?


Depuis juin 2002, existe un accord de  libre échange entre Israël et les 27 pays de l’Union européenne qui absorbent 62% des exportations  israéliennes. Dans cet accord, l’article 2 (c’est le même dans tous les traités de libre échange) dit : le respect des droits de l’homme par les partis contractantes est  la condition pour la validité de l’accord. Mais les violences faites aux Palestiniens - vol de la terre, torture permanente, éliminations extrajudiciaires, assassinats, organisation de la sous-alimentation comme punition collective – tout cela, ce sont des violations permanentes des droits de l’homme les plus élémentaires.


Si la Commission européenne suspendait pendant 15 jours l’accord de libre-échange, les généraux israéliens reviendraient à la raison immédiatement. Or, l’Europe des 27, ce sont des démocraties, c’est à nous de jouer, nous opinions publiques.

Comment ?


Il faut forcer nos gouvernements. Nous ne sommes pas impuissants. En Belgique, il y a beaucoup de problèmes, en Suisse et en France aussi. Mais une chose est certaine : les libertés publiques existent. Il faut se saisir de ces libertés publiques pour imposer à nos gouvernements un changement radical de politique, c’est tout. S’ils ne le font pas, alors il ne faut plus voter pour eux, tu comprends, c’est aussi simple que ça !

Mais tous ces gouvernements sont d’accord de soutenir Israël. En France, par exemple, que ce soit l’UMP ou le PS, ils soutiennent Israël.


Soutenir la sécurité et la permanence d’Israël, c’est une chose. Mais cette complicité avec le terrorisme d’Etat et la politique de colonisation, ce n’est pas possible. C’est la négation de nos valeurs, c’est « du fascisme extérieur » : c’est-à-dire que nos valeurs sont démocratiques à l’intérieur de nos frontières et à l’extérieur, nous pratiquons le fascisme par alliance.

Et enfin, le rôle des médias dans tout ça ?


Ils sont complètement soumis. Notamment en période de crise, les journalistes ont peur pour leur  emploi. L’agressivité du lobby israélien est terrible. Moi, j’ai subi la diffamation la plus effroyable, et ça continue aux Nations-Unies d’ailleurs, c’est grâce à Kofi Annan que j’ai survécu. Israël est un danger pour la paix du monde, Israël cause d’effroyables souffrances. Et dans ce pays, les opposants comme Warschawski sont complètement marginalisés. Mais si l’opposition israélienne anticoloniale et anti-impérialiste n’a pas la parole, n’a pas d’influence, eh bien, nous allons vers la catastrophe. Il faut soutenir les opposants.

Et le rôle des médias à propos de la crise ?


La crise est présentée comme une fatalité, une catastrophe naturelle. Alors que les responsables sont identifiés !


Source de l'article: michelcollon.info
 

Source de la photo: /www.g26.ch
 

Les emphases sont d'IN.


Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-des-enfants-meurent-a-cause-des-gangsters-de-la-bourse-51117528.html

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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /2010 00:50

Internationalnews


http://www.alterinfo.net/photo/736062-900572.jpg


Invité dans l'émission "À Vous de juger", présentée par Arlette Chabot, sur France 2, Strauss-Kahn y a donné sa définition du rôle du FMI.


DSK : "Le rôle du FMI, ce n'est pas d'être sympa. Le rôle du FMI c'est de vous soigner. Vaut mieux aimer son médecin que de ne pas l'aimer. Mais à la limite je préfère qu'on n'aime pas le médecin et qu'il vous sauve la vie, plutôt que vous le trouviez sympa et qu'il vous laisse crever." (Le Post)




Articles liés:

Photo: http://www.alterinfo.net


Url de cet article:http://www.internationalnews.fr/article-dominique-strauss-kahn-le-fmi-c-est-un-medecin-video-50856409.html

 

 

 

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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /2010 07:31

Internationalnews

Bellaciao


00-Nader-Interncontinental-d1c2d-copie-1.jpg

Photo: Joëlle Pénochet


On April 20, 2010, author and political gadfly Ralph Nader gave a lecture at the Maryland Institute College of Art (MICA), in Baltimore, MD. He spoke before a near capacity audience for over an hour. Mr. Nader said corporate crimes, as opposed to “street crimes,” go mostly under-reported by the establishment media in the U.S. and are “rarely prosecuted.”

 

He detailed how corporate “misbehavior, negligence and crimes” cost thousands of deaths every year in the country from “preventable” work-related diseases and injuries, [the Massey Mine Explosion]; air pollution; negligence in hospitals; and from medical malpractice cases. He also spotlighted how Wall Street insiders, using various schemes, looted “trillions of dollars” from workers’ pension funds. Mr. Nader added: “Forty-five thousand people die every year because they don’t have any health insurance.” Professor Fimin DeBrabander of MICA introduced Mr. Nader. (William Hughes)




For more information on Mr. Nader, go to: http://www.citizen.org/Page.aspx?pid=183


Source: http://bellaciao.org/en/

 

Mor videos and articles by Ralph Nader: http://www.internationalnews.fr/categorie-10422111.html


Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-ralph-nader-why-aren-t-corporate-crimes-prosecuted-video--50557199.html

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